{"id":10977,"date":"2015-12-01T16:49:08","date_gmt":"2015-12-01T21:49:08","guid":{"rendered":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/index.php\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/"},"modified":"2019-07-03T17:33:45","modified_gmt":"2019-07-03T21:33:45","slug":"linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/","title":{"rendered":"L&rsquo;interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s  aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"843-851-43a-b88-566\">Introduction<\/h1>\n<p>Dans plusieurs pays de tradition civiliste, la question des rapports entre le droit civil et le droit du travail a accompagn\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un droit sp\u00e9cifiquement applicable au travail subordonn\u00e9<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Au Qu\u00e9bec, cette question s\u2019est d\u2019abord pos\u00e9e au sujet des rapports entre le contrat individuel de travail et la convention collective et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, en ce qui concerne l\u2019effet du monopole syndical de repr\u00e9sentation \u00e9tabli par la <em>Loi des relations ouvri\u00e8res<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>, puis par le <em>Code du travail <\/em>(\u00ab\u00a0<em>Ct\u00a0<\/em>\u00bb)<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, sur la libert\u00e9 d\u2019un salari\u00e9 et d\u2019un employeur de convenir d\u2019un contrat de travail. Avec le d\u00e9veloppement d\u2019un droit directement protecteur des travailleurs salari\u00e9s, cette question s\u2019est aussi pos\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard des rapports entre les obligations du droit civil et celles de l\u2019ordre public du travail, notamment en mati\u00e8re de fin d\u2019emploi<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Nous proposons d\u2019examiner une autre manifestation de cette interaction entre le droit civil et le droit du travail, qui concerne cette fois le r\u00f4le du contrat en tant que crit\u00e8re d\u2019acc\u00e8s aux lois ayant une vocation de protection en mati\u00e8re de travail humain.<\/p>\n<p>Ces lois, que ce soit directement par l\u2019adoption des normes imp\u00e9ratives ou indirectement par l\u2019encadrement de la n\u00e9gociation collective et la reconnaissance l\u00e9gale des r\u00e8gles issues de cette derni\u00e8re, ont ajout\u00e9 un \u00ab\u00a0volet statutaire\u00a0\u00bb au rapport de travail, c\u2019est-\u00e0-dire un ensemble de droits et d\u2019obligations qui s\u2019imposent aux parties du rapport de travail ind\u00e9pendamment de leur volont\u00e9. Dans ce contexte, le recours \u00e0 la figure contractuelle comme fondement du rapport de travail d\u00e9terminant l\u2019application de ces lois du travail est-il appropri\u00e9? Quel est, et quel devrait \u00eatre le r\u00f4le du contrat dans l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes de protection des travailleurs? Quelles sont les cons\u00e9quences d\u2019adopter une approche civiliste fond\u00e9e sur le contrat lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019appliquer un droit \u00e0 caract\u00e8re social comme le droit du travail?<\/p>\n<p>Le contexte actuel justifie la pertinence d\u2019examiner ces questions. Les emplois dits \u00ab\u00a0atypiques\u00a0\u00bb, en ce qu\u2019ils ne r\u00e9pondent pas \u00e0 une ou plusieurs caract\u00e9ristiques du mod\u00e8le traditionnel de travail subordonn\u00e9 pour un employeur, \u00e0 temps plein, \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e et dans l\u2019\u00e9tablissement de l\u2019entreprise, font maintenant partie de la r\u00e9alit\u00e9 du monde du travail. Or, les personnes qui occupent ces emplois \u00e9prouvent parfois des difficult\u00e9s lorsqu\u2019il s\u2019agit de b\u00e9n\u00e9ficier des protections des lois du travail, comme l\u2019ont illustr\u00e9 plusieurs travaux et rapports<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>. Il en est ainsi pour plusieurs personnes qui effectuent personnellement un travail pour une autre personne moyennant r\u00e9mun\u00e9ration, et qui n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 la protection des lois du travail lorsqu\u2019elles ne sont pas consid\u00e9r\u00e9es comme li\u00e9es \u00e0 cette personne par un contrat de travail du point de vue du droit des contrats<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Cette situation conduit \u00e0 r\u00e9examiner, comme le font ces travaux, les <em>crit\u00e8res<\/em> caract\u00e9risant les rapports de travail qui devraient recevoir la protection du droit du travail\u00a0: par exemple, devrait-on faire en sorte que toute personne qui travaille personnellement pour autrui moyennant r\u00e9mun\u00e9ration ait acc\u00e8s aux lois du travail? Devrait-on r\u00e9server cet acc\u00e8s \u00e0 certains rapports de travail, d\u00e9finis en r\u00e9f\u00e9rence aux crit\u00e8res de subordination juridique ou de d\u00e9pendance \u00e9conomique? Cette situation conduit aussi \u00e0 s\u2019interroger sur l\u2019<em>autonomie de ces crit\u00e8res<\/em> par rapport \u00e0 une lecture contractuelle du rapport de travail. C\u2019est cet aspect particulier que notre article approfondira dans le cadre de l\u2019analyse portant sur la nature du rapport de travail donnant acc\u00e8s aux lois protectrices des travailleurs.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, notre objectif est de montrer en quoi les courants qui existent quant au fondement du rapport de travail pourraient contribuer \u00e0 la r\u00e9flexion sur l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes du droit du travail, lesquels cherchent \u00e0 r\u00e9aliser l\u2019une des finalit\u00e9s dudit droit, soit la protection des travailleurs. Nous traiterons de cette question en deux temps. Premi\u00e8rement, nous pr\u00e9senterons les fondements de la th\u00e8se contractuelle et de la th\u00e8se fond\u00e9e sur la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, tels qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s dans la doctrine de divers droits de tradition civiliste (I). Dans ce contexte, nous \u00e9tudierons l\u2019incidence des \u00e9l\u00e9ments retenus pour d\u00e9finir le rapport de travail sur le champ d\u2019application des lois du travail. Deuxi\u00e8mement, nous examinerons les effets pratiques de ces deux th\u00e8ses lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9tablir si une personne peut b\u00e9n\u00e9ficier des lois du travail qu\u00e9b\u00e9coises, et ce, \u00e0 partir de d\u00e9cisions r\u00e9centes concernant certaines formes de travail atypique (II). Nous identifierons quelques indices qui se d\u00e9gagent de cette jurisprudence quant \u00e0 l\u2019approche \u00e0 adopter afin de faciliter l\u2019acc\u00e8s aux lois du travail et l\u2019accomplissement de leur finalit\u00e9 de protection, y compris \u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnes qui travaillent dans des emplois non traditionnels.<\/p>\n<h1 id=\"6bf-b0c-449-8ae-84a\">I. \u00a0 Le r\u00f4le du contrat dans l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes de protection des travailleurs\u00a0: l\u2019apport de certains droits \u00e9trangers \u00e0 la r\u00e9flexion th\u00e9orique<\/h1>\n<p>Le rapport de travail ou le \u00ab\u00a0rapport salarial\u00a0\u00bb a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit comme une relation \u00ab\u00a0de nature individuelle\u00a0\u00bb dans laquelle le salari\u00e9 ex\u00e9cute une prestation de travail contre r\u00e9mun\u00e9ration, sous la d\u00e9pendance et au profit d\u2019un employeur<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Ces parties sont r\u00e9gies par des droits et des obligations qui peuvent provenir de l\u2019accord de volont\u00e9 intervenu entre elles, mais aussi de la loi ou de la convention collective n\u00e9goci\u00e9e entre l\u2019employeur et le syndicat accr\u00e9dit\u00e9 qui lie les salari\u00e9s de l\u2019unit\u00e9 qu\u2019il repr\u00e9sente, le cas \u00e9ch\u00e9ant<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. L\u2019ensemble des droits et des obligations s\u2019imposant ind\u00e9pendamment de la volont\u00e9 des parties est constitutif d\u2019un v\u00e9ritable \u00ab\u00a0statut\u00a0\u00bb de salari\u00e9<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>.<\/p>\n<p>Cela dit, la question est de savoir comment reconna\u00eetre l\u2019<em>existence<\/em> du rapport de travail auquel se rattache cet ensemble de droits et d\u2019obligations. Deux courants coexistent \u00e0 cet \u00e9gard<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>. Pour l\u2019essentiel, la th\u00e8se \u00ab\u00a0contractuelle\u00a0\u00bb voit dans l\u2019accord des volont\u00e9s intervenu entre l\u2019employeur et le salari\u00e9 le fondement du rapport de travail; pour les tenants de cette th\u00e8se, c\u2019est l\u2019\u00e9l\u00e9ment consensuel qui d\u00e9termine l\u2019existence de ce rapport<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Pour ceux qui soutiennent la th\u00e9orie de la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019ex\u00e9cution du travail qui est essentielle, le rapport de travail r\u00e9sultant de cet \u00e9l\u00e9ment factuel<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Ces courants ont donn\u00e9 lieu \u00e0 de riches d\u00e9bats dans divers droits de tradition civiliste, notamment au Qu\u00e9bec. Notons que le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois fait d\u00e9pendre l\u2019application de certains r\u00e9gimes en mati\u00e8re de travail de l\u2019existence d\u2019un contrat de travail, tout en pr\u00e9voyant que l\u2019ex\u00e9cution du travail suffit \u00e0 cet effet dans d\u2019autres cas, refl\u00e9tant ainsi un droit du travail peu int\u00e9gr\u00e9. En France, o\u00f9 le droit du travail est codifi\u00e9, le volet statutaire est int\u00e9gr\u00e9 au contrat de travail\u00a0: on parle de l\u2019\u00ab\u00a0insertion du statut dans le contrat\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p>Les courants existant sur les fondements possibles du rapport de travail s\u2019inscrivent dans un d\u00e9bat plus large relatif au r\u00e9alisme et \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme juridique<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>, opposant l\u2019id\u00e9al et le mat\u00e9riel<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. Dans une \u00e9tude publi\u00e9e en\u00a01950, Savatier, en donnant notamment l\u2019exemple du d\u00e9placement du concept juridique du \u00ab\u00a0contrat\u00a0\u00bb au profit de la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, se demandait si\u00a0\u00ab\u00a0[l]e \u201cfait\u201d gagn[ait] aux d\u00e9pens du \u201cdroit\u201d\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. L\u2019auteur se penchait sur la place croissante occup\u00e9e par des \u00ab\u00a0structures de fait\u00a0\u00bb au d\u00e9triment des \u00ab\u00a0structures juridiques\u00a0\u00bb, expliquait le ph\u00e9nom\u00e8ne du remplacement des \u00ab\u00a0sources de droit traditionnelles\u00a0\u00bb par le \u00ab\u00a0fait brut\u00a0\u00bb et indiquait que \u00ab\u00a0le <em>donn\u00e9<\/em> r\u00e9el imm\u00e9diat [\u00e9tait] en train de se d\u00e9barrasser du <em>construit<\/em>\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Les notions juridiques se trouvaient ainsi dissoci\u00e9es du fait auquel elles \u00e9taient en d\u00e9finitive rattach\u00e9es, des effets juridiques \u00e9tant assign\u00e9s au \u00ab\u00a0fait brut\u00a0\u00bb lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Ces courants sur la fa\u00e7on de caract\u00e9riser le rapport de travail semblent aussi se rattacher \u00e0 deux traditions juridiques distinctes, soit la culture romaniste et la culture germanique<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, ax\u00e9es respectivement sur l\u2019aspect consensuel et factuel du rapport.<\/p>\n<p>Plusieurs droits europ\u00e9ens du XIXe si\u00e8cle, dont le droit fran\u00e7ais, exhibaient cet aspect consensuel de la culture romaniste<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Ainsi, le Code Napol\u00e9on faisait appel \u00e0 la notion de louage de services provenant du droit romain pour expliquer le rapport de travail<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Par la <em>locatio operarum<\/em> romaine, un homme libre disposait de sa personne au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019autrui en se \u00ab\u00a0louant\u00a0\u00bb lui-m\u00eame. Ce m\u00e9canisme r\u00e9pondait au mod\u00e8le de la <em>locatio hominis<\/em>, une esp\u00e8ce de louage de choses dans laquelle on louait un esclave<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Les droits europ\u00e9ens du XIXe si\u00e8cle fond\u00e9s sur l\u2019approche romaniste ont donc caract\u00e9ris\u00e9 le rapport de travail comme faisant partie du droit des contrats\u00a0: le travail humain est objectiv\u00e9 et la location de la force de travail est vue comme une \u00ab\u00a0op\u00e9ration d\u2019\u00e9change\u00a0\u00bb conclue entre les parties, qui sont sur un pied d\u2019\u00e9galit\u00e9<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour sa part, la culture germanique trouve sa source dans l\u2019ancien droit germanique, dans lequel une personne se pla\u00e7ait au service d\u2019autrui par le biais d\u2019un contrat de vassalit\u00e9, caract\u00e9ris\u00e9 essentiellement par la pr\u00e9sence de trois \u00e9l\u00e9ments\u00a0: un lien de nature personnelle, un devoir de fid\u00e9lit\u00e9 et l\u2019appartenance \u00e0 une communaut\u00e9<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. Par opposition \u00e0 la conception romaniste du rapport de travail, fond\u00e9e sur le contrat, la culture germanique trouve que l\u2019\u00e9l\u00e9ment qui d\u00e9termine l\u2019existence de la relation de travail est l\u2019appartenance factuelle de la personne \u00e0 une communaut\u00e9 de travail\u00a0: ce n\u2019est pas la volont\u00e9 des parties, mais cette situation de fait lui conf\u00e9rant le statut de \u00ab\u00a0membre de la communaut\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a> qui fait na\u00eetre un ensemble de droits et d\u2019obligations pour le travailleur et l\u2019employeur. Ce courant trouve notamment appui dans la pens\u00e9e du juriste allemand Gierke, lequel refusait d\u2019appliquer au travail les dispositions concernant les contrats relatifs aux biens. En effet, le \u00ab\u00a0recours \u00e0 la \u201crelation de travail\u201d pour expliquer le statut juridique du salari\u00e9 se rattache assez naturellement \u00e0 une vision institutionnelle de l\u2019entreprise\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>, laquelle constitue une expression de la culture allemande, ax\u00e9e sur l\u2019appartenance \u00e0 la communaut\u00e9 de travail<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, la tradition contractuelle romaniste du rapport de travail \u00ab\u00a0privil\u00e9gie le rapport des hommes aux choses pour rendre possible l\u2019\u00e9change d\u2019un travail ainsi objectiv\u00e9 contre du salaire\u00a0\u00bb, tandis que la tradition germanique appr\u00e9hende \u00ab\u00a0la relation de travail comme une <em>situation d\u2019appartenance personnelle \u00e0 une communaut\u00e9<\/em>, et place ainsi cette relation dans l\u2019orbite du statut des personnes\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>. L\u2019opposition entre ces deux cultures se manifeste par la fa\u00e7on distincte de concevoir la relation de travail, soit sous l\u2019angle du rapport entre la personne et les choses, dans un cas, soit sous l\u2019angle du rapport entre les personnes, dans l\u2019autre<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019appartenant \u00e0 des cultures juridiques distinctes, il semble que tant l\u2019approche dite de la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb (ax\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 factuelle et influenc\u00e9e par la culture germanique) que l\u2019approche contractuelle (ax\u00e9e sur l\u2019aspect consensuel et reli\u00e9e \u00e0 la culture romaniste) ont eu une influence sur la mani\u00e8re de concevoir la nature du rapport de travail dans divers droits de tradition civiliste (A). D\u2019ailleurs, l\u2019approche de la relation de travail a permis de pallier les limites d\u2019une vision fond\u00e9e uniquement sur le contrat (B).<\/p>\n<h2 id=\"ed7-9b4-414-93a-06b\">A.\u00a0 La nature du rapport de travail\u00a0dans divers droits de tradition civiliste<\/h2>\n<p>Le d\u00e9bat sur le choix entre l\u2019analyse contractuelle et l\u2019approche fond\u00e9e sur la relation de travail dans la reconnaissance de l\u2019existence du rapport de travail a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 en droit qu\u00e9b\u00e9cois (1), en droit fran\u00e7ais (2) et dans certains pays de l\u2019Am\u00e9rique latine (3).<\/p>\n<h3 id=\"bc7-f02-473-9e8-2f4\">1. \u00a0 L\u2019approche du droit qu\u00e9b\u00e9cois<\/h3>\n<p>Le <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em> (\u00ab\u00a0CcQ\u00a0\u00bb), qui comprend un chapitre sur le contrat de travail<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>, constitue le droit commun du Qu\u00e9bec, conform\u00e9ment \u00e0 ce qu\u2019exprime sa disposition pr\u00e9liminaire<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. Relativement aux mati\u00e8res auxquelles se rapportent la lettre, l\u2019esprit ou l\u2019objet des dispositions dudit code, \u00ab\u00a0il constitue le fondement des autres lois qui peuvent elles-m\u00eames ajouter au code ou y d\u00e9roger\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Parall\u00e8lement au CcQ, il existe une constellation de lois du travail, g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019ordre public, qui d\u00e9terminent leur champ d\u2019application respectif eu \u00e9gard aux objectifs particuliers qu\u2019elles poursuivent. Ces lois contiennent des dispositions qui ajoutent au droit civil ou y d\u00e9rogent. Le CcQ peut \u00eatre utilis\u00e9 pour combler les lacunes de cette l\u00e9gislation sp\u00e9cifique en mati\u00e8re de travail, mais cette l\u00e9gislation peut elle-m\u00eame d\u00e9roger au CcQ, ce qui peut \u00eatre le cas en ce qui concerne la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la figure contractuelle en tant que crit\u00e8re d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la protection que ces lois accordent.<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces lois du travail est en effet r\u00e9serv\u00e9 aux personnes qui poss\u00e8dent le statut de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens de ces lois, la d\u00e9finition de ce statut faisant appel, suivant la loi en cause, tant\u00f4t \u00e0 la figure contractuelle, tant\u00f4t \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution effective de la prestation de travail pour saisir le rapport de travail<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. Cela traduit une \u00ab\u00a0certaine ambivalence\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a> du droit qu\u00e9b\u00e9cois quant aux fondements possibles de ce rapport, mais aussi quant au refus du l\u00e9gislateur de consid\u00e9rer syst\u00e9matiquement le contrat comme l\u2019assise des rapports de travail r\u00e9gis par le droit du travail<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans certains cas, la d\u00e9finition du statut donnant acc\u00e8s \u00e0 la protection de la loi ne fait aucunement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat. C\u2019est notamment le cas de la <em>Loi sur les normes du travail<\/em> (\u00ab\u00a0<em>Lnt<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a> et de la <em>Loi sur l\u2019\u00e9quit\u00e9 salariale<\/em> (\u00ab\u00a0<em>L\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a> qui pr\u00e9voient une d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale du \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb qui ne contient pas de r\u00e9f\u00e9rence sp\u00e9cifique au contrat de travail, et qui semble viser un rapport mat\u00e9riel plut\u00f4t que contractuel avec l\u2019employeur<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. Toutefois, la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb de la <em>Lnt<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab\u00a0contrat\u00a0\u00bb pour \u00e9largir l\u2019application de la loi \u00e0 des situations de travail qui se rapprochent \u00e0 certains \u00e9gards de l\u2019entrepreneur d\u00e9pendant<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>.<\/p>\n<p>Il en est \u00e9galement ainsi du <em>Ct<\/em>, qui fait d\u00e9pendre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 son r\u00e9gime de repr\u00e9sentation et de n\u00e9gociation collective de la qualit\u00e9 de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9fini comme \u00e9tant \u00ab\u00a0une personne qui travaille pour un employeur moyennant r\u00e9mun\u00e9ration\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>.<\/p>\n<p>Le l\u00e9gislateur ne faisant pas appel \u00e0 la figure contractuelle pour d\u00e9finir la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb dans ces lois, certains auteurs ont conclu qu\u2019elle \u00ab\u00a0correspond \u00e0 l\u2019approche \u201crelationniste\u201d\u00a0\u00bb et que, dans ce contexte, il n\u2019est pas possible d\u2019\u00ab\u00a0opposer \u00e0 l\u2019application de la loi l\u2019existence d\u2019un contrat de travail, que la loi n\u2019exige pas, si se r\u00e9alisent les \u00e9l\u00e9ments de la d\u00e9finition l\u00e9gale du salari\u00e9\u00a0\u00bb, lesquels se rapportent \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution m\u00eame du travail contre r\u00e9mun\u00e9ration, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel ou factuel<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. N\u00e9anmoins, les tribunaux du travail ont consid\u00e9r\u00e9 d\u00e8s\u00a01964 que le terme \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb, d\u00e9fini dans le <em>Ct<\/em>, \u00ab\u00a0traduisait l\u2019intention du l\u00e9gislateur de maintenir la distinction issue du droit civil de la province de Qu\u00e9bec entre \u201cl\u2019employ\u00e9\u201d et \u201cl\u2019entrepreneur ind\u00e9pendant\u201d\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a> et qu\u2019un lien de subordination au sens du droit civil \u00e9tait requis pour qualifier un salari\u00e9 au sens de cette loi, m\u00eame si ce lien a ensuite \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9 plus souplement<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>. C\u2019est pourquoi on estime, compte tenu de cette jurisprudence, que la d\u00e9finition du statut de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens du <em>Ct<\/em> \u00ab\u00a0refl\u00e8te la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 que le contrat de travail en vertu du <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>, bien qu\u2019elle ne fasse aucune r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat. Cette situation fait toutefois l\u2019objet de plusieurs critiques<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 la diff\u00e9rence du<em> Ct<\/em>, de la <em>Lnt<\/em> et de la <em>L\u00e9s<\/em>, les d\u00e9finitions du terme \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb contenues dans la <em>Loi sur la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 du travail <\/em>(\u00ab\u00a0<em>Lsst\u00a0<\/em>\u00bb)<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a> \u2014 qui a pour objet d\u2019\u00e9liminer \u00e0 la source m\u00eame les dangers pour la sant\u00e9 et l\u2019int\u00e9grit\u00e9 physique des travailleurs \u2014 et dans la <em>Loi sur les accidents du travail et maladies professionnelles <\/em>(\u00ab\u00a0<em>Latmp<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a> \u2014 dont l\u2019objet est la r\u00e9paration des l\u00e9sions professionnelles et de leurs cons\u00e9quences \u2014 font express\u00e9ment r\u00e9f\u00e9rence au contrat de travail. La <em>Lsst <\/em>d\u00e9finit le \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb comme une \u00ab\u00a0personne qui ex\u00e9cute, en vertu d\u2019un contrat de travail ou d\u2019un contrat d\u2019apprentissage, m\u00eame sans r\u00e9mun\u00e9ration, un travail pour un employeur, y compris un \u00e9tudiant dans les cas d\u00e9termin\u00e9s par r\u00e8glement\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>. Pour sa part, la <em>Latmp <\/em>d\u00e9finit le \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb comme \u00ab\u00a0une personne physique qui ex\u00e9cute un travail pour un employeur, moyennant r\u00e9mun\u00e9ration, en vertu d\u2019un contrat de travail ou d\u2019apprentissage\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. M\u00eame si les tribunaux r\u00e9f\u00e8rent directement \u00e0 la d\u00e9finition du contrat de travail contenue dans le CcQ ou, indirectement, \u00e0 ses principales composantes pour interpr\u00e9ter la notion de travailleur au sens de ces lois<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>, les tribunaux sup\u00e9rieurs ont rappel\u00e9 que cette interpr\u00e9tation doit refl\u00e9ter la finalit\u00e9 de ces lois<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>, ce qui peut entra\u00eener une utilisation \u00ab\u00a0prudente\u00a0\u00bb des notions issues du droit civil. S\u2019agissant de la <em>Latmp<\/em>, la Cour d\u2019appel \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>[I]l faut noter que le l\u00e9gislateur a non seulement r\u00e9guli\u00e8rement ajout\u00e9 de nouveaux statuts \u00e0 la LATMP [&#8230;], mais a aussi p\u00e9riodiquement modifi\u00e9 la d\u00e9finition de travailleur, tout cela afin que soient prises en compte les r\u00e9alit\u00e9s changeantes du monde du travail.<\/p>\n<p>[&#8230;]<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la prudence et la r\u00e9serve s\u2019imposent dans l\u2019usage de la jurisprudence \u00e9labor\u00e9e sur la notion de salari\u00e9, d\u2019employ\u00e9 ou d\u2019entrepreneur en application d\u2019autres lois, notamment du Code civil<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>.<\/p>\n<p>La notion de travailleur au sens de la <em>Lsst<\/em> doit aussi recevoir une interpr\u00e9tation \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9reuse\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a><sub>.<\/sub> La Cour supr\u00eame du Canada rappelle que la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb que comprend cette loi \u00ab\u00a0refl\u00e8te une intention claire d\u2019\u00e9tendre le plus largement possible la protection en mati\u00e8re de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 du travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a> et que<\/p>\n<p>le l\u00e9gislateur avait l\u2019intention de rejoindre un ensemble de travailleurs beaucoup plus large que celui qui est vis\u00e9 par la notion d\u2019\u00ab\u00a0employ\u00e9\u00a0\u00bb dans le <a href=\"https:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/legis\/lois\/rlrq-c-c-1991\/derniere\/rlrq-c-c-1991.html\"><em>Code civil<\/em><\/a>. Cette interpr\u00e9tation plus g\u00e9n\u00e9reuse de la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb est non seulement justifi\u00e9e par le caract\u00e8re de la <em>Loi<\/em>, qui est d\u2019ordre public, elle est \u00e9galement permise par la disposition pr\u00e9liminaire du <em>Code<\/em>, qui pr\u00e9voit que d\u2019autres lois peuvent \u00ab\u00a0ajouter au code ou y d\u00e9roger\u00a0\u00bb [notes omises]<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, bien que ces lois r\u00e9f\u00e8rent express\u00e9ment \u00e0 la figure contractuelle pour d\u00e9terminer les cat\u00e9gories de personnes qui ont acc\u00e8s aux protections qu\u2019elles conf\u00e8rent, leur champ d\u2019application personnel ne se limite ni \u00e0 cette vision contractuelle du rapport de travail ni \u00e0 une interpr\u00e9tation stricte de celle-ci.<\/p>\n<p>La <em>Loi sur les d\u00e9crets de convention collective <\/em>(\u00ab\u00a0<em>Ldcc<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>, qui permet au gouvernement d\u2019\u00e9largir par d\u00e9cret l\u2019application d\u2019une \u00ab\u00a0convention collective relative \u00e0 un m\u00e9tier, \u00e0 une industrie, \u00e0 un commerce ou \u00e0 une profession\u00a0\u00bb aux salari\u00e9s et aux employeurs professionnels d\u2019un secteur d\u00e9fini dans le d\u00e9cret<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>, illustre une autre mani\u00e8re de d\u00e9finir le rapport de travail auquel elle s\u2019applique. La <em>Ldcc<\/em> comprend une d\u00e9finition de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb de nature factuelle, le salari\u00e9 signifiant \u00ab\u00a0tout apprenti, man\u0153uvre ou ouvrier non sp\u00e9cialis\u00e9, ouvrier qualifi\u00e9 ou compagnon, artisan, commis ou employ\u00e9 qui travaille individuellement, en \u00e9quipe ou en soci\u00e9t\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. Pour certains auteurs, cette d\u00e9finition fait en sorte que l\u2019application d\u2019un d\u00e9cret de convention collective en vertu de la <em>Ldcc<\/em> ne d\u00e9pend pas de la conclusion d\u2019un contrat de travail, mais bien d\u2019un crit\u00e8re objectif, soit l\u2019ex\u00e9cution du travail<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>. La Cour d\u2019appel du Qu\u00e9bec a r\u00e9cemment eu l\u2019occasion de souligner, dans une affaire p\u00e9nale, qu\u2019une personne r\u00e9pond \u00e0 la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb contenue dans la<em> Ldcc<\/em> \u00ab\u00a0d\u00e8s qu\u2019elle effectue un travail vis\u00e9 par un d\u00e9cret\u00a0\u00bb, tout en \u00e9cartant la subordination comme crit\u00e8re \u00e0 consid\u00e9rer pour qualifier une personne de salari\u00e9 au sens de cette loi<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Cette disposition se pr\u00eate \u00e0 une interpr\u00e9tation large de la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb qui englobe la personne travaillant en vertu d\u2019un contrat de soci\u00e9t\u00e9 ou de service<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, le droit qu\u00e9b\u00e9cois est assur\u00e9ment ambivalent en ce qui concerne le fondement du rapport de travail. Notamment, le l\u00e9gislateur fait d\u00e9pendre l\u2019application de certains r\u00e9gimes en mati\u00e8re de travail de l\u2019existence d\u2019un contrat, alors qu\u2019il adopte une d\u00e9finition mat\u00e9rielle dans d\u2019autres cas. Plus encore, la jurisprudence fait appel \u00e0 l\u2019approche contractuelle dans l\u2019interpr\u00e9tation du statut de salari\u00e9 au sens du <em>Ct<\/em>, qui ne le requiert pas, et s\u2019en d\u00e9gage dans l\u2019interpr\u00e9tation du statut de travailleur selon la <em>Latmp<\/em> et la <em>Lsst<\/em>, qui font explicitement r\u00e9f\u00e9rence au contrat. Cette ambivalence refl\u00e8te l\u2019absence d\u2019int\u00e9gration formelle et substantielle du droit du travail qu\u00e9b\u00e9cois alors que sa codification autour d\u2019une approche mat\u00e9rielle, esquiss\u00e9e dans le <em>Ct<\/em> sans jamais avoir \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e, permettait de faire du droit du travail qu\u00e9b\u00e9cois un droit \u00e0 part enti\u00e8re et non une simple \u00ab\u00a0excroissance du droit civil\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>. Ainsi,<\/p>\n<p>s\u2019exprimant lui-m\u00eame dans une v\u00e9ritable codification, le droit du travail \u00e9tend[rait] alors sans difficult\u00e9 l\u2019influence de ses principes directeurs, de son esprit et de ses techniques, non seulement aux situations express\u00e9ment pr\u00e9vues, mais aussi \u00e0 toutes celles que l\u2019on peut raisonnablement inclure dans son champ d\u2019application. Toutes ces situations, il les r\u00e9gi[rait] enti\u00e8rement; le droit commun n\u2019intervien[drait] que dans la mesure o\u00f9 la codification du droit du travail le permet[trait], ou encore, ce qui \u00e9largit l\u2019exception, il joue[rait] un r\u00f4le proprement suppl\u00e9tif \u00e0 d\u00e9faut de port\u00e9e expresse ou implicite du Code du travail<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette ambivalence pourrait aussi avoir des effets concrets sur les droits de certains travailleurs, comme nous l\u2019illustrerons dans la deuxi\u00e8me partie du pr\u00e9sent texte.<\/p>\n<h3 id=\"eeb-d60-4e6-af2-55f\">2.\u00a0\u00a0 L\u2019approche du droit fran\u00e7ais<\/h3>\n<p>En France, le droit du travail est codifi\u00e9. Le <em>Code du travail<\/em> de ce pays (\u00ab\u00a0<em>C trav f\u00a0<\/em>\u00bb)<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a> regroupe un ensemble de dispositions de nature l\u00e9gale et r\u00e9glementaire<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a> concernant les rapports individuels et collectifs du travail, la dur\u00e9e du travail, le salaire, la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail, l\u2019emploi, la formation professionnelle et le contr\u00f4le et l\u2019application de la l\u00e9gislation relative au travail. Le contrat de travail est \u00e0 la base des r\u00e8gles contenues dans ce corps l\u00e9gislatif, lequel pr\u00e9cise d\u2019ailleurs, \u00ab\u00a0[l]e contrat de travail est soumis aux r\u00e8gles de droit commun\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>. Or, m\u00eame si, comme l\u2019indique la doctrine sp\u00e9cialis\u00e9e en la mati\u00e8re, \u00ab\u00a0le droit fran\u00e7ais traite l\u2019embauche comme la conclusion d\u2019un contrat et le rapport entre l\u2019employeur et chacun de ses salari\u00e9s comme un rapport contractuel\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>, il faut noter qu\u2019il ne s\u2019agit pas du contrat de louage de service d\u00e9coulant de la tradition romaniste, mais d\u2019un contrat qui a acquis un visage nouveau, et qui conf\u00e8re au salari\u00e9 un \u00ab\u00a0v\u00e9ritable \u201cstatut\u201d\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a> en ce qu\u2019il est compl\u00e9t\u00e9 par l\u2019incorporation des \u00e9l\u00e9ments de la vision personnelle et statutaire propre \u00e0 la culture allemande<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a>. Le contrat de travail en droit fran\u00e7ais aurait \u00ab\u00a0op\u00e9r\u00e9 la synth\u00e8se de ce que les juristes ont per\u00e7u jusqu\u2019au milieu de ce si\u00e8cle comme une antith\u00e8se, la synth\u00e8se des conceptions romaniste et germanique du rapport de travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>. Il y aurait donc une tendance en droit fran\u00e7ais, allant du \u00ab\u00a0d\u00e9clin\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0renouveau du contrat de travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>.<\/p>\n<p>Ainsi, avant l\u2019av\u00e8nement de la l\u00e9gislation protectrice des travailleurs, le contrat de louage de service constituait le seul encadrement du rapport de travail; celui-ci \u00e9tait donc r\u00e9gi par le droit g\u00e9n\u00e9ral des contrats, guid\u00e9 par les postulats de la libert\u00e9 contractuelle et de la force obligatoire de l\u2019accord des volont\u00e9s<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>. Les critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce contrat, nomm\u00e9 depuis le d\u00e9but du\u00a0XXe si\u00e8cle \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb, visaient essentiellement le fait qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un contrat d\u2019adh\u00e9sion dont l\u2019influence sur l\u2019\u00ab\u00a0am\u00e9nagement juridique\u00a0\u00bb du rapport d\u2019emploi se voyait limit\u00e9e face \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une l\u00e9gislation con\u00e7ue pour prot\u00e9ger la partie faible d\u2019une relation de travail caract\u00e9ris\u00e9e par l\u2019in\u00e9galit\u00e9<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a>. La doctrine fait \u00e9tat d\u2019une \u00e9volution dans la fa\u00e7on de comprendre le rapport de travail. En effet, des juristes comme Georges Scelle, d\u2019abord, et Paul Durand, quelques ann\u00e9es plus tard, ont propos\u00e9 des fa\u00e7ons alternatives de concevoir cette relation, le premier voyant dans le contrat de travail un \u00ab\u00a0acte-condition\u00a0\u00bb en vertu duquel le salari\u00e9 acquiert un \u00ab\u00a0statut\u00a0\u00bb, et le deuxi\u00e8me consid\u00e9rant l\u2019entr\u00e9e du salari\u00e9 dans l\u2019entreprise en tant que \u00ab\u00a0fait-condition\u00a0\u00bb qui donne naissance \u00e0 une relation de nature \u00ab\u00a0institutionnelle\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a>.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une p\u00e9riode de \u00ab\u00a0d\u00e9clin du contrat de travail\u00a0\u00bb qui va jusqu\u2019aux ann\u00e9es\u00a080, on constate un \u00ab\u00a0renouveau\u00a0\u00bb dudit contrat, lequel n\u2019est pas pour autant un retour \u00e0 la conception du louage de services, mais la manifestation du \u00ab\u00a0dualisme\u00a0\u00bb de cette convention de nature particuli\u00e8re qu\u2019est le contrat de travail<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a>. Il s\u2019agit d\u2019une part d\u2019un \u00ab\u00a0authentique contrat\u00a0\u00bb, soumis aux r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales des contrats, mais aussi d\u2019un \u00ab\u00a0<em>acte-condition<\/em>, soumettant le salari\u00e9 au pouvoir que l\u2019ordre juridique reconna\u00eet \u00e0 l\u2019employeur et l\u2019int\u00e9grant \u00e0 une collectivit\u00e9 de travail\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a>. Le rapport de travail ainsi con\u00e7u englobe deux dimensions distinctes, soit une dimension contractuelle proprement dite et une dimension extracontractuelle, cette derni\u00e8re comportant des droits rattach\u00e9s \u00ab\u00a0\u00e0 la qualit\u00e9 de salari\u00e9 plut\u00f4t que des droits contractuels, d\u00e9coulant du contrat et de son r\u00e9gime l\u00e9gal\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019interaction entre le contrat et l\u2019ordre public du travail a attir\u00e9 l\u2019attention de la doctrine<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a>, laquelle a soulign\u00e9 que cette conception \u00ab\u00a0dualiste\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a> du contrat de travail permet de placer cette notion juridique au centre du droit du travail fran\u00e7ais, dont les r\u00e8gles d\u2019ordre public r\u00e9gissent les divers aspects du rapport de travail. En somme, le contrat de travail, qui \u00ab\u00a0\u201cincorpore\u201d en quelque mani\u00e8re une bonne partie du dispositif l\u00e9gal qui forme le droit du travail\u00a0\u00bb a pour \u00ab\u00a0vertu de doter le salari\u00e9 d\u2019un v\u00e9ritable \u201cstatut\u201d\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a>. Ainsi, comme l\u2019a \u00e9crit l\u2019Assembl\u00e9e pl\u00e9ni\u00e8re de la Cour de cassation fran\u00e7aise, \u00ab\u00a0la seule volont\u00e9 des parties [est] impuissante \u00e0 soustraire [un travailleur] au statut social qui d\u00e9coul[e] n\u00e9cessairement des conditions d\u2019accomplissement de son travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce particularisme du contrat de travail en France entra\u00eene notamment comme cons\u00e9quence que, m\u00eame s\u2019il est soumis aux r\u00e8gles de droit commun comme le pr\u00e9voit le <em>C trav f<\/em>, les solutions civilistes sont soit adapt\u00e9es \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de cette convention, qui a comme trait particulier la subordination de l\u2019une des parties au rapport d\u2019emploi, soit \u00e9cart\u00e9es par des r\u00e8gles l\u00e9gales sp\u00e9cifiques contenues dans le <em>C trav f<\/em><a href=\"#_ftn82\" name=\"_ftnref82\">[82]<\/a>. Ainsi, le professeur Verkindt parle des \u00ab\u00a0d\u00e9formations\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn83\" name=\"_ftnref83\">[83]<\/a> du droit des obligations, motiv\u00e9es par la subordination propre au contrat de travail. Parmi ces d\u00e9formations, on retrouve un r\u00e9gime de nullit\u00e9 particulier audit contrat, en vertu duquel les dispositions du <em>C trav f<\/em> continuent de s\u2019appliquer m\u00eame apr\u00e8s l\u2019annulation du contrat de travail. Ceci a pour effet que les salaires dus au travailleur conservent cette nature<a href=\"#_ftn84\" name=\"_ftnref84\">[84]<\/a>.<\/p>\n<p>Ainsi, m\u00eame si le <em>C trav f<\/em> interdit d\u2019embaucher ou de conserver \u00e0 son service un \u00e9tranger non muni d\u2019un titre l\u2019autorisant \u00e0 exercer une activit\u00e9 salari\u00e9e en France<a href=\"#_ftn85\" name=\"_ftnref85\">[85]<\/a>, d\u2019autres dispositions reconnaissent des effets juridiques \u00e0 cette relation irr\u00e9guli\u00e8re. Le <em>C trav f<\/em> assimile le salari\u00e9 \u00e9tranger \u00e0 un salari\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement engag\u00e9 lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019appliquer les obligations de l\u2019employeur concernant les p\u00e9riodes d\u2019interdiction d\u2019emploi pr\u00e9natal et postnatal et l\u2019allaitement, la dur\u00e9e du travail et les cong\u00e9s, la sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 au travail et l\u2019anciennet\u00e9 dans l\u2019entreprise<a href=\"#_ftn86\" name=\"_ftnref86\">[86]<\/a>. Il pr\u00e9voit de plus que le salari\u00e9 \u00e9tranger a droit, durant la p\u00e9riode d\u2019emploi illicite, au paiement du salaire et des accessoires de celui-ci; en cas de rupture du rapport d\u2019emploi, il a droit \u00e0 une indemnit\u00e9 forfaitaire \u00e9gale \u00e0 trois mois de salaire et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, \u00e0 la prise en charge par l\u2019employeur de tous les frais d\u2019envoi des r\u00e9mun\u00e9rations impay\u00e9es<a href=\"#_ftn87\" name=\"_ftnref87\">[87]<\/a>. Le salari\u00e9 \u00e9tranger en situation irr\u00e9guli\u00e8re b\u00e9n\u00e9ficie aussi des dispositions relatives aux assurances et privil\u00e8ges de salaires pour les sommes qui lui sont dues<a href=\"#_ftn88\" name=\"_ftnref88\">[88]<\/a>. Enfin, le <em>C trav f<\/em> prescrit le paiement des sommes dues \u00e0 l\u2019\u00e9tranger sans titre de travail dans un d\u00e9lai de trente jours<a href=\"#_ftn89\" name=\"_ftnref89\">[89]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, en droit fran\u00e7ais, le \u00ab\u00a0couple contrat\/statut\u00a0\u00bb constitue le \u00ab\u00a0moyen de saisir l\u2019ambivalence structurelle qui caract\u00e9rise le droit du travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>, ce qui a donn\u00e9 comme r\u00e9sultat une configuration \u00ab\u00a0dualiste\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a> du rapport de travail.<\/p>\n<h3 id=\"083-4e7-486-813-173\">3. \u00a0 Le d\u00e9bat dans certains pays de l\u2019Am\u00e9rique latine<\/h3>\n<p>Le d\u00e9bat portant sur la fa\u00e7on de concevoir le rapport de travail s\u2019est manifest\u00e9 en Am\u00e9rique latine par une opposition marqu\u00e9e entre les tenants des courants fond\u00e9s sur le \u00ab\u00a0contrat\u00a0\u00bb, d\u2019une part, et sur la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, d\u2019autre part. Barbagelata indique qu\u2019<\/p>\n<p>[e]n Am\u00e9rique latine la querelle controverse [sic] au sujet du <em>contrat<\/em> et de la <em>relation de travail<\/em> atteint une intensit\u00e9 telle que M.\u00a0de la Cueva \u2014 le repr\u00e9sentant le plus renomm\u00e9 du <em>relationisme<\/em> [sic] \u2014 a pu parler d\u2019une \u201cbataille\u201d contre le contractualisme\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a>.<\/p>\n<p>Barbagelata explique que le \u00ab\u00a0point de d\u00e9part\u00a0\u00bb de la th\u00e8se pr\u00e9sent\u00e9e par le professeur mexicain de la Cueva depuis 1938 est l\u2019ind\u00e9pendance du droit du travail \u00e0 l\u2019\u00e9gard du droit civil, et partant, du fondement contractuel qui voit dans la relation d\u2019emploi un louage de services<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a>. Selon Barbagelata, de la Cueva d\u00e9crit la relation de travail \u00ab\u00a0comme une situation juridique objective, ind\u00e9pendante de son origine\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>. L\u2019auteur mexicain a de plus \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par les critiques de Scelle relativement \u00e0 la nature du louage de services, et de Molitor, lequel distingue l\u2019accord des volont\u00e9s pr\u00e9alable \u00e0 la prestation des services de l\u2019ex\u00e9cution effective des t\u00e2ches lorsque le travailleur fait l\u2019entr\u00e9e dans l\u2019entreprise d\u2019autrui<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a>. D\u2019ailleurs, Barbagelata pr\u00e9cise que,<\/p>\n<p>[t]oujours d\u2019apr\u00e8s M. de la Cueva, les b\u00e9n\u00e9fices de la doctrine de la <em>relation de travail<\/em> se manifestent par ses cons\u00e9quences, notamment, le d\u00e9passement des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la nullit\u00e9 des contrats et son effet r\u00e9troactif\u00a0[italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\">[96]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans son ouvrage intitul\u00e9 <em>Derecho mexicano del trabajo<\/em><a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a>, le professeur de la Cueva expose la th\u00e9orie du \u00ab\u00a0contrat-r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (en espagnol<em> contrato-realidad<\/em>), dans laquelle il distingue le contrat de travail des contrats du droit civil. Il est \u00e0 noter que, m\u00eame si l\u2019auteur r\u00e9f\u00e8re au \u00ab\u00a0contrat-r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb dans sa caract\u00e9risation du rapport de travail, il s\u2019\u00e9carte clairement de l\u2019approche contractuelle comme moyen de justifier l\u2019application du droit du travail<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\">[98]<\/a>.<\/p>\n<p>En effet, selon la th\u00e8se du professeur de la Cueva, il faut distinguer l\u2019accord des volont\u00e9s de la prestation effective du service. Le premier est notamment \u00e0 l\u2019origine de l\u2019obligation du travailleur de \u00ab\u00a0se mettre \u00e0 la disposition de l\u2019employeur afin que celui-ci utilise la force de travail promise\u00a0\u00bb [notre traduction], mais c\u2019est le deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment qui d\u00e9termine que le travailleur est couvert par les r\u00e9gimes de protection pr\u00e9vus par le l\u00e9gislateur<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\">[99]<\/a>. Selon cette conception, l\u2019\u00ab\u00a0existence d\u2019une relation de travail\u00a0\u00bb est le r\u00e9sultat de la \u00ab\u00a0situation r\u00e9elle\u00a0\u00bb du travailleur; ce n\u2019est pas l\u2019accord abstrait entre ce dernier et l\u2019employeur visant la prestation d\u2019un service qui permet d\u2019appliquer le droit du travail, mais \u00ab\u00a0la situation objective, dont l\u2019existence est ind\u00e9pendante de l\u2019acte qui conditionne sa naissance\u00a0\u00bb [notre traduction]<a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019ex\u00e9cution de la prestation du travail elle-m\u00eame. Dans ce cadre, de la Cueva est d\u2019avis que la nature du rapport entre les parties ne peut pas \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 partir de ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu par elles, car la convention ne peut pas avoir d\u2019effet si elle n\u2019est pas conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que de la Cueva explique que le contrat de travail a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 \u00ab\u00a0contrat-r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0puisqu\u2019il existe non pas dans l\u2019accord abstrait des volont\u00e9s, mais dans la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019ex\u00e9cution du service et que c\u2019est cette ex\u00e9cution et non ledit accord qui d\u00e9termine son existence\u00a0\u00bb [notre traduction]<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a>. Dans le m\u00eame sens, il indique que,<\/p>\n<p>[l]e contrat de travail, dans son acception de relation de travail, est un contrat-r\u00e9alit\u00e9, puisqu\u2019il existe dans les conditions r\u00e9elles de prestation des services, ind\u00e9pendamment de ce qui a \u00e9t\u00e9 convenu, ces conditions ayant comme limite le fait qu\u2019elles ne pourront pas r\u00e9duire les privil\u00e8ges contenus dans la loi, dans le contrat ou dans la convention collective [notre traduction]<a href=\"#_ftn103\" name=\"_ftnref103\">[103]<\/a>.<\/p>\n<p>Le professeur uruguayen Pl\u00e1 Rodriguez a identifi\u00e9 dans la pens\u00e9e du professeur de la Cueva divers concepts qui se ressemblent d\u2019une certaine fa\u00e7on, mais qui sont en r\u00e9alit\u00e9 distincts<a href=\"#_ftn104\" name=\"_ftnref104\">[104]<\/a>. En tenant compte de plusieurs passages de l\u2019ouvrage de ce dernier, Pl\u00e1 Rodriguez pr\u00e9sente essentiellement deux grandes id\u00e9es qui ressortent de la th\u00e8se du professeur de la Cueva. D\u2019une part, il y a l\u2019id\u00e9e qui est \u00e0 la base de la th\u00e9orie de \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire que c\u2019est l\u2019ex\u00e9cution effective de la t\u00e2che qui donne acc\u00e8s aux protections du droit du travail, au-del\u00e0 du contrat, \u00e0 lui seul insuffisant<a href=\"#_ftn105\" name=\"_ftnref105\">[105]<\/a>. Dans ce contexte, l\u2019inexistence d\u2019une convention intervenue entre l\u2019employeur et le travailleur ou le cas \u00e9ch\u00e9ant, sa nullit\u00e9 n\u2019exclut pas l\u2019application du droit du travail<a href=\"#_ftn106\" name=\"_ftnref106\">[106]<\/a>. D\u2019autre part, il y a la place dominante qu\u2019occupe la r\u00e9alit\u00e9 factuelle dans le domaine du travail par rapport aux accords formels, laquelle se manifeste notamment par le fait qu\u2019en cas de discordance entre les faits et la convention juridique intervenue entre les parties, ce sont les premiers qui vont pr\u00e9valoir. Autrement dit, la r\u00e9alit\u00e9 des faits pr\u00e9domine sur la forme juridique. Cette seconde id\u00e9e appara\u00eet particuli\u00e8rement, selon Pl\u00e1 Rodriguez,<\/p>\n<p>dans la phrase qui consid\u00e8re comme \u201cerron\u00e9 de pr\u00e9tendre juger de la nature d\u2019une relation selon ce que les parties ont convenu, puisque si les stipulations contenues dans l\u2019entente ne correspondent pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, elles n\u2019auront aucune valeur\u201d\u00a0[notre traduction]<a href=\"#_ftn107\" name=\"_ftnref107\">[107]<\/a>.<\/p>\n<p>Pl\u00e1 Rodriguez indique que c\u2019est la <em>premi\u00e8re<\/em> id\u00e9e, soit celle voulant que l\u2019ex\u00e9cution de la t\u00e2che et non le contrat donne acc\u00e8s aux protections du droit du travail, que la plupart des auteurs voient dans la th\u00e8se expos\u00e9e par de la Cueva<a href=\"#_ftn108\" name=\"_ftnref108\">[108]<\/a>, laquelle repr\u00e9sente une fa\u00e7on de concevoir le rapport de travail. Or, il pr\u00e9cise que m\u00eame ceux qui critiquent cette conception acceptent la seconde id\u00e9e<a href=\"#_ftn109\" name=\"_ftnref109\">[109]<\/a>, laquelle est analys\u00e9e par Pl\u00e1 Rodriguez sous l\u2019appellation de \u00ab\u00a0principe de la primaut\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb (en espagnol \u00ab\u00a0<em>principio de la primac\u00eda de la realidad<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn110\" name=\"_ftnref110\">[110]<\/a>.<\/p>\n<p>La vision pr\u00e9sent\u00e9e par Pl\u00e1 Rodriguez permet ainsi de voir deux \u00e9l\u00e9ments dans la th\u00e8se du \u00ab\u00a0contrat-r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb \u00e9nonc\u00e9e par de la Cueva. Le premier pr\u00e9sente l\u2019ex\u00e9cution du travail comme source de droits et d\u2019obligations puisqu\u2019elle engendre le rapport de travail auquel ceux-ci se rattachent. Le second \u00e9l\u00e9ment, soit le \u00ab\u00a0principe de la primaut\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, sert d\u2019assise \u00e0 un moyen ou une m\u00e9thode d\u2019analyse qui doit nous guider dans l\u2019application du droit du travail. Cette m\u00e9thode aidera \u00e0 d\u00e9terminer si les \u00e9l\u00e9ments qui donnent naissance au rapport de travail, que celui-ci soit caract\u00e9ris\u00e9 comme \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, existent bel et bien dans un cas donn\u00e9.<\/p>\n<p>Cela dit, il convient de souligner que la th\u00e8se de la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue dans la l\u00e9gislation de plusieurs pays de l\u2019Am\u00e9rique latine. Dans son \u00e9tude publi\u00e9e en 1980, Barbagelata mentionne notamment les cas du Mexique, de l\u2019Argentine, du Panama et de la Colombie, dont les lois en vigueur \u00e0 l\u2019\u00e9poque reconnaissaient des effets juridiques tant au contrat qu\u2019\u00e0 la relation de travail, ou contenaient une pr\u00e9somption d\u2019existence du contrat de travail fond\u00e9e sur l\u2019ex\u00e9cution personnelle des t\u00e2ches par le travailleur<a href=\"#_ftn111\" name=\"_ftnref111\">[111]<\/a>. L\u2019auteur r\u00e9f\u00e8re particuli\u00e8rement \u00e0 la r\u00e9ception de la th\u00e8se de la relation de travail dans la loi mexicaine (intitul\u00e9e, en espagnol, \u00ab\u00a0<em>Ley Federal del Trabajo\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn112\" name=\"_ftnref112\">[112]<\/a>) en ces termes\u00a0:<\/p>\n<p>D\u2019abord, il faut signaler que cette doctrine est tr\u00e8s nettement \u00e0 la base de la nouvelle LFT du Mexique dont le titre\u00a0II, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Relations individuelles de travail\u00a0\u00bb, commence par la d\u00e9finition suivante\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019expression \u201crelation de travail\u201d d\u00e9signe, quel que soit l\u2019acte dont elle d\u00e9coule, l\u2019ex\u00e9cution personnelle d\u2019un travail sous la direction d\u2019un tiers moyennant le versement d\u2019un salaire\u00a0\u00bb (art. 20).<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, si le deuxi\u00e8me alin\u00e9a du m\u00eame article apporte aussi une d\u00e9finition du <em>contrat individuel de travail<\/em> \u00ab\u00a0quelle que soit sa forme ou d\u00e9nomination\u00a0\u00bb, l\u2019alin\u00e9a final se charge de faire la remarque que \u00ab\u00a0l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un travail de la mani\u00e8re vis\u00e9e par le premier alin\u00e9a sortit [<em>sic<\/em>] le m\u00eame effet que le contrat \u00e9tabli\u00a0\u00bb. En outre, l\u2019art. 21 de la LFT mexicaine affirme que l\u2019existence d\u2019un contrat et d\u2019une relation de travail est pr\u00e9sum\u00e9e entre la personne qui ex\u00e9cute personnellement le travail et celle pour laquelle il est ex\u00e9cut\u00e9<a href=\"#_ftn113\" name=\"_ftnref113\">[113]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, la litt\u00e9rature mexicaine a \u00e9galement soulign\u00e9 l\u2019acceptation l\u00e9gislative de la th\u00e9orie fond\u00e9e sur la relation de travail<a href=\"#_ftn114\" name=\"_ftnref114\">[114]<\/a>, le contenu actuel des articles\u00a020 et\u00a021 de la <em>Ley Federal del Trabajo<\/em><a href=\"#_ftn115\" name=\"_ftnref115\">[115]<\/a> \u00e9tant essentiellement le m\u00eame que celui d\u00e9crit par Barbagelata.<\/p>\n<p>On retrouve un autre exemple actuel de la r\u00e9ception de la th\u00e8se de la relation de travail dans la l\u00e9gislation r\u00e9gissant le travail en Argentine (intitul\u00e9e en espagnol, \u00ab\u00a0<em>Ley de Contrato de Trabajo\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn116\" name=\"_ftnref116\">[116]<\/a>, dont nous nous sommes permis de traduire certains articles mentionn\u00e9s ci-dessous). Le texte de la <em>Ley de Contrato de Trabajo<\/em> qui, pour ce qui nous int\u00e9resse, est essentiellement le m\u00eame que celui pr\u00e9sent\u00e9 par Barbagelata dans son \u00e9tude cit\u00e9e plus haut<a href=\"#_ftn117\" name=\"_ftnref117\">[117]<\/a>, pr\u00e9voit \u00e0 son article premier<a href=\"#_ftn118\" name=\"_ftnref118\">[118]<\/a> qu\u2019elle s\u2019applique au \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb et \u00e0 la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, notions qui sont pr\u00e9cis\u00e9es aux articles\u00a021 et 22, respectivement. Pour d\u00e9finir le \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb, la loi fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019engagement d\u2019une personne physique qui \u00ab\u00a0<em>s\u2019oblige<\/em> \u00e0 r\u00e9aliser des actes, ex\u00e9cuter des \u0153uvres ou fournir des services en faveur d\u2019une autre personne et sous la d\u00e9pendance de celle-ci [&#8230;] contre r\u00e9mun\u00e9ration\u00a0\u00bb [notre traduction, nos italiques]<a href=\"#_ftn119\" name=\"_ftnref119\">[119]<\/a>. Pour sa part, la notion de \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la personne qui<\/p>\n<p><em>r\u00e9alise<\/em> des actes, <em>ex\u00e9cute<\/em> des \u0153uvres ou <em>fournit<\/em> des services en faveur d\u2019une autre personne, sous la d\u00e9pendance volontaire de celle-ci et moyennant r\u00e9mun\u00e9ration, quel que soit l\u2019acte qui est \u00e0 l\u2019origine de cette relation [notre traduction, nos italiques]<a href=\"#_ftn120\" name=\"_ftnref120\">[120]<\/a>.<\/p>\n<p>La loi pr\u00e9sume l\u2019existence d\u2019un contrat de travail du fait de la prestation des services<a href=\"#_ftn121\" name=\"_ftnref121\">[121]<\/a>. Or, la m\u00eame loi prescrit que les effets de l\u2019inex\u00e9cution du contrat de travail avant la fourniture effective du travail soient r\u00e9gis par le droit commun, tout en pr\u00e9voyant le versement d\u2019une indemnit\u00e9 minimale<a href=\"#_ftn122\" name=\"_ftnref122\">[122]<\/a>. On voit ainsi que le l\u00e9gislateur a envisag\u00e9 les notions de \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb comme deux concepts distincts qui sont reli\u00e9s entre eux, en ce sens que la relation de travail pr\u00e9suppose l\u2019existence d\u2019un contrat de travail. Cependant, seulement un de ces \u00e9l\u00e9ments semble \u00eatre d\u00e9terminant pour l\u2019application de la l\u00e9gislation de travail, soit la \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, la loi \u00e9tant applicable \u00e0 partir de l\u2019ex\u00e9cution des services<a href=\"#_ftn123\" name=\"_ftnref123\">[123]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette fa\u00e7on particuli\u00e8re de concevoir le rapport de travail est compl\u00e9t\u00e9e par un r\u00e9gime sp\u00e9cial de nullit\u00e9 du contrat de travail<a href=\"#_ftn124\" name=\"_ftnref124\">[124]<\/a>. En effet, la loi argentine pr\u00e9voit que le contrat de travail ne peut avoir pour objet la prestation de services illicites et de services prohib\u00e9s<a href=\"#_ftn125\" name=\"_ftnref125\">[125]<\/a> et que la nullit\u00e9 du contrat de travail dont l\u2019objet est prohib\u00e9 ou illicite doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e d\u2019office par le juge<a href=\"#_ftn126\" name=\"_ftnref126\">[126]<\/a>. Le l\u00e9gislateur distingue cependant les effets de ces deux types de nullit\u00e9\u00a0: le contrat dont l\u2019objet est illicite ne produit pas de cons\u00e9quences entre les parties<a href=\"#_ftn127\" name=\"_ftnref127\">[127]<\/a>, tandis que celui dont l\u2019objet est prohib\u00e9 n\u2019affecte pas le droit du travailleur \u00e0 recevoir les r\u00e9mun\u00e9rations ou les indemnit\u00e9s r\u00e9sultant de l\u2019extinction du contrat<a href=\"#_ftn128\" name=\"_ftnref128\">[128]<\/a>. L\u2019objet contraire \u00e0 la morale et aux bonnes m\u0153urs est consid\u00e9r\u00e9 comme illicite, sauf si les lois, les r\u00e8glements municipaux ou les r\u00e8glements de police le tol\u00e8rent ou le r\u00e9glementent<a href=\"#_ftn129\" name=\"_ftnref129\">[129]<\/a>. Lorsque des dispositions de nature l\u00e9gale ou r\u00e9glementaire interdisent l\u2019emploi de certaines cat\u00e9gories de personnes, ou la r\u00e9alisation de certaines t\u00e2ches, l\u2019objet du contrat sera consid\u00e9r\u00e9 comme prohib\u00e9, mais cette prohibition visera toujours l\u2019employeur<a href=\"#_ftn130\" name=\"_ftnref130\">[130]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"7a8-23a-40e-881-696\">B. L\u2019approche mat\u00e9rielle\u00a0: une solution pour pallier les limites d\u2019une approche contractuelle<\/h2>\n<p>De l\u2019ensemble des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents, il nous semble possible d\u2019extraire deux propositions connexes, mais distinctes. La premi\u00e8re est que le rapport de travail qui donne ouverture \u00e0 l\u2019application de diverses lois protectrices des travailleurs peut \u00eatre fond\u00e9 soit sur un \u00ab\u00a0contrat\u00a0de travail\u00a0\u00bb, soit sur une \u00ab\u00a0relation de travail\u00a0\u00bb, cette derni\u00e8re notion ne faisant pas appel \u00e0 la figure contractuelle. La l\u00e9gislation qu\u00e9b\u00e9coise pr\u00e9sente des manifestations de ces deux approches. La seconde proposition concerne le fait que le recours au crit\u00e8re factuel permettrait d\u2019\u00e9largir le spectre des personnes prot\u00e9g\u00e9es par le droit du travail. Ce dernier aspect touche un sujet plus large que celui de la nature juridique du rapport d\u2019emploi\u00a0: il vise les fronti\u00e8res m\u00eames du droit du travail.<\/p>\n<p>Or, ces deux propositions sont en interrelation. En effet, le recours au crit\u00e8re factuel permettra d\u2019inclure des personnes qui ne sont pas li\u00e9es par un contrat de travail dans le champ de protection du droit du travail, mais la mesure de cette inclusion sera d\u00e9termin\u00e9e par les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels qui seront consid\u00e9r\u00e9s pour conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019une relation de travail. Si, comme dans les l\u00e9gislations latino-am\u00e9ricaines \u00e9tudi\u00e9es plus haut, la relation de travail est con\u00e7ue comme le \u00ab\u00a0pendant factuel\u00a0\u00bb du contrat de travail et donc compos\u00e9e des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments que celui-ci \u2014 soit essentiellement la prestation de travail, la r\u00e9mun\u00e9ration et la subordination juridique \u2014, le choix de consid\u00e9rer l\u2019existence d\u2019une relation de travail ainsi d\u00e9finie comme le crit\u00e8re qui d\u00e9termine l\u2019application du droit du travail aura des cons\u00e9quences principalement sur le terrain formel, et plus particuli\u00e8rement dans les cas de nullit\u00e9 du contrat de travail<a href=\"#_ftn131\" name=\"_ftnref131\">[131]<\/a>. Par contre, si l\u2019on consid\u00e8re qu\u2019une relation de travail existe, par exemple, d\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution d\u2019un travail moyennant r\u00e9mun\u00e9ration, alors on pourra consid\u00e9rer comme incluses dans le champ d\u2019application de la loi des personnes qui ne sont pas li\u00e9es par un contrat de travail, sans avoir m\u00eame \u00e0 qualifier leur rapport du point de vue contractuel. En somme, les effets de l\u2019approche dite de la relation de travail sont doubles\u00a0:<\/p>\n<p>[L]a solution de la relation de travail peut assurer l\u2019application d\u2019une loi relative au travail l\u00e0 o\u00f9 parfois le contrat de travail n\u2019y parviendrait pas\u00a0: soit, de fa\u00e7on tout \u00e0 fait exceptionnelle, qu\u2019un vice de formation atteigne la validit\u00e9 d\u2019un tel contrat, soit, d\u2019une mani\u00e8re beaucoup plus importante <u>d\u2019un point de vue syst\u00e9mique<\/u>, que le l\u00e9gislateur entende que sa loi atteigne non seulement des salari\u00e9s au sens traditionnel du terme, mais \u00e9galement d\u2019autres cat\u00e9gories de personnes dont le travail ne correspond pas \u00e0 la prestation classique vis\u00e9e dans le contrat de travail [notes omises, nos soulignements]<a href=\"#_ftn132\" name=\"_ftnref132\">[132]<\/a>.<\/p>\n<p>Ces effets dits \u00ab\u00a0syst\u00e9miques\u00a0\u00bb de l\u2019approche de la relation de travail, en ce qu\u2019ils vont au-del\u00e0 des situations de nullit\u00e9 du contrat, tiennent d\u2019une part au fait que cette approche suppose une m\u00e9thode d\u2019analyse particuli\u00e8re<a href=\"#_ftn133\" name=\"_ftnref133\">[133]<\/a> lorsqu\u2019il s\u2019agit, par exemple, de reconna\u00eetre un rapport de travail donnant acc\u00e8s \u00e0 la protection d\u2019une loi du travail, alors que ce rapport est susceptible de qualifications juridiques vari\u00e9es du point de vue du droit civil des contrats<a href=\"#_ftn134\" name=\"_ftnref134\">[134]<\/a>. Comme nous l\u2019avons vu dans les sections pr\u00e9c\u00e9dentes, le fait d\u2019avoir recours au contrat de travail pour d\u00e9finir le rapport vis\u00e9 par le droit du travail n\u2019emp\u00eache aucunement de faire appel \u00e0 une m\u00e9thode r\u00e9aliste pour examiner la situation r\u00e9elle au-del\u00e0 de la forme contractuelle choisie par les parties. Les tenants d\u2019une compl\u00e9mentarit\u00e9 entre le droit du travail et le droit civil au Qu\u00e9bec estiment d\u2019ailleurs que cette m\u00e9thode est n\u00e9cessaire<a href=\"#_ftn135\" name=\"_ftnref135\">[135]<\/a>. Il reste que l\u2019inclusion dans la loi d\u2019une d\u00e9finition du rapport de travail, bas\u00e9e sur la constatation de certains \u00e9l\u00e9ments factuels, \u00e9viterait toute ambigu\u00eft\u00e9 sur la m\u00e9thode d\u2019analyse qui doit pr\u00e9valoir\u00a0: on devrait commencer par examiner les faits et, si ceux-ci d\u00e9montrent qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une situation vis\u00e9e par la loi, leur donner effet sans avoir \u00e0 d\u00e9terminer l\u2019existence d\u2019un contrat liant les parties, ni la qualification d\u2019une telle entente, le cas \u00e9ch\u00e9ant. Peu importe si deux figures contractuelles sont possibles ou si les r\u00e9gimes juridiques de ces deux cat\u00e9gories de contrats sont compatibles ou non au regard du droit civil\u00a0: dans un contexte o\u00f9 l\u2019application d\u2019un r\u00e9gime de protection est d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019existence d\u2019un rapport de travail qui n\u2019est pas d\u00e9fini \u00e0 partir du contrat de travail, ces questions n\u2019auraient pas de place dans l\u2019analyse.<\/p>\n<p>Ces effets syst\u00e9miques de l\u2019approche de la relation de travail tiennent, d\u2019autre part, au fait que cette approche permet d\u2019int\u00e9grer des personnes qui ne sont pas li\u00e9es par un contrat de travail au champ de protection du droit du travail, m\u00eame si la mesure pr\u00e9cise de cet effet d\u2019inclusion d\u00e9pend des \u00e9l\u00e9ments retenus par le l\u00e9gislateur pour d\u00e9finir la relation de travail. Il y a certaines personnes, comme les entrepreneurs dits d\u00e9pendants, qui ne correspondent pas aux caract\u00e9ristiques du salariat traditionnel, mais auxquelles on pourrait vouloir \u00e9tendre l\u2019application des lois du travail. Dans cette hypoth\u00e8se, l\u2019absence d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence exclusive au contrat de travail caract\u00e9ris\u00e9 par la \u00ab\u00a0subordination\u00a0\u00bb s\u2019impose n\u00e9cessairement.<\/p>\n<p>Les recommandations du Rapport Bernier<a href=\"#_ftn136\" name=\"_ftnref136\">[136]<\/a>, d\u00e9pos\u00e9 au Minist\u00e8re du Travail du Qu\u00e9bec en 2003, vont dans le sens des effets syst\u00e9miques rattach\u00e9s \u00e0 l\u2019approche de la relation de travail que nous venons d\u2019exposer. D\u2019une part, ce rapport propose de d\u00e9finir les notions de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb \u00e0 partir d\u2019un crit\u00e8re mat\u00e9riel qui permettrait d\u2019atteindre un plus grand nombre de personnes qui travaillent personnellement pour autrui, moyennant r\u00e9mun\u00e9ration. Il s\u2019agirait du crit\u00e8re de la d\u00e9pendance \u00e9conomique, plus inclusif que celui de la subordination juridique propre au contrat de travail<a href=\"#_ftn137\" name=\"_ftnref137\">[137]<\/a>. D\u2019autre part, le Rapport Bernier propose d\u2019\u00e9tablir clairement qu\u2019une personne est salari\u00e9e d\u00e8s lors qu\u2019elle travaille personnellement pour une autre personne moyennant r\u00e9mun\u00e9ration et est sous la d\u00e9pendance \u00e9conomique de cette autre personne, et ce, qu\u2019elle \u00ab\u00a0soit salari\u00e9e ou non en vertu d\u2019un contrat de travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn138\" name=\"_ftnref138\">[138]<\/a>. Cette derni\u00e8re mention a pour effet de garantir l\u2019autonomie juridique de la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb et de l\u2019affranchir de toute r\u00e9f\u00e9rence au droit civil. Les recommandations d\u2019un autre rapport pr\u00e9par\u00e9 en 2002 pour la Commission du droit du Canada vont aussi dans le sens de ces effets syst\u00e9miques<a href=\"#_ftn139\" name=\"_ftnref139\">[139]<\/a>. Les auteurs de ce rapport indiquent que pour r\u00e9pondre \u00e0 la question \u00ab\u00a0\u00c0 qui le droit du travail devrait-il s\u2019appliquer?\u00a0\u00bb, on ne devrait pas avoir \u00e0 examiner si la personne travaille en vertu d\u2019un contrat de louage de service ou d\u2019un contrat de service<a href=\"#_ftn140\" name=\"_ftnref140\">[140]<\/a>. Au lieu de chercher \u00e0 identifier les caract\u00e9ristiques qui distinguent le travail salari\u00e9 du travail ind\u00e9pendant dans l\u2019\u00e9tablissement du champ de protection du droit du travail, ils recommandent une solution plus inclusive qui serait en lien avec les objectifs de l\u2019Organisation Internationale du Travail concernant l\u2019agenda du travail d\u00e9cent, et qui tiendrait compte des transformations op\u00e9r\u00e9es dans le monde du travail, soit \u00ab\u00a0que tous les travailleurs d\u00e9pendant de la vente de leur capacit\u00e9 de travail soient prot\u00e9g\u00e9s, \u00e0 moins qu\u2019il existe des raisons d\u2019int\u00e9r\u00eat public convaincantes pour cr\u00e9er une d\u00e9finition plus \u00e9troite\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn141\" name=\"_ftnref141\">[141]<\/a>. Dans le cadre d\u2019une telle proposition, le crit\u00e8re factuel doit \u00e0 sa face m\u00eame pr\u00e9valoir.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation de la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens de la <em>Ldcc<\/em> qu\u2019a r\u00e9cemment retenue la Cour d\u2019appel du Qu\u00e9bec d\u00e9montre qu\u2019une approche mat\u00e9rielle peut \u00eatre plus inclusive et peut \u00e9liminer la prise en compte des crit\u00e8res propres au contrat du travail. Cette d\u00e9cision illustre concr\u00e8tement les effets syst\u00e9miques de l\u2019approche de la relation de travail quant \u00e0 la m\u00e9thode d\u2019analyse, mais aussi en ce qui concerne l\u2019application des lois du travail \u00e0 des personnes qui ne r\u00e9pondent pas aux crit\u00e8res constitutifs de la notion classique de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb en droit civil\u00a0:<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, le fait que les chauffeurs se consid\u00e8rent comme des travailleurs autonomes et en <em>poss\u00e8dent<\/em> m\u00eame certains attributs n\u2019est pas un obstacle \u00e0 ce qu\u2019ils soient consid\u00e9r\u00e9s comme des salari\u00e9s au sens de la <em>Loi sur les d\u00e9crets de convention collective<\/em>. Une personne est qualifi\u00e9e de salari\u00e9 au sens de la <em>Loi sur les d\u00e9crets<\/em> d\u00e8s qu\u2019elle effectue un travail vis\u00e9 par le d\u00e9cret. Qu\u2019il y ait pr\u00e9sence ou absence de subordination n\u2019y change absolument rien [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn142\" name=\"_ftnref142\">[142]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, m\u00eame si elle se manifeste diff\u00e9remment, l\u2019influence de l\u2019approche de la relation de travail est ind\u00e9niable dans certains droits du travail de tradition civiliste. En plus de rem\u00e9dier aux limites d\u2019une analyse contractuelle du rapport de travail en cas de nullit\u00e9 du contrat et de proposer une m\u00e9thode d\u2019analyse sensible \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des situations de travail, le recours \u00e0 cette approche s\u2019av\u00e8re utile pour repenser les fronti\u00e8res du droit du travail dans le contexte des transformations du travail et de l\u2019entreprise<a href=\"#_ftn143\" name=\"_ftnref143\">[143]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"227-133-472-890-afb\">II. Le r\u00f4le du contrat dans l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes de protection des travailleurs\u00a0au Qu\u00e9bec\u00a0: un droit en mutation<\/h1>\n<p>M\u00eame si, comme nous l\u2019avons vu, divers droits de tradition civiliste ont, de mani\u00e8res diff\u00e9rentes, int\u00e9gr\u00e9 certaines caract\u00e9ristiques de l\u2019approche de la relation de travail \u00e0 leurs lois en la mati\u00e8re, il reste que la situation du droit qu\u00e9b\u00e9cois est singuli\u00e8re \u00e0 cet \u00e9gard. Celui-ci est compos\u00e9 de plusieurs lois du travail distinctes, ayant leur propre champ d\u2019application personnel, d\u00e9fini parfois par des crit\u00e8res mat\u00e9riels, parfois par r\u00e9f\u00e9rence au contrat de travail. L\u2019approche de la relation de travail y a aussi une influence, mais celle-ci n\u2019est ni syst\u00e9matique ni constante, m\u00eame pour des lois comme le <em>Ct<\/em> dont le champ d\u2019application est d\u00e9fini sans r\u00e9f\u00e9rence explicite au contrat de travail<a href=\"#_ftn144\" name=\"_ftnref144\">[144]<\/a>. On peut m\u00eame penser que l\u2019influence de l\u2019approche de la relation de travail en droit qu\u00e9b\u00e9cois varie suivant le d\u00e9cideur plut\u00f4t que suivant la loi en cause, avec les effets qui pourraient en d\u00e9couler pour la pr\u00e9visibilit\u00e9 de l\u2019interpr\u00e9tation de son champ d\u2019application et la s\u00e9curit\u00e9 juridique des parties.<\/p>\n<p>Or, toutes les lois du travail que nous avons \u00e9tudi\u00e9es ont une caract\u00e9ristique commune\u00a0: elles sont d\u2019ordre public<a href=\"#_ftn145\" name=\"_ftnref145\">[145]<\/a> et doivent recevoir une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9reuse qui assure l\u2019accomplissement de leur objet<a href=\"#_ftn146\" name=\"_ftnref146\">[146]<\/a>. S\u2019il para\u00eet clair qu\u2019une interaction existe entre le droit civil et le droit du travail qu\u00e9b\u00e9cois, cela ne veut pas n\u00e9cessairement dire que les crit\u00e8res du droit civil doivent d\u00e9terminer l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9canismes l\u00e9gaux destin\u00e9s \u00e0 prot\u00e9ger les personnes qui travaillent. Au contraire, les interpr\u00e9tations trop ax\u00e9es sur la forme juridique et qui restreignent les droits des personnes que ces lois visent \u00e0 prot\u00e9ger devraient \u00eatre \u00e9cart\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude de la jurisprudence d\u00e9montre que l\u2019application des crit\u00e8res du droit civil des contrats, sans consid\u00e9ration de la r\u00e9alit\u00e9 factuelle ou d\u2019autres crit\u00e8res, restreint l\u2019acc\u00e8s aux lois protectrices des travailleurs et affaiblit, par ce fait m\u00eame, la possibilit\u00e9 que celles-ci puissent remplir leurs finalit\u00e9s, notamment aupr\u00e8s de ceux qui occupent des emplois atypiques<a href=\"#_ftn147\" name=\"_ftnref147\">[147]<\/a> et qui ont aussi besoin de cette protection (A). Ceci explique l\u2019\u00e9mergence d\u2019une approche, incarn\u00e9e dans quelques d\u00e9cisions r\u00e9centes, fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 factuelle, les particularit\u00e9s du travail en cause et les objectifs des lois d\u2019ordre public pour r\u00e9pondre au probl\u00e8me soulev\u00e9 par l\u2019interaction entre le droit civil et le droit du travail en ce qui concerne l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la protection des lois du travail (B).<\/p>\n<h2 id=\"dbc-4cd-488-aa6-146\">A. L\u2019acc\u00e8s des travailleurs atypiques \u00e0 la protection des lois du travail\u00a0: illustrations jurisprudentielles<\/h2>\n<p>Les travailleurs qui occupent des emplois atypiques \u00e9prouvent diverses sortes de difficult\u00e9s lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019avoir acc\u00e8s aux protections de la l\u00e9gislation du travail<a href=\"#_ftn148\" name=\"_ftnref148\">[148]<\/a>. Ces probl\u00e8mes sont souvent li\u00e9s \u00e0 la question de savoir si la personne qui r\u00e9clame les avantages de la loi r\u00e9pond ou non \u00e0 la d\u00e9finition de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb qui d\u00e9termine l\u2019application de la loi. Nous avons choisi de nous concentrer sur des d\u00e9cisions r\u00e9centes portant sur cette question et qui mettaient en cause des personnes occupant des emplois \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ou occasionnels (1), ou encore des emplois dits autonomes (2). Notre objectif n\u2019est pas de faire une recension exhaustive de la jurisprudence sur ces formes d\u2019emploi, mais simplement d\u2019illustrer, \u00e0 partir d\u2019exemples choisis mettant en cause des lois diff\u00e9rentes, les cons\u00e9quences que les approches bas\u00e9es sur le droit civil des contrats ou sur la r\u00e9alit\u00e9 du travail peuvent avoir sur l\u2019acc\u00e8s de ces travailleurs aux protections du droit du travail.<\/p>\n<h3 id=\"a4a-995-43a-b57-e77\">1.\u00a0\u00a0 Le travail \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ou occasionnel<\/h3>\n<p>Le travail \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e ou occasionnel suppose une certaine intermittence dans l\u2019ex\u00e9cution de la prestation de travail, soit parce que celle-ci est pr\u00e9vue pour une dur\u00e9e pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9e, soit parce qu\u2019elle a cours de mani\u00e8re impr\u00e9visible, suivant les besoins de l\u2019employeur. Dans de telles circonstances, ainsi que l\u2019illustre la jurisprudence, l\u2019exigence d\u2019une condition de forme n\u00e9cessaire \u00e0 la formation d\u2019un contrat valide peut entra\u00eener le refus d\u2019acc\u00e8s \u00e0 d\u2019autres r\u00e9gimes l\u00e9gislatifs de protection. Deux arr\u00eats seront examin\u00e9s dans cette perspective\u00a0: l\u2019arr\u00eat de la Cour d\u2019appel du Qu\u00e9bec <em>Commission scolaire crie c. Association des employ\u00e9s du Nord qu\u00e9b\u00e9cois (CSQ)<\/em><a href=\"#_ftn149\" name=\"_ftnref149\">[149]<\/a>, portant sur le droit d\u2019un enseignant faisant du remplacement pour des p\u00e9riodes d\u00e9termin\u00e9es de saisir un arbitre de grief et de b\u00e9n\u00e9ficier des conditions de travail pr\u00e9vues \u00e0 la convention collective applicable aux enseignants (a), et l\u2019arr\u00eat <em>Dionne c. Commission scolaire des Patriotes<\/em><a href=\"#_ftn150\" name=\"_ftnref150\">[150]<\/a>, dans lequel la Cour supr\u00eame du Canada se penche sur le droit au retrait pr\u00e9ventif, en vertu de la <em>Lsst<\/em>, d\u2019une enseignante suppl\u00e9ante occasionnelle (b).<\/p>\n<h4 id=\"95b-a10-442-8bb-3ab\">a.\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019arr\u00eat Commission scolaire crie<\/h4>\n<p>Dans cette affaire, la validit\u00e9 du contrat d\u2019engagement d\u2019un enseignant en l\u2019absence d\u2019une formalit\u00e9 impos\u00e9e par une loi d\u2019ordre public<a href=\"#_ftn151\" name=\"_ftnref151\">[151]<\/a> \u00e9tait en cause, ainsi que le droit de cet enseignant de recourir \u00e0 la proc\u00e9dure de grief et de b\u00e9n\u00e9ficier de la convention collective. Or, cette d\u00e9cision nous apparait int\u00e9ressante en raison de l\u2019approche analytique retenue par la Cour d\u2019appel, laquelle tient essentiellement compte de la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail et des effets de la position de l\u2019employeur, laquelle priverait un enseignant de la proc\u00e9dure de grief et des conditions de travail applicables aux enseignants alors que l\u2019objet de l\u2019exigence d\u2019ordre public invoqu\u00e9e par l\u2019employeur \u00e9tait respect\u00e9.<\/p>\n<p>Dans cette d\u00e9cision, rendue en 2012, la Cour d\u2019appel devait d\u00e9cider si l\u2019arbitre pouvait se saisir des griefs relatifs \u00e0 un enseignant-rempla\u00e7ant, M.\u00a0Vien, en l\u2019absence d\u2019une r\u00e9solution adopt\u00e9e par l\u2019employeur portant sur son engagement, conform\u00e9ment \u00e0 ce que pr\u00e9voit la <em>Loi sur l\u2019instruction publique pour les autochtones cris, inuit et naskapis <\/em>(\u00ab\u00a0<em>Lipac<\/em>\u00a0\u00bb)<a href=\"#_ftn152\" name=\"_ftnref152\">[152]<\/a>. En vertu de cette loi, l\u2019engagement d\u2019un enseignant ou d\u2019une personne occupant une fonction p\u00e9dagogique ou \u00e9ducative est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9vu pour une ann\u00e9e scolaire<a href=\"#_ftn153\" name=\"_ftnref153\">[153]<\/a>, en vertu d\u2019un contrat dans lequel la commission scolaire est repr\u00e9sent\u00e9e par son pr\u00e9sident. Comme pr\u00e9requis pour l\u2019engagement d\u2019un enseignant, l\u2019article\u00a0202 <em>Lipac<\/em> impose la forme \u00e9crite et l\u2019adoption d\u2019une r\u00e9solution par la commission scolaire.<\/p>\n<p>Avant l\u2019affaire qui nous occupe, deux arr\u00eats de la Cour d\u2019appel avaient \u00e9tabli que cette disposition de la <em>Lipac<\/em> \u00e9tait d\u2019ordre public, que son respect \u00e9tait n\u00e9cessaire pour la validit\u00e9 du contrat d\u2019engagement et qu\u2019en l\u2019absence d\u2019un contrat valide, la convention collective ne pouvait pas s\u2019appliquer au salari\u00e9, qui n\u2019avait donc pas le droit de recourir \u00e0 la proc\u00e9dure de griefs. En\u00a01999, dans <em>Syndicat des professionnelles et professionnels en milieu scolaire du Nord-Ouest c. Commission scolaire crie<\/em><a href=\"#_ftn154\" name=\"_ftnref154\">[154]<\/a>, un banc de trois juges de la Cour d\u2019appel avait approuv\u00e9 le raisonnement du juge de premi\u00e8re instance, qui avait conclu qu\u2019un \u00e9crit et une r\u00e9solution \u00e9taient requis pour la formation m\u00eame du contrat d\u2019engagement. Le juge de premi\u00e8re instance avait notamment tenu compte du fait que la commission scolaire pouvait conclure des contrats selon les conditions \u00e9tablies dans sa loi constitutive, ainsi que du caract\u00e8re imp\u00e9ratif et d\u2019ordre public des dispositions de la <em>Lipac<\/em>. Le juge avait \u00e9galement fait r\u00e9f\u00e9rence aux r\u00e8gles du CcQ pr\u00e9voyant qu\u2019une loi peut imposer le respect d\u2019une forme particuli\u00e8re comme condition de formation d\u2019un contrat, que le contrat qui ne respecte pas cette condition peut \u00eatre frapp\u00e9 de nullit\u00e9 et que la nullit\u00e9 est absolue lorsque la condition de formation en question vise la protection de l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<a href=\"#_ftn155\" name=\"_ftnref155\">[155]<\/a>. Pour le juge Chamberland, qui a \u00e9crit le jugement de la Cour d\u2019appel dans cette affaire, les exigences de la <em>Lipac<\/em> sont des \u00ab\u00a0dispositions imp\u00e9ratives et d\u2019ordre public, et non de simples formalit\u00e9s; le[ur] respect [&#8230;] est une condition <em>sine qua non<\/em> \u00e0 la validit\u00e9 de l\u2019engagement\u00a0\u00bb [notes omises]<a href=\"#_ftn156\" name=\"_ftnref156\">[156]<\/a>.<\/p>\n<p>Trois ans plus tard, dans <em>Association de l\u2019enseignement du Nouveau-Qu\u00e9bec (C.E.Q.) c. Commission scolaire Kativik<\/em><a href=\"#_ftn157\" name=\"_ftnref157\">[157]<\/a>, la majorit\u00e9 de la Cour d\u2019appel avait suivi le m\u00eame crit\u00e8re, mais le juge Fish avait r\u00e9dig\u00e9 des motifs dissidents. Le juge Letarte, \u00e9crivant pour la majorit\u00e9, \u00e9tait d\u2019avis qu\u2019en l\u2019absence de la r\u00e9solution adopt\u00e9e par la commission scolaire, il n\u2019y avait pas eu d\u2019engagement. L\u2019enseignant en cause n\u2019\u00e9tait donc pas un salari\u00e9 pouvant recourir \u00e0 la proc\u00e9dure de grief et, par cons\u00e9quent, l\u2019arbitre \u00e9tait sans comp\u00e9tence<a href=\"#_ftn158\" name=\"_ftnref158\">[158]<\/a>. Pour sa part, le juge Fish, qui \u00e0 la diff\u00e9rence de ses coll\u00e8gues avait examin\u00e9 la d\u00e9cision arbitrale \u00e0 la lumi\u00e8re de la norme de la raisonnabilit\u00e9 et non de la d\u00e9cision correcte, aurait infirm\u00e9 le jugement de la Cour sup\u00e9rieure et r\u00e9tabli la sentence arbitrale ayant conclu, \u00e0 partir des faits du dossier, \u00e0 l\u2019existence d\u2019un lien d\u2019emploi vis\u00e9 par la convention collective<a href=\"#_ftn159\" name=\"_ftnref159\">[159]<\/a>.<\/p>\n<p>En\u00a02012, devant se pencher \u00e0 nouveau sur la port\u00e9e de l\u2019exigence contenue \u00e0 l\u2019article\u00a0202 de la <em>Lipac<\/em>, la Cour d\u2019appel, au vu de l\u2019\u00e9volution de la jurisprudence de la Cour supr\u00eame en mati\u00e8re de norme de contr\u00f4le, applique, comme le juge Fish en\u00a02002, la norme de la raisonnabilit\u00e9 \u00e0 la d\u00e9cision de l\u2019arbitre qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9 comp\u00e9tent pour d\u00e9cider des griefs concernant M.\u00a0Vien. La diff\u00e9rence de la norme de contr\u00f4le applicable a ouvert la porte \u00e0 un changement d\u2019approche de la Cour d\u2019appel, qui est pass\u00e9e d\u2019une solution misant sur les formalit\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la formation du contrat de travail entre la commission scolaire et le salari\u00e9 \u00e0 une solution qui tient compte de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019engagement, de l\u2019objet de la r\u00e8gle d\u2019ordre public en question et de la mission de l\u2019arbitre de griefs \u00ab\u00a0de s\u2019assurer que les salari\u00e9s qui y sont assujettis b\u00e9n\u00e9ficient des droits que leur reconna\u00eet la convention collective de travail\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn160\" name=\"_ftnref160\">[160]<\/a>. Ainsi, m\u00eame si la formalit\u00e9 en cause dans cette affaire d\u00e9passe le champ du droit civil, c\u2019est la partie de la d\u00e9cision mettant en \u00e9vidence les avantages d\u2019une approche fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 de la relation d\u2019emploi par rapport \u00e0 une analyse ax\u00e9e sur les conditions de forme et de validit\u00e9 du contrat qui nous apparait int\u00e9ressante aux fins de l\u2019acc\u00e8s aux m\u00e9canismes du droit du travail.<\/p>\n<ol start=\"2004\">\n<li>Vien avait \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 en 2001 par la Commission scolaire crie comme enseignant rempla\u00e7ant. N\u2019ayant pas obtenu une place de garderie pour son enfant, il avait d\u00fb remettre sa d\u00e9mission en janvier 2004, laquelle avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par la commission scolaire, qui avait assimil\u00e9 sa d\u00e9mission \u00e0 une rupture de contrat dans une r\u00e9solution dat\u00e9e du 21 janvier 2004. Malgr\u00e9 cette situation, en juillet 2005, M.\u00a0Vien a \u00e9t\u00e9 inscrit sur une liste de candidats pour un poste d\u2019enseignant et, en janvier 2006, il a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par la directrice d\u2019une \u00e9cole qui lui a offert un poste de remplacement jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire. M.\u00a0Vien a commenc\u00e9 \u00e0 travailler et un contrat d\u2019engagement a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 quelques mois plus tard entre lui-m\u00eame et la directrice de l\u2019\u00e9cole, ainsi que par le pr\u00e9sident du conseil de la commission scolaire. En juin 2006, la directrice a avis\u00e9 M.\u00a0Vien qu\u2019il allait probablement recevoir une offre d\u2019emploi pour l\u2019ann\u00e9e scolaire suivante et au d\u00e9but du mois d\u2019ao\u00fbt, elle lui a demand\u00e9 de se pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019\u00e9cole, ce que M.\u00a0Vien a fait. Il a particip\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union d\u2019enseignants, a re\u00e7u son horaire et a travaill\u00e9 pendant trois jours. Le jour de la rentr\u00e9e scolaire, le 14 ao\u00fbt 2006, M.\u00a0Vien a toutefois \u00e9t\u00e9 avis\u00e9 que le comit\u00e9 ex\u00e9cutif de la commission scolaire avait adopt\u00e9 une r\u00e9solution en vertu de laquelle elle avait d\u00e9cid\u00e9 de ne pas l\u2019engager pour les ann\u00e9es scolaires\u00a02005\u20132006 et 2006\u20132007, en s\u2019appuyant sur la d\u00e9mission de l\u2019ann\u00e9e\u00a02004.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Trois griefs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s par le syndicat repr\u00e9sentant M.\u00a0Vien. Une objection a \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9e par la commission scolaire, qui all\u00e9guait l\u2019absence de comp\u00e9tence de l\u2019arbitre, fond\u00e9e sur le fait que M.\u00a0Vien ne serait pas un \u00ab\u00a0enseignant\u00a0\u00bb au sens de la convention collective puisqu\u2019une formalit\u00e9 essentielle \u00e0 la validit\u00e9 de son contrat d\u2019engagement n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e, soit la r\u00e9solution pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article\u00a0202 <em>Lipac<\/em>. L\u2019arbitre a rejet\u00e9 l\u2019objection pr\u00e9liminaire et a accueilli les griefs. Il a notamment tenu compte du fait que la commission scolaire a appliqu\u00e9 les conditions de travail contenues \u00e0 la convention collective au salari\u00e9 durant plus de six mois et que, ce faisant, elle a accept\u00e9 que cette convention r\u00e9gisse la situation du salari\u00e9. La Cour sup\u00e9rieure a refus\u00e9 d\u2019intervenir, d\u00e9cision qui fut confirm\u00e9e par la Cour d\u2019appel, qui a rejet\u00e9 le pourvoi.<\/p>\n<p>La juge Thibault, au nom de la Cour d\u2019appel, a conclu au caract\u00e8re raisonnable de la sentence de l\u2019arbitre, ce dernier ayant consid\u00e9r\u00e9 que la commission scolaire ne pouvait pas invoquer l\u2019absence de la formalit\u00e9 pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article\u00a0202 de la <em>Lipac<\/em> qu\u2019\u00ab\u00a0elle a volontairement et abusivement omis d\u2019accomplir\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn161\" name=\"_ftnref161\">[161]<\/a> afin de priver M.\u00a0Vien des conditions de travail pr\u00e9vues dans la convention collective et de l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la proc\u00e9dure de grief.<\/p>\n<p>La Cour d\u2019appel pr\u00e9cise que l\u2019arbitre a conclu \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat implicite valide en tenant compte de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019engagement, du contrat sign\u00e9 et de la prestation effective du travail, tout en ajoutant que la d\u00e9cision contest\u00e9e n\u2019aurait pas pour effet de porter atteinte \u00e0 l\u2019ordre public de la <em>Lipac<\/em>, dont l\u2019objet a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9<a href=\"#_ftn162\" name=\"_ftnref162\">[162]<\/a>. Elle s\u2019\u00e9carte ainsi du raisonnement ant\u00e9rieur fond\u00e9 sur les conditions particuli\u00e8res de formation et de validit\u00e9 du contrat d\u2019engagement. Le changement d\u2019approche concernant la norme de contr\u00f4le applicable lui a permis de donner toute son importance \u00e0 l\u2019expertise du tribunal sp\u00e9cialis\u00e9 en droit du travail et de mettre l\u2019accent sur la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail, l\u2019objet de la norme d\u2019ordre public de la <em>Lipac<\/em>, qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ni\u00e9, et le r\u00e9sultat de la d\u00e9cision permettant \u00e0 la personne vis\u00e9e par le r\u00e9gime de rapports collectifs du travail d\u2019en b\u00e9n\u00e9ficier.<\/p>\n<p>M\u00eame si cette d\u00e9cision ne concerne pas sp\u00e9cifiquement la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens du <em>Ct<\/em>, mais celle d\u2019\u00ab\u00a0enseignant\u00a0\u00bb en vertu de la convention collective, le raisonnement suivi par la Cour d\u2019appel est facilement transposable au cas de la personne qui revendique le statut de salari\u00e9.<\/p>\n<h4 id=\"b1e-6df-445-aae-62d\">b.\u00a0\u00a0 L\u2019arr\u00eat Commission scolaire des Patriotes<\/h4>\n<p>L\u2019affaire <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em> illustre l\u2019incidence qu\u2019une approche fond\u00e9e uniquement sur le droit civil des contrats peut avoir sur l\u2019acc\u00e8s aux protections d\u2019une loi d\u2019ordre public du travail. La Commission des l\u00e9sions professionnelles (CLP), la Cour sup\u00e9rieure et deux juges de la Cour d\u2019appel du Qu\u00e9bec ont conclu que Mme\u00a0Dionne, une enseignante suppl\u00e9ante enceinte, n\u2019avait pas droit aux protections relatives au retrait pr\u00e9ventif de la <em>Lsst<\/em><a href=\"#_ftn163\" name=\"_ftnref163\">[163]<\/a> en se fondant sur l\u2019absence d\u2019un contrat de travail, tel que d\u00e9fini dans le CcQ<a href=\"#_ftn164\" name=\"_ftnref164\">[164]<\/a>. Un juge de la Cour d\u2019appel, dissident, et la Cour supr\u00eame du Canada, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, ont pris comme point de d\u00e9part de leur analyse les objectifs de la <em>Lsst<\/em> et les termes de cette l\u00e9gislation. Dans ce cadre, ils ont examin\u00e9 le contrat de travail en cause, tel que modifi\u00e9 par l\u2019ordre public du travail, pour venir \u00e0 la conclusion que la d\u00e9cision de la CLP \u00e9tait d\u00e9raisonnable, puisque contraire aux objectifs dudit r\u00e9gime l\u00e9gal, qui vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9viter les risques pour la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 au travail, entre autres, pour les femmes enceintes.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir obtenu son baccalaur\u00e9at en \u00e9ducation en d\u00e9cembre 2005, Mme\u00a0Dionne s\u2019est inscrite, au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e\u00a02006, sur la liste d\u2019enseignants suppl\u00e9ants occasionnels maintenue par la Commission scolaire des Patriotes. La tenue de cette liste \u00e9tait pr\u00e9vue dans la convention collective et la commission scolaire devait y recourir pour pourvoir \u00e0 ses besoins de remplacement. L\u2019inscription sur la liste ne conf\u00e9rait \u00e0 Mme\u00a0Dionne aucun droit de rappel ni une priorit\u00e9 d\u2019emploi, la commission scolaire pouvant appeler l\u2019enseignant(e) de son choix apparaissant sur cette liste. Depuis son inscription sur la liste au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e\u00a02006, Mme\u00a0Dionne avait fait 88,15 jours de suppl\u00e9ance durant le reste de l\u2019ann\u00e9e scolaire\u00a02005\u20132006, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle avait travaill\u00e9 presque \u00e0 temps plein pendant approximativement la moiti\u00e9 de cette ann\u00e9e<a href=\"#_ftn165\" name=\"_ftnref165\">[165]<\/a>.<\/p>\n<p>En septembre 2006, Mme\u00a0Dionne a appris qu\u2019elle \u00e9tait enceinte. Deux certificats de retrait pr\u00e9ventif faisant \u00e9tat des risques de son lieu de travail pour sa sant\u00e9 et\/ou celle de l\u2019enfant \u00e0 na\u00eetre ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mis par son m\u00e9decin. Dix offres de suppl\u00e9ances ont \u00e9t\u00e9 faites \u00e0 Mme\u00a0Dionne et accept\u00e9es par elle entre le\u00a013 et le 30 novembre 2006, sans qu\u2019elle soit r\u00e9affect\u00e9e \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches. Estimant qu\u2019un contrat de travail avait \u00e9t\u00e9 conclu le\u00a013 novembre 2006, la Commission de la sant\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 du travail (CSST) a inform\u00e9 Mme\u00a0Dionne qu\u2019elle avait droit aux protections de la<em> Lsst<\/em> et a confirm\u00e9 cette premi\u00e8re d\u00e9cision \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une r\u00e9vision administrative.<\/p>\n<p>Saisie par l\u2019employeur, la CLP a annul\u00e9 la d\u00e9cision rendue par la CSST et a conclu que Mme\u00a0Dionne n\u2019\u00e9tait pas une travailleuse au sens de la<em> Lsst<\/em>. Par cons\u00e9quent, elle ne pouvait b\u00e9n\u00e9ficier du droit au retrait pr\u00e9ventif de la travailleuse enceinte pr\u00e9vu dans cette loi<a href=\"#_ftn166\" name=\"_ftnref166\">[166]<\/a>. Puisque la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb contenue dans la <em>Lsst<\/em> r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la personne qui travaille en vertu d\u2019un contrat de travail<a href=\"#_ftn167\" name=\"_ftnref167\">[167]<\/a>, la CLP a tenu compte de la d\u00e9finition de l\u2019article\u00a02085 CcQ<a href=\"#_ftn168\" name=\"_ftnref168\">[168]<\/a>, ainsi que des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales du droit des obligations, et a consid\u00e9r\u00e9 que \u00ab\u00a0pour qu\u2019il y ait formation d\u2019un nouveau contrat, il faut que la personne soit en mesure de s\u2019obliger \u00e0 effectuer un travail sous la subordination d\u2019un employeur et qu\u2019elle soit r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e en cons\u00e9quence\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn169\" name=\"_ftnref169\">[169]<\/a>. Comme Mme\u00a0Dionne n\u2019\u00e9tait pas en mesure de fournir le travail requis en raison du danger pour sa sant\u00e9 ou celle de son enfant \u00e0 na\u00eetre, la CLP a conclu<\/p>\n<p>[qu\u2019]il manque une cause essentielle \u00e0 ce contrat, soit une prestation de travail. Ainsi, les dix fois, en novembre\u00a02006, o\u00f9 [Mme] Dionne accepte une offre de suppl\u00e9ance, il n\u2019y a pas formation de contrat puisque aucune prestation de travail n\u2019est offerte ou ne peut \u00eatre offerte par elle<a href=\"#_ftn170\" name=\"_ftnref170\">[170]<\/a>.<\/p>\n<p>La CLP a \u00e9galement \u00e9cart\u00e9 l\u2019argument fond\u00e9 sur la discrimination.<\/p>\n<p>La Cour sup\u00e9rieure a rejet\u00e9 la demande en r\u00e9vision judiciaire de cette d\u00e9cision. La majorit\u00e9 de la Cour d\u2019appel, sous la plume du juge Wagner (alors de cette Cour), a aussi consid\u00e9r\u00e9 que la d\u00e9cision de la CLP \u00e9tait raisonnable et a rejet\u00e9 le pourvoi, avec une forte dissidence du juge Dalphond. La majorit\u00e9 de la Cour a \u00e9t\u00e9 d\u2019avis qu\u2019il n\u2019existait aucun lien d\u2019emploi. Elle a indiqu\u00e9 que Mme\u00a0Dionne a refus\u00e9 les suppl\u00e9ances \u00ab\u00a0en raison de l\u2019exercice du droit au retrait pr\u00e9ventif\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn171\" name=\"_ftnref171\">[171]<\/a> et que \u00ab\u00a0l\u2019appelante a choisi d\u2019offrir ses services \u00e0 l\u2019intim\u00e9e sachant qu\u2019elle ne voulait pas en r\u00e9alit\u00e9 accepter les suppl\u00e9ances qui lui seraient offertes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn172\" name=\"_ftnref172\">[172]<\/a>. Les juges majoritaires ont ajout\u00e9 que l\u2019affectation \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches \u00e9tait \u00ab\u00a0par d\u00e9finition impossible\u00a0\u00bb en raison de la nature du travail, et que Mme\u00a0Dionne \u00ab\u00a0n\u2019a m\u00eame jamais tent\u00e9 d\u2019exiger une r\u00e9affectation\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn173\" name=\"_ftnref173\">[173]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour la Cour supr\u00eame, la conclusion de la CLP va \u00e0 l\u2019encontre des objectifs de la <em>Lsst<\/em> et p\u00e9nalise les femmes enceintes, lesquelles doivent ainsi choisir entre leur travail et leur sant\u00e9, ce qui rend la d\u00e9cision d\u00e9raisonnable. La juge Abella, \u00e9crivant pour la Cour, examine d\u2019abord l\u2019objet de la loi, qui vise \u00e0 prot\u00e9ger la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 des travailleurs ainsi qu\u2019\u00e0 \u00e9liminer les causes d\u2019accidents de travail et de maladies professionnelles sur le lieu du travail<a href=\"#_ftn174\" name=\"_ftnref174\">[174]<\/a>. Elle se penche ensuite sur les m\u00e9canismes pr\u00e9vus par le l\u00e9gislateur pour atteindre cet objectif, parmi lesquels se trouve le droit de refuser d\u2019ex\u00e9cuter un travail dangereux<a href=\"#_ftn175\" name=\"_ftnref175\">[175]<\/a>.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9l\u00e9ments importants ressortent de l\u2019analyse de la Cour, dont le fait que le droit de refuser d\u2019ex\u00e9cuter un travail dangereux constitue une condition de travail qui \u00ab\u00a0est automatiquement incorpor\u00e9[e] dans le contrat de travail entre un employeur et un travailleur puisque la <em>Loi<\/em> est d\u2019ordre public\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn176\" name=\"_ftnref176\">[176]<\/a>, que \u00ab\u00a0le refus d\u2019ex\u00e9cuter un travail dangereux n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9 comme un refus d\u2019ex\u00e9cuter le contrat de travail, mais plut\u00f4t comme l\u2019exercice d\u2019une protection l\u00e9gislative\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn177\" name=\"_ftnref177\">[177]<\/a>, et qu\u2019\u00ab\u00a0un certificat constitue automatiquement une demande d\u2019affectation \u00e0 une t\u00e2che sans risque\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn178\" name=\"_ftnref178\">[178]<\/a>. La Cour souligne \u00e9galement que le l\u00e9gislateur a tent\u00e9 de r\u00e9pondre aux besoins des femmes enceintes en mati\u00e8re de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 au travail en pr\u00e9voyant le droit de celles-ci d\u2019\u00eatre affect\u00e9es \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches ou, si cela est impossible, le droit de cesser de travailler en recevant une indemnit\u00e9 de remplacement de revenu, prot\u00e9geant ainsi leur sant\u00e9 au travail et leur s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re<a href=\"#_ftn179\" name=\"_ftnref179\">[179]<\/a>. De plus, la Cour fait r\u00e9f\u00e9rence au lien entre la protection de la sant\u00e9 au travail et la discrimination des femmes enceintes, en indiquant que c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment pour \u00e9viter la discrimination des femmes enceintes que \u00ab\u00a0le r\u00e9gime prot\u00e8ge non seulement leur droit de travailler, mais aussi leur droit de travailler dans un milieu s\u00e9curitaire, en pr\u00e9sumant qu\u2019elles sont disponibles pour travailler tout autant que le sont les travailleuses non enceintes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn180\" name=\"_ftnref180\">[180]<\/a>.<\/p>\n<p>Une fois le contexte l\u00e9gislatif pr\u00e9cis\u00e9, la juge Abella examine la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb, d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article premier de la<em> Lsst<\/em>, laquelle refl\u00e8te l\u2019intention du l\u00e9gislateur de prot\u00e9ger \u00ab\u00a0le plus largement possible\u00a0\u00bb la sant\u00e9 et la s\u00e9curit\u00e9 du travail\u00a0des personnes qui travaillent, y compris celles qui le font sans r\u00e9mun\u00e9ration<a href=\"#_ftn181\" name=\"_ftnref181\">[181]<\/a>. Tout en soulignant que la loi fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat de travail dans la d\u00e9finition du \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb au sens de la loi et que la prestation de travail est un \u00e9l\u00e9ment essentiel dudit contrat, la juge Abella met l\u2019accent sur le fait que \u00ab\u00a0cette exigence doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e d\u2019une mani\u00e8re qui lui donne un v\u00e9ritable sens dans le contexte d\u2019un r\u00e9gime con\u00e7u pour permettre aux travailleurs de se retirer d\u2019un lieu de travail dangereux\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn182\" name=\"_ftnref182\">[182]<\/a>. Il faut donc consid\u00e9rer que les \u00e9l\u00e9ments constitutifs du contrat de travail \u00e9nonc\u00e9s \u00e0 l\u2019article\u00a02085 du CcQ ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s par le l\u00e9gislateur afin d\u2019atteindre les objectifs de la <em>Lsst<\/em>, comme le permet en d\u00e9finitive la disposition pr\u00e9liminaire du CcQ, qui pr\u00e9voit que les autres lois peuvent \u00ab\u00a0ajouter au code ou y d\u00e9roger\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn183\" name=\"_ftnref183\">[183]<\/a>. Ainsi, \u00e0 la diff\u00e9rence du droit civil, dans le contexte de la <em>Lsst<\/em>, la r\u00e9mun\u00e9ration n\u2019est pas exig\u00e9e. De plus, une autre composante du contrat de travail, soit la prestation de travail, peut \u00eatre absente du moment que la<em> Lsst<\/em> conf\u00e8re \u00e0 la travailleuse enceinte le droit de ne pas fournir une prestation du travail qui entra\u00eene un risque pour sa sant\u00e9 ou celle de son enfant \u00e0 na\u00eetre. Selon la juge Abella, \u00ab\u00a0le retrait pr\u00e9ventif n\u2019est pas une omission ou une incapacit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter le travail\u00a0: [&#8230;] il est r\u00e9put\u00e9 <em>remplacer<\/em> le travail\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn184\" name=\"_ftnref184\">[184]<\/a>. Le fait que Mme\u00a0Dionne invoque le certificat\u00a0de retrait pr\u00e9ventif<\/p>\n<p>ne signifie pas qu\u2019elle ne voulait pas travailler; il signifie plut\u00f4t qu\u2019elle ne voulait pas s\u2019exposer ou exposer son enfant \u00e0 na\u00eetre \u00e0 des risques pour la sant\u00e9 dans le lieu de travail. La conclusion de la CLP [&#8230;] n\u2019a pas tenu compte du fait que M<sup>me<\/sup>\u00a0Dionne \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e, aux termes de l\u2019art. 14 de la <em>Loi<\/em>, \u00eatre \u00ab\u00a0au travail\u00a0\u00bb lorsqu\u2019elle \u00e9tait en retrait pr\u00e9ventif, et l\u2019obligeait de ce fait \u00e0 choisir entre son travail et sa sant\u00e9. <u>Il s\u2019agit d\u2019un raisonnement qui recr\u00e9e le n\u0153ud gordien que le r\u00e9gime l\u00e9gal est cens\u00e9 trancher<\/u> [notre soulignement]<a href=\"#_ftn185\" name=\"_ftnref185\">[185]<\/a>.<\/p>\n<p>Il est possible de d\u00e9gager diverses conclusions de cet arr\u00eat relativement aux rapports entre le droit civil et le droit du travail. D\u2019abord, l\u2019analyse visant \u00e0 d\u00e9terminer le droit d\u2019une personne \u00e0 recevoir les b\u00e9n\u00e9fices d\u2019un r\u00e9gime de protection des travailleurs doit \u00eatre guid\u00e9e par l\u2019objectif que le l\u00e9gislateur cherche \u00e0 accomplir en instituant ce r\u00e9gime, ainsi que par la logique qui soutient les m\u00e9canismes choisis pour sa mise en \u0153uvre. La d\u00e9cision qui compromet la r\u00e9alisation de l\u2019objectif l\u00e9gislatif est d\u00e9raisonnable. Ensuite, m\u00eame si, compte tenu de la d\u00e9finition de la notion de travailleur dans la <em>Lsst<\/em>, la qualification du rapport de travail vis\u00e9 par cette loi ne peut \u00eatre faite de fa\u00e7on totalement autonome par rapport au droit civil, il faut n\u00e9anmoins tenir compte du fait que l\u2019ordre public du travail est susceptible de d\u00e9roger au droit civil concernant le contrat de travail. Ainsi, il faudra consid\u00e9rer les effets de l\u2019ordre public du travail sur les droits et obligations des parties au rapport de travail et sur le droit civil. Pour reprendre les mots de la juge Abella, l\u2019intention du l\u00e9gislateur a \u00e9t\u00e9 de \u00ab\u00a0rejoindre un ensemble de travailleurs beaucoup plus large que celui qui est vis\u00e9 par la notion d\u2019\u201cemploy\u00e9\u201d dans le <em>Code civil\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn186\" name=\"_ftnref186\">[186]<\/a>. Enfin, l\u2019interpr\u00e9tation de la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb qui donne acc\u00e8s aux avantages de la <em>Lsst<\/em> est indissolublement li\u00e9e aux droits reconnus dans cette loi.<\/p>\n<p>En somme, on doit se garder d\u2019assimiler le statut de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb au sens de la<em> Lsst<\/em> \u00e0 celui de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb vis\u00e9 par le CcQ. Lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019appliquer les lois du travail, c\u2019est la logique qui leur est propre et leur sp\u00e9cificit\u00e9 qui doivent pr\u00e9valoir.<\/p>\n<p>Notons que la CLP a r\u00e9cemment eu l\u2019occasion de se pencher sur la port\u00e9e de l\u2019arr\u00eat <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em> dans l\u2019affaire <em>Aub\u00e9 c. Commission scolaire des Navigateurs<\/em><a href=\"#_ftn187\" name=\"_ftnref187\">[187]<\/a>. Cette d\u00e9cision se pr\u00e9occupait du cas d\u2019une enseignante \u00e0 temps partiel inscrite sur une liste de priorit\u00e9 d\u2019emploi, qui avait re\u00e7u des indemnit\u00e9s de remplacement du revenu pr\u00e9vues \u00e0 la <em>Lsst<\/em> lors d\u2019un retrait pr\u00e9ventif, et ce, jusqu\u2019\u00e0 la fin de son contrat d\u2019engagement, mais qui s\u2019est vue refuser le droit \u00e0 ces indemnit\u00e9s apr\u00e8s cette date. La CLP, qui confirme que la requ\u00e9rante n\u2019a pas droit aux indemnit\u00e9s r\u00e9clam\u00e9es, tient compte de divers \u00e9l\u00e9ments pour d\u00e9cider ainsi<a href=\"#_ftn188\" name=\"_ftnref188\">[188]<\/a>, dont l\u2019absence de contrat de travail \u00e0 la suite de la fin du contrat d\u2019engagement. M\u00eame si cette d\u00e9cision ne concerne pas la notion de \u00ab\u00a0travailleuse\u00a0\u00bb, la partie de la d\u00e9cision qui examine les notions de contrat de travail et de lien d\u2019emploi nous appara\u00eet int\u00e9ressante aux fins de notre analyse.<\/p>\n<p>La CLP conclut essentiellement \u00e0 l\u2019absence d\u2019un contrat de travail, car \u00ab\u00a0il n\u2019y a pas eu d\u2019offre de travail de la part de l\u2019employeur\u00a0\u00bb durant la p\u00e9riode litigieuse, tout en ajoutant que \u00ab\u00a0la notion de \u201clien d\u2019emploi\u201d entre la requ\u00e9rante et l\u2019employeur r\u00e9sultant de l\u2019application d\u2019une liste de rappel ne permet pas d\u2019inf\u00e9rer qu\u2019il y a un contrat de travail entre les parties\u00a0\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn189\" name=\"_ftnref189\">[189]<\/a>. Elle souligne \u00e9galement que dans <em>Commission scolaire des patriotes<\/em>, la Cour supr\u00eame a red\u00e9fini la notion de contrat de travail dans le cadre de la <em>Lsst<\/em>, mais qu\u2019elle \u00ab\u00a0n\u2019a cependant pas d\u00e9fini la notion de \u201cfin d\u2019un contrat de travail\u201d dans le cas d\u2019une travailleuse enceinte appel\u00e9e \u00e0 effectuer des contrats de remplacement successifs, dont la dur\u00e9e est variable\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn190\" name=\"_ftnref190\">[190]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation qu\u2019offre la CLP de la notion de contrat de travail, qui exclut de cette figure la p\u00e9riode comprise entre deux contrats d\u2019engagement pris individuellement, ne nous semble pas tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail en cause. Les commentaires incidents du juge Dalphond, dissident en appel dans l\u2019affaire <em>Commission scolaire des patriotes<\/em>, d\u00e9montrent qu\u2019une autre interpr\u00e9tation, qui tient compte des caract\u00e9ristiques du travail des enseignants qui font du remplacement, est possible. En faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la nature du lien unissant l\u2019enseignante suppl\u00e9ante (un statut plus pr\u00e9caire que celui de l\u2019enseignante avec une priorit\u00e9 d\u2019emploi) et la commission scolaire retenue par la CSST, le juge Dalphond estime qu\u2019il est raisonnable de conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat de travail entre les parties\u00a0:<\/p>\n<p>En l\u2019esp\u00e8ce, les deux paliers de la CSST ont opt\u00e9, comme il se doit, pour une interpr\u00e9tation g\u00e9n\u00e9reuse de la LSST, en concluant que <u>l\u2019appelante pouvait, aux fins de la LSST, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme partie \u00e0 un contrat de travail avec la commission scolaire dont l\u2019une des modalit\u00e9s est la fourniture d\u2019une prestation par l\u2019employ\u00e9e, sur appel, et une autre, l\u2019obligation pour l\u2019employeur d\u2019effectuer des remplacements occasionnels avec des enseignant(e)s qui sont sur cette liste<\/u> sans discrimination \u00e0 l\u2019\u00e9gard de celles qui sont enceintes. <u>\u00c9tait-il alors d\u00e9raisonnable de conclure, comme l\u2019a fait la CSST, que l\u2019appelante est une travailleuse sur appel aux fins de la LSST? Clairement, non<\/u> [notes omises, nos soulignements]<a href=\"#_ftn191\" name=\"_ftnref191\">[191]<\/a>.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, la majorit\u00e9 de la Cour d\u2019appel a reconnu la continuit\u00e9 du lien d\u2019emploi des enseignants \u00e0 temps partiel inscrits sur une liste de priorit\u00e9 d\u2019emploi au-del\u00e0 du caract\u00e8re intermittent et \u00e9ph\u00e9m\u00e8re du contrat d\u2019engagement qui, pour reprendre les mots de la Cour d\u2019appel dans l\u2019arr\u00eat <em>Syndicat de l\u2019enseignement de Champlain c. Commission scolaire des Patriotes<\/em><a href=\"#_ftn192\" name=\"_ftnref192\">[192]<\/a>, tient plus d\u2019un rappel d\u2019une employ\u00e9e que d\u2019un contrat d\u2019embauche. La Cour fait r\u00e9f\u00e9rence aux particularit\u00e9s du lien d\u2019emploi qui lie les enseignants \u00e0 l\u2019employeur et souligne la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre \u00e0 jour la terminologie utilis\u00e9e dans le milieu de l\u2019enseignement pour refl\u00e9ter la r\u00e9alit\u00e9 actuelle du rapport de travail<a href=\"#_ftn193\" name=\"_ftnref193\">[193]<\/a>\u00a0:<\/p>\n<p>Le temps est peut-\u00eatre venu pour les intervenants et le l\u00e9gislateur de faire une <u>mise \u00e0 jour terminologique qui refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 actuelle, \u00e0 savoir que le lien d\u2019emploi d\u00e9bute avec l\u2019engagement de l\u2019enseignante et se termine avec son d\u00e9part volontaire ou forc\u00e9 (incluant la r\u00e9siliation du lien d\u2019emploi pour un motif pr\u00e9vu \u00e0 la convention collective)<\/u>. Pour une enseignante r\u00e9guli\u00e8re, le contrat d\u2019engagement \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e (10 mois), que l\u2019on dit renouveler tacitement au d\u00e9but de chaque ann\u00e9e scolaire, n\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019une confirmation d\u2019affectation pour l\u2019ann\u00e9e en question (t\u00e2ches, endroit, etc.). De m\u00eame, <u>pour l\u2019enseignante \u00e0 temps partiel sur la liste de priorit\u00e9 d\u2019emploi, le contrat d\u2019engagement n\u2019\u00e9quivaut pas au contrat d\u2019embauche d\u2019une personne qui a postul\u00e9 pour l\u2019emploi, mais plut\u00f4t \u00e0 un rappel d\u2019une employ\u00e9e b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un droit \u00e0 cet effet d\u00e8s que le besoin existe<\/u>.<\/p>\n<p>En somme, <u>en milieu syndiqu\u00e9, le contrat d\u2019engagement tient plus de l\u2019affectation annuelle que d\u2019une nouvelle entente cr\u00e9ant un lien d\u2019emploi pour une p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e. En r\u00e9alit\u00e9, tant l\u2019enseignante r\u00e9guli\u00e8re que l\u2019enseignante \u00e0 temps partiel sur la liste de priorit\u00e9 d\u2019emploi b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un lien d\u2019emploi continu<\/u>. Dans le premier cas, la convention collective garantit un plein salaire, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e (continuit\u00e9 de revenu), alors que <u>dans le deuxi\u00e8me cas, la convention donne droit \u00e0 un salaire uniquement dans la mesure des besoins de l\u2019employeur, ann\u00e9e apr\u00e8s ann\u00e9e (plus l\u2019enseignante acquiert d\u2019anciennet\u00e9, plus ce droit garantit une continuit\u00e9 de revenu)<\/u> [notes omises, nos soulignements]<a href=\"#_ftn194\" name=\"_ftnref194\">[194]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette jurisprudence confirme que, lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9terminer si on est en pr\u00e9sence d\u2019un contrat de travail, il faut aller au-del\u00e0 de la d\u00e9nomination et tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 du rapport du travail, tout en consid\u00e9rant que diverses variantes du contrat de travail sont possibles.<\/p>\n<h3 id=\"1ab-2df-490-9d1-86a\">2. \u00a0 Le travail autonome<\/h3>\n<p>Un raisonnement fond\u00e9 sur le droit civil peut-il \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9termination du statut de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb permettant d\u2019acc\u00e9der aux protections de la <em>Lnt<\/em>? Au-del\u00e0 des faits particuliers de l\u2019esp\u00e8ce, la d\u00e9cision de la Commission des relations du travail (CRT) dans <em>Paquin c. Services financiers Groupe Investors inc.<\/em><a href=\"#_ftn195\" name=\"_ftnref195\">[195]<\/a> \u2014 maintenue par la Cour sup\u00e9rieure<a href=\"#_ftn196\" name=\"_ftnref196\">[196]<\/a>, qui a rejet\u00e9 la demande en r\u00e9vision judiciaire, la Cour d\u2019appel ayant \u00e0 son tour rejet\u00e9 la requ\u00eate pour permission d\u2019appel<a href=\"#_ftn197\" name=\"_ftnref197\">[197]<\/a> \u2014 nous para\u00eet utile pour explorer les effets qu\u2019une telle approche peut avoir sur l\u2019acc\u00e8s aux normes du travail.<\/p>\n<p>Dans cette affaire, la question \u00e9tait de savoir si le plaignant, M.\u00a0Paquin, \u00e9tait un salari\u00e9 au sens de la<em> Lnt<\/em> ou un travailleur autonome ayant conclu un contrat de service. M.\u00a0Paquin, conseiller financier et directeur de division chez Services financiers Groupe Investors inc., avait d\u00e9pos\u00e9 deux plaintes pour harc\u00e8lement psychologique et cong\u00e9diement sans cause juste et suffisante en vertu de la <em>Lnt<\/em><a href=\"#_ftn198\" name=\"_ftnref198\">[198]<\/a>. La CRT a conclu que M.\u00a0Paquin n\u2019\u00e9tait pas un \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens de la <em>Lnt<\/em><a href=\"#_ftn199\" name=\"_ftnref199\">[199]<\/a> et qu\u2019il ne pouvait se pr\u00e9valoir de ses dispositions. M\u00eame si la d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale du \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb dans la <em>Lnt<\/em> ne comporte pas de r\u00e9f\u00e9rence explicite au contrat de travail<a href=\"#_ftn200\" name=\"_ftnref200\">[200]<\/a>, la CRT s\u2019est appuy\u00e9e notamment sur les principes \u00e9nonc\u00e9s par la Cour d\u2019appel dans l\u2019arr\u00eat <em>Dicom Express inc. c. Paiement<\/em><a href=\"#_ftn201\" name=\"_ftnref201\">[201]<\/a>, qui concernait une action de droit civil dans laquelle la Cour avait interpr\u00e9t\u00e9 la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb au sens de l\u2019article\u00a02085 CcQ pour justifier sa d\u00e9cision. Ni la Cour sup\u00e9rieure<a href=\"#_ftn202\" name=\"_ftnref202\">[202]<\/a> ni le juge Gagnon de la Cour d\u2019appel, qui a rejet\u00e9 la demande de permission d\u2019appel<a href=\"#_ftn203\" name=\"_ftnref203\">[203]<\/a>, n\u2019ont jug\u00e9 d\u00e9raisonnable le recours par la CRT aux principes \u00e9labor\u00e9s dans <em>Dicom.<\/em> \u00c0 cet \u00e9gard, le juge Gagnon \u00e9crivait\u00a0:<\/p>\n<p>Finalement, le fait que la commissaire se soit appuy\u00e9e sur l\u2019arr\u00eat de notre Cour rendu dans <em>Dicom<\/em>, dont l\u2019objet portait principalement sur l\u2019application de l\u2019article\u00a02085 du <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em> et non sur une disposition sp\u00e9cifique de la<em> LNT<\/em>, n\u2019affecte en rien le caract\u00e8re raisonnable de sa d\u00e9cision.<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, la commissaire n\u2019a pas manqu\u00e9 d\u2019apporter les distinctions qui s\u2019imposent en reconnaissant que l\u2019arr\u00eat <em>Dicom<\/em> ne visait pas au premier chef \u00e0 circonscrire la d\u00e9finition de salari\u00e9 au sens de la <em>LNT<\/em>. Toutefois, dans l\u2019exercice de sa comp\u00e9tence, elle a estim\u00e9 qu\u2019il lui \u00e9tait difficile d\u2019ignorer l\u2019assertion qui se d\u00e9gage de cet arr\u00eat portant sur l\u2019incompatibilit\u00e9 entre le statut simultan\u00e9 d\u2019employeur et de salari\u00e9. La juge de premi\u00e8re instance a soulign\u00e9 cet aspect de la d\u00e9cision pour ensuite conclure que le raisonnement de la commissaire \u00e9tait justifi\u00e9, transparent et intelligible. Avec \u00e9gards pour l\u2019opinion du requ\u00e9rant, je ne vois aucune faiblesse apparente dans le raisonnement suivi par la juge sous ce rapport<a href=\"#_ftn204\" name=\"_ftnref204\">[204]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas tant la r\u00e9ponse de la CRT que les motifs de sa d\u00e9cision, fond\u00e9e sur le CcQ et sur l\u2019arr\u00eat <em>Dicom<\/em>, qui nous int\u00e9ressent aux fins du pr\u00e9sent article. Certains auteurs soulignent que les principes \u00e9labor\u00e9s dans le cadre de litiges en vertu du CcQ sont de plus en plus appliqu\u00e9s par la CRT<a href=\"#_ftn205\" name=\"_ftnref205\">[205]<\/a> et que cette r\u00e9f\u00e9rence au droit civil pourrait s\u2019expliquer par le fait que, malgr\u00e9 l\u2019absence d\u2019une d\u00e9finition unique du terme \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb dans les diff\u00e9rentes lois du travail, \u00ab\u00a0les crit\u00e8res analys\u00e9s par les tribunaux, lorsque vient le moment de se prononcer sur l\u2019existence d\u2019une relation d\u2019emploi, se rejoignent, et ce, peu importe le r\u00e9gime juridique analys\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn206\" name=\"_ftnref206\">[206]<\/a>. \u00c0 notre avis, une telle analyse ne tient compte ni des diff\u00e9rences de r\u00e9daction l\u00e9gislative des d\u00e9finitions des notions de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb \u2014 qui t\u00e9moignent de l\u2019ambivalence du l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois quant aux fondements possibles, contractuels ou non, du rapport du travail donnant acc\u00e8s aux lois du travail, ni du refus du l\u00e9gislateur de consid\u00e9rer syst\u00e9matiquement le contrat comme l\u2019assise des rapports de travail r\u00e9gi par le droit du travail<a href=\"#_ftn207\" name=\"_ftnref207\">[207]<\/a> \u2014 ni m\u00eame des finalit\u00e9s des lois en cause, d\u2019ordre public, comme le rappellent la Cour supr\u00eame du Canada dans l\u2019arr\u00eat <em>Commission scolaire des patriotes<\/em><a href=\"#_ftn208\" name=\"_ftnref208\">[208]<\/a> et la Cour d\u2019appel dans certains arr\u00eats<a href=\"#_ftn209\" name=\"_ftnref209\">[209]<\/a>. C\u2019est dans cette perspective qu\u2019il convient d\u2019examiner l\u2019utilisation que fait la CRT de deux principes issus de l\u2019arr\u00eat <em>Dicom<\/em> dans la d\u00e9cision <em>Paquin.<\/em><\/p>\n<p>Le premier principe concerne la notion de d\u00e9pendance \u00e9conomique. Apr\u00e8s avoir soulign\u00e9 qu\u2019un lien de subordination doit exister pour qu\u2019une personne puisse \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un salari\u00e9 au sens de la <em>Lnt<\/em><a href=\"#_ftn210\" name=\"_ftnref210\">[210]<\/a>, la CRT s\u2019appuie sur les r\u00e8gles \u00e9nonc\u00e9es dans l\u2019arr\u00eat <em>Dicom<\/em> pour \u00e9tablir la port\u00e9e de la subordination juridique, \u00ab\u00a0inh\u00e9rente au statut de salari\u00e9\u00a0\u00bb, et pour distinguer celle-ci de la notion de la d\u00e9pendance \u00e9conomique, jug\u00e9e insuffisante pour conf\u00e9rer un tel statut<a href=\"#_ftn211\" name=\"_ftnref211\">[211]<\/a>. Pourtant, le Tribunal du travail avait d\u00e9j\u00e0 tenu compte de la d\u00e9pendance \u00e9conomique comme indice permettant de \u00ab\u00a0d\u00e9tecter\u00a0\u00bb un lien de subordination constitutif du statut de salari\u00e9 au sens du <em>Ct<\/em> dans des jugements mettant en cause des personnes dont les conditions de travail s\u2019apparentaient \u00e0 celles d\u2019entrepreneurs d\u00e9pendants<a href=\"#_ftn212\" name=\"_ftnref212\">[212]<\/a>, mais cette jurisprudence n\u2019est pas mentionn\u00e9e par la CRT. Surtout, il nous semble que la CRT n\u2019a pas \u2014 comme l\u2019ont fait la Cour d\u2019appel dans l\u2019arr\u00eat <em>Agropur<\/em><a href=\"#_ftn213\" name=\"_ftnref213\">[213]<\/a> et la Cour supr\u00eame dans l\u2019arr\u00eat <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em><a href=\"#_ftn214\" name=\"_ftnref214\">[214]<\/a> \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la <em>Latmp<\/em> et de la <em>Lsst<\/em>, respectivement \u2014 tenu compte des objectifs de la <em>Lnt<\/em>, du caract\u00e8re d\u2019ordre public de ses dispositions et de l\u2019intention du l\u00e9gislateur d\u2019\u00e9largir le champ d\u2019application de la <em>Lnt<\/em>, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par une d\u00e9finition se voulant plus inclusive du statut de salari\u00e9<a href=\"#_ftn215\" name=\"_ftnref215\">[215]<\/a>. Ces caract\u00e9ristiques auraient \u00e0 tout le moins pu conduire la CRT, comme l\u2019a rappel\u00e9 la Cour d\u2019appel au sujet de la <em>Latmp<\/em>, \u00e0 faire preuve de \u00ab\u00a0la prudence et la r\u00e9serve [qui] s\u2019imposent dans l\u2019usage de la jurisprudence \u00e9labor\u00e9e sur la notion de salari\u00e9, d\u2019employ\u00e9 ou d\u2019entrepreneur en application d\u2019autres lois, notamment du Code civil\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn216\" name=\"_ftnref216\">[216]<\/a>.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me principe concerne l\u2019incompatibilit\u00e9 des statuts de salari\u00e9 et d\u2019employeur. La CRT rappelle, toujours en s\u2019appuyant sur l\u2019arr\u00eat <em>Dicom<\/em>, qu\u2019une m\u00eame personne ne peut cumuler ces statuts dans l\u2019ex\u00e9cution d\u2019une m\u00eame t\u00e2che, ce qui faisait obstacle \u00e0 la reconnaissance du statut de salari\u00e9 de M.\u00a0Paquin, qui avait embauch\u00e9 une adjointe pour l\u2019assister dans ses fonctions. M\u00eame si la CRT indique que \u00ab\u00a0selon les circonstances, une aide occasionnelle n\u2019affecterait pas le statut de salari\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn217\" name=\"_ftnref217\">[217]<\/a>, se conformant ainsi aux principes issus d\u2019un jugement ant\u00e9rieur du Tribunal du travail qui n\u2019est toutefois pas cit\u00e9 dans la d\u00e9cision<a href=\"#_ftn218\" name=\"_ftnref218\">[218]<\/a>, elle affirme quelques lignes plus bas qu\u2019elle adh\u00e8re \u00e0 la proposition de la Cour d\u2019appel dans <em>Dicom<\/em> concernant \u00ab\u00a0l\u2019incompatibilit\u00e9 entre les statuts d\u2019employeur et de salari\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn219\" name=\"_ftnref219\">[219]<\/a>, faisant fi de la jurisprudence selon laquelle<\/p>\n<p>le statut de salari\u00e9 peut coexister, chez la m\u00eame personne et au regard d\u2019une m\u00eame activit\u00e9 \u00e9conomique ou professionnelle, avec d\u2019autres, comme celui d\u2019actionnaire ou d\u2019administrateur de l\u2019entreprise, celui d\u2019entrepreneur ind\u00e9pendant ou m\u00eame celui d\u2019employeur [notes omises]<a href=\"#_ftn220\" name=\"_ftnref220\">[220]<\/a>.<\/p>\n<p>Une affirmation d\u2019incompatibilit\u00e9 formul\u00e9e en termes absolus semble donner pr\u00e9s\u00e9ance \u00e0 la forme au lieu d\u2019encourager l\u2019examen de la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail en cause pour \u00e9tablir si, dans les faits, la personne r\u00e9unit les crit\u00e8res propres au statut de salari\u00e9 au sens de la <em>Lnt<\/em>. Cette derni\u00e8re approche, r\u00e9aliste, para\u00eet d\u2019ailleurs \u00eatre l\u2019orientation suivie r\u00e9cemment par la Cour supr\u00eame \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un examen visant \u00e0 d\u00e9terminer si un associ\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de personnes peut \u00eatre un employ\u00e9 vis\u00e9 par le <em>Human Rights Code<\/em> de la Colombie-Britannique<a href=\"#_ftn221\" name=\"_ftnref221\">[221]<\/a>. La juge Abella, au nom d\u2019une Cour unanime, indique qu\u2019elle ne peut pas accepter \u00ab\u00a0la conclusion [de la Cour d\u2019appel de la Colombie-Britannique] voulant qu\u2019un associ\u00e9 ne puisse jamais \u00eatre un employ\u00e9 relevant du champ d\u2019application du <em>Code\u00a0<\/em>\u00bb<a href=\"#_ftn222\" name=\"_ftnref222\">[222]<\/a>, tout en pr\u00e9cisant dans son analyse qu\u2019il faut examiner la substance r\u00e9elle de la relation de travail plut\u00f4t que faire appel \u00e0 une approche formaliste qui tient seulement compte du concept juridique de la soci\u00e9t\u00e9 des personnes\u00a0:<\/p>\n<p>Bien que, en raison de la structure et des protections normalement associ\u00e9es aux soci\u00e9t\u00e9s de personnes, il y ait rarement relation d\u2019emploi entre ces soci\u00e9t\u00e9s et leurs associ\u00e9s participants vis\u00e9e par les lois sur les droits de la personne, cela ne signifie pas qu\u2019il faille laisser la forme l\u2019emporter sur le fond. Dans le cas qui nous occupe, par exemple, la Cour d\u2019appel semble s\u2019\u00eatre attach\u00e9e exclusivement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de personnes en tant que concept juridique, au lieu d\u2019examiner la substance de la relation qui existait dans les faits ainsi que la mesure dans laquelle les facteurs de contr\u00f4le et de d\u00e9pendance jouaient un r\u00f4le<a href=\"#_ftn223\" name=\"_ftnref223\">[223]<\/a>.<\/p>\n<p>En somme, la m\u00e9thode r\u00e9aliste permet de reconna\u00eetre le statut de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb au sens des lois du travail de personnes qui remplissent les conditions qui y sont pr\u00e9vues et qui peuvent aussi \u00eatre qualifi\u00e9es comme entrepreneurs ou associ\u00e9s du point de vue du droit commun.<\/p>\n<h2 id=\"323-c13-4b9-8d8-7fc\">B.\u00a0 Une approche fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 factuelle, les caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res du rapport de travail et les objectifs des lois d\u2019ordre public en mati\u00e8re de travail<\/h2>\n<p>La jurisprudence \u00e9tudi\u00e9e ci-dessus d\u00e9montre que le recours au droit civil pour d\u00e9cider de l\u2019acc\u00e8s aux protections des lois du travail soul\u00e8ve parfois des difficult\u00e9s, surtout dans le contexte d\u2019emplois qui ne r\u00e9pondent pas \u00e0 la notion classique de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb sur laquelle le droit du travail s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9. Or, cette m\u00eame jurisprudence nous donne \u00e9galement des indices quant \u00e0 l\u2019approche \u00e0 adopter dans ce contexte.<\/p>\n<p>Nous avons vu plus haut que Pl\u00e1 Rodriguez a \u00e9nonc\u00e9 deux id\u00e9es qui ressortent de la pens\u00e9e du professeur de la Cueva<a href=\"#_ftn224\" name=\"_ftnref224\">[224]<\/a>, principal tenant de la th\u00e8se \u00ab\u00a0relationniste\u00a0\u00bb dans la doctrine latino-am\u00e9ricaine. La premi\u00e8re id\u00e9e porte sur la fa\u00e7on de concevoir le fondement du rapport de travail au-del\u00e0 de la convention formelle et \u00e0 partir de la r\u00e9alisation effective du travail. La deuxi\u00e8me a trait au \u00ab\u00a0principe de la primaut\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, lequel semble plut\u00f4t se rapporter \u00e0 la m\u00e9thode d\u2019analyse qui doit guider l\u2019application du droit du travail. Cette m\u00e9thode impose de tenir compte de la r\u00e9alit\u00e9 factuelle pour d\u00e9terminer si l\u2019on est en pr\u00e9sence du rapport vis\u00e9 par la l\u00e9gislation du travail, mais \u00e0 la diff\u00e9rence de la premi\u00e8re id\u00e9e, elle ne traite pas des fondements \u2014 contractuels ou non \u2014 dudit rapport. Ainsi, peu importe l\u2019approche retenue quant \u00e0 ces fondements, la m\u00e9thode bas\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 est susceptible de s\u2019appliquer.<\/p>\n<p>M\u00eame si la premi\u00e8re id\u00e9e ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9, Pl\u00e1 Rodriguez indique que la seconde est g\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9e par la doctrine et appliqu\u00e9e par la jurisprudence dans de multiples situations. Il en est ainsi au Qu\u00e9bec, o\u00f9 l\u2019approche r\u00e9aliste est utilis\u00e9e par les tribunaux ordinaires ou sp\u00e9cialis\u00e9s<a href=\"#_ftn225\" name=\"_ftnref225\">[225]<\/a>, m\u00eame si on a vu dans les affaires \u00e9tudi\u00e9es ci-dessus que cela n\u2019est pas toujours le cas. De plus, la Cour supr\u00eame a r\u00e9cemment appliqu\u00e9 cette approche dans l\u2019affaire <em>McCormick<\/em><a href=\"#_ftn226\" name=\"_ftnref226\">[226]<\/a>. M\u00eame si, dans cette affaire, il s\u2019agissait d\u2019\u00e9tablir si un associ\u00e9 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 de personnes pouvait \u00eatre un employ\u00e9 pour les besoins du <em>Human Rights Code<\/em> de la Colombie-Britannique, les consid\u00e9rations exprim\u00e9es par la juge Abella relativement \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de tenir compte de la substance de la relation d\u2019emploi dans les faits au lieu de donner pr\u00e9s\u00e9ance \u00e0 la forme soci\u00e9tale adopt\u00e9e par les parties nous apparaissent facilement transposables au droit de l\u2019emploi au Qu\u00e9bec. M\u00eame face \u00e0 un choix clair du l\u00e9gislateur de viser le rapport fond\u00e9 sur le contrat de travail, le second volet de la th\u00e8se de la relation de travail identifi\u00e9 par Pl\u00e1 Rodriguez \u2014 ax\u00e9 sur la m\u00e9thode \u2014 pourra s\u2019av\u00e9rer utile notamment lorsque plusieurs qualifications juridiques du contrat sont possibles.<\/p>\n<p>Toutefois, lorsque le probl\u00e8me juridique soulev\u00e9 par une affaire concerne le d\u00e9faut d\u2019un \u00e9l\u00e9ment essentiel \u00e0 la formation du contrat de travail vis\u00e9 par la notion de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb, nous sommes d\u2019avis que l\u2019approche r\u00e9aliste doit \u00eatre bonifi\u00e9e par une m\u00e9thode \u00ab\u00a0contextuelle\u00a0\u00bb tenant compte non seulement de la r\u00e9alit\u00e9 du travail et des objectifs et des m\u00e9canismes des lois d\u2019ordre public, mais aussi des cons\u00e9quences que la solution adopt\u00e9e entra\u00eenerait sur l\u2019acc\u00e8s aux protections des lois du travail.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em><a href=\"#_ftn227\" name=\"_ftnref227\">[227]<\/a> nous donne des indications qui vont dans ce sens. Rappelons que dans cette affaire, la Cour supr\u00eame tient compte des objectifs de la <em>Lsst<\/em>, ainsi que des m\u00e9canismes pr\u00e9vus par le l\u00e9gislateur pour les atteindre, dont le droit de refuser d\u2019ex\u00e9cuter un travail dangereux et le droit au retrait pr\u00e9ventif des femmes enceintes. La Cour conclut que l\u2019exercice des droits reconnus dans la<em> Lsst<\/em> ne fait pas obstacle \u00e0 la formation du contrat de travail, lequel a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par l\u2019ordre public de la<em> Lsst<\/em>. La Cour est d\u2019avis que la loi doit s\u2019appliquer. Il ressort du contexte d\u00e9crit par la Cour que l\u2019enseignante, qui \u00e9tait inscrite sur une liste de suppl\u00e9antes, avait effectivement travaill\u00e9 durant une grande partie de l\u2019ann\u00e9e scolaire ant\u00e9rieure. Or, l\u2019enseignante n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9affect\u00e9e \u00e0 d\u2019autres t\u00e2ches, malgr\u00e9 le fait qu\u2019elle avait accept\u00e9 les offres de suppl\u00e9ances de la commission scolaire tout en invoquant ses deux certificats de retraits pr\u00e9ventifs qui, en soi, constituaient une demande d\u2019affectation \u00e0 un travail sans danger. Selon la Cour, en exer\u00e7ant son droit de refuser d\u2019ex\u00e9cuter le travail dangereux, l\u2019enseignante \u00e9tait r\u00e9put\u00e9e \u00eatre au travail. Pour la Cour supr\u00eame, une interpr\u00e9tation de la loi qui emp\u00eache la r\u00e9alisation de l\u2019objectif l\u00e9gislatif ne peut \u00eatre maintenue.<\/p>\n<p>L\u2019arr\u00eat <em>Commission scolaire crie<\/em><a href=\"#_ftn228\" name=\"_ftnref228\">[228]<\/a> va aussi dans cette direction, la Cour d\u2019appel ayant tenu compte de la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019engagement et du travail effectivement r\u00e9alis\u00e9 par un enseignant rempla\u00e7ant, de l\u2019objet de la disposition d\u2019ordre public de la <em>Lipac<\/em> qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 ni\u00e9 en l\u2019esp\u00e8ce et du fait que la d\u00e9cision arbitrale permettait \u00e0 \u00ab\u00a0un \u201censeignant\u201d, d\u2019\u00eatre assujetti \u00e0 la convention collective applicable aux \u201censeignants\u201d et, en cons\u00e9quence, de b\u00e9n\u00e9ficier des conditions de travail applicables aux \u201censeignants\u201d\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn229\" name=\"_ftnref229\">[229]<\/a>. Nous avons vu pr\u00e9c\u00e9demment que la <em>Lipac<\/em> ajoute une exigence formelle aux conditions de formation du contrat de travail au sens du CcQ, comme celui-ci le permet. Or, ce qui nous int\u00e9resse aux fins du pr\u00e9sent texte est la logique fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail, l\u2019objectif des dispositions d\u2019ordre public en cause et les cons\u00e9quences sur l\u2019acc\u00e8s au droit du travail.<\/p>\n<p>En somme, lorsqu\u2019on aborde la question des rapports entre le droit civil et le droit du travail, et plus particuli\u00e8rement du r\u00f4le du contrat dans l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes de protection des travailleurs qui ne r\u00e9pondent pas au standard classique de salari\u00e9, le recours \u00e0 la m\u00e9thode r\u00e9aliste aura certainement un r\u00f4le \u00e0 jouer. Dans certaines situations, l\u2019analyse fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 factuelle du rapport de travail, au-del\u00e0 de la forme juridique adopt\u00e9e, permettra d\u2019\u00e9tablir si une personne peut \u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb au sens des lois du travail. Une analyse plut\u00f4t contextuelle s\u2019imposera dans d\u2019autres cas. Le contexte \u00e0 analyser sera compos\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 du rapport du travail, mais aussi des buts et objectifs des lois du travail en cause, afin d\u2019\u00e9tablir si l\u2019ordre public de celles-ci autorise \u00e0 d\u00e9roger aux solutions du droit civil, comme le permet d\u2019ailleurs la disposition pr\u00e9liminaire du CcQ.<\/p>\n<p>En ce sens, il convient de rappeler la port\u00e9e de la disposition pr\u00e9liminaire du CcQ, qui ouvre la porte \u00e0 la qualification autonome de certaines situations vis\u00e9es par le droit du travail, comme l\u2019indique Bisson\u00a0:<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 la Disposition pr\u00e9liminaire apparait en droit du travail, elle est g\u00e9n\u00e9ralement cit\u00e9e sans antipathie. Et, qu\u2019il s\u2019agisse par exemple d\u2019interpr\u00e9tation des conventions collectives ou des contrats de travail, de protection des droits en cas de cession d\u2019entreprise, de d\u00e9lais pour porter plainte pour cong\u00e9diement ill\u00e9gal, du calcul des int\u00e9r\u00eats sur l\u2019indemnit\u00e9 accord\u00e9e pour cong\u00e9diement ill\u00e9gal ou encore de la question r\u00e9currente de la norme de contr\u00f4le \u00e0 exercer sur les juridictions inf\u00e9rieures du travail, on fait produire \u00e0 la Disposition pr\u00e9liminaire les effets qu\u2019elle admet elle-m\u00eame\u00a0: on recourra volontiers au droit commun pour ajouter substantiellement \u00e0 la l\u00e9gislation du travail ou en combler les lacunes, mais on n\u2019h\u00e9sitera pas non plus \u00e0 l\u2019\u00e9carter dans les cas o\u00f9 l\u2019on estimera que la lettre, l\u2019esprit, les finalit\u00e9s de la l\u00e9gislation du travail conf\u00e8rent \u00e0 celle-ci un caract\u00e8re d\u00e9rogatoire ou autorisent une qualification autonome des situations par rapport au Code civil [notes omises]<a href=\"#_ftn230\" name=\"_ftnref230\">[230]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 la lumi\u00e8re de la jurisprudence pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9tudi\u00e9e, il semble clair que lorsqu\u2019un d\u00e9cideur sp\u00e9cialis\u00e9 doit interpr\u00e9ter et appliquer une loi du travail qui fait r\u00e9f\u00e9rence aux notions de droit civil, il doit consid\u00e9rer ces derni\u00e8res en tenant compte des modifications introduites par l\u2019ordre public du travail. Autrement dit, il est possible d\u2019affirmer que la sp\u00e9cificit\u00e9 des lois du travail impose des solutions qui s\u2019y adaptent. C\u2019est en d\u00e9finitive l\u2019orientation suivie par la Cour supr\u00eame dans <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em><a href=\"#_ftn231\" name=\"_ftnref231\">[231]<\/a>, affaire dans laquelle elle a conclu que, dans le cadre de la<em> Lsst<\/em>, il faut tenir compte de la notion de contrat de travail d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article\u00a02085 CcQ, explicitement vis\u00e9e par la loi, mais telle que modifi\u00e9e par l\u2019ordre public de la <em>Lsst<\/em>, pour d\u00e9terminer l\u2019acc\u00e8s au r\u00e9gime de protection qu\u2019elle pr\u00e9voit.<\/p>\n<p>Par ailleurs, l\u2019aval donn\u00e9 par la Cour d\u2019appel \u00e0 la solution fond\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 du rapport de travail retenue par l\u2019arbitre de griefs dans <em>Commission scolaire crie<\/em><a href=\"#_ftn232\" name=\"_ftnref232\">[232]<\/a> confirme la validit\u00e9 de cette approche et \u00e9carte, par ce fait m\u00eame, l\u2019id\u00e9e que la logique ax\u00e9e sur les conditions de forme et de validit\u00e9 du contrat doit primer pour d\u00e9cider de l\u2019application des lois du travail. L\u2019\u00e9volution de la jurisprudence imposant l\u2019application de la norme de contr\u00f4le d\u00e9f\u00e9rente \u00e0 l\u2019\u00e9gard des solutions adapt\u00e9es au droit du travail retenues par les instances sp\u00e9cialis\u00e9es assure \u00e0 ces derni\u00e8res la souplesse n\u00e9cessaire pour \u00e9laborer des d\u00e9cisions qui r\u00e9pondent mieux aux particularit\u00e9s des situations vis\u00e9es par les lois du travail.<\/p>\n<h1 id=\"d18-e4d-469-893-498\">Conclusion<\/h1>\n<p>Tel que pr\u00e9sent\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, il n\u2019y a pas une seule fa\u00e7on de concevoir le rapport de travail lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9tablir si l\u2019on est en pr\u00e9sence d\u2019une relation (contractuelle ou autre) vis\u00e9e par les lois protectrices des travailleurs. L\u2019adoption d\u2019une approche unique, qui tiendrait compte \u00e0 la fois de la r\u00e9alit\u00e9 de la relation de travail dans les faits et de l\u2019ordre public du travail, faciliterait l\u2019accomplissement de la finalit\u00e9 poursuivie par le l\u00e9gislateur en instituant ces r\u00e9gimes. Dans le cadre d\u2019une telle approche, les effets restrictifs que pourrait entra\u00eener la formule faisant appel \u00e0 la forme contractuelle pour donner acc\u00e8s aux lois du travail se verraient substantiellement amoindris.<\/p>\n<p>Trois aspects essentiels ressortent des d\u00e9veloppements pr\u00e9c\u00e9dents et donnent des pistes de solutions aux questions que soul\u00e8ve le recours \u00e0 la figure contractuelle pour d\u00e9terminer l\u2019acc\u00e8s aux r\u00e9gimes de protection des travailleurs.<\/p>\n<p>Le premier aspect concerne le principe de la r\u00e9alit\u00e9. Le droit du travail ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de la r\u00e9alit\u00e9 du travail subordonn\u00e9 que le droit civil \u00e9tait incapable de saisir, il est impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019une logique mat\u00e9rielle. Que l\u2019on fasse appel \u00e0 l\u2019appareil contractuel ou que l\u2019on consid\u00e8re le fait du travail lui-m\u00eame pour d\u00e9finir le rapport vis\u00e9 par les lois protectrices des travailleurs, la m\u00e9thode d\u2019analyse bas\u00e9e sur la r\u00e9alit\u00e9 devrait pr\u00e9valoir. Cela revient \u00e0 accepter que d\u00e8s que les \u00e9l\u00e9ments qui caract\u00e9risent le rapport de travail vis\u00e9 par la loi sont pr\u00e9sents, il faut leur donner effet, sans \u00e9gard \u00e0 la forme juridique adopt\u00e9e par les parties ni \u00e0 la volont\u00e9 de celles-ci.<\/p>\n<p>Le second aspect \u00e0 consid\u00e9rer est le caract\u00e8re d\u2019ordre public des lois du travail. Il est impossible de faire fi de l\u2019ordre public du travail pour d\u00e9terminer l\u2019acc\u00e8s aux protections \u00e9tablies par le droit du travail. L\u2019ordre public du travail joue un r\u00f4le fondamental non seulement en ce qui concerne le contenu obligationnel des rapports vis\u00e9s par les lois du travail, mais aussi dans la d\u00e9finition m\u00eame du champ d\u2019application de cette l\u00e9gislation. Ainsi, la r\u00e9f\u00e9rence au contrat de travail dans la d\u00e9finition des notions de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb ou de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb qui d\u00e9terminent l\u2019acc\u00e8s aux lois du travail ne doit pas \u00eatre vue comme un renvoi pur et simple aux r\u00e8gles de droit civil et \u00e0 la logique qui leur est propre, puisque l\u2019ordre public du travail imposera parfois la qualification autonome de la relation de travail en cause par rapport au droit civil. Il est reconnu que les lois d\u2019ordre public du travail doivent recevoir une interpr\u00e9tation large qui assure l\u2019accomplisse-ment de leur objet. Lorsqu\u2019elles font r\u00e9f\u00e9rence aux notions du droit civil, il faut donc en tenir compte tout en respectant les objectifs recherch\u00e9s par le l\u00e9gislateur en \u00e9dictant la l\u00e9gislation du travail.<\/p>\n<p>Autrement dit, la logique du droit civil n\u2019est tout simplement pas transposable aux lois du travail. Il faut \u00e9tudier le concept du droit civil auquel r\u00e9f\u00e8re la loi \u00e0 la lumi\u00e8re du contexte du r\u00e9gime con\u00e7u par le l\u00e9gislateur pour r\u00e9aliser la finalit\u00e9 de protection des salari\u00e9s et des travailleurs. La jurisprudence r\u00e9cente de la Cour supr\u00eame confirme que le l\u00e9gislateur peut exiger l\u2019existence d\u2019un contrat de travail pour qu\u2019une personne soit qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb, tout en ayant \u00ab\u00a0l\u2019intention de rejoindre un ensemble de travailleurs beaucoup plus large que celui qui est vis\u00e9 par la notion d\u2019\u201cemploy\u00e9\u201d dans le <em>Code civil<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn233\" name=\"_ftnref233\">[233]<\/a>. La Cour pr\u00e9cise \u00e9galement que<\/p>\n<p>[c]ette interpr\u00e9tation plus g\u00e9n\u00e9reuse de la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb est non seulement justifi\u00e9e par le caract\u00e8re de la <em>Loi<\/em>, qui est d\u2019ordre public, elle est \u00e9galement permise par la disposition pr\u00e9liminaire du <em>Code<\/em>, qui pr\u00e9voit que d\u2019autres lois peuvent \u00ab\u00a0ajouter au code ou y d\u00e9roger\u00a0\u00bb [notes omises]<a href=\"#_ftn234\" name=\"_ftnref234\">[234]<\/a>.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me aspect concerne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019inclure dans les d\u00e9finitions l\u00e9gislatives de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb des crit\u00e8res mat\u00e9riels, d\u2019une part, et d\u2019\u00e9carter les \u00e9l\u00e9ments qui, comme la subordination juridique, pourraient conduire \u00e0 l\u2019exclusion de certaines cat\u00e9gories de travailleurs atypiques, d\u2019autre part. Il n\u2019y a nullement besoin de r\u00e9f\u00e9rer au contrat de travail, mais de toute fa\u00e7on, il ne faut pas oublier qu\u2019une telle mention doit \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e en tenant compte des modifications apport\u00e9es par l\u2019ordre public du travail qui peut vouloir atteindre un plus grand nombre de travailleurs que ceux vis\u00e9s par la d\u00e9finition dudit contrat \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 l\u2019article\u00a02085 CcQ. Dans un contexte o\u00f9 la jurisprudence affirme l\u2019insuffisance de la d\u00e9pendance \u00e9conomique comme crit\u00e8re d\u2019application de la<em> Lnt<\/em> et exige la pr\u00e9sence de la subordination juridique qui caract\u00e9rise le contrat de travail, une modification l\u00e9gislative semble n\u00e9cessaire si l\u2019on d\u00e9sire rejoindre l\u2019ensemble des travailleurs qui \u00e9prouvent des besoins que le l\u00e9gislateur cherche \u00e0 combler.<\/p>\n<p>En somme, on ne peut pas ignorer le particularisme des lois du travail lorsqu\u2019il s\u2019agit de les appliquer. Les tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s poss\u00e8dent la marge de man\u0153uvre n\u00e9cessaire pour rendre des d\u00e9cisions qui en tiennent compte. Le recours aux notions du droit civil n\u2019implique aucunement que l\u2019approche formelle propre \u00e0 celui-ci doit d\u00e8s lors pr\u00e9valoir. Tout en reconnaissant que les principes et les r\u00e8gles du CcQ peuvent combler les lacunes des lois du travail, il ne faut pas oublier qu\u2019ils devront \u00eatre \u00e9cart\u00e9s lorsque l\u2019ordre public du travail y d\u00e9roge. Le recours aux concepts du droit civil exigera souvent qu\u2019ils soient adapt\u00e9s au contexte des lois \u00e0 vocation protectrice des travailleurs et aux particularit\u00e9s de diverses formes de travail pour autrui afin de ne pas faire \u00e9chec \u00e0 la finalit\u00e9 de cette l\u00e9gislation. Parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019approche jurisprudentielle, il revient au l\u00e9gislateur d\u2019\u00e9largir les notions de \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb de fa\u00e7on \u00e0 fournir un cadre juridique explicitement plus inclusif qui assurera la capacit\u00e9 du droit du travail \u00e0 remplir sa fonction de protection.<\/p>\n<p><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Pierre Verge, \u00ab\u00a0Faut-il \u201cnommer\u201d le contrat de travail?\u00a0\u00bb (1988)\u00a029:4 C de\u00a0D\u00a0977 [Verge, \u00ab\u00a0Nommer\u00a0\u00bb]; Alain Supiot, \u00ab\u00a0Pourquoi un droit du travail?\u00a0\u00bb (1990)\u00a06 Dr social<em>\u00a0<\/em>485; Marie-France Bich, \u00ab\u00a0Droit du travail qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0: gen\u00e8se et g\u00e9n\u00e9ration\u00a0\u00bb dans H Patrick Glenn, dir, <em>Droit qu\u00e9b\u00e9cois et droit fran\u00e7ais\u00a0: communaut\u00e9, autonomie, concordance<\/em>, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a01993,\u00a0515; Pierre Verge, \u00ab\u00a0Le contrat de travail selon le <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em>\u00a0: pertinence ou impertinence?\u00a0\u00bb (1993)\u00a024 RGD\u00a0237 [Verge, \u00ab\u00a0Contrat de travail\u00a0\u00bb]; Pierre Verge et Guylaine Vall\u00e9e,<em> Un droit du travail? Essai sur la sp\u00e9cificit\u00e9 du droit du travail<\/em>, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a01997 aux pp\u00a013-19,\u00a073-85; Alain Supiot, <em>Critique du droit du travail<\/em>,\u00a02<sup>e<\/sup> \u00e9d, Paris, Presses universitaires de France,\u00a02007 aux pp\u00a067-107 [Supiot, <em>Critique<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 LQ\u00a01944, c\u00a030.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>RLRQ c C-27 [<em>Ct<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge, \u00ab\u00a0Nommer\u00a0\u00bb,<em> supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a0985-86; Verge, \u00ab\u00a0Contrat de travail\u00a0\u00bb,<em> supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a0242-47; Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a085-89; Jean-Yves Bri\u00e8re, \u00ab\u00a0Le <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em> et la <em>Loi sur les normes du travail<\/em>\u00a0: convergence ou divergence?\u00a0\u00bb (1994) 49:1\u00a0RI\u00a0104 aux pp\u00a0119-24.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge et Vall\u00e9e,<em> supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a019-25,\u00a083-85; Alain Supiot, dir, <em>Au-del\u00e0 de l\u2019emploi\u00a0: Transformations du travail et devenir du droit du travail en Europe<\/em>, Rapport pour la Commission des communaut\u00e9s europ\u00e9ennes avec la collaboration de l\u2019universit\u00e9 Carlos\u00a0III de Madrid, Paris, Flammarion, 1999 [Rapport Supiot]; Qu\u00e9bec, Minist\u00e8re du Travail, <em>Les besoins de protection sociale des personnes en situation de travail non traditionnel\u00a0: Rapport final<\/em>, par Jean Bernier, Guylaine Vall\u00e9e et Carol Jobin, Qu\u00e9bec, MdT, 2003 [Rapport Bernier]; Commission du droit du Canada, <em>Le concept l\u00e9gal de l\u2019emploi\u00a0: la marginalisation des travailleurs<\/em>, par Judy Fudge, Eric Tucker et Leah Vosko, Ottawa, Publications du gouvernement du Canada, 2002; Pierre Verge, \u00ab\u00a0Les instruments d\u2019une recomposition du droit du travail\u00a0: de l\u2019entreprise-r\u00e9seau au pluralisme juridique\u00a0\u00bb (2011)\u00a052:2 C de D\u00a0135 [Verge, \u00ab\u00a0Recomposition\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Sur le plan international, l\u2019Organisation Internationale du Travail a adopt\u00e9, en juin\u00a02006, la <em>Recommandation sur la relation de travail<\/em> <em>(n<sup>o\u00a0<\/sup>198)<\/em>, laquelle vise \u00e0 r\u00e9pondre aux incertitudes entourant l\u2019existence d\u2019une relation de travail qui donne acc\u00e8s aux protections offertes par les droits du travail nationaux, dans le contexte des transformations op\u00e9r\u00e9es dans le monde du travail depuis plusieurs ann\u00e9es\u00a0: <em>Recommandation (n<sup>o\u00a0<\/sup>198) sur la relation de travail<\/em>,<em>\u00a0<\/em>15 juin 2006,\u00a0Doc off CIT, 95<sup>e<\/sup> sess, en ligne\u00a0: &lt;www.ilo.org\/dyn\/normlex\/fr\/f?p=NORMLEXPUB:12100:0::NO:12100:P12100_INSTRUMENT_ID:312535:NO&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Pierre Verge, Gilles Trudeau et Guylaine Vall\u00e9e, <em>Le droit du travail par ses sources<\/em>, Montr\u00e9al, Th\u00e9mis,\u00a02006 \u00e0 la p\u00a062.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a032-33.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Pierre Verge, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9 juridique du rapport de travail\u00a0\u00bb dans Gilles Trudeau, Guylaine Vall\u00e9e et Diane Veilleux, dir, <em>\u00c9tudes en droit du travail \u00e0 la m\u00e9moire de Claude D\u2019Aoust<\/em>, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a01995,\u00a0343 aux pp\u00a0343-67, et en particulier aux pp\u00a0348-57 [Verge, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb]. Voir \u00e9galement Verge et Vall\u00e9e,\u00a0<em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a073-85.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge, \u00ab<em>\u00a0<\/em>R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb,<em> supra <\/em>note\u00a010 aux pp\u00a0348-52; Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a075-79.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a010 aux pp\u00a0352-57; Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a079-85.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a027-33.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge et Vall\u00e9e,<em> supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a073.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Ren\u00e9 Savatier, \u00ab\u00a0R\u00e9alisme et id\u00e9alisme juridique en droit civil d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0: structures mat\u00e9rielles et structures juridiques\u00a0\u00bb dans <em>Le droit priv\u00e9 fran\u00e7ais au milieu du\u00a0XXe si\u00e8cle\u00a0: \u00c9tudes offertes \u00e0 Georges Ripert<\/em>, t\u00a0I, Paris, LGDJ,\u00a01950 aux pp\u00a075-92.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid <\/em>aux pp\u00a076-77.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a075.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a076.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a013-27. L\u2019auteur caract\u00e9rise ces deux traditions juridiques, tout en examinant leur influence sur la conception du rapport de travail dans divers syst\u00e8mes juridiques europ\u00e9ens. Aux fins du pr\u00e9sent article, nous reprenons uniquement l\u2019essentiel de ces deux cultures juridiques (telles que d\u00e9crites par Supiot) qui permet de comprendre le d\u00e9veloppement des approches fond\u00e9es sur le contrat (romaniste) ou la relation de travail (germanique).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a013-16. L\u2019auteur explique que le contrat de location de services est une expression de la culture romaniste.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a014.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a013-14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a015-16.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> \u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a016. Pour la caract\u00e9risation de l\u2019approche germanique, voir notamment les pp\u00a016-18.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a017-18. Supiot r\u00e9f\u00e8re dans son texte \u00e0 la critique de l\u2019approche contractuelle \u00e9nonc\u00e9e par Otto Von Gierke, en Allemagne\u00a0:<\/p>\n<p>Pour Gierke, on ne peut penser juridiquement l\u2019individu ind\u00e9pendamment de la communaut\u00e9 \u00e0 laquelle il appartient, et l\u2019essence du droit ne peut donc \u00eatre recherch\u00e9e dans la volont\u00e9, qu\u2019il s\u2019agisse de la volont\u00e9 individuelle ou de la volont\u00e9 de l\u2019\u00c9tat, car \u00ab\u00a0la source derni\u00e8re de tout droit est toujours la conscience commune\u00a0\u00bb [notes omises] (<em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a017).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a081. Voir aussi Verge, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a010 \u00e0 la p\u00a0354.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Supiot,\u00a0<em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a021. Supiot explique que la culture germanique est \u00e0 la base de la th\u00e9orie institutionnelle d\u00e9velopp\u00e9e en France par Paul Durand. Pour sa part, Antoine Jeammaud pr\u00e9cise, en faisant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la th\u00e9orie d\u00e9velopp\u00e9e par Paul Durand que \u00ab\u00a0[c]ette th\u00e9orisation renouvel\u00e9e du rapport entre l\u2019employeur et le salari\u00e9 se r\u00e9f\u00e9rait tr\u00e8s explicitement \u00e0 la \u201cth\u00e9orie de la relation de travail\u201d (<em>Arbeitsverh\u00e4ltnis<\/em>) d\u00e9couverte chez des auteurs allemands\u00a0\u00bb [notes omises]\u00a0(Antoine Jeammaud, \u00ab\u00a0La centralit\u00e9 retrouv\u00e9e du contrat de travail en droit fran\u00e7ais\u00a0\u00bb dans Patricia Kurczyn Villalobos et Carlos Alberto Puig Hern\u00e1ndez, dir, <em>Estudios jur\u00eddicos en homenaje al doctor N\u00e9stor de Buen Lozano<\/em>, Mexico, Universidad Nacional Aut\u00f3noma de M\u00e9xico,\u00a02003,\u00a0415 \u00e0 la p\u00a0417, en ligne\u00a0: &lt;biblio.juridicas.unam.mx\/libros\/3\/1090\/24.pdf&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a018.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Voir <em>ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir arts\u00a02085-97 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir disposition pr\u00e9liminaire, al\u00a02 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge et Vall\u00e9e, <em>supra <\/em>note\u00a01 aux pp\u00a073-85.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Verge, Trudeau et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a07 \u00e0 la p\u00a062. Voir aussi Verge et Vall\u00e9e,<em> supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a085.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Isidore Garon Lt\u00e9e c Tremblay<\/em>,\u00a02006 CSC\u00a02 aux para\u00a057-58, [2006]\u00a01 RCS\u00a027 [<em>Isidore Garon<\/em>]. Sur l\u2019approche qui voit dans la l\u00e9gislation du travail et dans la convention collective seulement des compl\u00e9ments du contrat de travail du droit commun et qui consid\u00e8re ce contrat comme l\u2019assise du rapport d\u2019emploi, voir Robert P Gagnon, Louis LeBel et Pierre Verge, \u00ab\u00a0Du soi-disant \u201ccontrat de travail\u201d\u00a0\u00bb (1970)\u00a011:2 C de D\u00a0282; Verge, \u00ab\u00a0Nommer\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a01.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 RLRQ c N-1.1 [<em>Lnt<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 RLRQ c\u00a0E-12.001 [<em>L\u00e9s<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a08; <em>Lnt<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a036, art\u00a01(10). La <em>Lnt<\/em> fait r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab\u00a0contrat de travail\u00a0\u00bb notamment dans les dispositions relatives au service continu, \u00e0 l\u2019avis de cessation d\u2019emploi et au certificat de travail\u00a0(<em>ibid<\/em>, arts\u00a01(12),\u00a082,\u00a084).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Voir <em>Lnt<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a036, art\u00a01(10) (i)\u2013(iii). Voir aussi <em>infra<\/em> note\u00a0211 et texte correspondant.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Ct<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a03, arts\u00a01(l),\u00a021. Cette notion ne comprend pas certains cadres et repr\u00e9sentants de l\u2019employeur, ainsi que d\u2019autres personnes sp\u00e9cialement \u00e9num\u00e9r\u00e9es dans la d\u00e9finition l\u00e9gale.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Verge et Vall\u00e9e,<em> supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a084. Voir aussi Verge, \u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a010 \u00e0 la p\u00a0357; Verge, Trudeau et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a07 \u00e0 la\u00a0p\u00a063.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Rapport Bernier, <em>supra <\/em>note\u00a05 \u00e0 la p\u00a071, au sujet de la d\u00e9cision <em>Food Drivers, Commission Salesmen Dairy and Ice Cream Workers, Local Union n<sup>o<\/sup>\u00a0973, Cartierville c JJ Joubert Limit\u00e9e Montr\u00e9al<\/em>, DCDRT n<sup>o<\/sup>\u00a01638-10, commissaires AB Gold (juge), JE\u00a0Corbeil et G C\u00f4t\u00e9, maintenue en r\u00e9vision par [1970]\u00a0CE\u00a0344, commissaire-enqu\u00eateur CG\u00a0Desjardins, infirm\u00e9e par le Tribunal du travail pour non-respect de la r\u00e8gle <em>audi alteram partem <\/em>et nouvelle enqu\u00eate ordonn\u00e9e par [1970]\u00a0TT\u00a020, juge Filion. Voir aussi, sur cette d\u00e9cision et celles qui l\u2019ont suivie, Rodrigue Blouin, \u00ab\u00a0Le rapport de d\u00e9pendance \u00e9conomique comme norme de qualification du salari\u00e9 au sens du Code du travail\u00a0\u00bb (1974)\u00a020:3 RD\u00a0McGill\u00a0429 aux pp\u00a0430-33 [Blouin, \u00ab\u00a0D\u00e9pendance \u00e9conomique\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Pierre Verge, \u00ab\u00a0\u201cSalari\u00e9s\u201d selon le Code du travail\u00a0\u00bb (1968)\u00a023:1 RI\u00a0165.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Carol Jobin, \u00ab\u00a0Statuts de salari\u00e9 et d\u2019employeur dans les lois du travail\u00a0\u00bb dans Guylaine Vall\u00e9e et Katherine Lippel, dir,<em> Rapports individuels et collectifs du travail<\/em>, JurisClasseur Qu\u00e9bec, coll \u00ab\u00a0Droit du travail\u00a0\u00bb, Montr\u00e9al, LexisNexis, 2009 (feuilles mobiles mise \u00e0 jour\u00a010), vol\u00a01, fasc\u00a08 au para\u00a0112.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Blouin, \u00ab\u00a0D\u00e9pendance \u00e9conomique\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a042; Rodrigue Blouin, \u00ab\u00a0La C.R.T., le concept de salari\u00e9 et les nouvelles r\u00e9alit\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution du travail subordonn\u00e9\u00a0\u00bb dans Service de la formation permanente, Barreau du Qu\u00e9bec, dir, <em>D\u00e9veloppements r\u00e9cents en droit du travail (2003)<\/em>, vol\u00a0190, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02003,\u00a0137 aux pp\u00a0144-55.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 RLRQ c S-2.1 [<em>Lsst<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 RLRQ c A-3.001 [<em>Latmp<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Lsst<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a046, art\u00a01. Cette d\u00e9finition exclut certains repr\u00e9sentants de l\u2019employeur et dirigeants de l\u2019entreprise de ce dernier. N\u00e9anmoins, ces personnes jouissent de certains droits reconnus au travailleur (voir <em>ibid<\/em>, art\u00a011).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Latmp<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a047, art\u00a02. Cette d\u00e9finition exclut les personnes occupant les emplois de domestique, de ressource de type familial ou de ressource interm\u00e9diaire, de gardien, de sportif professionnel ou de dirigeant d\u2019une personne morale. Le domestique, la personne qui agit \u00e0 titre de ressource de type familial ou de ressource interm\u00e9diaire et le dirigeant, contrairement au gardien et au sportif professionnel, peuvent toutefois s\u2019inscrire \u00e0 la Commission de la sant\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 du travail pour b\u00e9n\u00e9ficier des protections qu\u2019offre la loi (voir <em>ibid<\/em>, art\u00a018).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a><strong> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Voir Fr\u00e9d\u00e9ric Antoine Tremblay et Guylaine Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Champ d\u2019application personnel et port\u00e9e territoriale<strong>\u00a0<\/strong>\u00bb dans Katherine Lippel et Guylaine Vall\u00e9e, dir, <em>Sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 du travail<\/em>, JurisClasseur Qu\u00e9bec, coll \u00ab\u00a0Droit du travail\u00a0\u00bb, Montr\u00e9al, LexisNexis, 2009 (feuilles mobiles mise \u00e0 jour\u00a010), vol\u00a02, fasc\u00a02 aux para\u00a04,\u00a017; Katherine Lippel, \u00ab\u00a0Le travail atypique et la l\u00e9gislation en mati\u00e8re de sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 du travail\u00a0\u00bb dans Service de la formation permanente, Barreau du Qu\u00e9bec, dir, <em>D\u00e9veloppements r\u00e9cents en droit de la sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 du travail<\/em> <em>(2004)<\/em>, vol\u00a0201, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02004,\u00a0307 \u00e0 la p\u00a0313.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Sur l\u2019interpr\u00e9tation de la notion de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb dans la <em>Latmp<\/em>, voir Agropur, Coop\u00e9rative (division Natrel) <em>c<\/em> Rancourt,\u00a02010 QCCA\u00a0749 (disponible sur CanLII) [<em>Agropur<\/em>]. Sur l\u2019interpr\u00e9tation des notions d\u2019\u00ab\u00a0employeur\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0travailleur\u00a0\u00bb dans la <em>Lsst<\/em>, voir <em>Qu\u00e9bec (Commission de la sant\u00e9 et de la s\u00e9curit\u00e9 du travail) c Sobeys Qu\u00e9bec Inc<\/em>,<em>\u00a0<\/em>2012 QCCA\u00a01329 (disponible sur CanLII), autorisation de pourvoi \u00e0 la CSC refus\u00e9e, 34989 (20 d\u00e9cembre 2012) [<em>Sobeys<\/em>]; <em>Dionne<\/em> <em>c<\/em> <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em>,\u00a02014 CSC\u00a033, [2014]\u00a01 RCS\u00a0765 [<em>Commission scolaire des Patriotes<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Agropur, supra note\u00a051 aux para\u00a018-19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Commission scolaire des Patriotes<\/em>, supra note\u00a051 au para\u00a037.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a032.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a037.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 RLRQ c D-2 [<em>Ldcc<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em>, art\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em>, art\u00a01(j).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a084. Les auteurs r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 l\u2019affaire <em>Entreprises\u00a0MD de Chicoutimi inc c Tremblay<\/em>, [1990] RJQ\u00a01533 \u00e0 la p\u00a01535 (disponible sur CanLII) (CA). Dans cette d\u00e9cision, relative au d\u00e9cret de la construction et \u00e0 la <em>Loi sur les relations de travail dans l\u2019industrie de la construction<\/em> (LRQ c\u00a0R-27, telle que cit\u00e9e dans la d\u00e9cision), la Cour d\u2019appel indique que<\/p>\n<p>[l]\u2019exigibilit\u00e9 du salaire et l\u2019application du d\u00e9cret ne d\u00e9pendent pas de la conclusion d\u2019un contrat individuel de travail valide et conforme \u00e0 la loi. Elles reposent sur un crit\u00e8re d\u2019assujettissement objectif, soit l\u2019ex\u00e9cution du travail vis\u00e9 par le d\u00e9cret dans la classification en cause (<em>ibid<\/em>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 9141-6669 Qu\u00e9bec inc c Comit\u00e9 conjoint des mat\u00e9riaux de construction<\/em>,\u00a02013 QCCA\u00a0337 au para\u00a018 (disponible sur CanLII) [<em>Comit\u00e9 conjoint des mat\u00e9riaux de construction<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Jobin, <em>supra<\/em> note\u00a044 aux para\u00a0141-43.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Pierre Verge, \u00ab\u00a0Vision d\u2019une r\u00e9vision du Code du travail\u00a0\u00bb (1979)\u00a020:4 C de D\u00a0901 \u00e0 la p\u00a0906.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 I<\/em><em>bid<\/em>. Voir aussi Pierre Verge, \u00ab\u00a0Une codification du droit r\u00e9gissant le travail au Qu\u00e9bec\u00a0: un objectif \u00e0 poursuivre?\u00a0\u00bb (2005)\u00a046:1 C de D\u00a077.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Code du travail<\/em>, en ligne\u00a0: &lt;www.legifrance.gouv.fr\/affichCode.do?cidTexte=<br \/>\nLEGITEXT000006072050&amp;dateTexte=20130710&gt; [<em>C trav f<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les dispositions l\u00e9gislatives sont identifi\u00e9es par la lettre \u00ab\u00a0L\u00a0\u00bb et celles de nature r\u00e8glementaire par les lettres \u00ab\u00a0R\u00a0\u00bb (d\u00e9crets en Conseil d\u2019\u00c9tat) et \u00ab\u00a0D\u00a0\u00bb (simples d\u00e9crets).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L1221-1 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Jean P\u00e9lissier, Alain Supiot et Antoine Jeammaud, <em>Droit du travail<\/em>,\u00a024<sup>e<\/sup> \u00e9d, Paris, Dalloz,\u00a02008 \u00e0 la p\u00a0700.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a030.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Verge et Vall\u00e9e,<em> supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a076-77, 79; Verge,\u00a0\u00ab\u00a0R\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note\u00a010 aux pp\u00a0349-50,\u00a0352. Voir aussi Supiot,<em> Critique<\/em>,<em> supra <\/em>note\u00a01 aux pp\u00a027-28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Supiot,<em> Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a028.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 aux pp\u00a0699-703. Voir aussi Jeammaud, <em>supra <\/em>note\u00a027 aux pp\u00a0416-21.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 \u00e0 la p\u00a0699.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em>. Voir aussi Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a027 \u00e0 la p\u00a0416.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a027 aux pp\u00a0416-18. Voir aussi P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 \u00e0 la p\u00a0700.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Voir P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 aux pp\u00a0700-03; Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a027 aux pp\u00a0418-19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 \u00e0 la p\u00a0702.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid. <\/em>Comme l\u2019a \u00e9crit Verkindt, \u00ab\u00a0tout n\u2019est pas contractuel dans le contrat\u00a0\u00bb\u00a0(voir Pierre-Yves Verkindt, \u00ab\u00a0Le contrat de travail\u00a0: Mod\u00e8le ou anti-mod\u00e8le du droit civil des contrats?\u00a0\u00bb dans Christophe Jamin et Denis Mazeaud, dir, <em>La nouvelle crise du contrat<\/em>, Paris, Dalloz, 2003 aux pp\u00a0197-224, en particulier aux pp\u00a0213-19).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a030. Supiot pr\u00e9cise que<\/p>\n<p>[l]a cl\u00e9 de vo\u00fbte du droit du travail fran\u00e7ais demeure par exemple la notion d\u2019ordre public social, qui implique d\u2019une part une hi\u00e9rarchie des normes du travail, et d\u2019autre part un principe de faveur pour les salari\u00e9s, exclusif de toute d\u00e9rogation contractuelle <em>in pejus<\/em> aux r\u00e8gles l\u00e9gales (ordre public social) ou aux dispositions des conventions collectives (hi\u00e9rarchie des sources conventionnelles).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 aux pp\u00a0702-03.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>Supiot, <em>Critique<\/em>,<em> supra <\/em>note\u00a01 \u00e0 la p\u00a030.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cass Ass pl\u00e9n,\u00a04 mars\u00a01983, (1983) Bull civ\u00a0I,\u00a05, n<sup>o<\/sup>3, (1983)\u00a0DS Jur\u00a0381 \u00e0 la p\u00a0384 (Cabannes concurrent), comment\u00e9e dans Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a030-31.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref82\" name=\"_ftn82\">[82]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir notamment Verkindt, <em>supra<\/em> note\u00a077 aux pp\u00a0198-205. L\u2019auteur s\u2019interroge \u00ab\u00a0sur la possibilit\u00e9 et l\u2019opportunit\u00e9 de voir dans le contrat de travail un \u201cmod\u00e8le\u201d du droit civil des contrats\u00a0\u00bb; \u00e0 cet \u00e9gard, il \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>En effet, la soumission du contrat de travail au droit commun conduit la jurisprudence sociale et, parfois, le l\u00e9gislateur \u00e0 s\u2019approprier les concepts et m\u00e9canismes du droit des obligations. Cette appropriation ne va pas sans d\u00e9formations du fait m\u00eame d\u2019une subordination qui caract\u00e9rise le contrat de travail. En retour, le droit du contrat de travail \u00ab\u00a0r\u00e9exporte\u00a0\u00bb vers d\u2019autres champs contractuels \u00e0 la fois ses propres techniques et l\u2019usage qu\u2019il fait des m\u00e9canismes du droit civil des contrats. C\u2019est dans ce sens qu\u2019il le \u00ab\u00a0mod\u00e8le (<em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0199).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref83\" name=\"_ftn83\">[83]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux pp\u00a0199, 205.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref84\" name=\"_ftn84\">[84]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a0204-05. Voir aussi P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 \u00e0 la p\u00a0223\u00a0o\u00f9 les auteurs indiquent que la nullit\u00e9 du contrat de travail de l\u2019\u00e9tranger qui travaille sans permis est \u00ab\u00a0originale et op\u00e8re sans r\u00e9troactivit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref85\" name=\"_ftn85\">[85]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L8251-1 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref86\" name=\"_ftn86\">[86]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L8252-1 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref87\" name=\"_ftn87\">[87]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L8252-2 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref88\" name=\"_ftn88\">[88]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L8252-3 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref89\" name=\"_ftn89\">[89]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Art\u00a0L8252-4 <em>C trav f<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Supiot, <em>Critique<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 \u00e0 la p\u00a033.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous reprenons ici l\u2019expression utilis\u00e9e dans P\u00e9lissier, Supiot et Jeammaud, <em>supra<\/em> note\u00a067 aux pp\u00a0702-03. Voir aussi Jeammaud, <em>supra <\/em>note\u00a027 aux pp\u00a0419-20.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Hector Hugo Barbagelata, <em>Introduction aux institutions du droit du travail en Am\u00e9rique Latine<\/em>, Louvain, Presses Universitaires de Louvain,\u00a01980 \u00e0 la p\u00a093.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a093-94.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a094.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Mario de la Cueva, <em>Derecho mexicano del trabajo<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d, Mexico, Ediciones Porrua, 1943. Nous nous sommes permis de traduire certains extraits de cet ouvrage qui sont cit\u00e9s dans le corps du pr\u00e9sent texte.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On voit dans le texte du professeur de la Cueva des r\u00e9f\u00e9rences aux auteurs Erich Molitor et Georges Scelle (<em>ibid <\/em>aux pp\u00a0381-83).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ibid <\/em>aux pp\u00a0381-82. En faisant r\u00e9f\u00e9rence aux effets de l\u2019accord de volont\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9gard du travailleur et de l\u2019employeur, l\u2019auteur indique que le premier doit se mettre \u00e0 la disposition de son employeur pour que celui-ci utilise sa force de travail, tout en pr\u00e9cisant que l\u2019employeur doit permettre au travailleur de fournir le travail (<em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0382). L\u2019extrait se lit, en langue espagnole, comme suit :<\/p>\n<p><em>No debe deducirse de lo expuesto que el acuerdo de voluntades carezca de efectos<\/em> [&#8230;]<em> Esos efectos consisten, respecto del trabajador, en la obligaci\u00f3n de ponerse a disposici\u00f3n del patrono para que \u00e9ste utilice la fuerza de trabajo prometida y, tocante al patrono, en la obligaci\u00f3n de permitir al trabajador que desempe\u00f1e el empleo que se le hubiere prometido, a efecto de que pueda obtener las ventajas econ\u00f3micas pactadas en el contrato o consignadas en la ley. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a><em> Ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0383. L\u2019extrait de l\u2019ouvrage du professeur de la Cueva qui contient l\u2019\u00e9nonc\u00e9 traduit dans notre texte se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>La existencia de una relaci\u00f3n de trabajo depende, en consecuencia, no de lo que las partes hubieren pactado, sino de la situaci\u00f3n real en que el trabajador se encuentre colocado y es que, como dice Scelle, la aplicaci\u00f3n del derecho del trabajo depende cada vez menos de une relaci\u00f3n jur\u00eddica subjetiva, cuanto de una situaci\u00f3n objetiva, cuya existencia es independiente del acto que condiciona su nacimiento<\/em> [notes omises].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em> L\u2019auteur indique, en langue espagnole, ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>De donde resulta err\u00f3neo pretender juzgar la naturaleza de una relaci\u00f3n de acuerdo con lo que las partes hubieren pactado, ya que, si las estipulaciones consignadas en el contrato no corresponden a la realidad, carecer\u00e1n de todo valor. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a><em> Ibid<\/em>. L\u2019extrait traduit se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>En atenci\u00f3n a lo dicho es por lo que se ha denominado al contrato de trabajo, contrato-realidad, puesto que existe, no en el acuerdo abstracto de voluntades, sino en la realidad de la prestaci\u00f3n del servicio y que es \u00e9sta y non aqu\u00e9l acuerdo lo que determina su existencia.<\/em><\/p>\n<p>Le professeur de la Cueva indique, tout de suite apr\u00e8s, que cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e et les termes \u00ab\u00a0contrat-r\u00e9alit\u00e9\u00a0\u00bb ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s pour la premi\u00e8re fois par le Ministre de la Supr\u00eame Cour de Justice (\u00ab\u00a0<em>Ministro de la Suprema Corte de Justicia\u00a0<\/em>\u00bb), Alfredo I\u00f1\u00e1rritu, dans la cause\u00a0identifi\u00e9e comme suit dans son texte\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Competencia 133-36, suscitada entre la Junta Federal de Conciliaci\u00f3n y Arbitraje y el Juez D\u00e9cimo de lo Civil de la Ciudad de M\u00e9xico, para conocer de la reclamaci\u00f3n presentada por Jos\u00e9 Molina Hern\u00e1ndez contra la C\u00eda. Mexicana de Petr\u00f3leo El Aguila, S.A.\u00a0<\/em>\u00bb (<em>ibid<\/em>)<em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref103\" name=\"_ftn103\">[103]<\/a><em> Ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0393. Le texte traduit se lit, en langue espagnole, comme suit :<\/p>\n<p><em>El contrato de trabajo, en su acepci\u00f3n de relaci\u00f3n de trabajo, es un contrato-realidad, puesto que existe en las condiciones reales de prestaci\u00f3n de los servicios, independientemente de lo que se hubiere pactado, con la limitaci\u00f3n, que no est\u00e1 por dem\u00e1s hacer, de que esas condiciones no podr\u00e1n reducir los privilegios que se contengan en la ley, en el convenio o en el contrato colectivo.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref104\" name=\"_ftn104\">[104]<\/a> Am\u00e9rico Pl\u00e1 Rodriguez, <em>Los principios del derecho del trabajo<\/em>,\u00a02<sup>e<\/sup>\u00a0\u00e9d, Buenos Aires, Depalma,\u00a01978 aux pp\u00a0243-56. Nous nous sommes permis de traduire certains extraits de cet ouvrage qui sont cit\u00e9s dans le corps du pr\u00e9sent texte.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref105\" name=\"_ftn105\">[105]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux pp\u00a0243-45. Relativement \u00e0 cette premi\u00e8re id\u00e9e, le professeur Pl\u00e1 Rodriguez indique, \u00e0 la p\u00a0245, ce qui suit en langue espagnole :<\/p>\n<p><em>La primera es que para pretender la protecci\u00f3n del derecho del trabajo no basta el contrato, sino que se requiere la prestaci\u00f3n efectiva de la tarea, y que \u00e9sta determina aquella protecci\u00f3n aunque el contrato fuera nulo o no existiera. \u00c9sta es la idea b\u00e1sica encerrada en la noci\u00f3n de relaci\u00f3n de trabajo.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref106\" name=\"_ftn106\">[106]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref107\" name=\"_ftn107\">[107]<\/a><em> Ibid<\/em>. Pl\u00e1 Rodriguez indique, en langue espagnole, ce qui suit :<\/p>\n<p><em>Una segunda idea es la de que en materia laboral ha de prevalecer siempre la verdad de los hechos por encima de los acuerdos formales. Esta segunda significaci\u00f3n queda de manifiesto especialmente en la frase que considera \u201cerr\u00f3neo pretender juzgar la naturaleza de una relaci\u00f3n de acuerdo con lo que las partes hubieran pactado, ya que si las estipulaciones consignadas no corresponden a la realidad, carecer\u00e1n de todo valor\u201d.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019extrait du professeur de la Cueva repris par Pl\u00e1 Rodriguez se retrouve dans de la Cueva, <em>supra <\/em>note\u00a097 \u00e0 la p\u00a0383.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref108\" name=\"_ftn108\">[108]<\/a> Voir Pl\u00e1 Rodriguez, <em>supra<\/em> note\u00a0104 aux pp\u00a0245-46. Il est \u00e0 noter que Pl\u00e1 Rodriguez r\u00e9f\u00e8re dans son texte \u00e0 un bon nombre d\u2019auteurs qui ont abord\u00e9 le travail du professeur de la Cueva, plusieurs d\u2019entre eux d\u2019un point de vue critique (voir en particulier les pp\u00a0245-56 et les notes de bas de page\u00a0393-403).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref109\" name=\"_ftn109\">[109]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0253. L\u2019auteur \u00e9crit, en langue espagnole, que\u00a0: \u00ab\u00a0&#8230;<em>corresponde se\u00f1alar que los mismos autores que al exponer la teor\u00eda del contrato-realidad en su primer significado la criticaron, aceptan la idea encerrada en el segundo sentido \u2013que es de mucho mayor vigencia pr\u00e1ctica-&#8230;<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019auteur ajoute que m\u00eame les partisans \u00ab\u00a0les plus radicaux\u00a0\u00bb de la th\u00e8se contractuelle peuvent adh\u00e9rer au principe de la primaut\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 (<em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0259). Apr\u00e8s avoir reproduit certains commentaires de la doctrine, Pl\u00e1 Rodriguez indique, notamment, que de ceux-ci il ressort\u00a0\u00ab\u00a0&#8230;<em>que la afirmaci\u00f3n de este principio del predominio de los hechos la pueden hacer incluso los partidarios m\u00e1s radicales del criterio contractualista extremo&#8230;<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref110\" name=\"_ftn110\">[110]<\/a><em> Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0243. Voir aussi Verge et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux pp\u00a0161-64.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref111\" name=\"_ftn111\">[111]<\/a> Voir Barbagelata, <em>supra<\/em> note\u00a092 aux pp\u00a095-96.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref112\" name=\"_ftn112\">[112]<\/a><em> Ley Federal del Trabajo<\/em>, DOF,\u00a01<sup>er<\/sup> avril\u00a01970,\u00a03, en ligne: &lt;www.diputados.gob.mx\/<br \/>\nLeyesBiblio\/ref\/lft.htm&gt;.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref113\" name=\"_ftn113\">[113]<\/a> Barbagelata, <em>supra<\/em> note\u00a092 \u00e0 la p\u00a095.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref114\" name=\"_ftn114\">[114]<\/a> Voir Patricia Kurczyn Villalobos, \u00ab\u00a0El contrato laboral; decadencia o modificaci\u00f3n\u00a0\u00bb dans Patricia Kurczyn Villalobos et Carlos Alberto Puig Hern\u00e1ndez, dir, <em>Estudios jur\u00eddicos en homenaje al doctor N\u00e9stor de Buen Lozano<\/em>, Mexico, Universidad Nacional Aut\u00f3noma de M\u00e9xico,\u00a02003,\u00a0435 \u00e0 la p\u00a0450. L\u2019auteure souligne que la loi mexicaine accepte la th\u00e9orie relationniste d\u00e9velopp\u00e9e par de la Cueva et que tant le contrat que la relation de travail ont \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s par le l\u00e9gislateur, lequel a reconnu que les deux notions sont sources de droits et d\u2019obligations.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref115\" name=\"_ftn115\">[115]<\/a><em> Ley Federal del Trabajo<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0112, arts\u00a020-21. Notons que la <em>Ley federal de Trabajo<\/em> est une loi de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale adopt\u00e9e par le l\u00e9gislateur f\u00e9d\u00e9ral mexicain. Cette loi comporte dix-sept titres portant sur les principes g\u00e9n\u00e9raux, les rapports individuels du travail, les conditions du travail, les droits et les obligations des travailleurs et des employeurs, le travail des femmes, le travail des mineurs, les travaux sp\u00e9ciaux, les rapports collectifs du travail, les gr\u00e8ves, les risques du travail, la prescription, les autorit\u00e9s du travail et services sociaux, le personnel juridique des juntes de conciliation et d\u2019arbitrage, les repr\u00e9sentants des travailleurs et des employeurs, le droit de la proc\u00e9dure du travail, les proc\u00e9dures d\u2019ex\u00e9cution et les responsabilit\u00e9s et les sanctions. Les articles\u00a020 et 21 de la <em>Ley federal de Trabajo<\/em> se lisent, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art\u00edculo 20. Se entiende por relaci\u00f3n de trabajo, cualquiera que sea el acto que le d\u00e9 origen, la prestaci\u00f3n de un trabajo personal subordinado a una persona, mediante el pago de un salario. <\/em><\/p>\n<p><em>Contrato individual de trabajo, cualquiera que sea su forma o denominaci\u00f3n, es aquel por virtud del cual una persona se obliga a prestar a otra un trabajo personal subordinado, mediante el pago de un salario. <\/em><\/p>\n<p><em>La prestaci\u00f3n de un trabajo a que se refiere el p\u00e1rrafo primero y el contrato celebrado producen los mismos efectos.<\/em><\/p>\n<p><em>Art\u00edculo 21. Se presumen la existencia del contrato y de la relaci\u00f3n de trabajo entre el que presta un trabajo personal y el que lo recibe.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref116\" name=\"_ftn116\">[116]<\/a><em> Ley de Contrato de Trabajo<\/em> n<sup>o\u00a0<\/sup>20.744, BORA,\u00a027 septembre\u00a01974, en ligne: &lt;www.<br \/>\ninfoleg.gob.ar\/infolegInternet\/anexos\/25000-29999\/25552\/texact.htm&gt;. En Argentine, l\u2019adoption des lois du travail de fond, comme la<em> Ley de Contrato de Trabajo<\/em>, rel\u00e8ve du l\u00e9gislateur f\u00e9d\u00e9ral. La <em>Ley de Contrato de Trabajo<\/em> comporte quinze titres portant sur les sujets suivants\u00a0: dispositions g\u00e9n\u00e9rales, le contrat de travail en g\u00e9n\u00e9ral, les modalit\u00e9s du contrat de travail, la r\u00e9mun\u00e9ration du travailleur, le cong\u00e9 annuel et autres cong\u00e9s, les jours f\u00e9ri\u00e9s, le travail des femmes, la prohibition du travail des enfants et la protection du travail des adolescents, la dur\u00e9e du travail et le repos hebdomadaire, la suspension de certains effets du contrat de travail, le transfert du contrat de travail, l\u2019extinction du contrat de travail, la prescription et la d\u00e9ch\u00e9ance, les privil\u00e8ges et dispositions compl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref117\" name=\"_ftn117\">[117]<\/a> Voir Barbagelata, <em>supra<\/em> note\u00a092 aux pp\u00a096, 107. Notons que certains num\u00e9ros d\u2019articles de loi mentionn\u00e9s par l\u2019auteur diff\u00e8rent de ceux de la loi actuelle.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref118\" name=\"_ftn118\">[118]<\/a> En vertu de cet article, le contrat du travail et la relation de travail sont r\u00e9gis par des sources multiples (voir <em>Ley de Contrato de Trabajo<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a0116, art\u00a01). Cet article se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 1\u00b0 \u2014 Fuentes de regulaci\u00f3n.<\/em><\/p>\n<p><em>El contrato de trabajo y la relaci\u00f3n de trabajo se rige :<\/em><\/p>\n<ol>\n<li><em>a) Por esta ley. <\/em><\/li>\n<li><em>b) Por las leyes y estatutos profesionales. <\/em><\/li>\n<li><em>c) Por las convenciones colectivas o laudos con fuerza de tales.<\/em><\/li>\n<li><em>d) Por la voluntad de las partes. <\/em><\/li>\n<li><em>e) Por los usos y costumbres.<\/em><\/li>\n<\/ol>\n<p><a href=\"#_ftnref119\" name=\"_ftn119\">[119]<\/a><em> Ibid<\/em>, art\u00a021, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 21. \u2014 Contrato de trabajo.<\/em><\/p>\n<p><em>Habr\u00e1 contrato de trabajo, cualquiera sea su forma o denominaci\u00f3n, siempre que una persona f\u00edsica se obligue a realizar actos, ejecutar obras o prestar servicios en favor de la otra y bajo la dependencia de \u00e9sta, durante un per\u00edodo determinado o indeterminado de tiempo, mediante el pago de una remuneraci\u00f3n. Sus cl\u00e1usulas, en cuanto a la forma y condiciones de la prestaci\u00f3n, quedan sometidas a las disposiciones de orden p\u00fablico, los estatutos, las convenciones colectivas o los laudos con fuerza de tales y los usos y costumbres. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref120\" name=\"_ftn120\">[120]<\/a><em> Ibid<\/em>, art\u00a022, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 22. \u2014 Relaci\u00f3n de trabajo.<\/em><\/p>\n<p><em>Habr\u00e1 <\/em><em>relaci\u00f3n de trabajo cuando una persona realice actos, ejecute obras o preste servicio en favor de otra, bajo la dependencia de \u00e9sta en forma voluntaria y mediante el pago de una remuneraci\u00f3n, cualquiera sea el acto que le d\u00e9 origen.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref121\" name=\"_ftn121\">[121]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a023, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 23. \u2014 Presunci\u00f3n de la existencia del contrato de trabajo.<\/em><\/p>\n<p><em>El hecho de la prestaci\u00f3n de servicios hace presumir la existencia de un contrato de trabajo, salvo que por las circunstancias, las relaciones o causas que lo motiven se demostrase lo contrario.<\/em><\/p>\n<p><em>Esa presunci\u00f3n operar\u00e1 igualmente a\u00fan cuando se utilicen figuras no laborales, para caracterizar al contrato, y en tanto que por las circunstancias no sea dado calificar de empresario a quien presta el servicio.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref122\" name=\"_ftn122\">[122]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a024, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 24. \u2014 Efectos del contrato sin relaci\u00f3n de trabajo.<\/em><\/p>\n<p><em>Los efectos del incumplimiento de un contrato de trabajo, antes de iniciarse la efectiva prestaci\u00f3n de los servicios, se juzgar\u00e1n por las disposiciones del derecho com\u00fan, salvo lo que expresamente se dispusiera en esta ley.<\/em><\/p>\n<p><em>Dicho incumplimiento dar\u00e1 lugar a una indemnizaci\u00f3n que no podr\u00e1 ser inferior al importe de un (1) mes de la remuneraci\u00f3n que se hubiere convenido, o la que resulte de la aplicaci\u00f3n de la convenci\u00f3n colectiva de trabajo correspondiente.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref123\" name=\"_ftn123\">[123]<\/a> Voir Barbagelata, <em>supra<\/em> note\u00a092 \u00e0 la p\u00a096. Voir aussi <em>Ley de Contrato de Trabajo<\/em>,<em> supra <\/em>note\u00a0116, art\u00a024<em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref124\" name=\"_ftn124\">[124]<\/a> Voir Barbagelata,<em> supra<\/em> note\u00a092 \u00e0 la p\u00a0107.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref125\" name=\"_ftn125\">[125]<\/a> Voir <em>Ley de Contrato de Trabajo<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a0116, art\u00a038. L\u2019article se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 38. \u2014Servicios excluidos.<\/em><\/p>\n<p><em>No podr\u00e1 ser objeto del contrato de trabajo la prestaci\u00f3n de servicios il\u00edcitos o prohibidos.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref126\" name=\"_ftn126\">[126]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a044, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit :<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref127\" name=\"_ftn127\"><\/a><em>Art. 44. \u2014Nulidad por ilicitud o prohibici\u00f3n. <\/em><em>Su declaraci\u00f3n.<\/em><\/p>\n<p><em>La nulidad del contrato por ilicitud o prohibici\u00f3n de su objeto tendr\u00e1 las consecuencias asignadas en los art\u00edculos 41 y 42 de esta ley y deber\u00e1 ser declarada por los jueces, aun sin mediar petici\u00f3n de parte. La autoridad administrativa, en los l\u00edmites de su competencia, mandar\u00e1 cesar los actos que lleven aparejados tales vicios.<\/em><\/p>\n<p>[127] Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a041, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit :<\/p>\n<p><em>Art. 41. \u2014Nulidad del contrato de objeto il\u00edcito.<\/em><\/p>\n<p><em>El contrato de objeto il\u00edcito no produce consecuencias entre las partes que se deriven de esta ley.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref128\" name=\"_ftn128\">[128]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a042, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit :<\/p>\n<p><em>Art. 42. \u2014Nulidad del contrato de objeto prohibido. <\/em><em>Inoponibilidad al trabajador.<\/em><\/p>\n<p><em>El contrato de objeto prohibido no afectar\u00e1 el derecho del trabajador a percibir las remuneraciones o indemnizaciones que se deriven de su extinci\u00f3n por tal causa, conforme a las normas de esta ley y a las previstas en los estatutos profesionales y las convenciones colectivas de trabajo.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref129\" name=\"_ftn129\">[129]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a039, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 39. \u2014Trabajo il\u00edcito.<\/em><\/p>\n<p><em>Se considerar\u00e1 il\u00edcito el objeto cuando el mismo fuese contrario a la moral y a las buenas costumbres pero no se considerar\u00e1 tal si, por las leyes, las ordenanzas municipales o los reglamentos de polic\u00eda se consintiera, tolerara o regulara a trav\u00e9s de los mismos.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref130\" name=\"_ftn130\">[130]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, art\u00a040, lequel se lit, en langue espagnole, comme suit\u00a0:<\/p>\n<p><em>Art. 40. \u2014Trabajo prohibido.<\/em><\/p>\n<p><em>Se considerar\u00e1 prohibido el objeto cuando las normas legales o reglamentarias hubieren vedado el empleo de determinadas personas o en determinadas tareas, \u00e9pocas o condiciones. <\/em><\/p>\n<p><em>La prohibici\u00f3n del objeto del contrato est\u00e1 siempre dirigida al empleador.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref131\" name=\"_ftn131\">[131]<\/a> La th\u00e9orie de la relation de travail est en effet plus favorable \u00e0 l\u2019application du droit du travail que la th\u00e8se contractuelle lorsque des questions reli\u00e9es \u00e0 la nullit\u00e9 du contrat de travail sont en cause. Dans un contexte o\u00f9 le rapport de travail vis\u00e9 par la loi est celui fond\u00e9 sur le contrat de travail, la nullit\u00e9 de ce dernier entra\u00eenera comme cons\u00e9quence la non-application de cette l\u00e9gislation puisque le contrat nul ne produit pas d\u2019effets juridiques, sauf disposition expresse contraire de la loi \u00e0 cet effet. On a vu que le droit fran\u00e7ais a choisi la solution contractuelle et que, dans ce cadre, le l\u00e9gislateur a pr\u00e9vu des dispositions sp\u00e9cifiques qui font exception aux r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales en mati\u00e8re de nullit\u00e9, ce qui permet d\u2019assurer que la finalit\u00e9 de protection du droit du travail soit remplie. Voir ci-dessus le texte correspondant aux notes\u00a084-89.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref132\" name=\"_ftn132\">[132]<\/a> Verge, Trudeau et Vall\u00e9e, <em>supra<\/em> note\u00a07 aux pp\u00a063-64.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref133\" name=\"_ftn133\">[133]<\/a> Voir Guylaine Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre la relation de travail dans des mod\u00e8les organisationnels complexes\u00a0: une question de m\u00e9thode?\u00a0\u00bb (2008)\u00a042:3 RJT\u00a0519 [Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref134\" name=\"_ftn134\">[134]<\/a> Voir \u00e0 cet \u00e9gard l\u2019analyse de l\u2019arr\u00eat <em>Charron c Drolet<\/em>,\u00a02005 QCCA\u00a0430, [2005] RJQ\u00a04741 dans Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note\u00a0133 aux pp\u00a0521-24.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref135\" name=\"_ftn135\">[135]<\/a> Voir Fernand Morin, <em>L\u2019\u00e9laboration du droit de l\u2019emploi du Qu\u00e9bec\u00a0: Ses sources l\u00e9gislatives et judiciaires<\/em>, Montr\u00e9al, Wilson &amp; Lafleur,\u00a02011 \u00e0 la p\u00a080. En tenant compte de la fonction de la d\u00e9finition du \u00ab\u00a0salari\u00e9\u00a0\u00bb qui sert \u00ab\u00a0de cl\u00e9 d\u2019acc\u00e8s ou de moyen de rattachement de cette personne au corpus juridique du droit de l\u2019emploi\u00a0\u00bb, Morin propose de \u00ab\u00a0retenir les principes de r\u00e9alit\u00e9 et de solidarit\u00e9\u00a0\u00bb en ces termes\u00a0:<\/p>\n<p>Le principe de r\u00e9alit\u00e9 consisterait \u00e0 prendre acte de l\u2019organisation de production dans l\u2019\u00e9tude de la r\u00e9elle cha\u00eene des titres afin de distinguer le vrai du faux, de l\u2019apparent plus formel que r\u00e9el. De plus, les tribunaux sp\u00e9cialis\u00e9s disposeraient de la comp\u00e9tence juridictionnelle n\u00e9cessaire pour proc\u00e9der \u00e0 la qualification des personnes \u00e0 titre de salari\u00e9 ou d\u2019employeur aux fins de leur champ principal. Du m\u00eame coup, nous \u00e9tablirions un lien fonctionnel entre le <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em> et les lois de l\u2019emploi. Pour fins de coh\u00e9rence, de stabilit\u00e9 et de pr\u00e9visibilit\u00e9 du droit, il nous appara\u00eet toujours essentiel de retenir une approche assurant une interd\u00e9pendance et une compl\u00e9mentarit\u00e9 harmonieuse des r\u00e8gles de droit provenant de diverses sources et ce, en fonction de l\u2019ordre hi\u00e9rarchique constitutionnel.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref136\" name=\"_ftn136\">[136]<\/a><em> Supra<\/em> note\u00a05.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref137\" name=\"_ftn137\">[137]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0431 (Recommandation\u00a01) et aux pp\u00a0428-31, ainsi qu\u2019aux pp\u00a0433-45 (Recommandations\u00a04, 5, 6, 7 et 8).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref138\" name=\"_ftn138\">[138]<\/a> <em>Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0431 (Recommandation\u00a01) et aux pp\u00a0426-29.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref139\" name=\"_ftn139\">[139]<\/a> Voir Fudge, Tucker et Vosko, <em>supra<\/em> note 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref140\" name=\"_ftn140\">[140]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0144.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref141\" name=\"_ftn141\">[141]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref142\" name=\"_ftn142\">[142]<\/a><em> Comit\u00e9 conjoint des mat\u00e9riaux de construction<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a060 au para\u00a018.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref143\" name=\"_ftn143\">[143]<\/a> Sur les transformations dans le monde du travail et dans l\u2019entreprise, voir Pierre Verge, \u00ab\u00a0L\u2019adaptation du droit du travail \u00e0 la \u201cnouvelle entreprise\u201d\u00a0\u00bb dans Jean Bernier et al, dir, <em>L\u2019incessante \u00e9volution des formes d\u2019emploi et la redoutable stagnation des lois du travail<\/em>, Sainte-Foy (Qc), Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval,\u00a02001,\u00a021; Verge, \u00ab\u00a0Recomposition\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a05.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref144\" name=\"_ftn144\">[144]<\/a> Voir la partie\u00a0I.A.1., ci-dessus.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref145\" name=\"_ftn145\">[145]<\/a> Dans certains cas, le caract\u00e8re d\u2019ordre public est explicitement pr\u00e9vu dans la loi (voir <em>Lnt<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a036, arts\u00a093-94; <em>Latmp<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a047, art\u00a04; <em>Lsst<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a046, art\u00a04; <em>L\u00e9s<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a037, art\u00a02; <em>Ldcc<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a056, art\u00a011 (s\u2019agissant de la <em>Ldcc<\/em>, le d\u00e9cret est d\u2019ordre public)). En ce qui concerne la <em>Lnt<\/em>, voir aussi<em> Syndicat de la fonction publique du Qu\u00e9bec c Qu\u00e9bec (PG)<\/em>,\u00a02010 CSC\u00a028, [2010]\u00a02 RCS\u00a061. Relativement au <em>Ct<\/em>, qui ne comporte aucune disposition explicite \u00e0 cet effet, voir Louise Otis, \u00ab\u00a0L\u2019ordre public dans les relations de travail\u00a0\u00bb (1999)\u00a040:2 C de D\u00a0381 aux pp\u00a0395\u201396; Guylaine Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Lois du travail (objet, effet, m\u00e9canismes d\u2019application) et droit commun\u00a0\u00bb dans Guylaine Vall\u00e9e et Katherine Lippel, dir, <em>Rapports individuels et collectifs du travail<\/em>, JurisClasseur Qu\u00e9bec, coll \u00ab\u00a0Droit du travail\u00a0\u00bb, Montr\u00e9al, LexisNexis,\u00a02009 (feuilles mobiles mise \u00e0 jour\u00a010), vol\u00a01, fasc\u00a02 aux para\u00a031\u201332. Voir aussi <em>Isidore Garon<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a035 au para\u00a0155 o\u00f9 le juge LeBel, dissident, r\u00e9f\u00e8re au caract\u00e8re d\u2019ordre public des articles\u00a0100\u201302<em>\u00a0Ct<\/em> sur l\u2019arbitrage de griefs, lequel d\u00e9coule de l\u2019art\u00a0100, al 3\u00a0<em>Ct<\/em>. Il qualifie \u00e9galement d\u2019ordre public les arts\u00a047, 47.2, 63\u00a0<em>Ct.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref146\" name=\"_ftn146\">[146]<\/a> Voir <em>Loi d\u2019interpr\u00e9tation<\/em>, RLRQ c I-16, art\u00a041.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref147\" name=\"_ftn147\">[147]<\/a> Sur la notion de travail atypique, voir Rapport Bernier, <em>supra<\/em> note\u00a05, notamment aux pp\u00a026, 31\u201337; Lippel, <em>supra<\/em> note\u00a050 aux pp\u00a0311\u201312. Rappelons que nous nous concentrons dans notre texte sur des d\u00e9cisions r\u00e9centes qui portent sur certaines formes de travail atypique, notre objectif n\u2019\u00e9tant pas d\u2019\u00e9tudier de fa\u00e7on exhaustive la jurisprudence sur toutes ces formes d\u2019emploi. Nous avons choisi, notamment, de ne pas aborder la situation des travailleurs sans permis de travail dans le pr\u00e9sent texte. Voir \u00e0 ce sujet St\u00e9phanie Bernstein, \u00ab\u00a0Au carrefour des ordres publics\u00a0: l\u2019application des lois du travail aux travailleuses et travailleurs ne d\u00e9tenant pas de permis de travail valide en vertu de la <em>Loi sur l\u2019immigration et la protection des r\u00e9fugi\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb dans Service de la formation continue, Barreau du Qu\u00e9bec, <em>D\u00e9veloppements r\u00e9cents en droit du travail (2009)<\/em>, vol\u00a0310, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02009,\u00a0237; Annie Gagnon, \u00ab\u00a0Les travailleurs \u00e9trangers et la L.A.T.M.P.\u00a0\u00bb dans Service de la formation continue, Barreau du Qu\u00e9bec, <em>D\u00e9veloppements r\u00e9cents en droit de la sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 au travail<\/em>, vol\u00a0346, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02012, 1; Tremblay et Vall\u00e9e, <em>supra <\/em>note\u00a050 aux para\u00a093-94; Lippel, <em>supra<\/em> note\u00a050 aux pp\u00a0330-31.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref148\" name=\"_ftn148\">[148]<\/a> Voir Rapport Bernier, <em>supra<\/em> note\u00a05; Fudge, Tucker et Vosko, <em>supra<\/em> note 5; Rapport Supiot, <em>supra<\/em> note\u00a05.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref149\" name=\"_ftn149\">[149]<\/a> 2012 QCCA\u00a0429 (disponible sur CanLII) [<em>Commission scolaire crie<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref150\" name=\"_ftn150\">[150]<\/a><em> Supra<\/em> note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref151\" name=\"_ftn151\">[151]<\/a> Il s\u2019agit de la <em>Loi sur l\u2019instruction publique pour les autochtones cris, inuit et naskapis<\/em>, RLRQ c I-14 [<em>Lipac<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref152\" name=\"_ftn152\">[152]<\/a><em> Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref153\" name=\"_ftn153\">[153]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>, arts\u00a0200\u201301<em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref154\" name=\"_ftn154\">[154]<\/a> 1999 CanLII\u00a013643 (QC CA), [1999] JQ n<sup>o<\/sup>\u00a0223 [<em>Commission scolaire crie\u00a01999<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref155\" name=\"_ftn155\">[155]<\/a> Voir arts 1385, 1414, 1416-18, 1421 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref156\" name=\"_ftn156\">[156]<\/a><em> Commission scolaire crie 1999<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0154 \u00e0 la p\u00a022.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref157\" name=\"_ftn157\">[157]<\/a> 2002 CanLII\u00a041150 (QC CA), [2002] JQ n<sup>o<\/sup>\u00a02122 [<em>Commission scolaire Kativik<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref158\" name=\"_ftn158\">[158]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para\u00a07.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref159\" name=\"_ftn159\">[159]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> au para\u00a056.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref160\" name=\"_ftn160\">[160]<\/a><em> Commission scolaire crie<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0149 au para\u00a032. Voir aussi para\u00a034-36.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref161\" name=\"_ftn161\">[161]<\/a><em> Ibid <\/em>au para\u00a033.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref162\" name=\"_ftn162\">[162]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a034-36.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref163\" name=\"_ftn163\">[163]<\/a> Voir <em>supra<\/em> note\u00a046, arts\u00a040-48.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref164\" name=\"_ftn164\">[164]<\/a> Voir art\u00a02085 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref165\" name=\"_ftn165\">[165]<\/a> Voir <em>Commission scolaire des Patriotes<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a051 au para\u00a07.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref166\" name=\"_ftn166\">[166]<\/a> Voir <em>Commission scolaire des Patriotes c Dionne<\/em>, 2008\u00a0QCCLP\u00a03215 [<em>Commission scolaire des Patriotes<\/em> CLP].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref167\" name=\"_ftn167\">[167]<\/a> Voir la note\u00a048 et le texte correspondant, ci-dessus.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref168\" name=\"_ftn168\">[168]<\/a> \u00ab\u00a0Le contrat de travail est celui par lequel une personne, le salari\u00e9, s\u2019oblige, pour un temps limit\u00e9 et moyennant r\u00e9mun\u00e9ration, \u00e0 effectuer un travail sous la direction ou le contr\u00f4le d\u2019une autre personne, l\u2019employeur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref169\" name=\"_ftn169\">[169]<\/a><em> Commission scolaire des Patriotes<\/em> CLP,<em> supra<\/em> note\u00a0166 au para\u00a037.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref170\" name=\"_ftn170\">[170]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref171\" name=\"_ftn171\">[171]<\/a><em> Dionne c Commission scolaire des Patriotes<\/em>,\u00a02012\u00a0QCCA\u00a0609 au para\u00a0105 (disponible sur CanLII) [<em>Commission scolaire des Patriotes<\/em> CA].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref172\" name=\"_ftn172\">[172]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a0106.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref173\" name=\"_ftn173\">[173]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a0109.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref174\" name=\"_ftn174\">[174]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a017-19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref175\" name=\"_ftn175\">[175]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a027-29.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref176\" name=\"_ftn176\">[176]<\/a><em> Commission scolaire des Patriotes<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a051 au para\u00a023.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref177\" name=\"_ftn177\">[177]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a022.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref178\" name=\"_ftn178\">[178]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a05.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref179\" name=\"_ftn179\">[179]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a027,\u00a030.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref180\" name=\"_ftn180\">[180]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a028.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref181\" name=\"_ftn181\">[181]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a032.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref182\" name=\"_ftn182\">[182]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref183\" name=\"_ftn183\">[183]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a037-38.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref184\" name=\"_ftn184\">[184]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a040.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref185\" name=\"_ftn185\">[185]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a045.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref186\" name=\"_ftn186\">[186]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a037.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref187\" name=\"_ftn187\">[187]<\/a> 2015 QCCLP\u00a0695.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref188\" name=\"_ftn188\">[188]<\/a> La CLP a notamment fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la jurisprudence de la CLP relative \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019un danger comme condition pour avoir droit aux b\u00e9n\u00e9fices de la <em>Lsst<\/em>, aspect qui ne sera pas objet d\u2019analyse dans notre texte (voir <em>ibid <\/em>aux para\u00a033-34).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref189\" name=\"_ftn189\">[189]<\/a><em> Ibid <\/em>aux para\u00a023\u201324.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref190\" name=\"_ftn190\">[190]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a032.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref191\" name=\"_ftn191\">[191]<\/a><em> Commission scolaire des Patriotes<\/em> CA, <em>supra<\/em> note\u00a0171 au para\u00a041.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref192\" name=\"_ftn192\">[192]<\/a> 2010 QCCA\u00a01874, [2010]\u00a0RJQ\u00a02176, autorisation de pourvoi \u00e0 la CSC refus\u00e9e, 33985 (21 avril 2011) [<em>Syndicat de Champlain<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref193\" name=\"_ftn193\">[193]<\/a> L\u2019arr\u00eat <em>Syndicat de Champlain<\/em> fait toujours autorit\u00e9, comme le rappelle la Cour d\u2019appel dans un arr\u00eat post\u00e9rieur\u00a0: <em>Syndicat de l\u2019enseignement de Champlain (SEC) c Commission scolaire des Patriotes (CSP)<\/em>,\u00a02013 QCCA\u00a01471 aux para\u00a032-41 (disponible sur CanLII).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref194\" name=\"_ftn194\">[194]<\/a><em> Syndicat de Champlain<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a0192 aux para\u00a026-27.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref195\" name=\"_ftn195\">[195]<\/a> 2010 QCCRT\u00a0589 (disponible sur CanLII) [<em>Paquin<\/em> CRT].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref196\" name=\"_ftn196\">[196]<\/a> Voir <em>Paquin c Commission des relations du travail<\/em>,\u00a02011 QCCS\u00a06802 (disponible sur CanLII) [<em>Paquin<\/em> CS].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref197\" name=\"_ftn197\">[197]<\/a> Voir <em>Paquin c Services financiers Groupe Investors inc<\/em>,\u00a02012 QCCA\u00a037 (disponible sur CanLII) [<em>Paquin<\/em> CA].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref198\" name=\"_ftn198\">[198]<\/a> Voir <em>Lnt<\/em>,<em> supra <\/em>note\u00a036, arts\u00a0123.6, 124.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref199\" name=\"_ftn199\">[199]<\/a> Voir <em>Paquin<\/em> CRT, <em>supra<\/em> note\u00a0195 au para\u00a0142.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref200\" name=\"_ftn200\">[200]<\/a> Et ce, m\u00eame si le l\u00e9gislateur fait r\u00e9f\u00e9rence au contrat et au contrat de travail dans d\u2019autres dispositions de la loi (voir <em>supra<\/em> note\u00a038).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref201\" name=\"_ftn201\">[201]<\/a> 2009 QCCA\u00a0611, [2009] RJQ\u00a0924 [<em>Dicom<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref202\" name=\"_ftn202\">[202]<\/a> Voir <em>Paquin<\/em> CS, <em>supra<\/em> note\u00a0196.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref203\" name=\"_ftn203\">[203]<\/a> Voir <em>Paquin<\/em> CA, <em>supra<\/em> note\u00a0197.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref204\" name=\"_ftn204\">[204]<\/a><em> Ibid<\/em> aux para\u00a016-17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref205\" name=\"_ftn205\">[205]<\/a> Voir Luc Deshaies et Jos\u00e9e Gervais, <strong>\u00ab\u00a0<\/strong>Contrat de travail ou contrat de service\u00a0: o\u00f9 se situe l\u2019\u201cautonomie\u201d du travailleur autonome?\u00a0\u00bb dans Service de la formation continue du Barreau du Qu\u00e9bec, <em>D\u00e9veloppements r\u00e9cents en droit du travail<\/em>, vol\u00a0348, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02012,\u00a0103 \u00e0 la p\u00a0124.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref206\" name=\"_ftn206\">[206]<\/a><em> I<\/em><em>bid<\/em> \u00e0 la p\u00a0107.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref207\" name=\"_ftn207\">[207]<\/a> Voir la partie\u00a0I.A.1., ci-dessus.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref208\" name=\"_ftn208\">[208]<\/a> <em>Supra<\/em> note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref209\" name=\"_ftn209\">[209]<\/a> Voir notamment <em>Agropur<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a051; <em>Sobeys<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a051; <em>Commission scolaire crie<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0149.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref210\" name=\"_ftn210\">[210]<\/a> Voir <em>Paquin<\/em> CRT, <em>supra<\/em> note\u00a0195 au para\u00a087.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref211\" name=\"_ftn211\">[211]<\/a><em> Ibid <\/em>aux para\u00a090-91.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref212\" name=\"_ftn212\">[212]<\/a> Voir notamment <em>Les P\u00e9troles Inc et Les p\u00e9troles Irving Inc c Le Syndicat international des travailleurs des industries p\u00e9troli\u00e8res, chimiques et atomiques, locaux\u00a09-700,\u00a09-701,\u00a09-702,\u00a09-703,\u00a09-704<\/em>, [1979] TT\u00a0209; <em>Gaston Breton Inc c L\u2019Union des routiers, brasseries, liqueurs douces et ouvriers de diverses industries, local\u00a01999<\/em>, [1980] TT\u00a0471 [<em>Gaston Breton Inc<\/em>];<em> Syndicat de la fonction publique du Qu\u00e9bec c Syndicat canadien de la fonction publique, section locale\u00a01573<\/em>, [1997] TT\u00a0588, AZ-97147083 (Azimut).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref213\" name=\"_ftn213\">[213]<\/a> <em>Supra<\/em> note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref214\" name=\"_ftn214\">[214]<\/a> <em>Supra<\/em> note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref215\" name=\"_ftn215\">[215]<\/a> Rappelons que la d\u00e9finition du statut de salari\u00e9 au sens de la <em>Lnt<\/em> comporte, outre une d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale, des crit\u00e8res cumulatifs, mentionn\u00e9s dans la <em>Lnt<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a036, art\u00a01(10)(i)\u2013(iii), qui viennent en \u00e9largir la port\u00e9e pour comprendre des personnes qui, en plus de \u00ab\u00a0s\u2019oblige[r] envers une personne \u00e0 ex\u00e9cuter un travail d\u00e9termin\u00e9 dans le cadre et selon les m\u00e9thodes et les moyens que cette personne d\u00e9termine\u00a0\u00bb (i), s\u2019obligent \u00e0 fournir leurs \u00e9quipements et mat\u00e9riaux (ii) et conservent, \u00e0 titre de r\u00e9mun\u00e9ration, une somme couvrant le prix de leur travail et les frais d\u2019ex\u00e9cution du contrat (iii). Pour certains auteurs, cette \u00ab\u00a0d\u00e9finition \u00e9largie\u00a0\u00bb a pour effet de clarifier une \u00ab\u00a0parcelle\u00a0\u00bb seulement de la \u00ab\u00a0zone grise\u00a0\u00bb compos\u00e9e de personnes dont le travail s\u2019apparente, pour certains aspects, au salariat et, pour d\u2019autres, \u00e0 l\u2019entrepreneuriat. La port\u00e9e r\u00e9elle de cet \u00e9largissement serait limit\u00e9e puisque celui-ci \u00ab\u00a0ne remet pas en cause les \u00e9l\u00e9ments fondamentaux du contrat de travail\u00a0\u00bb, en particulier le sous-paragraphe qui renvoie \u00e0 un lien de subordination (i) (voir Jobin, <em>supra<\/em> note\u00a044 au para\u00a0157). Pour d\u2019autres, il s\u2019agit d\u2019un \u00e9largissement v\u00e9ritable, puisqu\u2019\u00ab\u00a0[u]ne personne pourrait [&#8230;] se voir reconna\u00eetre le statut de salari\u00e9 en vertu de la <a href=\"http:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/legis\/lois\/rlrq-c-n-1.1\/derniere\/rlrq-c-n-1.1.html\"><em>Loi sur les normes du travail<\/em><\/a> sans qu\u2019un tribunal civil ne puisse conclure \u00e0 l\u2019existence d\u2019un contrat de travail au sens de l\u2019<a href=\"http:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/legis\/lois\/rlrq-c-c-1991\/derniere\/rlrq-c-c-1991.html#art2085_smooth\">article\u00a02085<\/a> <a href=\"http:\/\/www.canlii.org\/fr\/qc\/legis\/lois\/rlrq-c-c-1991\/derniere\/rlrq-c-c-1991.html\">C.c.Q<\/a>.\u00a0\u00bb (voir Deshaies et Gervais, <em>supra<\/em> note\u00a0205 aux pp\u00a0120-21).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref216\" name=\"_ftn216\">[216]<\/a> Agropur, supra note\u00a051 aux para\u00a018-19.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref217\" name=\"_ftn217\">[217]<\/a><em> Paquin<\/em> CRT, <em>supra<\/em> note\u00a0195 au para\u00a0133.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref218\" name=\"_ftn218\">[218]<\/a> Il s\u2019agit de l\u2019arr\u00eat <em>Gaston Breton Inc<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0212.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref219\" name=\"_ftn219\">[219]<\/a><em> Paquin<\/em> CRT, <em>supra<\/em> note\u00a0195 au para\u00a0139.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref220\" name=\"_ftn220\">[220]<\/a> Robert P Gagnon et Langlois Kronstr\u00f6m Desjardins, s.e.n.c.r.l., <em>Le droit du travail du Qu\u00e9bec<\/em>,<em>\u00a0<\/em>7<sup>e<\/sup> \u00e9d, Yann Bernard, Andr\u00e9 Sasseville, Bernard Cliche et Jean-Guy Villeneuve, dir, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02013 au para\u00a095.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref221\" name=\"_ftn221\">[221]<\/a> Voir <em>McCormick c Fasken Martineau DuMoulin<\/em>,\u00a02014 CSC\u00a039, [2014]\u00a02 RCS\u00a0108 [<em>McCormick<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref222\" name=\"_ftn222\">[222]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a015.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref223\" name=\"_ftn223\">[223]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref224\" name=\"_ftn224\">[224]<\/a> Voir Pl\u00e1 Rodriguez, <em>supra<\/em> note\u00a0104 \u00e0 la p\u00a0245.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref225\" name=\"_ftn225\">[225]<\/a> Voir Vall\u00e9e, \u00ab\u00a0Reconna\u00eetre\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a0133 \u00e0 la p\u00a0524.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref226\" name=\"_ftn226\">[226]<\/a><em> Supra<\/em> note\u00a0221.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref227\" name=\"_ftn227\">[227]<\/a> Voir <em>supra <\/em>note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref228\" name=\"_ftn228\">[228]<\/a><em> Supra <\/em>note\u00a0149.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref229\" name=\"_ftn229\">[229]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a036.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref230\" name=\"_ftn230\">[230]<\/a> Alain-Fran\u00e7ois Bisson, \u00ab\u00a0La Disposition pr\u00e9liminaire du <em>Code civil du Qu\u00e9bec\u00a0<\/em>\u00bb (1999)\u00a044:3 RD McGill\u00a0539 aux pp\u00a0563\u201364.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref231\" name=\"_ftn231\">[231]<\/a><em> Supra<\/em> note\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref232\" name=\"_ftn232\">[232]<\/a><em> Supra<\/em> note\u00a0149.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref233\" name=\"_ftn233\">[233]<\/a><em> Commission scolaire des Patriotes<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a051 au para\u00a037.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref234\" name=\"_ftn234\">[234]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Dans plusieurs pays de tradition civiliste, la question des rapports entre le droit civil et le droit du travail a accompagn\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un droit sp\u00e9cifiquement applicable au travail subordonn\u00e9[1]. Au Qu\u00e9bec, cette question s\u2019est d\u2019abord pos\u00e9e au sujet des rapports entre le contrat individuel de travail et la convention collective et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, en &hellip; <a href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","class_list":["post-10977","articles","type-articles","status-publish","hentry","article-type-article"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>L&#039;interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"L&#039;interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Dans plusieurs pays de tradition civiliste, la question des rapports entre le droit civil et le droit du travail a accompagn\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un droit sp\u00e9cifiquement applicable au travail subordonn\u00e9[1]. Au Qu\u00e9bec, cette question s\u2019est d\u2019abord pos\u00e9e au sujet des rapports entre le contrat individuel de travail et la convention collective et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, en &hellip; Continued\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2019-07-03T21:33:45+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"132 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\\\/\",\"name\":\"L'interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2015-12-01T21:49:08+00:00\",\"dateModified\":\"2019-07-03T21:33:45+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Articles\",\"item\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/article\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"L&#8217;interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/\",\"name\":\"McGill Law Journal\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"L'interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"L'interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal","og_description":"Introduction Dans plusieurs pays de tradition civiliste, la question des rapports entre le droit civil et le droit du travail a accompagn\u00e9 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un droit sp\u00e9cifiquement applicable au travail subordonn\u00e9[1]. Au Qu\u00e9bec, cette question s\u2019est d\u2019abord pos\u00e9e au sujet des rapports entre le contrat individuel de travail et la convention collective et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, en &hellip; Continued","og_url":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/","og_site_name":"McGill Law Journal","article_modified_time":"2019-07-03T21:33:45+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"132 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/","url":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/","name":"L'interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs - McGill Law Journal","isPartOf":{"@id":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/#website"},"datePublished":"2015-12-01T21:49:08+00:00","dateModified":"2019-07-03T21:33:45+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/linteraction-entre-le-droit-civil-et-le-droit-du-travail-et-ses-effets-pratiques-sur-le-travail-atypique-le-rle-du-contrat-dans-laccs-aux-rgimes-de-protection-d\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Articles","item":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/article\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"L&#8217;interaction entre le droit civil et le droit du travail et ses effets pratiques sur le travail atypique : le r&ocirc;le du contrat dans l&rsquo;acc&egrave;s aux r&eacute;gimes de protection des travailleurs"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/#website","url":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/","name":"McGill Law Journal","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/articles\/10977","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/articles"}],"about":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/articles"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10977"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}