{"id":11025,"date":"2015-06-01T16:49:11","date_gmt":"2015-06-01T20:49:11","guid":{"rendered":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/index.php\/article\/le-fdralisme-comme-principe-matriciel-dans-linterprtation-de-la-procdure-de-modification-constitutionnelle\/"},"modified":"2019-11-13T17:15:36","modified_gmt":"2019-11-13T22:15:36","slug":"le-fdralisme-comme-principe-matriciel-dans-linterprtation-de-la-procdure-de-modification-constitutionnelle","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/le-fdralisme-comme-principe-matriciel-dans-linterprtation-de-la-procdure-de-modification-constitutionnelle\/","title":{"rendered":"Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme principe matriciel dans l&rsquo;interpr\u00e9tatation de la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"0bb-59c-482-a2d-626\">Introduction<\/h1>\n<p>Rendus \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle, le <em>Renvoi relatif \u00e0 la r\u00e9forme du S\u00e9nat<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> de m\u00eame que le <em>Renvoi relatif \u00e0 la Loi sur la Cour supr\u00eame, art. 5 et 6<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> posent des limites importantes \u00e0 l\u2019action unilat\u00e9rale d\u2019Ottawa en mati\u00e8re de r\u00e9forme des institutions, et ce, au nom d\u2019un principe fondamental jouant un r\u00f4le matriciel<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> dans l\u2019interpr\u00e9tation de la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle\u00a0: le f\u00e9d\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>Dans ces affaires, la Cour supr\u00eame du Canada a d\u00e9clar\u00e9 non conformes \u00e0 la Constitution la mise en place d\u2019\u00e9lections s\u00e9natoriales consultatives, la r\u00e9duction de la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> et l\u2019ajout \u00e0 la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em><a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a> de dispositions interpr\u00e9tatives susceptibles de valider la nomination controvers\u00e9e du juge Marc\u00a0Nadon<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Ce faisant, la Cour a, \u00e0 juste titre, invalid\u00e9 les initiatives f\u00e9d\u00e9rales op\u00e9rant \u2014 par la voie l\u00e9gislative \u2014 des \u00e9volutions significatives du droit constitutionnel canadien pour lesquelles le consentement des provinces est requis<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>. Dans ces deux avis de 2014 relatifs \u00e0 la proc\u00e9dure de modification, le principe f\u00e9d\u00e9ral s\u2019est impos\u00e9 comme principal crit\u00e8re permettant de tracer une ligne entre ce qui peut \u00eatre unilat\u00e9ralement modifi\u00e9 par le Parlement f\u00e9d\u00e9ral et ce qui doit l\u2019\u00eatre suivant l\u2019une des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de la partie V de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em><a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p>En tranchant ainsi les questions qui lui \u00e9taient soumises, la Cour a non seulement pr\u00e9cis\u00e9 le champ d\u2019application des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de modification, mais elle a aussi d\u00e9fendu une conception du f\u00e9d\u00e9ralisme qui cherche \u00e0 prot\u00e9ger la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec. Fond\u00e9s sur le fait que les provinces et le f\u00e9d\u00e9ral constituent des \u00ab\u00a0acteurs \u00e9gaux\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, qui doivent n\u00e9gocier et s\u2019entendre pr\u00e9alablement sur toute modification apport\u00e9e aux \u00ab\u00a0caract\u00e9ristiques essentielles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> des institutions f\u00e9d\u00e9rales, les motifs de la Cour supr\u00eame dans ces deux renvois tirent enfin les cons\u00e9quences qui s\u2019imposent du principe f\u00e9d\u00e9ral<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Ils lui donnent sens en int\u00e9grant une r\u00e9flexion plus explicite et plus formelle sur la dimension consociative<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a> du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien, o\u00f9 la sp\u00e9cificit\u00e9 nationale du Qu\u00e9bec et les arrangements sp\u00e9ciaux n\u00e9goci\u00e9s en cons\u00e9quence sont prot\u00e9g\u00e9s, du moins partiellement. De ce fait, le f\u00e9d\u00e9ralisme s\u2019impose comme un principe matriciel qui conditionne l\u2019interpr\u00e9tation de la proc\u00e9dure de r\u00e9vision de la Constitution (I), et qui sert de fondement \u00e0 la reconnaissance de la sp\u00e9cificit\u00e9 nationale du Qu\u00e9bec et du caract\u00e8re consociatif du pacte constitutionnel canadien (II).<\/p>\n<h1 id=\"ce6-7e3-45b-963-d4a\">I.\u00a0 L\u2019influence du principe f\u00e9d\u00e9ral<\/h1>\n<p>L\u2019affirmation du principe f\u00e9d\u00e9ral dans la jurisprudence de la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019est pas en soi un ph\u00e9nom\u00e8ne nouveau. En effet, le f\u00e9d\u00e9ralisme a \u00e9t\u00e9 progressivement reconnu comme une source non \u00e9crite du droit constitutionnel<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Fondement de plusieurs conventions constitutionnelles<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, il a fourni une coh\u00e9rence et une rationalit\u00e9 \u00e0 bien des pratiques politiques<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. D\u00e9j\u00e0 dans le <em>Renvoi\u00a0relatif \u00e0 la r\u00e9solution pour modifier la Constitution<\/em> de 1981, les juges dissidents Martland et Ritchie, bien qu\u2019isol\u00e9s par rapport aux juges de la majorit\u00e9 qui limitaient la port\u00e9e du principe \u00e0 la justification de conventions constitutionnelles<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>, accordaient au f\u00e9d\u00e9ralisme la plus haute importance. Ils affirmaient que\u00a0:<\/p>\n<p>[l]e principe dominant du droit constitutionnel canadien est le f\u00e9d\u00e9ralisme. Les implications de ce principe sont claires. On ne devrait permettre \u00e0 aucun ordre de gouvernement d\u2019empi\u00e9ter sur l\u2019autre, que ce soit directement ou indirectement<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019avenir donnant en quelque sorte raison aux juges Martland et Ritchie, le f\u00e9d\u00e9ralisme s\u2019est ensuite impos\u00e9<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> comme l\u2019un des principes constitutionnels sous-jacents duquel la Cour supr\u00eame d\u00e9rive certaines obligations<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>, notamment lors du <em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec<\/em><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Toutefois, comme l\u2019a bien d\u00e9montr\u00e9 Eug\u00e9nie\u00a0Brouillet, le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme a, jusqu\u2019\u00e0 ce jour, \u00e9t\u00e9 surtout invoqu\u00e9 \u00ab\u00a0afin de combler les <em>vides<\/em> du texte constitutionnel et non \u00e0 titre de guide dans l\u2019interpr\u00e9tation de ses dispositions\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>.<\/p>\n<p>Si la jurisprudence de la Cour supr\u00eame du Canada n\u2019a pas toujours su tirer toutes les cons\u00e9quences d\u2019un principe trop souvent \u00ab\u00a0dilu\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>, les deux renvois de 2014, portant sur les proc\u00e9dures de r\u00e9vision de la Constitution, semblent enfin donner sens \u00e0 ce principe, du moins en ce qui concerne l\u2019exercice du pouvoir constituant au Canada. La Cour innove dans la mani\u00e8re dont le f\u00e9d\u00e9ralisme s\u2019impose, et ce, sur au moins trois plans. Premi\u00e8rement, la Cour formule des crit\u00e8res permettant de tracer une ligne entre la comp\u00e9tence du Parlement central de l\u00e9gif\u00e9rer sur les caract\u00e9ristiques non essentielles des institutions f\u00e9d\u00e9rales, et celle du pouvoir constituant qui s\u2019exprime \u00e0 travers les proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de r\u00e9vision de la Constitution [A]. Il en va de m\u00eame, deuxi\u00e8mement, en ce qui concerne l\u2019ordonnancement des normes juridiques adopt\u00e9es suivant l\u2019une des proc\u00e9dures de la partie V de la <em>LC de 1982<\/em> dont la rigidit\u00e9 d\u00e9pend, en grande partie, du caract\u00e8re essentiel de ces normes ou de ces institutions au regard du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme [B]. Troisi\u00e8mement, le f\u00e9d\u00e9ralisme oriente m\u00eame la d\u00e9finition que la Cour supr\u00eame adopte de son propre r\u00f4le et statut juridique [C]. Le f\u00e9d\u00e9ralisme s\u2019impose ainsi comme v\u00e9ritable guide dans l\u2019interpr\u00e9tation de la proc\u00e9dure de modification et rend, de ce fait, plus coh\u00e9rent l\u2019ordre constitutionnel canadien.<\/p>\n<h2 id=\"647-197-4d0-9b1-886\">A.\u00a0 Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme limite \u00e0 l\u2019action unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale<\/h2>\n<p>Principe au c\u0153ur de l\u2019interpr\u00e9tation de la partie\u00a0V<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, le f\u00e9d\u00e9ralisme s\u2019impose comme le principal crit\u00e8re permettant de tracer une ligne entre le domaine de la proc\u00e9dure unilat\u00e9rale de l\u2019article\u00a044 et celui des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales requ\u00e9rant l\u2019accord d\u2019un certain nombre de provinces. En effet, les projets de r\u00e9forme institutionnelle mettant en cause les int\u00e9r\u00eats des provinces n\u00e9cessitent un degr\u00e9 appr\u00e9ciable de consentement provincial qui varie selon l\u2019objet de la modification. Afin de tracer cette ligne, la Cour supr\u00eame \u00e9carte de la comp\u00e9tence du l\u00e9gislateur f\u00e9d\u00e9ral toutes les modifications qui touchent \u00e0 \u00ab\u00a0une caract\u00e9ristique essentielle\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a> ou \u00ab\u00a0fondamentale\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a> des institutions centrales, celles qui affectent les \u00ab\u00a0int\u00e9r\u00eats des provinces\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>, de m\u00eame que celles qui modifient des \u00ab\u00a0compromis historiques\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a> ou \u00ab\u00a0arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a> chers \u00e0 une ou plusieurs provinces.<\/p>\n<p>Maximisant la participation des provinces \u00e0 la modification de la Constitution, le plus haut tribunal a mis fin \u00e0 une longue controverse quant au rapport entre les articles\u00a038, 42 et 44 de la Constitution en \u00e9tablissant que le consentement des provinces \u00e9tait la r\u00e8gle, et que l\u2019action unilat\u00e9rale du Parlement f\u00e9d\u00e9ral devait demeurer l\u2019exception<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. Le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada soutenait pourtant que la modification de tout aspect des institutions f\u00e9d\u00e9rales dont il n\u2019est pas fait mention \u00e0 l\u2019article\u00a042 (notamment la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs) devait relever de l\u2019article\u00a044. Cette interpr\u00e9tation \u00e9tait fond\u00e9e sur la maxime <em>expressio unius est exclusio alterius<\/em>, signifiant que \u00ab\u00a0la mention de l\u2019un implique l\u2019exclusion de l\u2019autre\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>. En appliquant cette maxime \u00e0 la proc\u00e9dure de modification, les sujets mentionn\u00e9s \u00e0 l\u2019article\u00a042 de la <em>LC de 1982<\/em> constituaient, selon le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, une liste exhaustive des aspects du S\u00e9nat devant \u00eatre modifi\u00e9s multilat\u00e9ralement<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>, ce qui transformait l\u2019article\u00a044 en une forme de proc\u00e9dure suppl\u00e9tive ou r\u00e9siduaire concurrente \u00e0 celle de l\u2019article\u00a038 de la <em>LC de 1982<\/em>.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame a rejet\u00e9 sans d\u00e9tour la position f\u00e9d\u00e9rale en pr\u00e9cisant que la \u00ab\u00a0proc\u00e9dure normale\u00a0\u00bb de modification constitutionnelle \u00e9tait, \u00e0 la lumi\u00e8re de \u00ab\u00a0[l]\u2019historique, [des] termes et [de] la structure de la partie\u00a0V\u00a0\u00bb, celle pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article\u00a038, et non celle de l\u2019article\u00a044 de la <em>LC de\u00a01982<\/em><a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>. Suivant le raisonnement de la Cour, la proc\u00e9dure unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale repr\u00e9sente une exception au principe qui se retrouve \u00e0 l\u2019article\u00a038 selon lequel le consentement des provinces est n\u00e9cessaire afin d\u2019apporter des modifications constitutionnelles touchant aux int\u00e9r\u00eats de ces derni\u00e8res<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame a alors r\u00e9utilis\u00e9 les arguments qu\u2019elle avait oppos\u00e9s aux autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales en 1979, lors du <em>Renvoi relatif \u00e0 la comp\u00e9tence du Parlement relativement \u00e0 la Chambre haute<\/em><a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Dans des termes semblables, la Cour conclut, en 2014, que l\u2019\u00e9num\u00e9ration des caract\u00e9ristiques essentielles \u00e0 l\u2019article\u00a042 n\u2019est pas exhaustive. C\u2019est donc dire qu\u2019il existe d\u2019autres caract\u00e9ristiques essentielles, implicitement prot\u00e9g\u00e9es par l\u2019article\u00a038, et qui ne peuvent \u00eatre modifi\u00e9es par la proc\u00e9dure unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale de l\u2019article\u00a044<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a>. Encore une fois, cela d\u00e9coule du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme qui veut que les questions qui int\u00e9ressent les provinces ne puissent \u00eatre modifi\u00e9es qu\u2019avec la participation de celles-ci. Que certaines de ces caract\u00e9ristiques aient \u00e9t\u00e9 explicitement mentionn\u00e9es aux articles\u00a041, 42 ou 43 de la <em>LC de 1982<\/em> ne change rien au fait que la participation requise des provinces \u00e0 l\u2019article\u00a038 s\u2019impose, par d\u00e9faut, comme proc\u00e9dure normale de modification \u2014 au d\u00e9triment de la proc\u00e9dure unilat\u00e9rale de l\u2019article\u00a044 <em>\u00a0<\/em>\u2014 d\u00e8s que les int\u00e9r\u00eats des provinces entrent en jeu.<\/p>\n<h2 id=\"df9-6cd-4ae-bc1-b20\">B.\u00a0 Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme facteur structurant l\u2019ordonnancement juridique<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 des limites impos\u00e9es \u00e0 l\u2019unilat\u00e9ralisme f\u00e9d\u00e9ral, le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em> et celui sur la Cour supr\u00eame permettent de mieux structurer l\u2019ordre constitutionnel canadien. Le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme, qui place hors de l\u2019action unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale toute r\u00e9forme constitutionnelle touchant aux int\u00e9r\u00eats des provinces ou \u00e0 des caract\u00e9ristiques essentielles des institutions f\u00e9d\u00e9rales, donne en effet une plus grande coh\u00e9rence \u00e0 la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle. Apr\u00e8s tout, c\u2019est \u00e0 travers ce principe que se dessinent les \u00ab\u00a0compromis historiques\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0caract\u00e9ristiques essentielles\u00a0\u00bb prot\u00e9g\u00e9s par des normes supral\u00e9gislatives dont la modification n\u00e9cessite l\u2019accord du f\u00e9d\u00e9ral et d\u2019un certain nombre de provinces.<\/p>\n<p>Il en ressort une conception du pouvoir constituant fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 et sur l\u2019absence de subordination entre les membres de la f\u00e9d\u00e9ration<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a> et qui s\u2019articule autour d\u2019un m\u00e9nage \u00e0 trois entre les institutions f\u00e9d\u00e9rales, les provinces, et l\u2019action combin\u00e9e de ces deux ordres de gouvernement agissant \u00e0 titre de pouvoir constituant en remplacement des autorit\u00e9s imp\u00e9riales. Il devient ainsi possible de mieux distinguer les normes constitutionnelles supral\u00e9gislatives, modifiables par l\u2019une des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales, des normes constitutionnelles souples adopt\u00e9es par les parlements f\u00e9d\u00e9ral ou provinciaux en vertu des articles\u00a044 et\u00a045 de la <em>LC de\u00a01982<\/em>.<\/p>\n<p>Il faut dire que la qualification des normes constitutionnelles canadiennes, parfois souples, parfois rigides, a toujours oscill\u00e9. La coexistence, au sein d\u2019un m\u00eame ordre juridique, de plusieurs acceptions du mot \u00ab\u00a0constitution\u00a0\u00bb est \u00e0 la source de cette confusion. Or, \u00e0 la lumi\u00e8re des deux avis de\u00a02014 relatifs \u00e0 la proc\u00e9dure de modification, il semble que ce soit dans l\u2019interpr\u00e9tation de la partie V de la <em>LC<\/em><em> de\u00a0<\/em><em>1982<\/em> que r\u00e9side l\u2019un des indices les plus fiables servant \u00e0 \u00e9tablir le caract\u00e8re souple ou rigide des dispositions constitutionnelles.<\/p>\n<p>Les deux r\u00e9cents avis rendus par la Cour supr\u00eame mettent, en ce sens, fin \u00e0 un d\u00e9bat doctrinal de longue date concernant le caract\u00e8re exhaustif de la d\u00e9finition de la \u00ab\u00a0Constitution du Canada\u00a0\u00bb du paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em>. Certains auteurs consid\u00e9raient que le contenu de la Constitution du Canada \u00e9tait limit\u00e9 aux seuls textes \u00e9num\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019annexe de la <em>LC de 1982<\/em><a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> alors que d\u2019autres soutenaient plut\u00f4t que ce qui \u00e9tait compris dans la Constitution, telle que d\u00e9finie \u00e0 l\u2019article\u00a052, n\u2019\u00e9tait pas exhaustif<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Interrog\u00e9 \u00e0 ce sujet par le d\u00e9put\u00e9\u00a0Munro lors des auditions du Comit\u00e9 mixte sur la Constitution du Canada, Jean\u00a0Chr\u00e9tien, alors ministre responsable du projet de rapatriement de la Constitution, avait d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019\u00e9num\u00e9ration du paragraphe\u00a052(2) n\u2019\u00e9tait pas compl\u00e8te, comme en t\u00e9moignent \u00e0 la fois le compte-rendu des travaux du comit\u00e9<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a> et le \u00ab\u00a0<em>briefing book<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a> du ministre d\u00e9pos\u00e9 aux archives. Quelques ann\u00e9es plus tard, lorsque la Cour supr\u00eame a \u00e9t\u00e9 saisie de cette question dans l\u2019arr\u00eat <em>New Brunswick Broadcasting Co c. Nouvelle-\u00c9cosse (Pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e L\u00e9gislative)<\/em>, la juge McLachlin (maintenant Juge en chef) a avanc\u00e9 l\u2019id\u00e9e selon laquelle le paragraphe\u00a052(2) \u00ab\u00a0ne se veut pas clairement exhaustif\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. Puis, dans le <em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec<\/em>, la Cour, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 cette fois, avait encore une fois laiss\u00e9 entendre que le contenu de la Constitution du Canada ne r\u00e9sidait pas uniquement dans la liste de textes se trouvant en annexe de la <em>LC de 1982<\/em><a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>. Toutefois, cet \u00e9nonc\u00e9 ne tranchait pas d\u00e9finitivement le d\u00e9bat dans la mesure o\u00f9 la Cour pouvait faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 d\u2019autres textes non mentionn\u00e9s au paragraphe\u00a052(2) ou seulement aux normes non \u00e9crites avec lesquelles elle avait largement compos\u00e9 dans le <em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec<\/em><a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>.<\/p>\n<p>Sur ce point, les renvois de 2014 confirment sans d\u00e9tour le caract\u00e8re non exhaustif de l\u2019\u00e9num\u00e9ration du paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em>. Reconnaissant que certains contenus de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> ne pouvaient \u00eatre modifi\u00e9s que par le biais des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de modification, et ce, m\u00eame si cette loi ne fait pas partie des textes mentionn\u00e9s au paragraphe\u00a052(2), la Cour a mis un terme \u00e0 ce d\u00e9bat en affirmant que \u00ab\u00a0[l]\u2019art.\u00a052 ne d\u00e9finit pas de fa\u00e7on exhaustive le contenu de la Constitution du Canada\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>.<\/p>\n<p>Du coup, c\u2019est toute l\u2019interpr\u00e9tation pr\u00e9conis\u00e9e par le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada et une partie de la doctrine qui s\u2019effondrent<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. En effet, contrairement \u00e0 ce que laisse croire le libell\u00e9 du paragraphe\u00a052(2), il y a, dans la \u00ab\u00a0Constitution du Canada\u00a0\u00bb, au sens formel du terme, bien des dispositions rigides qui ne sont pas \u00e9num\u00e9r\u00e9es \u00e0 ce paragraphe et qui sont, malgr\u00e9 tout, des normes supral\u00e9gislatives modifiables conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019une des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales. Au premier chef de celles-ci figurent bien \u00e9videmment les dispositions de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame <\/em>qui r\u00e9gissent la composition et les caract\u00e9ristiques essentielles de cette institution<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>.<\/p>\n<p>En outre, l\u2019interpr\u00e9tation donn\u00e9e par la Cour supr\u00eame du paragraphe\u00a052(2) confirme non seulement le caract\u00e8re non exhaustif, mais aussi, implicitement, la formulation approximative de cette disposition. Apr\u00e8s tout, il est faux de pr\u00e9tendre, comme le laisse entendre le libell\u00e9 du paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em>, que la <em>LC de 1867<\/em> n\u2019est compos\u00e9e que de normes constitutionnelles rigides et formelles. En v\u00e9rit\u00e9, plusieurs dispositions de la <em>LC de 1867<\/em> peuvent \u00eatre modifi\u00e9es par une simple loi f\u00e9d\u00e9rale ou provinciale en vertu des articles\u00a044 ou 45 de la <em>LC de 1982<\/em> et repr\u00e9sentent, de ce fait, des dispositions constitutionnelles souples qui ne font pas partie de la Constitution formelle, rigide, ou supral\u00e9gislative au sens du paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em><a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>. Cette confusion, entre les normes souples et rigides de la <em>LC de 1867<\/em>, est encore une fois embl\u00e9matique des lacunes de cette \u00e9num\u00e9ration des plus approximatives qui ne devrait en rien conditionner le champ d\u2019application des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de modification.<\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame a donc d\u00e9finitivement rompu avec ce qu\u2019elle d\u00e9signe comme \u00e9tant l\u2019approche \u00ab\u00a0trop formaliste\u00a0\u00bb des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales qui consistait \u00e0 restreindre l\u2019application de la partie\u00a0V aux textes express\u00e9ment mentionn\u00e9s au paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em>. L\u2019approche mise de l\u2019avant, ax\u00e9e sur la structure de la Constitution et non sur une conception formaliste de la modification constitutionnelle, a, par le fait m\u00eame, pour effet de saper la th\u00e8se du procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, cautionn\u00e9e par une partie de la doctrine<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>, selon laquelle la mise en place d\u2019\u00e9lections s\u00e9natoriales consultatives et l\u2019ajout de dispositions interpr\u00e9tatives \u00e0 la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> ne modifiaient en rien l\u2019un des textes constitutionnels \u00e9num\u00e9r\u00e9s au paragraphe\u00a052(2)<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. Or, suivant le raisonnement de la Cour dans les avis de 2014, la Constitution prot\u00e8ge non pas tant des textes, mais des contenus, des objets, des caract\u00e9ristiques essentielles qui sont d\u00e9termin\u00e9s ou d\u00e9terminables \u00e0 la lumi\u00e8re de la proc\u00e9dure de r\u00e9vision constitutionnelle. En d\u2019autres termes, elle ne prot\u00e8ge pas tant le v\u00e9hicule l\u00e9gislatif que l\u2019essence des institutions<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Refusant de porter son attention sur des textes au d\u00e9triment des contenus prot\u00e9g\u00e9s par la proc\u00e9dure de modification, la Cour supr\u00eame propose une conception globale du pouvoir constituant et des rapports entre les normes souples et rigides qui peuvent parfois coexister dans un m\u00eame texte. Ainsi, certains textes, notamment la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> et la <em>LC de 1867<\/em>, jouissent d\u2019une protection partielle suivant l\u2019analyse du contenu de ces textes \u00e0 la lumi\u00e8re des objets prot\u00e9g\u00e9s par la proc\u00e9dure de modification.<\/p>\n<p>Or, en rejetant l\u2019approche formaliste plaid\u00e9e par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales, la Cour \u00e9tend le domaine de la Constitution rigide (ou ce que les Fran\u00e7ais appellent le \u00ab\u00a0bloc de constitutionnalit\u00e9\u00a0\u00bb) \u00e0 toutes les caract\u00e9ristiques essentielles prot\u00e9g\u00e9es, encore une fois, en vertu du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme, sans \u00e9gard au \u00ab\u00a0v\u00e9hicule\u00a0\u00bb ou aux textes dans lesquels ces caract\u00e9ristiques sont contenues.<\/p>\n<p>Pour conclure, la partie V de la <em>LC de 1982<\/em> ne se limite pas \u00e0 fixer des r\u00e8gles de modification constitutionnelle, elle \u00e9tablit aussi ce qui fait ou non partie de la constitution formelle. Son interpr\u00e9tation devient le moyen le plus fiable de d\u00e9terminer les contours de la constitution rigide dans un syst\u00e8me o\u00f9 la coexistence de normes constitutionnelles souples et rigides est l\u2019un des traits marquants de l\u2019exp\u00e9rience coloniale. De cette fa\u00e7on, elle conf\u00e8re une forme de coh\u00e9rence l\u00e0 o\u00f9 l\u2019influence britannique et les \u00e9volutions subs\u00e9quentes avaient cr\u00e9\u00e9 une confusion terminologique et conceptuelle entre les conceptions formelles et mat\u00e9rielles de la constitution. Elle substitue \u00e0 la traditionnelle hi\u00e9rarchie entre les lois britanniques \u00e0 valeur supral\u00e9gislative et les lois coloniales qui y \u00e9taient subordonn\u00e9es, un nouveau m\u00e9nage \u00e0 trois entre l\u2019action du f\u00e9d\u00e9ral et des provinces agissant \u00e0 titre de pouvoir constituant et l\u2019action l\u00e9gislative du Parlement f\u00e9d\u00e9ral et de ceux des provinces. Elle pr\u00e9cise la nature et la port\u00e9e de la protection constitutionnelle, qui s\u2019\u00e9tend non pas seulement \u00e0 des textes ou \u00e0 des actes pr\u00e9cis, mais plut\u00f4t \u00e0 certains \u00ab\u00a0contenus\u00a0\u00bb qui renferment les caract\u00e9ristiques essentielles du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien.<\/p>\n<h2 id=\"415-8b1-4cf-808-1b8\"><a name=\"_Toc388018426\"><\/a>C.\u00a0 Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme fondement au r\u00f4le et au statut de la Cour<br \/>\nsupr\u00eame<\/h2>\n<p>Le f\u00e9d\u00e9ralisme influence non seulement \u00ab\u00a0l\u2019architecture\u00a0\u00bb de la partie\u00a0V de la <em>LC de 1982<\/em>, mais aussi la perception que la Cour entretient quant \u00e0 son r\u00f4le et \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 de son action. En effet, dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, et, dans une moindre mesure, dans celui sur le S\u00e9nat, le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme est consid\u00e9r\u00e9 \u00eatre \u00e0 la source m\u00eame de la l\u00e9gitimit\u00e9 du plus haut tribunal canadien. Le r\u00f4le et la mission de la Cour y sont d\u00e9finis en fonction des caract\u00e9ristiques essentielles des tribunaux de derni\u00e8re instance dans les \u00c9tats f\u00e9d\u00e9raux. Selon les juges de la majorit\u00e9, \u00ab\u00a0[u]n syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral doit n\u00e9cessairement compter sur un arbitre ind\u00e9pendant qui tranche en dernier ressort les litiges relatifs au partage des comp\u00e9tences\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>. Suivant cette interpr\u00e9tation, ce sont donc les n\u00e9cessit\u00e9s du f\u00e9d\u00e9ralisme qui ont, en grande partie, forg\u00e9 le r\u00f4le et le statut de la Cour supr\u00eame comme ultime arbitre des diff\u00e9rends constitutionnels au Canada.<\/p>\n<p>Pourtant, le fait que la Cour supr\u00eame ait \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9e par une simple loi f\u00e9d\u00e9rale adopt\u00e9e en vertu de l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em>, tout comme le fait que l\u2019ensemble de ses membres soient unilat\u00e9ralement nomm\u00e9s par l\u2019ex\u00e9cutif f\u00e9d\u00e9ral sans consentement des provinces, contrevient de plein fouet aux exigences du f\u00e9d\u00e9ralisme. Apr\u00e8s tout, dans un syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral, la Cour supr\u00eame ne peut appara\u00eetre comme un arbitre ind\u00e9pendant aux yeux des provinces si la nomination de ses membres de m\u00eame que les modalit\u00e9s de sa loi constitutive rel\u00e8vent du pouvoir exclusif des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>. Or, si le probl\u00e8me du mode de nomination des juges persiste encore aujourd\u2019hui, celui de la constitutionnalisation de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> s\u2019est progressivement r\u00e9solu. L\u2019adoption des paragraphes\u00a041d) et 42(1)d) de la <em>LC de 1982<\/em> a permis de modifier le rang des normes constitutives de la Cour\u00a0: d\u2019une simple loi ordinaire modifiable unilat\u00e9ralement par le Parlement f\u00e9d\u00e9ral en vertu de l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em>, les caract\u00e9ristiques essentielles de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame <\/em>ont acquis le statut de normes constitutionnelles rigides modifiables conform\u00e9ment aux proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de la <em>LC de 1982<\/em>.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019elle ait confirm\u00e9 cette constitutionnalisation, la majorit\u00e9 dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> a cependant retenu une autre lecture de l\u2019\u00e9volution historique du statut de la Cour. Suivant ce raisonnement, les n\u00e9cessit\u00e9s du principe f\u00e9d\u00e9ratif s\u2019imposent en droit \u2014 d\u00e8s 1949 \u2014 et, s\u2019il le faut, au d\u00e9triment des comp\u00e9tences attribu\u00e9es sp\u00e9cifiquement au Parlement f\u00e9d\u00e9ral par l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em>. C\u2019est que l\u2019interpr\u00e9tation pr\u00e9conis\u00e9e par la majorit\u00e9 de la Cour repose sur une forme de restriction implicite de la comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale de modifier la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> qui se serait op\u00e9r\u00e9e bien avant l\u2019adoption de la <em>LC de 1982<\/em>, et ce, par le simple effet de l\u2019abolition progressive des appels devant le comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9 de Londres<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>.<\/p>\n<p>Alors que l\u2019interpr\u00e9tation des textes constitutionnels sugg\u00e9rait, comme le plaidait le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>, une constitutionnalisation de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame du Canada<\/em> sous l\u2019effet de la <em>LC de\u00a01982<\/em>, la majorit\u00e9 dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> a plut\u00f4t retenu la th\u00e8se, nettement plus \u00ab\u00a0cr\u00e9ative\u00a0\u00bb, du procureur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Ontario<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>. Selon cette derni\u00e8re, la Cour supr\u00eame du Canada b\u00e9n\u00e9ficiait d\u2019une protection constitutionnelle avant m\u00eame l\u2019adoption de la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle. Elle aurait, en quelque sorte, implicitement \u00ab\u00a0h\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb des pouvoirs, des pr\u00e9rogatives et du statut constitutionnel du comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9 au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle se voyait attribuer le r\u00f4le de tribunal de derni\u00e8re instance. Ainsi, de l\u2019avis des juges majoritaires\u00a0:<\/p>\n<p>L\u2019abolition des appels au Conseil priv\u00e9 signifiait que la Cour supr\u00eame du Canada h\u00e9ritait du r\u00f4le du Conseil en vertu de la Constitution canadienne. En cons\u00e9quence, les pouvoirs et la comp\u00e9tence dont a \u00e9t\u00e9 investie la Cour n\u2019avaient [traduction] \u00ab\u00a0pas une port\u00e9e moindre que ceux exerc\u00e9s autrefois par le Comit\u00e9 judiciaire \u00e0 l\u2019\u00e9gard du Canada\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>.<\/p>\n<p>Et plus loin\u00a0:<\/p>\n<p>La nature du pouvoir unilat\u00e9ral conf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019art.\u00a0101 de la <em>Loi constitutionnelle de 1867<\/em> a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e par l\u2019\u00e9volution de la Cour dans la structure constitutionnelle, comme le reconna\u00eet la partie V de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em><a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce raisonnement des juges de la majorit\u00e9 dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> est, de notre point de vue, non fond\u00e9. Il s\u2019agit davantage d\u2019une r\u00e9\u00e9criture de l\u2019histoire visant \u00e0 combler \u2014 \u00e0 la lumi\u00e8re des exigences du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme \u2014 les lacunes de l\u2019ordre juridique canadien que d\u2019une lecture coh\u00e9rente et rationnelle de l\u2019\u00e9volution du droit constitutionnel canadien tel qu\u2019il r\u00e9sulte de l\u2019exp\u00e9rience coloniale. Cette forme de \u00ab\u00a0d\u00e9volution\u00a0\u00bb implicite du comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9 vers la Cour supr\u00eame, avant m\u00eame l\u2019adoption de la proc\u00e9dure de modification en 1982, n\u2019a pu s\u2019effectuer, \u00e0 notre sens, en raison de la comp\u00e9tence l\u00e9gislative f\u00e9d\u00e9rale constitutionnellement garantie par l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em>. En effet, pr\u00e9tendre que les caract\u00e9ristiques essentielles de la Cour aient \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9es au rang de normes supral\u00e9gislatives d\u00e8s 1949, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019adoption des normes constitutionnelles rigides relevait du ressort exclusif du Parlement de Westminster, revient \u00e0 faire compl\u00e8tement fi de la comp\u00e9tence attribu\u00e9e au Parlement f\u00e9d\u00e9ral de 1867 \u00e0 1982. Apr\u00e8s tout, jusqu\u2019au rapatriement de la Constitution, seul le Parlement britannique agissant \u00ab\u00a0pour le Canada\u00a0\u00bb \u00e0 titre de pouvoir constituant avait la capacit\u00e9 de limiter le pouvoir l\u00e9gislatif du Parlement f\u00e9d\u00e9ral de \u00ab\u00a0cr\u00e9er, maintenir et organiser une cour g\u00e9n\u00e9rale d\u2019appel pour le Canada\u00a0\u00bb qui lui \u00e9tait accord\u00e9 par l\u2019article 101 de la <em>LC de 1867<\/em><a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019il fit, en\u00a01982, par l\u2019adoption des alin\u00e9as\u00a041d) et 42(1)d) de la <em>LC de<\/em> <em>1982<\/em>. Imaginer une constitutionnalisation implicite du statut de la Cour op\u00e9r\u00e9e sans intervention du Parlement britannique est tout simplement incompatible avec les articles\u00a04 et 7 du <em>Statut de Westminster<\/em> de 1931. En d\u2019autres termes, c\u2019est bien la <em>LC de 1982 <\/em>\u2013 et non pas le <em>Statut de Westminster <\/em>de\u00a01931 \u2013 qui a implicitement abrog\u00e9 la portion de l\u2019article 101 relative \u00e0 la Cour supr\u00eame du Canada. Le <em>Statut de Westminster <\/em>a certes rendu possible l\u2019abolition des appels au Comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9 de Londres, mais il n\u2019a pas restreint, bien au contraire, la comp\u00e9tence l\u00e9gislative du Parlement f\u00e9d\u00e9ral quant \u00e0 la Cour supr\u00eame.<\/p>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache qu\u2019en retenant \u00e0 tort cette th\u00e8se plaid\u00e9e par le procureur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Ontario, la Cour supr\u00eame a palli\u00e9 certaines lacunes quant \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance du tribunal de dernier ressort durant la p\u00e9riode\u00a01949\u20131982. Parce que les n\u00e9cessit\u00e9s du f\u00e9d\u00e9ralisme allaient dans le sens d\u2019une constitutionnalisation du statut de la Cour supr\u00eame, une majorit\u00e9 de juges dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> ont retenu la th\u00e8se d\u2019un ench\u00e2ssement implicite d\u00e8s 1949. Du m\u00eame coup, ils ont assimil\u00e9 l\u2019adoption des alin\u00e9as\u00a041d) et 42(1)d) \u00e0 un simple acte de \u00ab\u00a0reconnaissance\u00a0\u00bb de cette modification implicite r\u00e9sultant de l\u2019abolition des appels devant le comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9 de Londres. Bien que tr\u00e8s cr\u00e9ative et peu conforme \u00e0 l\u2019\u00e9volution historique des choses, cette approche a au moins le m\u00e9rite de minimiser les probl\u00e8mes d\u2019ind\u00e9pendance de la Cour supr\u00eame, qui sont alors confin\u00e9s \u00e0 la d\u00e9licate question du pouvoir exclusif des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales de proc\u00e9der unilat\u00e9ralement \u00e0 la nomination de tous ses membres.<\/p>\n<p>En retenant cette interpr\u00e9tation de l\u2019\u00e9volution du statut de la Cour, la majorit\u00e9 des juges dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> a par ailleurs rejet\u00e9, en des termes sans \u00e9quivoque, une autre interpr\u00e9tation qui lui \u00e9tait soumise, soit la th\u00e9orie des contenants vides. Cette th\u00e9orie, pr\u00e9conis\u00e9e par le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, avait pour but de faire perdurer la comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale pr\u00e9vue \u00e0 l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em><a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>. En qualifiant les alin\u00e9as\u00a041d) et 42(1)d) de la <em>LC de 1982<\/em> de \u00ab\u00a0contenants vides\u00a0\u00bb, le Parlement f\u00e9d\u00e9ral aurait pu l\u00e9gif\u00e9rer unilat\u00e9ralement sur toutes les questions relatives \u00e0 la Cour supr\u00eame, m\u00eame apr\u00e8s 1982, et ce, tant et aussi longtemps que le f\u00e9d\u00e9ral et les provinces ne se seraient pas entendus sur les modalit\u00e9s d\u2019un ench\u00e2ssement de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame <\/em>dans la Constitution du Canada<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Une telle \u00ab\u00a0constitutionnalisation\u00a0\u00bb, suivant la th\u00e9orie des contenants vides, se serait alors op\u00e9r\u00e9e conform\u00e9ment aux proc\u00e9dures des alin\u00e9as\u00a041d) et 42(1)d) de la <em>LC de 1982<\/em>.<\/p>\n<p>Comme le souligne \u00e0 juste titre la majorit\u00e9 dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0[c]et argument est d\u00e9pourvu de fondement. Il signifierait que les auteurs du texte constitutionnel ont constitutionnalis\u00e9 l\u2019<em>exclusion<\/em> de la Cour supr\u00eame de toute protection constitutionnelle\u00a0\u00bb [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. Autrement dit, l\u2019adoption, en 1982, des alin\u00e9as\u00a041d) et 42(1)d) n\u2019aurait que pr\u00e9cis\u00e9 la mani\u00e8re dont il faudrait s\u2019y prendre, selon les tenants de la th\u00e9orie des contenants vides, afin de restreindre cette comp\u00e9tence l\u00e9gislative f\u00e9d\u00e9rale h\u00e9rit\u00e9e de la <em>LC de 1867<\/em>.<\/p>\n<p>Par la force des choses, la majorit\u00e9 dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> a pes\u00e9 de tout son poids en faveur d\u2019une interpr\u00e9tation du statut de la Cour qui soit la plus coh\u00e9rente possible avec les exigences du f\u00e9d\u00e9ralisme. Retra\u00e7ant ce passage vers le r\u00f4le de tribunal de derni\u00e8re instance, les membres de la Cour ont favoris\u00e9 une interpr\u00e9tation largement conditionn\u00e9e par le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme, mais aussi par une conception particuli\u00e8re de celui-ci. Cette conception est fond\u00e9e sur la reconnaissance du caract\u00e8re plurinational de l\u2019\u00c9tat ou, \u00e0 tout le moins, sur la reconnaissance de la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec et de la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server les \u00ab\u00a0arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb ayant \u00e0 l\u2019origine permis sa participation \u00e0 la f\u00e9d\u00e9ration canadienne.<\/p>\n<h1 id=\"276-a5a-4cb-b03-9e8\">II. La dimension consociative du f\u00e9d\u00e9ralisme<\/h1>\n<p>Si le f\u00e9d\u00e9ralisme est au c\u0153ur des motifs de la Cour supr\u00eame dans les deux renvois de 2014, il reste \u00e0 identifier quelle conception de ce principe est pr\u00e9conis\u00e9e par la Cour. Cette derni\u00e8re se livre non seulement \u00e0 la promotion de rapports d\u2019\u00e9galit\u00e9 et d\u2019absence de subordination entre le f\u00e9d\u00e9ral et les provinces, mais aussi \u2014 et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 l\u2019innovation la plus importante \u2014 \u00e0 la prise en compte de la dimension consociative de ce f\u00e9d\u00e9ralisme qui prot\u00e8ge les caract\u00e9ristiques essentielles aux yeux de chaque composante de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>La Cour compose donc avec les clivages d\u00e9motiques<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a> qui distinguent le droit constitutionnel canadien et les cons\u00e9quences institutionnelles de ces clivages, et ce, de multiples fa\u00e7ons. D\u2019abord, elle reconna\u00eet, surtout dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec et, de ce fait, le caract\u00e8re plurinational et bijuridique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien [A]. Ensuite, elle prend acte des \u00ab\u00a0compromis historiques\u00a0\u00bb qui d\u00e9coulent d\u2019une union associant plusieurs communaut\u00e9s nationales au sein d\u2019une m\u00eame f\u00e9d\u00e9ration en accordant une protection accrue tant aux caract\u00e9ristiques essentielles de la f\u00e9d\u00e9ration [B] qu\u2019aux \u00ab\u00a0arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb qui ne touchent que certaines provinces [C]. La Cour se montre ainsi favorable aux particularismes et aux pr\u00e9occupations propres \u00e0 chaque composante du pacte f\u00e9d\u00e9ratif par une interpr\u00e9tation de la proc\u00e9dure de modification qui tient compte des clivages d\u00e9motiques et du caract\u00e8re asym\u00e9trique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien.<\/p>\n<h2 id=\"d3c-33c-44e-866-438\">A.\u00a0 Le caract\u00e8re plurinational du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien\u00a0et la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec<\/h2>\n<p>La reconnaissance explicite de la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec figure depuis longtemps parmi les revendications constitutionnelles de la seule province majoritairement francophone<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>. Ignor\u00e9e lors du rapatriement de la Constitution de 1982, avort\u00e9e au cours des tentatives de modification des ann\u00e9es\u00a01980 et 1990<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a>, cette reconnaissance s\u2019\u00e9tait jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent limit\u00e9e \u00e0 une simple r\u00e9solution de la Chambre des communes sur le fait que les Qu\u00e9b\u00e9cois \u2014 et non le Qu\u00e9bec comme entit\u00e9 politique \u2014 forment une nation dans un Canada uni<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a>.<\/p>\n<p>Avant les avis de 2014, la Cour supr\u00eame avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9e par rapport \u00e0 la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>. En 1982, appel\u00e9e \u00e0 reconna\u00eetre les nombreux pr\u00e9c\u00e9dents qui militaient en faveur d\u2019un droit de v\u00e9to \u00e0 la seule province majoritairement francophone, elle avait refus\u00e9 de se prononcer sur le principe de la \u00ab\u00a0dualit\u00e9\u00a0\u00bb. Certes, elle avait reproduit des extraits tr\u00e8s convaincants du m\u00e9moire du procureur g\u00e9n\u00e9ral du Qu\u00e9bec, mais pour aussit\u00f4t juger cette question superflue et rejeter la th\u00e8se soutenue par le gouvernement qu\u00e9b\u00e9cois<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>.<\/p>\n<p>Puis, en 1986, le juge Dickson (alors Juge en chef) a reconnu, dans <em>Soci\u00e9t\u00e9 des Acadiens<\/em> <em>c.<\/em> <em>Association of Parents<\/em>, l\u2019importance de la dualit\u00e9 linguistique canadienne, mais sans \u00e9tablir de lien entre cette dualit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>. La juge Wilson, dissidente dans <em>MacDonald<\/em> <em>c.<\/em> <em>Ville de Montr\u00e9al<\/em>, a utilis\u00e9, quant \u00e0 elle, le principe de dualit\u00e9 linguistique non pas comme une caract\u00e9ristique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien, mais comme une simple r\u00e9alit\u00e9 sociologique interne au Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ticence de la Cour supr\u00eame \u00e0 se prononcer sur les questions d\u00e9motiques, en g\u00e9n\u00e9ral, et sur le caract\u00e8re national du Qu\u00e9bec, en particulier, atteint, en quelque sorte, son z\u00e9nith dans le <em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec<\/em>. Alors que la question du droit du Qu\u00e9bec de d\u00e9cider par r\u00e9f\u00e9rendum de son avenir implique, en toute logique, une r\u00e9flexion pr\u00e9alable sur la nature du <em>demos<\/em> qui s\u2019exprime \u00e0 l\u2019occasion de ce r\u00e9f\u00e9rendum, la Cour se refuse \u00e0 trancher la question de savoir si le Qu\u00e9bec forme un peuple ou une nation \u00e0 part enti\u00e8re. Consid\u00e9rant que la r\u00e9ponse \u00e0 cette question n\u2019est pas indispensable \u00e0 la r\u00e9solution des questions soumises par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, la Cour affirme\u00a0:<\/p>\n<p>M\u00eame si la majeure partie de la population du Qu\u00e9bec partage bon nombre des traits (par exemple une langue et une culture communes) pris en consid\u00e9ration pour d\u00e9terminer si un groupe donn\u00e9 est un \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019instar d\u2019autres groupes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Qu\u00e9bec et du Canada, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019\u00e9tudier cette qualification juridique pour r\u00e9pondre de fa\u00e7on appropri\u00e9e \u00e0 la question\u00a02. De m\u00eame, il n\u2019est pas n\u00e9cessaire pour la Cour de d\u00e9terminer si, \u00e0 supposer qu\u2019il existe un peuple qu\u00e9b\u00e9cois au sens du droit international, ce peuple englobe la population enti\u00e8re de la province ou seulement une partie de celle-ci. Il n\u2019est pas non plus n\u00e9cessaire d\u2019examiner la situation de la population autochtone au Qu\u00e9bec. Comme le d\u00e9montrera notre analyse de la port\u00e9e du droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination, quelle que soit la juste d\u00e9finition de peuple(s) \u00e0 appliquer dans le pr\u00e9sent contexte, le droit \u00e0 l\u2019autod\u00e9termination ne peut, dans les circonstances pr\u00e9sentes, constituer le fondement d\u2019un droit de s\u00e9cession unilat\u00e9rale<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce refus de reconna\u00eetre la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec se conjugue avec l\u2019empressement de la Cour \u00e0 affirmer l\u2019existence \u00ab\u00a0d\u2019une seule et m\u00eame nation\u00a0\u00bb au Canada. En effet, d\u00e8s le d\u00e9but de son c\u00e9l\u00e8bre avis, la Cour se livre \u00e0 un long exercice de <em>nation building<\/em> autour du r\u00e9cit de l\u2019histoire de la Conf\u00e9d\u00e9ration canadienne. Elle y formule, entre autres, l\u2019\u00e9nonc\u00e9 suivant\u00a0:<\/p>\n<p>La <em>Loi constitutionnelle de 1867<\/em> \u00e9tait un acte d\u2019<em>\u00e9dification d\u2019une nation<\/em>. Elle \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e9tape de la <em>transformation<\/em> de colonies d\u00e9pendant chacune du Parlement imp\u00e9rial pour leur administration en <em>un \u00c9tat politique unifi\u00e9<\/em> et ind\u00e9pendant o\u00f9 des <em>peuples diff\u00e9rents<\/em> pouvaient r\u00e9soudre leurs divergences et, anim\u00e9s par un int\u00e9r\u00eat mutuel, travailler ensemble \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019objectifs communs [nos italiques]<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>.<\/p>\n<p>Sur le plan du droit constitutionnel d\u00e9motique, la Cour supr\u00eame pr\u00e9sume donc de l\u2019existence d\u2019une seule nation au Canada compos\u00e9e d\u2019une diversit\u00e9 de peuples, et ce, bien qu\u2019elle refuse de se prononcer explicitement sur la question de savoir si le Qu\u00e9bec repr\u00e9sente l\u2019un de ces peuples. Concernant l\u2019aspect socioculturel, la Cour supr\u00eame admet cependant que le \u00ab\u00a0Qu\u00e9bec, o\u00f9 la majorit\u00e9 de la population est francophone [\u2026] poss\u00e8de une culture distincte\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>. Tout au plus, la Cour attribue des cons\u00e9quences institutionnelles et politiques \u00e0 ce constat lorsqu\u2019elle affirme\u00a0: \u00ab\u00a0[l]a r\u00e9alit\u00e9 sociale et d\u00e9mographique du Qu\u00e9bec explique son existence comme entit\u00e9 politique et a constitu\u00e9, en fait, une des raisons essentielles de la cr\u00e9ation d\u2019une structure f\u00e9d\u00e9rale pour l\u2019union canadienne en 1867\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a>.\u00a0R\u00e9ticente \u00e0 qualifier clairement la nature du <em>demos<\/em> qui s\u2019exprime lors d\u2019un r\u00e9f\u00e9rendum qu\u00e9b\u00e9cois, la Cour semble avoir plus de facilit\u00e9 \u00e0 convenir de l\u2019\u00e9dification d\u2019une nation unique au Canada qu\u2019\u00e0 reconna\u00eetre le pluralisme national qui le caract\u00e9rise.<\/p>\n<p>L\u2019avis de la Cour dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em> marque \u00e0 cet \u00e9gard une \u00e9volution importante. Plut\u00f4t que de construire leur d\u00e9cision sur des motifs qui esquivent la question de la sp\u00e9cificit\u00e9 nationale du Qu\u00e9bec, les membres de la Cour vont, dans ce renvoi, non seulement reconna\u00eetre cette sp\u00e9cificit\u00e9, mais \u00e9galement s\u2019appuyer sur celle-ci dans leur interpr\u00e9tation relative \u00e0 l\u2019alin\u00e9a\u00a041d) de la <em>LC de 1982<\/em>. Appel\u00e9e \u00e0 d\u00e9finir l\u2019objectif de s\u00e9lectionner trois juges qu\u00e9b\u00e9cois parmi les avocats de plus de dix ans d\u2019exp\u00e9rience ou parmi les juges de la Cour d\u2019appel ou de la Cour sup\u00e9rieure du Qu\u00e9bec, la juge en chef McLachlin affirme, au nom de la majorit\u00e9\u00a0:<\/p>\n<p>L\u2019objectif de l\u2019art.\u00a06 est de garantir que, non seulement, des juristes civilistes exp\u00e9riment\u00e9s si\u00e8gent \u00e0 la Cour, mais \u00e9galement que les traditions juridiques et les valeurs sociales distinctes du Qu\u00e9bec y soient repr\u00e9sent\u00e9es, pour renforcer la confiance des Qu\u00e9b\u00e9cois envers la Cour en tant qu\u2019arbitre ultime de leurs droits.\u00a0Autrement dit, l\u2019art. 6 prot\u00e8ge \u00e0 la fois le <em>fonctionnement<\/em> et la <em>l\u00e9gitimit\u00e9<\/em> de la Cour supr\u00eame dans sa fonction de cour g\u00e9n\u00e9rale d\u2019appel pour le Canada. Le professeur Russell a d\u00e9crit succinctement cet objectif plus g\u00e9n\u00e9ral en des termes que l\u2019histoire justifie\u00a0:<\/p>\n<p>[traduction] \u2026 l\u2019antipathie pour l\u2019id\u00e9e que des juges d\u2019une tradition juridique \u00e9trang\u00e8re interpr\u00e8tent le Code civil du Bas\u2011Canada ne reposait pas simplement sur une pr\u00e9occupation \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la puret\u00e9 ou de la justesse du droit. Elle d\u00e9coulait plus souvent de la pr\u00e9misse plus fondamentale que le syst\u00e8me de droit civil du Qu\u00e9bec constituait un ingr\u00e9dient essentiel de sa culture distinctive et devait par cons\u00e9quent, de <em>droit<\/em>, \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 par des juges empreints des pratiques judiciaires et des valeurs sociales inh\u00e9rentes \u00e0 cette culture [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a>.<\/p>\n<p>En faisant sienne l\u2019interpr\u00e9tation de Peter Russell, la juge en chef McLachlin insiste sur la n\u00e9cessit\u00e9 de tirer les cons\u00e9quences de cette \u00ab\u00a0culture distinctive\u00a0\u00bb qui caract\u00e9rise le Qu\u00e9bec. Ici encore, le choix des mots employ\u00e9s compte et entra\u00eene trois avanc\u00e9es \u00e9tonnantes.<\/p>\n<p>Il y a, premi\u00e8rement, la r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab\u00a0valeurs sociales\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a>. Allant bien au-del\u00e0 de ce qui \u00e9tait n\u00e9cessaire pour la r\u00e9solution du litige, la juge en chef s\u2019appuie sur les \u00ab\u00a0valeurs sociales distinctes du Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb <a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a> comme justification de son interpr\u00e9tation. \u00c0 la tradition civiliste, fondement du bijuridisme canadien et trait constitutif du droit qu\u00e9b\u00e9cois, s\u2019ajoutent donc des \u00ab\u00a0valeurs sociales\u00a0\u00bb dont la sp\u00e9cificit\u00e9, au m\u00eame titre que la langue, l\u2019histoire ou la culture, est soudainement reconnue et valoris\u00e9e par le plus haut tribunal canadien. Bien plus qu\u2019une r\u00e9alit\u00e9 sociologique, la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec, suivant le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, s\u2019impose comme une consid\u00e9ration juridique essentielle devant conditionner l\u2019interpr\u00e9tation de la Constitution.<\/p>\n<p>Puis, deuxi\u00e8mement, la juge en chef et le juge Moldaver prennent acte des clivages d\u00e9motiques et du caract\u00e8re consociatif du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien en se pr\u00e9occupant directement de la \u00ab\u00a0perception\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0confiance\u00a0\u00bb, non pas tant du public canadien \u00e0 l\u2019endroit de la Cour, mais bien des Qu\u00e9b\u00e9cois en particulier. Soucieux de s\u2019adresser \u00e0 l\u2019auditoire qu\u00e9b\u00e9cois, les membres du plus haut tribunal consid\u00e8rent que la pr\u00e9sence de trois juges civilistes issus du cette province vise \u00e0 \u00ab\u00a0renforcer la confiance <em>des Qu\u00e9b\u00e9cois<\/em> envers la Cour en tant qu\u2019arbitre ultime de <em>leurs<\/em> droits\u00a0\u00bb [nos italiques]<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>. C\u2019est dans cette optique que sont employ\u00e9s, \u00e0 de multiples reprises, les termes \u00ab\u00a0pr\u00e9server\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a>, \u00ab\u00a0renforcer\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a> ou \u00ab\u00a0susciter\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a> [&#8230;] \u00ab\u00a0la confiance des Qu\u00e9b\u00e9cois envers la Cour\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a>.<\/p>\n<p>Enfin, troisi\u00e8mement, la juge en chef McLachlin engage la majorit\u00e9 de la Cour dans une r\u00e9flexion sur la d\u00e9licate question de la \u00ab\u00a0l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0\u00bb de la Cour supr\u00eame. D\u2019un point de vue qu\u00e9b\u00e9cois, il est en effet facile de douter de la neutralit\u00e9 et de l\u2019ind\u00e9pendance d\u2019une cour dont les membres sont unilat\u00e9ralement nomm\u00e9s par les autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales afin d\u2019interpr\u00e9ter une Constitution dont la pi\u00e8ce ma\u00eetresse, la <em>LC de 1982<\/em>, a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 la seule province majoritairement francophone. C\u2019est peut-\u00eatre pour cette raison que la juge en chef se montre tr\u00e8s soucieuse de l\u2019acceptabilit\u00e9 et de la perception de la Cour au Qu\u00e9bec. Elle emploie \u00e0 quatre reprises le terme \u00ab\u00a0l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn82\" name=\"_ftnref82\">[82]<\/a> et \u00e0 sept reprises celui de \u00ab\u00a0confiance\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn83\" name=\"_ftnref83\">[83]<\/a>, et elle en fait des consid\u00e9rations essentielles de l\u2019avis qui conditionnent l\u2019interpr\u00e9tation de la Constitution. Cette prise en compte de la l\u00e9gitimit\u00e9 de la Cour au Qu\u00e9bec<a href=\"#_ftn84\" name=\"_ftnref84\">[84]<\/a>, par opposition \u00e0 sa l\u00e9gitimit\u00e9 dans le reste du Canada, se veut conforme aux th\u00e9ories consociatives, o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 s\u2019appr\u00e9cie ou se d\u00e9double en fonction de chaque segment ou composante de l\u2019ensemble plurinational.<\/p>\n<h2 id=\"38b-fb3-458-a64-7f5\">B.\u00a0 La constitutionnalisation des \u00ab\u00a0compromis historiques\u00a0\u00bb et arrangements consociatifs<\/h2>\n<p>\u00c0 cette reconnaissance de la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec s\u2019ajoute la pr\u00e9occupation constante et plus ancienne de la Cour en faveur de la protection des compromis n\u00e9goci\u00e9s entre les composantes du pacte f\u00e9d\u00e9ratif. Interpr\u00e9tant le texte de la Constitution comme un objet profond\u00e9ment enracin\u00e9 dans l\u2019histoire politique canadienne, les membres du plus haut tribunal per\u00e7oivent celui-ci comme l\u2019expression de \u00ab\u00a0compromis historiques\u00a0\u00bb dont ils se veulent les interpr\u00e8tes et les gardiens<a href=\"#_ftn85\" name=\"_ftnref85\">[85]<\/a>. De tels compromis seraient, en quelque sorte, inh\u00e9rents \u00e0 ce f\u00e9d\u00e9ralisme consociatif, n\u00e9goci\u00e9 entre les \u00e9lites des colonies impliqu\u00e9es lors de l\u2019\u00e9laboration de la <em>LC de 1867<\/em>.<\/p>\n<p>Ce raisonnement de la Cour s\u2019inscrit d\u2019ailleurs en continuit\u00e9 avec sa jurisprudence. Le caract\u00e8re supral\u00e9gislatif des compromis conclus entre les diff\u00e9rentes composantes nationales \u00e0 l\u2019origine de la f\u00e9d\u00e9ration y a \u00e9t\u00e9 maintes fois r\u00e9affirm\u00e9, notamment en mati\u00e8re de partage des comp\u00e9tences<a href=\"#_ftn86\" name=\"_ftnref86\">[86]<\/a>, de protection des droits linguistiques<a href=\"#_ftn87\" name=\"_ftnref87\">[87]<\/a>, d\u2019\u00e9coles confessionnelles<a href=\"#_ftn88\" name=\"_ftnref88\">[88]<\/a>, d\u2019organisation du pouvoir judiciaire<a href=\"#_ftn89\" name=\"_ftnref89\">[89]<\/a> et, bien \u00e9videmment, pour tout ce qui concerne la modification de la Constitution<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>. Par exemple, il ressort de la jurisprudence entourant le pouvoir de modification unilat\u00e9rale des provinces, au premier chef des arr\u00eats <em>Blaikie<\/em> et <em>SEFPO<\/em>, que toute modification \u00e9troitement li\u00e9e au compromis f\u00e9d\u00e9ratif canadien \u00e9chappe au domaine des proc\u00e9dures unilat\u00e9rales de modification<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a>. De plus, lors du premier <em>Renvoi relatif \u00e0 la Comp\u00e9tence du Parlement relativement \u00e0 la Chambre haute<\/em> de 1979, c\u2019est sur la base des \u00ab\u00a0caract\u00e9ristiques fondamentales\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a> du S\u00e9nat et de l\u2019analyse des compromis historiques<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a> qui d\u00e9coulent de son adoption que le plus haut tribunal avait trac\u00e9 une ligne \u00e9tanche entre le domaine d\u2019application de l\u2019ancien paragraphe\u00a091(1) de la <em>LC de 1867<\/em> et le domaine de la Constitution rigide et formelle.<\/p>\n<p>Dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, la juge en chef s\u2019engage encore un peu plus dans cette voie\u00a0: elle y d\u00e9veloppe une lecture \u00ab\u00a0continue\u00a0\u00bb de ces compromis entre les \u00e9lites du Qu\u00e9bec et du Canada qui ne se limite plus aux seules n\u00e9gociations pr\u00e9conf\u00e9d\u00e9ratives. En effet, elle puise, dans des textes plus r\u00e9cents, l\u2019expression de pr\u00e9occupations essentielles du point de vue de la nation minoritaire que constitue le Qu\u00e9bec. Elle propose \u00e9galement une interpr\u00e9tation de la Constitution soucieuse de respecter les compromis pr\u00e9alables \u00e0 la cr\u00e9ation de la Cour, m\u00eame si cette derni\u00e8re n\u2019a pas fait l\u2019objet, en 1875, d\u2019une n\u00e9gociation formelle comme celles ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019adoption de la <em>LC de 1867<\/em>. Elle \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<p>En effet, l\u2019art. 6 exprime le <em>compromis historique<\/em> qui a men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de la Cour supr\u00eame. Tout comme la protection des droits linguistiques, religieux et scolaires de minorit\u00e9s constituait une <em>consid\u00e9ration majeure<\/em> dans les n\u00e9gociations qui ont men\u00e9 \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration (<em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec<\/em>, [1998] 2 R.C.S.\u00a0217 (\u00ab\u00a0<em>Renvoi sur la s\u00e9cession<\/em>\u00a0\u00bb), par.\u00a079\u201182), la protection du Qu\u00e9bec par un nombre minimum de juges du Qu\u00e9bec constituait <em>un enjeu majeur<\/em> de la cr\u00e9ation de la Cour. Une interpr\u00e9tation t\u00e9l\u00e9ologique de l\u2019art.\u00a06 doit refl\u00e9ter la conclusion de <em>ce compromis<\/em> et non saper celui\u2011ci [nos italiques]<a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans cet extrait, le compromis de 1875 entourant la cr\u00e9ation par simple loi f\u00e9d\u00e9rale d\u2019une cour g\u00e9n\u00e9rale d\u2019appel<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a> se hisse au m\u00eame rang que les autres compromis de 1867 li\u00e9s \u00e0 la protection des minorit\u00e9s. Cons\u00e9quence inh\u00e9rente du f\u00e9d\u00e9ralisme consociatif, l\u2019ensemble de ces \u00ab\u00a0compromis\u00a0\u00bb guide l\u2019interpr\u00e9tation de la Constitution. Ainsi, tout ce qui touche \u00e0 une consid\u00e9ration essentielle de l\u2019une des composantes du pacte constitutionnel canadien est syst\u00e9matiquement soustrait du domaine d\u2019application de la proc\u00e9dure unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale de l\u2019article\u00a044.<\/p>\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat de la Cour supr\u00eame pour les pr\u00e9occupations historiques des diff\u00e9rents segments ou composantes du pacte consociatif s\u2019\u00e9tend \u00e9galement aux n\u00e9gociations portant sur des modifications constitutionnelles qui n\u2019ont finalement pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9es. D\u2019abord, dans le <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, la juge en chef discute des incidences des accords du lac Meech et de Charlottetown sur la \u00ab\u00a0sauvegarde des int\u00e9r\u00eats du Qu\u00e9bec \u00e0 la Cour supr\u00eame\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\"><sup>[96]<\/sup><\/a>. Puis, dans les deux avis de 2014, les membres du plus haut tribunal s\u2019appuient sur les notes explicatives de l\u2019<em>Accord constitutionnel\u00a0: projet canadien de rapatriement de la Constitution<\/em> de 1981, dit \u00ab\u00a0Accord d\u2019avril\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a>. Cet Accord avait \u00e9t\u00e9 conclu par les huit provinces qui s\u2019opposaient aux propositions de rapatriement des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales, afin, entre autres, de t\u00e9moigner de \u00ab\u00a0l\u2019intention de limiter le pouvoir unilat\u00e9ral du Parlement\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\"><sup>[98]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Rejetant l\u2019interpr\u00e9tation de l\u2019alin\u00e9a\u00a041d) de la <em>LC de 1982<\/em> pr\u00e9conis\u00e9e par le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada, la juge en chef utilise le raisonnement suivant\u00a0: \u00ab\u00a0le Qu\u00e9bec, qui a sign\u00e9 l\u2019Accord d\u2019avril, n\u2019aurait certainement pas consenti \u00e0 cela, et les autres provinces non plus\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\"><sup>[99]<\/sup><\/a>. C\u2019est l\u00e0 une mani\u00e8re \u00e9tonnante de prendre en compte, non pas tant l\u2019intention du pouvoir constituant (l\u2019Accord d\u2019avril\u00a01981 n\u2019ayant jamais \u00e9t\u00e9 formellement adopt\u00e9), mais bien plut\u00f4t les pr\u00e9occupations l\u00e9gitimes des repr\u00e9sentants du Qu\u00e9bec, alors consid\u00e9r\u00e9 comme une composante distincte de la f\u00e9d\u00e9ration. Du coup, la Cour op\u00e8re une interpr\u00e9tation d\u2019un texte constitutionnel rejet\u00e9 par le Qu\u00e9bec, la <em>LC de 1982<\/em>, en tenant compte du point de vue de cette nation minoritaire. En raisonnant ainsi, la Cour cherche \u00e0 pr\u00e9server les int\u00e9r\u00eats du Qu\u00e9bec face \u00e0 des dispositions qui lui ont \u00e9t\u00e9 impos\u00e9es par la force du plus grand nombre.<\/p>\n<p>Le crit\u00e8re du \u00ab\u00a0compromis historique\u00a0\u00bb a donc pour effet de retirer de la sph\u00e8re de comp\u00e9tence unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale l\u2019ensemble des consid\u00e9rations essentielles aux yeux du Qu\u00e9bec au moment de l\u2019adoption de la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame <\/em>et de la <em>LC de 1982<\/em>. Ce crit\u00e8re entra\u00eene du m\u00eame coup une reconnaissance des pr\u00e9occupations l\u00e9gitimes de chaque communaut\u00e9 nationale qui compose le Canada et renforce, \u00e0 juste titre selon nous, le caract\u00e8re consociatif du pacte constitutionnel canadien.<\/p>\n<h2 id=\"ec5-5a9-454-87a-997\">C.\u00a0 La protection des arrangements sp\u00e9ciaux et la nature asym\u00e9trique de la Constitution<\/h2>\n<p>Les compromis n\u00e9goci\u00e9s par les acteurs politiques \u00e0 l\u2019origine des textes constitutionnels de m\u00eame que la situation particuli\u00e8re du Qu\u00e9bec comme composante de cette f\u00e9d\u00e9ration plurinationale favorisent une lecture \u00e0 la fois plus segment\u00e9e des diff\u00e9rents arrangements sp\u00e9ciaux et plus propice au f\u00e9d\u00e9ralisme asym\u00e9trique. Or, parmi l\u2019ensemble des compromis historiques prot\u00e9g\u00e9s, la Cour supr\u00eame en identifie un type particulier\u00a0: les arrangements sp\u00e9ciaux vis\u00e9s par l\u2019article\u00a043 de la <em>LC de 1982<\/em><a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>. Ce sont des compromis historiques qui n\u2019impliquent que certaines provinces et qui participent, de ce fait, \u00e0 renforcer le caract\u00e8re asym\u00e9trique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien.<\/p>\n<p>Il en est question dans le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em> lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019interpr\u00e9ter les paragraphes\u00a023(3) et 23(4) de la <em>LC de 1867<\/em> portant sur les exigences relatives \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 des s\u00e9nateurs<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>. En l\u2019esp\u00e8ce, aucune des parties au renvoi ne s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9e \u00e0 ce que le Parlement f\u00e9d\u00e9ral puisse modifier seul l\u2019exigence relative \u00e0 l\u2019avoir net des s\u00e9nateurs pr\u00e9vue au paragraphe\u00a023(4), pas m\u00eame le Qu\u00e9bec. Ce dernier, soutenu par le s\u00e9nateur Joyal<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a> et les <em>amici curiae<\/em><a href=\"#_ftn103\" name=\"_ftnref103\">[103]<\/a>, a toutefois revendiqu\u00e9 un droit de v\u00e9to sp\u00e9cifique concernant l\u2019abrogation du paragraphe\u00a023(3)<a href=\"#_ftn104\" name=\"_ftnref104\">[104]<\/a>. Une telle abrogation aurait une incidence particuli\u00e8re pour les s\u00e9nateurs du Qu\u00e9bec qui, en vertu du paragraphe\u00a023(6) doivent \u00eatre domicili\u00e9s <em>ou <\/em>poss\u00e9der leur qualification fonci\u00e8re dans le coll\u00e8ge \u00e9lectoral dont la repr\u00e9sentation leur est assign\u00e9e<a href=\"#_ftn105\" name=\"_ftnref105\">[105]<\/a>. Faisant siens ces arguments, la Cour supr\u00eame a conclu que le paragraphe\u00a023(6) pr\u00e9voyait un \u00ab\u00a0arrangement sp\u00e9cial\u00a0\u00bb applicable \u00e0 une seule province et, par cons\u00e9quent, que sa modification entrait dans le champ d\u2019application de l\u2019article\u00a043 de la <em>LC de 1982<\/em><a href=\"#_ftn106\" name=\"_ftnref106\">[106]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette reconnaissance d\u2019un droit de v\u00e9to pour le Qu\u00e9bec en ce qui concerne les dispositions constitutionnelles qui lui sont sp\u00e9cifiquement applicables repr\u00e9sente une innovation importante qui renforce le caract\u00e8re consociatif de la proc\u00e9dure de modification. Souvent qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0proc\u00e9dure bilat\u00e9rale\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn107\" name=\"_ftnref107\">[107]<\/a>, de \u00ab\u00a0proc\u00e9dure de l\u2019unanimit\u00e9 s\u00e9lective\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn108\" name=\"_ftnref108\">[108]<\/a> ou de \u00ab\u00a0<em>some-but-not-all provinces procedure<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn109\" name=\"_ftnref109\">[109]<\/a>, la proc\u00e9dure de l\u2019article\u00a043 a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e dans le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>. Insistant sur le caract\u00e8re asym\u00e9trique de ces dispositions de la Constitution, applicables \u00e0 certaines provinces seulement, la Cour d\u00e9signe d\u00e9sormais l\u2019article\u00a043 comme la \u00ab\u00a0proc\u00e9dure relative aux arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn110\" name=\"_ftnref110\">[110]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette nouvelle qualification a pour cons\u00e9quence d\u2019\u00e9largir consid\u00e9rablement le domaine d\u2019application potentielle de l\u2019article\u00a043 de la <em>LC de\u00a01867<\/em>. D\u2019abord, l\u2019utilisation des termes \u00ab\u00a0arrangements sp\u00e9ciaux\u00a0\u00bb se veut plus englobante que les modifications \u00ab\u00a0applicables exclusivement \u00e0 certaines provinces\u00a0\u00bb auxquelles faisait souvent r\u00e9f\u00e9rence la doctrine<a href=\"#_ftn111\" name=\"_ftnref111\">[111]<\/a>. Ce domaine ne se limite pas aux seules questions analogues \u00e0 celles mentionn\u00e9es aux alin\u00e9as a) et b) de l\u2019article\u00a043. En ce sens, le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em> favorise une conception large de l\u2019article\u00a043. Selon les termes de la Cour, celui-ci \u00ab\u00a0entre en jeu, <em>\u00e0 tout le moins<\/em>, lorsqu\u2019une modification constitutionnelle touche une disposition de la Constitution du Canada qui pr\u00e9voit un \u201carrangement sp\u00e9cial\u201d, applicable uniquement \u00e0 une ou \u00e0 certaines des provinces\u00a0\u00bb [nos italiques]<a href=\"#_ftn112\" name=\"_ftnref112\"><sup>[112]<\/sup><\/a>. Elle semble donc concevoir que cette proc\u00e9dure puisse s\u2019appliquer \u00e0 d\u2019autres situations que les arrangements sp\u00e9ciaux. Du reste, la Cour ne mentionne \u00e0 aucun moment l\u2019exigence, trop formaliste \u00e0 notre sens, selon laquelle l\u2019article\u00a043 ne viserait que les dispositions existantes de la Constitution et qu\u2019il ne permettrait pas d\u2019ench\u00e2sser de nouveaux objets<a href=\"#_ftn113\" name=\"_ftnref113\">[113]<\/a>.<\/p>\n<p>Enfin, la fonction plus \u00ab\u00a0d\u00e9fensive\u00a0\u00bb de ce droit de v\u00e9to, bien affirm\u00e9e dans le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, semble confirmer l\u2019effet cumulatif de l\u2019article\u00a043 avec les autres proc\u00e9dures de modification. Cet argument, soutenu par une partie de la doctrine, se r\u00e9sume ainsi\u00a0: dans une situation o\u00f9 une modification vis\u00e9e express\u00e9ment par la proc\u00e9dure du 7\/50 remet en question un \u00ab\u00a0arrangement sp\u00e9cial\u00a0\u00bb pour une province, les proc\u00e9dures se cumulent<a href=\"#_ftn114\" name=\"_ftnref114\"><sup>[114]<\/sup><\/a>. Par cons\u00e9quent, la ou les provinces concern\u00e9es par l\u2019arran-gement sp\u00e9cial doivent n\u00e9cessairement faire partie des\u00a0sept\u00a0provinces qui donnent leur accord. Ces provinces se voient donc attribuer une sorte de v\u00e9to circonstanciel au nom de la protection des arrangements sp\u00e9ciaux, ce qui renforce, encore une fois, le caract\u00e8re consociatif et asym\u00e9trique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien.<\/p>\n<h1 id=\"025-2ba-404-9cf-e1a\">Conclusion<\/h1>\n<p>Les avis de 2014 ont, de toute \u00e9vidence, donn\u00e9 un nouveau souffle au principe du f\u00e9d\u00e9ralisme qui, tant dans le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em> que dans celui sur la Cour supr\u00eame, joue un r\u00f4le de premier plan. Celui-ci permet de tracer une ligne entre la comp\u00e9tence f\u00e9d\u00e9rale de l\u00e9gif\u00e9rer sur certains aspects plus secondaires des institutions centrales et celle du pouvoir constituant qui s\u2019\u00e9tend \u00e0 l\u2019ensemble des caract\u00e9ristiques essentielles prot\u00e9g\u00e9es par les proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de r\u00e9vision de la Constitution. Entre, d\u2019une part, le domaine des lois mat\u00e9riellement constitutionnelles et, d\u2019autre part, celui des normes supral\u00e9gislatives, s\u2019articule un ordonnancement juridique plus coh\u00e9rent o\u00f9 la rigidit\u00e9 d\u00e9pend en grande partie de l\u2019importance d\u2019une norme ou d\u2019une institution au regard du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme.<\/p>\n<p>Outre l\u2019influence du f\u00e9d\u00e9ralisme sur l\u2019architecture de l\u2019ordonnance-ment juridique canadien, l\u2019innovation la plus importante r\u00e9side dans l\u2019approche consociative ou plurinationale du f\u00e9d\u00e9ralisme que semble d\u00e9sormais adopter la Cour supr\u00eame, du moins, en ce qui concerne l\u2019interpr\u00e9tation de la partie\u00a0V. Prenant acte des clivages d\u00e9motiques, la Cour tire enfin les cons\u00e9quences qui s\u2019imposent de la sp\u00e9cificit\u00e9 du Qu\u00e9bec, soit le caract\u00e8re plurinational et bijuridique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien. La Cour se montre ainsi soucieuse de respecter les particularismes et les pr\u00e9occupations propres \u00e0 chaque composante du pacte f\u00e9d\u00e9ratif par une interpr\u00e9tation qui tient compte des clivages d\u00e9motiques et du caract\u00e8re asym\u00e9trique du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien.<\/p>\n<p>Si cette conception plurinationale du f\u00e9d\u00e9ralisme qui se d\u00e9gage des deux avis de 2014 repr\u00e9sente une avanc\u00e9e pour l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs au Canada, il reste \u00e0 esp\u00e9rer qu\u2019elle saura maintenant rayonner au-del\u00e0 du contentieux relatif \u00e0 la r\u00e9vision de la Constitution pour s\u2019\u00e9tendre aussi \u00e0 celui du titre\u00a0VI de la <em>LC de 1867<\/em> relatif au partage des comp\u00e9tences l\u00e9gislatives. Le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme pourra-t-il, \u00e0 terme, s\u2019imposer comme principe matriciel ou ne sera-t-il que l\u2019instrument d\u2019une politique circonstancielle conduite par la Cour supr\u00eame\u00a0? Au-del\u00e0 du f\u00e9d\u00e9ralisme, reconna\u00eetre une large port\u00e9e aux proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de modification, c\u2019est aussi un moyen pour la Cour d\u2019accentuer son emprise sur les institutions. En assurant la supr\u00e9matie de la Constitution, elle renforce, du m\u00eame coup, la supr\u00e9matie du juge qui en est l\u2019interpr\u00e8te ultime. C\u2019est n\u00e9anmoins \u00e0 juste titre, selon nous, qu\u2019elle condamne l\u2019acharnement du f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 vouloir proc\u00e9der unilat\u00e9ralement \u00e0 la r\u00e9forme des institutions et qu\u2019elle en appelle aux autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales et provinciales afin de conduire de r\u00e9elles n\u00e9gociations constitutionnelles. C\u2019est maintenant aux acteurs politiques de se montrer \u00e0 la hauteur de ce d\u00e9fi\u00a0!<\/p>\n<p><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 2014 CSC 32, [2014] 1 RCS\u00a0704 [<em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 2014 CSC 21, [2014] 1 RCS\u00a0433 [<em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Le terme est ici emprunt\u00e9 \u00e0 Bertrand\u00a0Mathieu (\u00ab\u00a0Pour une reconnaissance de \u201cprincipes matriciels\u201d en mati\u00e8re de protection constitutionnelle des droits de l\u2019homme\u00a0\u00bb (1995) D\u00a0211 \u00e0 la p\u00a0211).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Les questions soumises \u00e0 la Cour avaient pour objet les diff\u00e9rentes formules propos\u00e9es par l\u2019un ou l\u2019autre des huit projets de loi d\u00e9pos\u00e9s par le gouvernement conservateur depuis son entr\u00e9e au pouvoir. De ces projets de loi, quatre proposaient de modifier l\u2019article\u00a029 de la <em>Loi constitutionnelle de 1867<\/em> ((R-U), 30 &amp; 31 Vict, c\u00a03, reproduit dans LRC 1985, annexe II, n<sup>o<\/sup>\u00a05 [<em>LC de 1867<\/em>]) afin de fixer le mandat des s\u00e9nateurs \u00e0 huit ans\u00a0: PL S-4, <em>Loi modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 (dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs)<\/em>, 1<sup>re<\/sup> sess, 39<sup>e<\/sup> parl, 2006, art\u00a01 (premi\u00e8re lecture le 30 mai\u00a02006); PL C-19, <em>Loi modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 (dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs)<\/em>, 2<sup>e<\/sup> sess, 39<sup>e<\/sup> parl, 2007, art\u00a01 (premi\u00e8re lecture le 13 novembre\u00a02007); PL S-7, <em>Loi modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 <\/em>(<em>limitation de la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs<\/em>), 2<sup>e<\/sup> sess, 40<sup>e<\/sup> parl, 2009, art\u00a03 (premi\u00e8re lecture le 28 mai\u00a02009); PL C-10, <em>Loi modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 (limitation de la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs)<\/em>, 3<sup>e<\/sup> sess, 40<sup>e<\/sup> parl,\u00a02010, art\u00a03 (premi\u00e8re lecture le 29 mars\u00a02010). Ces projets de loi furent g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9pos\u00e9s de fa\u00e7on concomitante avec des projets de loi distincts visant \u00e0 mettre en place des \u00e9lections s\u00e9natoriales dites \u00ab\u00a0consultatives\u00a0\u00bb. Les projets de loi C-43 et C-20 pr\u00e9voyaient tous deux la tenue d\u2019\u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales alors que le projet de loi S-8 \u00e9tablissait, quant \u00e0 lui, un cadre que devaient adopter les provinces pour organiser des \u00e9lections s\u00e9natoriales sur leur territoire. \u00c0 ce sujet, voir PL C-43, <em>Loi pr\u00e9voyant la consultation des \u00e9lecteurs en ce qui touche leurs choix concernant la nomination des s\u00e9nateurs<\/em>,\u00a01<sup>re<\/sup> sess, 39<sup>e<\/sup> parl, 2006, art\u00a012(1) (premi\u00e8re lecture le 13 d\u00e9cembre\u00a02006); PL C-20, <em>Loi pr\u00e9voyant la consultation des \u00e9lecteurs en ce qui touche leurs choix concernant la nomination des s\u00e9nateurs<\/em>, 2<sup>e <\/sup>sess, 39<sup>e<\/sup> parl, 2007, art\u00a012(1) (premi\u00e8re lecture le 13 novembre\u00a02007); PL S-8, <em>Loi concernant la s\u00e9lection des s\u00e9nateurs<\/em>, 3<sup>e <\/sup>sess, 40<sup>e<\/sup> l\u00e9g, 2010, pr\u00e9ambule (premi\u00e8re lecture 27 avril\u00a02010). Finalement, le projet de loi C-7 fusionnait, dans un m\u00eame v\u00e9hicule l\u00e9gislatif, l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une dur\u00e9e de mandat fixe des s\u00e9nateurs \u00e0\u00a0neuf ans, et l\u2019introduction d\u2019\u00e9lections s\u00e9natoriales organis\u00e9es par les provinces en fonction d\u2019un cadre pr\u00e9vu par l\u2019annexe accompagnant le projet de loi (PL C-7, <em>Loi concernant la s\u00e9lection des s\u00e9nateurs et modifiant la Loi constitutionnelle de 1867 relativement \u00e0 la limitation de la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs<\/em>, 1<sup>re <\/sup>sess, 41<sup>e<\/sup> parl, 2011, art\u00a04(1) et annexe (premi\u00e8re lecture le 21 juin\u00a02011). Le projet de loi\u00a0C-7 est rest\u00e9 au feuilleton jusqu\u2019\u00e0 la prorogation du 13 septembre\u00a02013, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 en deuxi\u00e8me lecture pendant plus d\u2019un an.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0 <\/em>LRC 1985, c S-26.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Les articles\u00a0471\u201372 de la <em>Loi n<sup>o<\/sup>\u00a02 portant ex\u00e9cution de certaines dispositions du budget d\u00e9pos\u00e9 au Parlement le 21 mars\u00a02013 et mettant en \u0153uvre d\u2019autres mesures,<\/em> LC\u00a02013, c\u00a040 modifiaient la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a05) par l\u2019ajout des articles\u00a05.1\u00a0et\u00a06.1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Loi constitutionnelle de\u00a01982<\/em>, art\u00a052(3), constituant l\u2019annexe\u00a0B de la <em>Loi de\u00a01982 sur le Canada<\/em> (R-U), 1982, c\u00a011 [<em>LC de\u00a01982<\/em>]. Ce paragraphe est \u00e0 cet \u00e9gard tr\u00e8s explicite\u00a0: \u00ab\u00a0[l]a Constitution du Canada ne peut \u00eatre modifi\u00e9e que conform\u00e9ment aux pouvoirs conf\u00e9r\u00e9s par elle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a><em> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir ibid<\/em>, art\u00a038\u201349.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a048.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Voir ibid<\/em> aux para\u00a019,\u00a047,\u00a053,\u00a060,\u00a077,\u00a087,\u00a097,\u00a0107; <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a019,\u00a074,\u00a076,\u00a090,\u00a092,\u00a094,\u00a095,\u00a099,\u00a0101, juge en chef McLachlin, et 113, juge Moldaver, dissident.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00a0\u00a0 Comme l\u2019\u00e9crit la Cour, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, les proc\u00e9dures de modification de \u00ab\u00a0la partie V refl\u00e8tent le consensus politique selon lequel les provinces doivent avoir un droit de participation aux modifications constitutionnelles mettant en cause leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0\u00bb (<em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a031).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00a0\u00a0 Le terme \u00ab\u00a0consociatif\u00a0\u00bb r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l\u2019ensemble des m\u00e9canismes et arrangements ayant pour objectif de favoriser le consensus entre les composantes d\u2019un \u00c9tat plurinational de m\u00eame qu\u2019\u00e0 l\u2019esprit qui sous-tend l\u2019institutionnalisation de ces m\u00e9canismes (voir Dave Sinarder, \u00ab\u00a0Le f\u00e9d\u00e9ralisme consociatif belge\u00a0: vecteur d\u2019instabilit\u00e9?\u00a0\u00bb (2011) 136 Pouvoirs\u00a021 \u00e0 la p 22; John Pinder, \u00ab\u00a0Multinational Federations\u00a0: Introduction\u00a0\u00bb dans Michael Burgess et John Pinder, dir, <em>Multinational Federations<\/em>, New York, Routledge,\u00a02007, \u00e0 la p 9). Il prend sa source dans un concept d\u00e9gag\u00e9 de\u00a0la d\u00e9mocratie consociative, une th\u00e9orie d\u00e9velopp\u00e9e par le politologue Arend Lijphart (Arend Lijphart, <em>Democracy in Plural Societies: A Comparative Exploration<\/em>, New Haven, Yale University Press, 1977). Ce terme renvoie aussi \u00e0 une forme de gouvernance ayant pour effet de \u00ab\u00a0partager le pouvoir entre les \u00e9lites des diff\u00e9rents groupes composant une soci\u00e9t\u00e9 et ainsi \u00e9viter une d\u00e9mocratie de type majoritaire se caract\u00e9risant par l\u2019unilat\u00e9ralisme\u00a0\u00bb (voir Dave Gu\u00e9nette, \u00ab\u00a0La Cour supr\u00eame du Canada et la pluralit\u00e9 d\u00e9motique de l\u2019\u00c9tat canadien\u00a0: des fragments de consociationalisme dans la jurisprudence constitutionnelle r\u00e9cente\u00a0\u00bb C de D [\u00e0 para\u00eetre en 2015]).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir notamment Luc B Tremblay, \u00ab\u00a0Les principes constitutionnels non \u00e9crits\u00a0\u00bb (2012)\u00a017\u00a0:\u00a01\u00a0R \u00e9tudes const\u00a015 \u00e0 la p\u00a017; Olivier Courtemanche, <em>Les principes constitutionnels implicites\u00a0: \u00e9tude jurisprudentielle de leur nature, de leur r\u00f4le et de leur autorit\u00e9<\/em>, m\u00e9moire de LL.M., Universit\u00e9 Laval, 2008 \u00e0 la p\u00a0152; Eug\u00e9nie Brouillet, \u00ab\u00a0La dilution du principe f\u00e9d\u00e9ratif et la jurisprudence de la Cour supr\u00eame du Canada\u00a0\u00bb (2004)\u00a045\u00a0:\u00a01 C de D 7 \u00e0 la p\u00a012 [Brouillet, \u00ab\u00a0Dilution\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi\u00a0: R\u00e9solution pour modifier la Constitution<\/em>, [1981] 1 RCS\u00a0753 \u00e0 la p\u00a0853,\u00a0125 DLR (3<sup>e<\/sup>)\u00a01.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00a0\u00a0 La Cour supr\u00eame a reconnu que la tenue de conf\u00e9rences f\u00e9d\u00e9rales-provinciales, la nomination des lieutenants-gouverneurs ainsi que l\u2019exercice du pouvoir de r\u00e9serve et de d\u00e9saveu peuvent \u00eatre encadr\u00e9s par des conventions ayant pour fondement la protection du f\u00e9d\u00e9ralisme (voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0879). Par ailleurs, Fr\u00e9d\u00e9ric Levesque mentionne que la r\u00e8gle de l\u2019alternance au poste de gouverneur g\u00e9n\u00e9ral aurait vraisemblablement comme raison d\u2019\u00eatre le f\u00e9d\u00e9ralisme, alors que Jos\u00e9 Woehrling soutient la m\u00eame hypoth\u00e8se concernant la repr\u00e9sentation des entit\u00e9s f\u00e9d\u00e9r\u00e9es dans l\u2019adoption de l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale (Fr\u00e9d\u00e9ric Levesque, \u00ab\u00a0L\u2019alternance au poste de gouverneur g\u00e9n\u00e9ral et la dualit\u00e9 canadienne\u00a0: r\u00e8gle de politesse ou convention constitutionnelle\u00a0?\u00a0\u00bb (2007)\u00a037 RGD\u00a0301 \u00e0 la p\u00a0320; Jos\u00e9 Woehrling, \u00ab\u00a0La modification par convention constitutionnelle du mode de d\u00e9signation des s\u00e9nateurs canadiens\u00a0\u00bb (2008\u20132009) 39 RDUS\u00a0115 \u00e0 la p\u00a0143).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> \u00a0\u00a0 En 1981, le sens et, surtout, la port\u00e9e du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme ont profond\u00e9ment divis\u00e9 la Cour dans le <em>Renvoi\u00a0: R\u00e9solution pour modifier la Constitution<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a014)<em>.<\/em> Une lecture comparative des motifs de la majorit\u00e9 aux pp\u00a0804\u201307, par opposition aux motifs des juges dissidents \u00e0 la p\u00a0821 ou encore de ceux du juge en chef Laskin, des juges Estey et McIntyre \u00e0 la p\u00a0872, montre bien la controverse quant \u00e0 la nature et \u00e0 la force contraignante de ce principe.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0821, juges Martland et Ritchie, dissidents.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u00a0\u00a0 Par exemple, dans l\u2019arr\u00eat <em>SEFPO<\/em>, le juge Beetz, pour la majorit\u00e9, fait directement r\u00e9f\u00e9rence au \u00ab\u00a0principe f\u00e9d\u00e9ral\u00a0\u00bb, et ce, \u00e0 plusieurs reprises, (<em>SEFPO c Ontario<\/em> <em>(PG)<\/em>, [1987] 2 RCS\u00a02 aux pp\u00a039,\u00a040,\u00a045,\u00a048,\u00a041 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a01 [<em>SEFPO<\/em>]). Le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme a par ailleurs \u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement repris dans la jurisprudence de la Cour supr\u00eame en mati\u00e8re de partage des comp\u00e9tences (voir notamment <em>Banque canadienne de l\u2019Ouest<\/em> <em>c<\/em> <em>Alberta<\/em>, 2007 CSC 22 aux para\u00a021\u201324, [2007] 2 RCS\u00a03; <em>Renvoi\u00a0: Loi sur la procr\u00e9ation assist\u00e9e<\/em>, 2010 CSC 61 aux para\u00a0182\u201397, [2010] 3 RCS\u00a0457; <em>Renvoi relatif \u00e0 la Loi sur les valeurs mobili\u00e8res<\/em>, 2011 CSC 66 aux para\u00a054\u201362, [2011] 3 RCS\u00a0837).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00a0\u00a0 L\u2019obligation constitutionnelle de n\u00e9gocier entre le f\u00e9d\u00e9ral et les provinces trouve son fondement constitutionnel, notamment, dans le principe du f\u00e9d\u00e9ralisme. \u00c0 ce sujet, voir <em>Renvoi relatif \u00e0 la s\u00e9cession du Qu\u00e9bec, <\/em>[1998] 2 RCS\u00a0217 au para\u00a088,\u00a0161 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0385 [<em>Renvoi S\u00e9cession<\/em>]. Pour une possible application \u00e9largie du principe, voir Patrick Taillon et Alexis Desch\u00eanes, \u00ab\u00a0Une voie inexplor\u00e9e de renouvellement du f\u00e9d\u00e9ralisme canadien\u00a0: l\u2019obligation constitutionnelle de n\u00e9gocier des changements constitutionnels\u00a0\u00bb (2012) 53\u00a0:\u00a03 C de D 461.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Supra <\/em>note\u00a019 aux para\u00a055\u201360. Au para\u00a056, la Cour affirme\u00a0: \u00ab\u00a0[d]ans leur interpr\u00e9tation de notre Constitution, les tribunaux ont toujours tenu compte du principe du f\u00e9d\u00e9ralisme inh\u00e9rent \u00e0 la structure de nos arrangements constitutionnels, l\u2019\u00e9toile qui les a guid\u00e9s depuis le tout d\u00e9but\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> \u00a0\u00a0 Eug\u00e9nie Brouillet, \u00ab\u00a0Le f\u00e9d\u00e9ralisme et la Cour supr\u00eame du Canada\u00a0: quelques r\u00e9flexions sur le principe d\u2019exclusivit\u00e9 des pouvoirs\u00a0\u00bb (2010)\u00a03 RQDC\u00a060 \u00e0 la p\u00a060, en ligne\u00a0: &lt;www.aqdc.org&gt;. Voir aussi Brouillet, \u00ab\u00a0Dilution\u00a0\u00bb <em>supra<\/em> note\u00a013 \u00e0 la p\u00a013.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Voir Brouillet, \u00ab\u00a0Dilution\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note\u00a013.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a031.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a074,\u00a090,\u00a094,\u00a095, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux para\u00a048,\u00a069,\u00a077\u201379.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em> aux para\u00a075,\u00a078,\u00a082.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a048,\u00a059,\u00a069, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux para\u00a044,\u00a086,\u00a093.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>LC de\u00a01982<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a07, art\u00a038,\u00a042,\u00a044. Certains auteurs soutenaient \u00e0 tort que l\u2019article\u00a042 de la <em>LC de 1982<\/em> \u00e9num\u00e9rait les seules exceptions au pouvoir du Parlement f\u00e9d\u00e9ral de r\u00e9former unilat\u00e9ralement le S\u00e9nat en vertu de l\u2019article\u00a044 (voir notamment Chambre des communes, Comit\u00e9 l\u00e9gislatif charg\u00e9 du projet de loi C-20, <em>T\u00e9moignages<\/em>,\u00a039<sup>e<\/sup> parl, 2<sup>e<\/sup> sess, s\u00e9ance n<sup>o<\/sup>\u00a05 (16 avril\u00a02008) \u00e0 la p\u00a03 ( Peter W Hogg); Chambre des communes, Comit\u00e9 l\u00e9gislatif charg\u00e9 du projet de loi C-20, <em>T\u00e9moignages<\/em>, 39<sup>e<\/sup> parl, 2<sup>e<\/sup> sess, s\u00e9ance n<sup>o<\/sup>\u00a02 (5 mars\u00a02008) \u00e0 la p\u00a08 ( Warren J Newman)).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Pierre-Andr\u00e9 C\u00f4t\u00e9, <em>Interpr\u00e9tation des lois<\/em>, 4<sup>e<\/sup> \u00e9d, Montr\u00e9al, Th\u00e9mis,\u00a02009 aux<br \/>\npara\u00a01247\u201349.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a01 (m\u00e9moire du Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada aux para\u00a0111,\u00a0127,\u00a0148, en ligne\u00a0: &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a075.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a034,\u00a075.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> \u00a0\u00a0 [1980]\u00a01 RCS\u00a054,\u00a0102 DLR (3<sup>e<\/sup>)\u00a01 [<em>Renvoi relatif \u00e0 la Chambre haute <\/em>avec renvois aux RCS]. Lors de ce premier renvoi, le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada s\u2019appuyait sur une analyse textuelle du paragraphe\u00a091(1) de la <em>LC de 1867<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a04). Il soutenait alors que seules les cinq exceptions mentionn\u00e9es \u00e0 cet article pouvaient constituer une limite au pouvoir du Parlement f\u00e9d\u00e9ral de modifier unilat\u00e9ralement la Constitution. Or, la Cour avait rejet\u00e9 cette interpr\u00e9tation litt\u00e9rale et avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 employer une approche structurelle et historique, ce qui lui avait permis de d\u00e9duire qu\u2019il existait d\u2019autres limites implicites que celles express\u00e9ment mentionn\u00e9es au paragraphe\u00a091(1) qui s\u2019appliquaient \u00e0 la proc\u00e9dure de modification unilat\u00e9rale f\u00e9d\u00e9rale (voir notamment S\u00e9nat, Comit\u00e9 permanent des Affaires juridiques et constitutionnelles, <em>T\u00e9moignages<\/em>, 39<sup>e<\/sup> parl, 1<sup>re<\/sup> sess, s\u00e9ance n<sup>o\u00a0<\/sup>23 (22 mars\u00a02007) aux pp\u00a082,\u00a099 (John McEvoy)).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a074. Voir \u00e0 ce sujet Catherine Mathieu, <em>La r\u00e9forme du S\u00e9nat en marge des proc\u00e9dures multilat\u00e9rales de modification constitutionnelle<\/em>, m\u00e9moire de LL.M., Universit\u00e9 Laval,\u00a02013 aux pp\u00a074\u201385.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a031.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir notamment Beno\u00eet Pelletier,<em> La modification constitutionnelle au Canada<\/em>, Scarborough (Ont), Carswell,\u00a01996 \u00e0 la p\u00a074; Peter W Hogg, <em>Constitutional Law of Canada<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d, Toronto, Carswell,\u00a02012 \u00e0 la p\u00a017 [Hogg, <em>Constitutional Law,\u00a02012<\/em>] (dans la version plus r\u00e9cente de son ouvrage, Hogg revient timidement sur cette question en affirmant qu\u2019il est possible que la d\u00e9finition de la Constitution soit non exhaustive\u00a0: Peter W Hogg, <em>Constitutional Law of Canada<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d, Toronto, Carswell,\u00a02014 aux pp\u00a01\u20139); Jacques-Yvan Morin et Jos\u00e9 Woehrling, <em>Les constitutions du Canada et du Qu\u00e9bec\u00a0: du r\u00e9gime fran\u00e7ais \u00e0 nos jours<\/em>, t\u00a01, Montr\u00e9al, Th\u00e9mis,\u00a01994 \u00e0 la p\u00a0483.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir notamment Henri Brun, Guy Tremblay et Eug\u00e9nie Brouillet, <em>Droit constitutionnel<\/em>,\u00a05<sup>e<\/sup> \u00e9d, Cowansville, Les \u00c9ditions Yvon Blais, 2008, aux pp 14, 233\u201335; Nicole Dupl\u00e9, <em>Droit constitutionnel\u00a0: principes fondamentaux<\/em>, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d, Montr\u00e9al, Wilson &amp; Lafleur, 2014 \u00a0\u00e0 la p 28; Ronald I Cheffins, \u00ab\u00a0The Constitution Act,\u00a01982 and the Amending Formula: Political and Legal Implications\u00a0\u00bb (1982)\u00a04 SCLR\u00a043 aux pp 53\u201354; Stephen A Scott, \u00ab\u00a0Pussycat, Pussycat or Patriation and the New Constitutional Amendment Processes\u00a0\u00bb (1982)\u00a020\u00a0:\u00a02 UWO L Rev\u00a0247 aux pp\u00a0265\u201366; Patrick J Monahan et Byron Shaw, <em>Constitutional<\/em> <em>Law<\/em>, 4<sup>e<\/sup> \u00e9d, Toronto, Irwin Law,\u00a02013 \u00e0 la p 193.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir \u00ab\u00a0Projet de r\u00e9solution portant adresse commune \u00e0 Sa Majest\u00e9 la Reine concernant la Constitution du Canada\u00a0\u00bb, Comit\u00e9 mixte sp\u00e9cial du S\u00e9nat et de la Chambre des communes sur la Constitution du Canada, <em>Proc\u00e8s-verbaux<\/em>, 32<sup>e<\/sup>\u00a0l\u00e9g, 1<sup>re<\/sup>\u00a0sess, n<sup>o<\/sup>54 (5\u00a0f\u00e9vrier\u00a01981) aux pp\u00a0105\u201307.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Briefing Book for Clause-by-clause Consideration of the Proposed Resolution (Book II)<\/em>, Ottawa, Biblioth\u00e8que et Archives Canada,\u00a01981, R11344, vol\u00a0406, art\u00a052\u00a0:<\/p>\n<p><em>The Constitution of Canada is found in other documents as well as those listed, such as the letters patent appointing the Governor General, the instructions to Lieutenant Governors, provincial statutes relating to the constitution of the province, federal statutes such as the Succession to the Throne Act. To try to enumerate all such documents would be too time-consuming. There would be a danger of leaving some out.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> \u00a0\u00a0 [1993] 1 RCS\u00a0319,\u00a0100 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0212. Le juge en chef Lamer, sans trancher d\u00e9finitivement la question, s\u2019est interrog\u00e9 sur le caract\u00e8re exhaustif des textes \u00e9num\u00e9r\u00e9s au paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a07) aux pp\u00a0352\u201353, alors que la juge McLachlin (pour la majorit\u00e9) s\u2019est montr\u00e9e plus affirmative, \u00e0 la p\u00a0378.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Supra<\/em> note\u00a019 au para\u00a032.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em> aux para 32,\u00a049\u201354.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a024.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Pelletier,<em> supra <\/em>\u00a0note 37 \u00e0 la p\u00a074; Hogg, <em>Constitutional Law,\u00a02012<\/em>, <em>supra <\/em>note 37 aux pp\u00a01\u20137; Morin et Woehrling, <em>supra <\/em>note 37 \u00e0 la p\u00a0483.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a090\u201395, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> \u00a0\u00a0 \u00c0 titre d\u2019exemple, la Cour supr\u00eame a reconnu, dans le <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a086), que le Parlement f\u00e9d\u00e9ral pouvait agir seul pour modifier le paragraphe\u00a023(4) de la <em>LC de\u00a01867<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a04). C\u2019est \u00e9galement en vertu de l\u2019article\u00a044 de la <em>LC de 1982<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a07), que le Parlement a, en 1985 et en 2011, modifi\u00e9 l\u2019article\u00a051 de la <em>LC de 1867<\/em> afin de r\u00e9ajuster le nombre de si\u00e8ges \u00e0 la Chambre des communes, et qu\u2019il a modifi\u00e9, en 1999, les articles\u00a021,\u00a028 et\u00a051 de <em>LC de\u00a01867<\/em> afin d\u2019assurer la repr\u00e9sentation du Nunavut au S\u00e9nat et \u00e0 la Chambre des communes.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Hogg, <em>Constitutional Law,\u00a02012<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a037 aux pp\u00a01\u20136; Patrick J Monahan, <em>Constitutional<\/em> <em>Law<\/em>, 2<sup>e<\/sup> \u00e9d, Toronto, Irwin Law,\u00a02002 \u00e0 la p\u00a0178; Mark Walters, \u00ab\u00a0The Constitutional Form and Reform of the Senate: Thoughts on the Constitutionality of Bill C-7\u00a0\u00bb (2013)\u00a07 RDPP\u00a037 aux pp\u00a052\u201353; Chambre des communes, Comit\u00e9 l\u00e9gislatif charg\u00e9 du projet de loi C-20,<em> T\u00e9moignages<\/em>, 39<sup>e <\/sup>parl, 2<sup>e<\/sup> sess, s\u00e9ance n<sup>o<\/sup> 5 (16 avril\u00a02008) \u00e0 la p\u00a01 (Fabien\u00a0G\u00e9linas); Newman, <em>supra<\/em> note\u00a029 \u00e0 la p\u00a09.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> \u00a0\u00a0 Les arguments du procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada concernant la r\u00e9duction de la dur\u00e9e du mandat des s\u00e9nateurs \u00e9taient de nature diff\u00e9rente puisque cette mesure visait express\u00e9ment \u00e0 modifier une disposition contenue dans l\u2019un des textes vis\u00e9s au paragraphe\u00a052(2) de la <em>LC de 1982<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a07), en l\u2019occurrence l\u2019article\u00a029 de la <em>LC de 1867<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a04).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> \u00a0\u00a0 Ce n\u2019est donc pas la <em>Loi sur la Cour supr\u00eame <\/em>(<em>supra <\/em>note\u00a05) qui est vis\u00e9e par les alin\u00e9as\u00a041(d) et 42(1)(d) de la <em>LC de 1982<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a07), mais seulement certaines de ses dispositions (voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a074,\u00a090,\u00a094, juge en chef McLachlin).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Voir<em> ibid<\/em> au para\u00a083.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> \u00a0\u00a0 En effet, dans la mesure o\u00f9 la d\u00e9signation de l\u2019ensemble des membres de la Cour rel\u00e8ve <em>de facto <\/em>de la discr\u00e9tion du premier ministre f\u00e9d\u00e9ral, nombreux sont ceux, au Qu\u00e9bec, qui critiquent le mode de nomination de la Cour et le manque d\u2019ind\u00e9pendance institutionnelle de celle-ci (voir notamment Guy Tremblay, \u00ab\u00a0Le pouvoir judiciaire et sa n\u00e9cessaire ind\u00e9pendance\u00a0\u00bb dans R\u00e9jean Pelletier et Manon Tremblay, dir, <em>Le parlementarisme canadien<\/em>,\u00a05<sup>e<\/sup> \u00e9d, Qu\u00e9bec, Presses de l\u2019Universit\u00e9\u00a0Laval,\u00a02013 \u00e0 la p 456; Eug\u00e9nie Brouillet et Yves Tanguay, \u00ab\u00a0The Legitimacy of the Constitutional Arbitration Process in a Multinational Federative Regime: the Case of the Supreme Court of Canada\u00a0\u00bb (2012)\u00a045\u00a0:\u00a01 UBC L Rev\u00a047 aux pp\u00a082\u201384,\u00a095\u201397; Eug\u00e9nie\u00a0Brouillet, \u00ab\u00a0La l\u00e9gitimit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rative du processus de nomination des juges \u00e0 la Cour supr\u00eame du Canada\u00a0\u00bb (2011)\u00a041\u00a0:\u00a01 RGD 279; Morin et Woerhling, <em>supra<\/em> note\u00a037 aux pp\u00a0546\u201347; Henri Brun, Guy Tremblay et Eug\u00e9nie Brouillet, <em>Droit constitutionnel<\/em>, 6<sup>e<\/sup> \u00e9d, Cowansville (Qc), Yvon Blais,\u00a02014 aux pp\u00a0858\u201360; Jacques Brossard, <em>La Cour supr\u00eame et la Constitution<\/em>, Montr\u00e9al, Presses de l\u2019Universit\u00e9 de Montr\u00e9al,\u00a01968 aux pp\u00a0123\u201324,\u00a0244\u201345; Dupl\u00e9, <em>supra<\/em> note\u00a038 aux pp 365\u201366; Michelle\u00a0Cumyn et al, \u00ab\u00a0Mode de nomination des juges\u00a0: un tabou dans la communaut\u00e9 juridique\u00a0\u00bb, <em>Le Devoir<\/em> (17\u00a0mai\u00a02005) A7.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Il semble que cette protection lui aurait \u00e9t\u00e9 conf\u00e9r\u00e9e depuis l\u2019abolition des appels au Comit\u00e9 judiciaire du Conseil priv\u00e9, moment \u00e0 partir duquel \u00ab\u00a0[l]a p\u00e9rennit\u00e9 et le fonctionnement de la Cour supr\u00eame sont devenus des questions d\u2019int\u00e9r\u00eat primordiales pour le Parlement et pour les provinces\u00a0\u00bb (<em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a085,\u00a097\u201399, juge en chef McLachlin).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 (m\u00e9moire du Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Qu\u00e9bec au para\u00a045, en ligne\u00a0: &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 (m\u00e9moire du Procureur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Ontario aux para\u00a06,\u00a042,\u00a050,\u00a054\u201355, en ligne &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 au para\u00a083.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Ibid<\/em> au para 101.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Statut de Westminster,\u00a0<\/em><em>1931 <\/em>(R-U),\u00a022 &amp;\u00a023 Geo\u00a0V, c\u00a04, art\u00a04,\u00a07, reproduit dans LRC\u00a01985, annexe\u00a0II, n<sup>o<\/sup>\u00a027.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Voir Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a097,\u00a098, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a01 (m\u00e9moire du Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Canada aux para\u00a085\u201386, en ligne\u00a0: &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Voir<em> Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02, au para\u00a098.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Ce concept r\u00e9f\u00e8re \u00e0 \u00ab\u00a0tout ce qui concerne le peuple (<em>demos<\/em> en grec ancien) comme pr\u00e9alable essentiel \u00e0 la d\u00e9mocratie\u00a0\u00bb (voir Patrick Taillon<em>, Le r\u00e9f\u00e9rendum expression directe de la souverainet\u00e9 du peuple\u00a0? Essai critique sur la rationalisation de l\u2019expression r\u00e9f\u00e9rendaire en droit compar\u00e9<\/em>, Paris, Dalloz, 2012 \u00e0 la p 76). Parmi les diff\u00e9rentes acceptions du terme <em>demos<\/em>, on retrouve une composante territoriale, une composante sociale et une composante administrative (voir Vlad Constantinesco et St\u00e9phane Pierr\u00e9-Caps, <em>Droit constitutionnel<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d, Paris, PUF, 2011 \u00e0 la p 309). Le clivage d\u00e9motique auquel il est ici fait r\u00e9f\u00e9rence est avant tout un clivage politique et d\u00e9mocratique, le <em>demos<\/em> correspondant \u00e0 \u00ab\u00a0la population d\u2019une organisation d\u00e9mocratique donn\u00e9e\u00a0\u00bb (Taillon, \u00e0 la p\u00a074).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir g\u00e9n\u00e9ralement Qu\u00e9bec, Secr\u00e9tariat aux affaires intergouvernementales canadiennes, <em>Positions du Qu\u00e9bec dans les domaines constitutionnel et intergouvernemental de 1936 \u00e0 mars\u00a02001<\/em>, Qu\u00e9bec, Minist\u00e8re du Conseil ex\u00e9cutif, 2001 [<em>Positions du Qu\u00e9bec<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> \u00a0\u00a0 L\u2019<em>Accord du lac Meech<\/em> du 3 juin\u00a01987 et l\u2019<em>Entente de Charlottetown<\/em> du 28 ao\u00fbt\u00a01992 pr\u00e9voyaient tous deux la modification de la <em>LC de 1867<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a04), pour y int\u00e9grer de nouvelles dispositions, dont l\u2019article\u00a02 sur la soci\u00e9t\u00e9 distincte (voir <em>Modification constitutionnelle de\u00a01987<\/em>, Ottawa, 3 juin\u00a01987, art\u00a01, reproduite dans <em>Positions du Qu\u00e9bec<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a063 \u00e0 la p\u00a0372; <em>Rapport du consensus sur la Constitution<\/em>, Charlottetown, 28 ao\u00fbt\u00a01992 \u00e0 la p\u00a01, reproduite dans <em>Positions du Qu\u00e9bec<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a063 \u00e0 la p\u00a0417).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> \u00a0\u00a0 La r\u00e9solution, d\u00e9pos\u00e9e le 22 novembre\u00a02006 par le gouvernement Harper, se lisait ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Que cette Chambre reconnaisse que les Qu\u00e9b\u00e9coises et les Qu\u00e9b\u00e9cois forment une nation au sein d\u2019un Canada uni\u00a0\u00bb. Elle fut adopt\u00e9e le 27 novembre\u00a02006 par 265 voix contre 16 (voir <em>D\u00e9bats de la Chambre des communes<\/em>, 39<sup>e<\/sup> parl, 1<sup>re<\/sup> sess, vol\u00a0141, n<sup>o<\/sup>\u00a084 (22 novembre\u00a02006) \u00e0 la p\u00a05197; <em>D\u00e9bats de la Chambre des communes<\/em>, 39<sup>e<\/sup> parl, 1<sup>re<\/sup> sess, vol\u00a0141, n<sup>o<\/sup>\u00a087 (27 novembre\u00a02006) aux pp\u00a05411\u201312).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Andr\u00e9e\u00a0Lajoie, <em>Quand les minorit\u00e9s font la loi<\/em>, coll <em>Les voies du droit<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France,\u00a02002 aux pp\u00a080\u201384.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi relatif \u00e0 l\u2019opposition du Qu\u00e9bec \u00e0 une r\u00e9solution pour modifier la Constitution<\/em>, [1982] 2 RCS 793 \u00e0 la p\u00a0814, 140 DLR\u00a0(3<sup>e<\/sup>)\u00a0385.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> \u00a0\u00a0 Il affirmait\u00a0: \u00ab\u00a0La question de la dualit\u00e9 linguistique est une pr\u00e9occupation de vieille date au Canada, un pays dans l\u2019histoire duquel les langues fran\u00e7aise et anglaise sont solidement enracin\u00e9es\u00a0\u00bb (<em>Soci\u00e9t\u00e9 des Acadiens<\/em> <em>c<\/em> <em>Association of Parents<\/em>, [1986]\u00a01 RCS\u00a0549 \u00e0 la p\u00a0564,\u00a027 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0406, juge en chef Dickson [<em>Soci\u00e9t\u00e9 des Acadiens<\/em>]). Cet extrait est d\u2019ailleurs cit\u00e9 par le juge La Forest dans <em>R<\/em> <em>c<\/em> <em>Mercure<\/em>, [1988]\u00a01 RCS\u00a0234 \u00e0 la p\u00a0269,\u00a048 DLR\u00a0(4<sup>e<\/sup>)\u00a01 [<em>Mercure<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>[1986]\u00a01 RCS\u00a0460 aux pp\u00a0530,\u00a0537\u201338,\u00a027 DLR\u00a0(4<sup>e<\/sup>)\u00a0321 [<em>MacDonald<\/em>]<em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi S\u00e9cession<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a019 au para\u00a0125.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a043.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a059.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 au para\u00a049, juge en chef McLachlin, citant Peter H Russell, <em>The Supreme Court of Canada as a Bilingual and Bicultural Institution<\/em>, Ottawa, Information Canada,\u00a01969 \u00e0 la p\u00a08.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a018,\u00a049,\u00a056\u201357,\u00a059,\u00a069,\u00a0104, juge en chef McLachlin,\u00a0145, juge Moldaver, dissident.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em> au para\u00a049, juge en chef McLachlin,<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a018, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a049,\u00a056,\u00a059,\u00a0104, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a0145\u201346 , juge Moldaver, dissident.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a018,\u00a049,\u00a054,\u00a056,\u00a059,\u00a0104, juge en chef McLachlin,\u00a0145\u201346,\u00a0149,\u00a0151,\u00a0153, juge Moldaver, dissident.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref82\" name=\"_ftn82\">[82]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a049,\u00a055,\u00a093, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref83\" name=\"_ftn83\">[83]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> aux para\u00a018,\u00a049,\u00a054,\u00a056,\u00a059,\u00a0104, juge en chef McLachlin. Le juge dissident Moldaver l\u2019emploie \u00e0 sept reprises \u00e9galement aux para\u00a0145\u201346,\u00a0149,\u00a0151,\u00a0153.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref84\" name=\"_ftn84\">[84]<\/a> \u00a0\u00a0 Apr\u00e8s le <em>Renvoi S\u00e9cession<\/em> (<em>supra<\/em> note\u00a019), plusieurs auteurs avaient soulign\u00e9 le souci de la Cour supr\u00eame de rendre acceptable son argumentaire \u00e0 l\u2019auditoire des justiciables qu\u00e9b\u00e9cois (voir notamment Robert A Young, <em>The Struggle for Quebec: From Referendum to Referendum?<\/em>, Montr\u00e9al, McGill-Queen\u2019s\u00a0University Press,\u00a01999 \u00e0 la p\u00a0147; Stephen Tierney, \u00ab\u00a0The Constitutional Accommodation of National Minorities in the UK and Canada: Judicial Approaches to Diversity\u00a0\u00bb dans Alain-G Gagnon, Montserrat Guibernau et Fran\u00e7ois Rocher, dir, <em>The Conditions of Diversity in Multinational Democracies<\/em>, Montr\u00e9al, Institute for Research on Public Policy, 2003,\u00a0169 \u00e0 la p\u00a0196; Fran\u00e7ois\u00a0Rocher et Elisenda Casanas Adam, \u00ab\u00a0L\u2019encadrement juridique du droit de d\u00e9cider\u00a0: la politique du confinement judiciaire en Catalogne et au Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb, dans Patrick Taillon et Eug\u00e9nie Brouillet, dir, <em>Un regard qu\u00e9b\u00e9cois sur le droit constitutionnel\u00a0: m\u00e9langes en l\u2019honneur d\u2019Henri\u00a0Brun et de Guy\u00a0Tremblay<\/em>, Cowansville (Qc), Yvon Blais [\u00e0 para\u00eetre en\u00a02015]; Vuk Radmilovic, \u00ab\u00a0Strategic Legitimacy Cultivation at the Supreme Court of Canada: Quebec <em>Secession Reference<\/em> and Beyond\u00a0\u00bb (2010)\u00a043\u00a0:\u00a04 Can J Pol Sc\u00a0843; Nathalie Des Rosiers, \u00ab\u00a0From Qu\u00e9bec Veto to Qu\u00e9bec Secession: The Evolution of the Supreme Court of Canada on Qu\u00e9bec-Canada Disputes\u00a0\u00bb (2000)\u00a013\u00a0:\u00a02 Can JL &amp; Jur\u00a0171).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref85\" name=\"_ftn85\">[85]<\/a>\u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para\u00a048,\u00a059,\u00a069, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref86\" name=\"_ftn86\">[86]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Voir <em>Re the Regulation and Control of Aeronautics in Canada<\/em>, [1932] AC\u00a054 \u00e0 la p\u00a070,\u00a01 DLR\u00a058.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref87\" name=\"_ftn87\">[87]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>MacDonald<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a069 aux pp\u00a0496,\u00a0500, juge Beetz pour la majorit\u00e9; <em>Mercure<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a068 aux pp\u00a0322\u201323, juge Estey dissident; <em>Soci\u00e9t\u00e9 des Acadiens<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a068 aux pp\u00a0578\u201379,\u00a027 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0406, juge Beetz, dissident.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref88\" name=\"_ftn88\">[88]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Adler<\/em> <em>c<\/em> <em>Ontario<\/em>, [1996]\u00a03 RCS\u00a0609 aux para\u00a029,\u00a031,\u00a038,\u00a041,\u00a046\u201347,\u00a0140 DLR\u00a0(4<sup>e<\/sup>)\u00a0385, juge Iacobucci pour la majorit\u00e9; <em>Renvoi relatif au projet de loi\u00a030, An Act to Amend the Education Act (Ont)<\/em>, [1987]\u00a01 RCS\u00a01148 aux pp\u00a01174,\u00a01176,\u00a01194\u201395,\u00a01197\u201398,\u00a040 DLR\u00a0(4<sup>e<\/sup>)\u00a018, juge Wilson pour la majorit\u00e9; <em>Grand Montr\u00e9al, Commission des \u00e9coles protestantes<\/em> <em>c<\/em> <em>Qu\u00e9bec (PG)<\/em>, [1989]\u00a01 RCS\u00a0377 \u00e0 la p\u00a0402,\u00a057 DLR\u00a0(4<sup>e<\/sup>)\u00a0521, juge Beetz pour la majorit\u00e9; <em>Ontario Home Builders\u2019 Association<\/em> <em>c<\/em> <em>Conseil scolaire de la r\u00e9gion de York<\/em>, [1996]\u00a02 RCS\u00a0929 aux para\u00a070,\u00a077,\u00a0137 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0449, juge Iacobucci; <em>Ontario English Catholic Teachers\u2019 Assn<\/em> <em>c<\/em> <em>Ontario (PG)<\/em>, 2001 CSC\u00a015 aux para 3,\u00a059, [2001]\u00a01 RCS\u00a0470, juge Iacobucci.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref89\" name=\"_ftn89\">[89]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Scowby<\/em> <em>c<\/em> <em>Glendinning<\/em>, [1986]\u00a02 RCS\u00a0226 aux pp\u00a0249\u201350,\u00a032 DLR (4<sup>e<\/sup>)\u00a0161.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi\u00a0: R\u00e9solution pour modifier la Constitution<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a014 \u00e0 la p\u00a0821, juges Martland et Ritchie, dissidents.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Qu\u00e9bec (PG)<\/em> <em>c<\/em> <em>Blaikie<\/em>, [1979]\u00a02 RCS\u00a01016,\u00a0101 DLR (3<sup>e<\/sup>) 394; <em>SEFPO<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a018 \u00e0 la p\u00a039.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi relatif \u00e0 la Chambre haute<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a034 \u00e0 la p\u00a078.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a066, o\u00f9 la Cour analyse les d\u00e9bats pr\u00e9conf\u00e9d\u00e9ratifs et la nature des compromis entourant sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 au para\u00a048, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> \u00a0\u00a0 \u00c0 l\u2019\u00e9poque, l\u2019article\u00a0101 de la <em>LC de 1867<\/em> (<em>supra<\/em> note 5) habilitait le Parlement f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 agir unilat\u00e9ralement.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02 aux para 61, 62, 96, 102\u201303, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a> \u00a0\u00a0 Canada, <em>Accord constitutionnel\u00a0: projet canadien de rapatriement de la Constitution<\/em>,\u00a0 Ottawa,\u00a01981.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> au para\u00a092, juge en chef McLachlin; <em>Renvoi sur la S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 aux para\u00a030\u201331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Renvoi sur la Cour supr\u00eame<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a03 au para\u00a099, juge en chef McLachlin.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a> Voir <em>Renvoi sur la S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01, aux para\u00a042\u201344,\u00a086,\u00a091,\u00a093.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> Ces deux dispositions, souvent qualifi\u00e9es d\u2019archa\u00efques, exigent des s\u00e9nateurs de poss\u00e9der une propri\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re d\u2019au moins 4000\u00a0$ en plus de disposer d\u2019avoirs nets d\u2019une valeur de plus de 4000\u00a0$.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a> <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a01 (m\u00e9moire des <em>amicus curia<\/em> aux para\u00a0128\u201333, en ligne\u00a0: &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref103\" name=\"_ftn103\">[103]<\/a> <em>Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a01 (m\u00e9moire de Serge Joyal aux para\u00a0135\u201338, en ligne\u00a0: &lt;www.scc-csc.gc.ca&gt;).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref104\" name=\"_ftn104\">[104]<\/a> Voir <em>Renvoi sur la S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a085.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref105\" name=\"_ftn105\">[105]<\/a> Comme l\u2019explique la Cour\u00a0: \u00ab\u00a0[h]istoriquement, il s\u2019agissait de s\u2019assurer que la minorit\u00e9 anglophone du Qu\u00e9bec soit repr\u00e9sent\u00e9e au S\u00e9nat en rendant obligatoire la nomination de s\u00e9nateurs sp\u00e9cifiquement pour des coll\u00e8ges \u00e0 majorit\u00e9 anglophones\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em> au para\u00a092).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref106\" name=\"_ftn106\">[106]<\/a><em> Ibid<\/em> aux para\u00a086, 91\u201393.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref107\" name=\"_ftn107\">[107]<\/a> Voir par ex Guy Tremblay, \u00ab La port\u00e9e \u00e9largie de la proc\u00e9dure bilat\u00e9rale de modification de la Constitution du Canada \u00bb (2011)\u00a041\u00a0:\u00a02 RGD\u00a0417; G\u00e9rald-A Beaudoin avec la collaboration de M<sup>e<\/sup> Pierre Thibault, <em>Le f\u00e9d\u00e9ralisme au Canada\u00a0: les institutions, le partage des pouvoirs<\/em>, Montr\u00e9al, Wilson &amp; Lafleur,\u00a02000 \u00e0 la p\u00a0338; Dwight Newman, \u00ab\u00a0The Bilateral Amending Formula as a Mechanism for the Entrenchment of Property Rights\u00a0\u00bb (2012-2013)\u00a021\u00a0:\u00a02 Const Forum Const\u00a017.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref108\" name=\"_ftn108\">[108]<\/a> Voir par ex Jean-Pierre Proulx et Jos\u00e9 Woehrling, \u00ab\u00a0La restructuration du syst\u00e8me scolaire qu\u00e9b\u00e9cois et la modification de l\u2019article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867\u00a0\u00bb (1997)\u00a031\u00a0:\u00a02 RJT\u00a0399 \u00e0 la p 473; Morin et Woehrling, <em>supra <\/em>note 37 \u00e0 la p\u00a0515.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref109\" name=\"_ftn109\">[109]<\/a>\u00a0 Voir par ex Warren J Newman, \u00ab\u00a0Living with the Amending Procedures: Prospects for Future Constitutional Reform in Canada\u00a0\u00bb, (2007) 37 SCLR 383 \u00e0 la p 407; Peter W Hogg, \u00ab\u00a0Formal Amendment of the Constitution of Canada\u00a0\u00bb (1992)\u00a055\u00a0:\u00a01 Law &amp; Contemp Probs\u00a0253 \u00e0 la p 257; William R Lederman, \u00ab\u00a0Canadian Constitutional Amending Procedures\u00a0:\u00a01867\u20131982\u00a0\u00bb (1984) 32\u00a0:\u00a02 Am J Comp L 339 \u00e0 la p 358.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref110\" name=\"_ftn110\">[110]<\/a> <em>Renvoi sur la S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a042 et s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref111\" name=\"_ftn111\">[111]<\/a> Voir par ex James Ross Hurley, <em>La modification de la Constitution du Canada\u00a0: historique, processus, probl\u00e8mes et perspectives d\u2019avenir<\/em>, Ottawa, Approvisionnements et Services Canada,\u00a01996 aux pp\u00a081\u201382; Pelletier, <em>supra<\/em> note\u00a037 aux pp\u00a0227\u201373; Beaudoin, <em>supra <\/em>note 107 aux pp\u00a0338\u201340.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref112\" name=\"_ftn112\">[112]<\/a><em> Renvoi sur le S\u00e9nat<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a01 au para\u00a044.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref113\" name=\"_ftn113\">[113]<\/a> Le fait que la version fran\u00e7aise de l\u2019article 43 fasse r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la modification de \u00ab\u00a0dispositions de la Constitution du Canada\u00a0\u00bb\u00a0 laisse pr\u00e9sumer certains auteurs, \u00e0 tort selon nous, que la proc\u00e9dure bilat\u00e9rale ne vise que les dispositions d\u00e9j\u00e0 existantes de la Constitution (voir Scott, <em>supra<\/em> note 38 \u00e0 la p 296; Jos\u00e9\u00a0Woehrling, \u00ab\u00a0Le recours \u00e0 la proc\u00e9dure de modification de l&rsquo;article\u00a043 de la <em>Loi constitutionnelle de\u00a01982<\/em> pour satisfaire certaines revendications constitutionnelles du Qu\u00e9bec\u00a0\u00bb, dans Pierre Thibault, Beno\u00eet Pelletier et Louis Perret, dir, <em>Les m\u00e9langes G\u00e9rald-A Beaudoin\u00a0: les d\u00e9fis du constitutionnalisme<\/em>, Cowansville (Qc), Yvon\u00a0Blais,\u00a02002 \u00e0 la\u00a0p 457; Morin et Woehrling, <em>supra<\/em> note\u00a037 \u00e0 la p\u00a0516; Brun, Tremblay et Brouillet, <em>supra<\/em> note\u00a052 \u00e0 la p\u00a0231). Pour l\u2019opinion contraire, voir Beaudoin, <em>supra <\/em>note 107 \u00e0 la p\u00a0339; Pelletier, <em>supra<\/em> note\u00a037 \u00e0 la p\u00a0237; Guy Tremblay, <em>supra <\/em>note\u00a0107, aux pp 421\u201322.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref114\" name=\"_ftn114\">[114]<\/a> Voir Hurley, <em>supra <\/em>note\u00a0111 \u00e0 la p\u00a085; Scott, <em>supra<\/em> note\u00a038 \u00e0 la p\u00a0293.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Rendus \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle, le Renvoi relatif \u00e0 la r\u00e9forme du S\u00e9nat[1] de m\u00eame que le Renvoi relatif \u00e0 la Loi sur la Cour supr\u00eame, art. 5 et 6[2] posent des limites importantes \u00e0 l\u2019action unilat\u00e9rale d\u2019Ottawa en mati\u00e8re de r\u00e9forme des institutions, et ce, au nom d\u2019un principe fondamental jouant un r\u00f4le &hellip; <a href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/le-fdralisme-comme-principe-matriciel-dans-linterprtation-de-la-procdure-de-modification-constitutionnelle\/\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","class_list":["post-11025","articles","type-articles","status-publish","hentry","article-type-article"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme principe matriciel dans l&#039;interpr\u00e9tatation de la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle - McGill Law Journal<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/le-fdralisme-comme-principe-matriciel-dans-linterprtation-de-la-procdure-de-modification-constitutionnelle\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Le f\u00e9d\u00e9ralisme comme principe matriciel dans l&#039;interpr\u00e9tatation de la proc\u00e9dure de modification constitutionnelle - McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Rendus \u00e0 quelques semaines d\u2019intervalle, le Renvoi relatif \u00e0 la r\u00e9forme du S\u00e9nat[1] de m\u00eame que le Renvoi relatif \u00e0 la Loi sur la Cour supr\u00eame, art. 5 et 6[2] posent des limites importantes \u00e0 l\u2019action unilat\u00e9rale d\u2019Ottawa en mati\u00e8re de r\u00e9forme des institutions, et ce, au nom d\u2019un principe fondamental jouant un r\u00f4le &hellip; 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