BOOK REVIEWS
THE FRENCH CANADIANS
BY MASON WADE, FIRST EDITION, TORONTO: MACMILLAN Co. OF CAN.
1955. Pp. 1136. $6.00.
II faut louer Mr. Mason Wade tout d’abord pour l’immense travail de re-
cherche qu’a n6cessit6 cet ouvrage sur les “French Canadians 1760-1945”,
publi6 en 1955 par Macmillan. Cet ouvrage ne comporte pas moins de 1136
pages d’un texte serr6, imprim6 fin, et bien present6. Les titres des diff6rents
chapitres ont un mrite qu’il faut signaler, c’est celui d’&re suggestifs, ce qui
tout le moins en lui lesprit de
incite certainement le lecteur
curiosit6. Ce n’est pas 1U une des moindres qualit~s, car il y a tant de livres
d’histoire qui, sous pr~texte d’une neutralit6 de bon ton, ne contiennent que
des titres parfaitement banals. Lorsqu’on parcourt ces titres depuis “l’Hri-
tage de la Nouvelle France” jusqu’1 celui du “Regain”, en passant par celui de
“La Lutte pour la Survivance” ou celui de “la ,Naissance d’une Nation” ou de
la “Crise de l’Enr6lement”, on ne peut que rendre hommage . ce souci dans le
choix des titres qui sont comme autant de synth~ses de la tranche d’histoire
qu’ils recouvrent.
lire et 6veille
Par ailleurs l’allure g6n6rale du livre est bonne; le style reste alerte.
‘Les quatre premiers chapitres de cet ouvrage, lorsqu’on les analyse de pr~s,
refltent de faqon excellente toutes les difficultis propres . la survivance ca-
nadienne fran;aise apr~s la conqufte anglaise. I1 y a dans ces chapitres d’ex-
cellentes pages d’histoire et toute une s6rie de faits importants bien mis en
valeur et mfme discut~s qui peuvent aider parfaitement un tranger (j’entends
. mieux comprendre le d~sarroi et la volont6 de
par UA un non-Qu~becois)
survie des Canadiens-Franqais. L’expos6 dans une lumi6re parfois crue, de
faits particulirement saillants, plonge directement le lecteur dans la vie r6elle
de ceux qui sont devenus un 616ment capital de la nation canadienne.
La p~riode de 1840 A 1916 qui retrace l’Union des Canadas, les confirences
pr$liminaires A ce qui devait devenir l’Acte de l’Amrique Britannique du
Nord, la m6fiance des Canadiens-Franqais A l’igard des Am6ricains aux ten-
dances alors imprialistes, l’influence que la Guerre des Boers devait exercer
sur resprit des Canadiens-Franqais et des Canadiens-Anglais, la r~volte de
Bourassa et l’imp6rialisme d’un Macdonald, constituent dans 1’ensemble un
tableau trts vivant de toute cette p~riode si troubl~e. t’opposition entre le
chapitre IX intitul6 “Imp6rialisme contre .Nationalisme” et le chapitre X
intitul6 “Nationalisme contre Imp~rialisme” est excellente. Le dernier chapitre
met parfaitement en valeur comment la voie s’est insensiblement ouverte an
concept d’une Nation canadienne.
Le chapitre XI qui retrace les difficult~s int~rieures du Canada, l’influence
grandissante de la Province de Qu6bec marquee notamment par l’importance
McGILL LAW JOURNAL
[Vol. 2
iconomique de la Ville de Montreal qui, selon l’auteur supplante la Ville de
Qu6bec, l’agitation ontarienne, est de fort bonne venue. II explique fort bien
comme le constate l’auteur, comment Quebec, en 1915, 6tait plus naturellement
pr6occup6 de la question ontarienne que de celle de 1’Europe. C’est l’6poque
du tournant de la vie canadienne franqaise. La crise morale ouverte par la
question de l’enr6lement dans la guerre et qui faillit provoquer le s~paratisme
du Qu6bec de ]a Conf6d6ration suivant le voeu alors 6mis par le Journal “La
Croix” est bien mise en valeur. On y voit insensiblement ‘ ce propos remonter
A fleur d’eau toutes les antipathies latentes entre Canadiens-Fran~ais et Cana-
diens-Anglais, voir m~me entre les seuls Canadiens-Frangais.
La p6riode qui a suivi est marqu&e par le repli de la Province de Quebec
vers un Provincialisme &roit, selon Mr. Mason Wade, et un isolationisme
plus rigide au sein de la Conf~d6ration. Au cours des ann6es 1920 A 1935 le
Canada prit une part r6ellement active aux affaires internationales et com-
menqa de prendre conscience de sa puissance. I1 lutte contre l’imp6rialisme
britannique et la politique imp~rialiste 6conomique de l’Angleterre. La Pro-
vince de Quebec dans l’ordre int~rieur r&lame la d&entralisation et met en
doute le droit pour le Gouvernement F6d&al de s’immiscer dans les affaires
financi~res de la Province. Le Gouvernement du Premier Ministre Duplessis
prend le pouvoir et vote la Loi du Cadenas, mesure de protection de la
Province.
Le Canada s’affirme comme puissance Internationale. C’est l’6poque ou’
Mr. King repr~sente le Canada A la Soci&t6 des Nations. II affirme meme que
le pays “se r&erve le droit de declarer, A la lumi~re des circonstances de
l’6poque, dans quelle mesure, s’il y a lieu, le Canada participera aux conflits
oa sera impliqu6 un quelconque des membres du Commonwealth”.
Tout ce chapitre met parfaitement en evidence la monte canadienne qui se
produit malgr6 l’isolationisme de la Province de Quebec qui, selon Mr. Mason
Wade, s’est repli&e sur elle-m~me. La dissension entre Canadiens-Fran~ais et
Canadiens-Anglais reprend A propos de la question des sanctions a prendre a
l’6gard de l’Italie et A propos de la guerre d’Espagne. Puis l’auteur montre
bien comment la guerre 6clair de Hitler a pu indirectement produire une sorte
de communion d’id~es entre Canadiens-Franqais et Canadiens-Anglais. Les
premiers voyaient avec angoisse la France abattue; les seconds ne pouvaient
se r~soudre A l’isolement de l’Angleterre. Aussi les Canadiens-Fran ais admi-
rent-ils facilement le principe que les ressources naturelles de la Nation cana-
dienne fussent mobilis6es, mais les Canadiens-Anglais, selon Mr. Mason
Wade, interpr&trent mal ce consentement et crurent y voir chez les Canadiens-
Franqais l’acceptation de la participation A la guerre outre-mer. Aussit6t la
querelle reprit de plus belle, qui finalement devait se terminer comme on sait.
On pourrait peut-&re reprocher A Mr. Mason Wade dans ces questions de
n’avoir pas suffisamment pr~sent6 dans un ordre plus logique les divergences
d’opinion. Le tout parait, lorsqu’on lit ces chapitres, un peu touffu. Pourtant
lorsqu’on relit ou travaille ce chapitre on peut constater que peut-6tre la me-
No. i ]
BOOK REVIEWS
thode a du bon. Ce brassage des 6v6nements fait mieux saisir sur le vif l’acuit6
et la profondeur de la querelle canadienne que ne l’aurait fait une synth~se qui
eut risqu6 d’&re partisane ou incompl~te.
It est curieux de constater combien diverses ont it6 les reactions de la
Presse canadienne d’expression francaise A. propos de cet ouvrage.
Tous les critiques rendent directement ou indirectement hommage au travail
immense dont cet ouvrage est le couronnement.
Mais certains esprits chagrins, d’autres d’un chauvinisme 6troit ou porteurs
en eux du germe de la d6faite dans laquelle is semblent se complaire dans
leur coeur ou sous leur plume, ce qui est plus grave, critiquent avec une
partialit6 rielle ou voille l’oeuvre de Mr. Mason Wade.
D’aucuns prennent acte de la “publicit”
faite autour de ce livre et de ce
“que les journaux anglo-canadiens en ont d~ji parl6 avec lyrisme”. De 1. is
ironisent, en disant que personne n’ayant certainement la patience de Mr.
Mason Wade, d’ici vingt ans, l’auteur exercera une “sorte de royaut6 sur une
grande partie de l’opinion publique.” Comme si cette royaut6 m~me provisoire
devait &re
t6 i tout le moins d6sirable qu’un historien
canadien-franqais refasse l’histoire des Canadiens-Franqais jusqu’en 1955.
Cela permettrait au moins d’adresser des critiques i Mr. Mason Wade avec un
semblant d’autorit&
regretter! II eut
D’autres reprochent Mr. Mason Wade de n’avoir pas compris que toute
rhistoire des Canadiens-Franqais se “r6sume dans un seul mot: “la d~faite
de 1760”. On peut lire chez ceux-li que: “une conqu~te subsiste, et que,
dans tous les ordres –
ses
effets se dveloppent tant qu’une reconqu~te n’a pas 6t6 achev&e …Faute
de distinguer, l’historien (Mr. Mason Wade) a, dit-on, manqu6 ses analyses
par suite d’une d&iation en tous points semblables i celle qui a d~sorienti
presque toute notre pens6e depuis l’Y6poque de notre chute, de notre asservisse-
ment, et de notre diminution”.
de celui de l’esprit autant que dans les autres –
Je crois pour ma part que ces reproches sont parfaitement mal fond&s. Tout
d’abord, constater qu’une conqu&e subsiste tant qu’une reconqu&e n’a pas 6t6
achev&e, c’est dfnoncer un truisme. I1 eut it peut-6tre plus opportun de sou-
ligner en l’esp&ce qu’une d~faite subsiste tant qu’une “volont” de reconqute
ne se manifeste pas. Or les Canadiens-Franqais sont pour ainsi dire partis de
, cet historien). Si l’on consid~re maintenant ce qui
zero (pour faire plaisir
a 6t fait depuis 1760 on ne peut que constater que la volont6 de s’affirmer
existe depuis cette 6poque. Paris ne s’est pas batie en un jour!
Reprocher A Mr. Mason Wade d’avoir manque ses analyses par suite d’une
d6viation analogue
celle qui a d~sorient6 les Canadiens-Franoas c’est faire
preuve d’une absence de nuance dans l’expression de sa pens6e, et vis-4-vis de
Mr. Mason Wade, c’est m&onnaitre chez lui le sentiment de d6licatesse qu’un
6tranger (am~ricain catholique) se doit de toujours avoir lorsqu’il &rit sur des
gens et un pays qui ne sont pas le sien ou ses compatriotes. C’est enfin oublier
McGILL LAW JOURNAL
[Vol. 2
que l’on peut donner parfois une meilleure traduction de la r6alit6 en droulant
les faits au fur et i mesure de leur parution que de tenter une synthese difficile
$i r~aliser.
Louis BAUDOUIN*
*Professor of Law, McGill University.
THE CRIMINAL CODE OF CANADA WITH ANNOTATIONS
AND NOTES
By J. C. MARTIN, Q.C., FIRST EDITION, TORONTO: CARTWRIGHT & SONS,
LTD. 1955. Pp. 1206. $20.00.
Annotated Criminal Codes have long been a part of the Canadian legal
scene. The first such code was published in two volumes in 1869 by Henri
Elzear Taschereau and was based on the Criminal Acts of 1869. The last
edition of this work, the third of 1893, was the first annotation of the first
complete Canadian Criminal Code, enacted in 1892.
The following year appeared the first edition of “The Criminal Code of
Canada” by James Crankshaw which ran through six editions between 1894
and 1935, the last two under the editorship of John Crankshaw and Alexandre
Chevalier.
In 1902, Tremeear introduced his “Canadian Criminal Law and Evidence”
which ran through five editions, the fourth and fifth being prepared after the
death of Tremeear by A. W. Rogers and A. B. Harvey respectively, the
fifth edition having later been kept up to date by an Annual Supplement
edited by Mr. Harvey. Finally, one must mention the pocket size annotated
Criminal Code of Snow of which the latest edition for the former Criminal
Code appeared in 1939. In French there was “Le Code Criminel du Canada”
in two volumes by Leopold Houle, published in 1917.
It was essential therefore that annotated editions of the revised Canadian
Criminal Code (Statutes of Canada 1953-54 c. 51) should be available as soon
as possible after the new Code came into force on April 1, 1955, five and one
half years after its preparation had been authorized by Parliament.
Martin’s Code was in the hands of the profession in May of this year.
It is much more compact than was the 5th Edition of Tremeear as it com-
prises slightly under 1300 pages, while Tremeear, including the supplement,
was not far short of 2300 pages. This reduction is due in part to the fact
that the new Code has 753 articles compared to over 1100 in the former Code,
and in part to the use of thinner paper.
The reduction is also due in some parts of the Code to the shortening of
the annotations. For instance, 25 pages of the fifth edition of Tremeear is
devoted to articles 250 to 264 dealing with homicide, murder and man-
slaughter (which are substantially unchanged in the new code), while Martin
BOOK REVIEWS
takes approximately the same number of pages in which he has to print the
text of the articles of the old code. Accordingly 22 of 25 Tremeear’s pages are
true annotations while only 17 of Martin’s 25 pages are annotations, the
balance of the space being taken up by the text of the old and new codes.
It may be that Mr. Martin, who worked for five and one-half years as Research
Counsel to the Codification Commissioners, has been able to achieve brevity by
eliminating repetition and reference to obsolete jurisprudence.
The annotations are not always shorter in Martin’s Code. Wilful and
Forbidden Acts in respect to Certain Property takes up 28 pages in Tremeear
of which 16 are annotations, while in Martin this part of the Code requires
32 pages of which, again, 16 are really annotations.
The volume has a useful introduction of 15 pages in which the history of
criminal legislation in Canada is traced and the essential changes effected in
the new code are concisely summarized. Each article contains, in addition to
annotations, the text of the corresponding article of the old code in contrasting
type. The work is completed by a concordance of the articles of the two codes,
a table of cases which contains alternative citations from various reports like
C.C.C., C.R., S.C.R., D.L.R. or W.W.R., and a very complete index.
The book is well printed in clear and sufficiently large type, bound in red
fabrikoid and of a convenient size: It will be welcomed by the legal profession
and is essential equipment for all engaged in criminal law.
*The Hon. G. S. Challies, Superior Court, Montreal.
GEORGE S. CHALLIES.*
THE MEANING OF INCOME IN THE LAW OF INCOME TAX
By FRANCIS EUGENE LA BRIE, FIRST EDITION, TORONTO: UNIVERSITY OF
TORONTO PRESS, 1953. PP. 380. $5.00.
The Canadian Income Tax Act, the courts have said, imposes “an annual
tax on persons, measured with respect to the amount of income received by
each person”. It is therefore necessary to ascertain at the outset the amount
of income received before the amount of tax owing can be calculated. Since
the word “income” is not defined by statute, its meaning remains a question
for judicial interpretation. This represents the outstanding problem in the
law of income tax, as most difficulties that arise are concerned with the de-
termination of income in a particular case. In his book, which was originally
published as aUniversity of Toronto thesis, Prof. La Brie attacks this problem.
The meaning of income, he tells us, is limited by two cardinal principles.
The first is that “income includes only amounts arising or; resulting from the
pursuit of gain”. This involves the distinction between capital gains and in-
come gains. The second principle is that “income means net income”. Here
McGILL LAW JOURNAL
[Vol. 2
the problem is to decide what deductions may be taken in the computation of
income.
The author declares that he has “attempted to present a complete picture
of the case law on the meaning of income, and then to superimpose on this
law the text of the Canadian statutes”. He then proceeds to analyze the cases
and the statutes in order to arrive at a workable meaning of income. The
analysis follows a pattern throughout the work. First there is an exhaustive
examination of a particular question in relation to the English statutes and
decisions. Then there is an examination of the Canadian Income War Tax Act
and a discussion of the English law in relation to Canadian decisions.
Finally there is a briefer discussion of the new Canadian Income Tax Act.
The first line of .attack is to consider the meaning of gross income. This is
done through the analysis of the main problems of income from business,
income from property, and -income from personal services. Included in these
are questions of income from purchases and sales, income from established
business, the conversion of capital into income and income into capital, in-
come from offices and employments, and similar related issues.
Certain deductions must be made from the gross income so that the taxable
income may be determined. It is therefore necessary to consider deductions.
This the author does through a full analysis of English decisions and of the
problems of applying them to the Canadian statutes. He then outlines the
trend of Canadian decisions on such issues as the income-earning process
concept, capital or income expenditures, and so on.
Just how far the law, as outlined by Professor La Brie, has been changed
by the new Canadian Income Tax act is difficult to say at this stage, but after
an analysis of some of the more recent cases, the author can conclude that
“there has been little noteworthy change in the case law on the meaning of
income”.
It is possible to conclude that apart from the two principles outlined above,
there is no meaning of income that would be universally applicable. Rather,
its meaning must be determined in each case in the light of the particular facts
in issue. In this way, this book should be a valuable asset both to the student
and the practitioner in that it presents an exhausive analysis of the meaning
of income in most of the situations which arise.
It is, however, to be regretted that this analysis is almost entirely con-
cerned with the Income War Tax Act, which was superceded in 1948 by the
Income Tax Act. The same author has recently written an “Introduction to
Income Tax Law in Canada”, which, in a more fundamental manner, treats
the whole field of income tax with reference to the latest Canadian statute.
It is hoped that the learned author will revise “The Meaning of Income in
the Law of Income Tax” in the light of the many cases decided under the
more recent Canadian tax law.
HAvwy CR sToHL*
*Third Year Student.
