{"id":19480,"date":"2017-12-01T13:29:09","date_gmt":"2017-12-01T18:29:09","guid":{"rendered":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/?post_type=articles&#038;p=19480"},"modified":"2019-11-19T15:32:50","modified_gmt":"2019-11-19T20:32:50","slug":"origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/","title":{"rendered":"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"3f0-e0e-4d3-9bc-df6\">Introduction<\/h1>\n<p><em>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela p\u00e8se lourd, une absence. Bien plus lourd qu\u2019une disparition. Parce que avec les morts, c\u2019est commode, on sait qu\u2019ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font esp\u00e9rer<\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>.<\/p>\n<p>S\u2019il est des sections de notre Code civil sur lesquelles les professeurs de droit contemporains et leurs \u00e9tudiants\u00a0\u2014\u00a0sans parler des responsables de la formation professionnelle\u00a0\u2014\u00a0ne jettent qu\u2019un \u0153il distrait et amus\u00e9, celle sur l\u2019absence en fait (\u00e0 l\u2019instar des dispositions sur les tr\u00e9sors et l\u2019affr\u00e8tement) tr\u00e8s certainement partie. Les dispositions y \u00e9tant contenues, lesquelles visent principalement la protection des int\u00e9r\u00eats des personnes disparues, ont, aux yeux de plusieurs, une allure anachronique.<\/p>\n<p>Or, il est encore aujourd\u2019hui des instances o\u00f9 les dispositions relatives \u00e0 l\u2019absence trouvent application devant les tribunaux<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Certes, ces situations sont relativement rares, vu le d\u00e9veloppement des technologies de recherche et de communication, mais elles n\u2019en demeurent pas moins possibles. La disparition d\u2019une soixantaine de personnes dans le r\u00e9cent incendie d\u2019une tour de logement \u00e0 Londres, et d\u2019une centaine d\u2019autres des suites d\u2019un important \u00e9boulement dans le sud-ouest de la Chine, coupl\u00e9e \u00e0 l\u2019incapacit\u00e9 des autorit\u00e9s d\u2019identifier ou m\u00eame de retrouver plusieurs des corps dans ces cas, nous le d\u00e9montre de mani\u00e8re tragique<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. De m\u00eame, l\u2019institution de l\u2019absence demeure n\u00e9cessaire \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les catastrophes naturelles sont, en raison de l\u2019activit\u00e9 humaine, toujours plus fr\u00e9quentes et meurtri\u00e8res<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p>C\u2019est face \u00e0 l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de telles disparitions que le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois, loin d\u2019abandonner l\u2019institution de l\u2019absence au moment de la r\u00e9forme du <em>Code civil<\/em>, a plut\u00f4t d\u00e9cid\u00e9 de la simplifier et de la moderniser, l\u2019adaptant ainsi aux r\u00e9alit\u00e9s contemporaines. \u00c9tant donn\u00e9 la raret\u00e9\u00a0\u2014\u00a0et l\u2019anciennet\u00e9\u00a0\u2014\u00a0des ouvrages de droit qu\u00e9b\u00e9cois sur la question, ainsi que l\u2019absence (!) d\u2019\u00e9crits contemporains offrant un portrait global des origines et du d\u00e9veloppement de cette institution au Qu\u00e9bec, il nous a sembl\u00e9 opportun d\u2019ajouter, par le pr\u00e9sent texte, notre contribution \u00e0 cette discussion.<\/p>\n<p>Nous proposons donc, dans cet article, d\u2019observer les premi\u00e8res manifestations de cette institution en droit romain et dans l\u2019ancien droit fran\u00e7ais, pour ensuite retracer les origines\u00a0\u2014\u00a0historiques et conceptuelles \u2014 du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence, et de d\u00e9tailler son \u00e9volution, du <em>Code civil du Bas-Canada<\/em> jusqu\u2019au <em>Code civil du Qu\u00e9bec. <\/em><\/p>\n<p>Le pr\u00e9sent texte vise \u00e9galement \u00e0 mettre en relief l\u2019influence qu\u2019a pu avoir sur le droit qu\u00e9b\u00e9cois le traitement de l\u2019absence dans les syst\u00e8mes de droit continental \u2014 particuli\u00e8rement les droits napol\u00e9onien et germanique. Il entend aussi s\u2019attarder aux raisons ayant motiv\u00e9 le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 abandonner l\u2019id\u00e9e propre au mod\u00e8le napol\u00e9onien du maintien de l\u2019incertitude quant \u00e0 la vie ou la mort de l\u2019absent, et ce au profit de celle issue du droit germanique selon laquelle la vie de l\u2019absent devrait \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce que la preuve \u00e0 l\u2019effet contraire soit suffisante. Il avance que c\u2019est non seulement en raison de l\u2019avancement technologique de l\u2019\u00e9poque, mais aussi devant le constat de l\u2019impraticabilit\u00e9 du maintien de l\u2019incertitude que s\u2019est op\u00e9r\u00e9e cette transition.<\/p>\n<p>Certains pourraient s\u2019interroger sur l\u2019utilit\u00e9, \u00e0 notre \u00e9poque, de faire remonter la pr\u00e9sente analyse aussi loin dans le temps. Or, l\u2019\u00e9tude d\u2019une institution aussi ancienne que l\u2019absence ne peut, selon nous, pr\u00e9tendre \u00e0 quelque forme d\u2019exhaustivit\u00e9 sans un survol pr\u00e9alable du droit romain et de l\u2019ancien droit fran\u00e7ais en la mati\u00e8re, et ce aussi bref soit-il. Il en est ainsi car, comme le soulignait avec justesse le doyen Villequez dans son texte sur les origines du droit de l\u2019absence\u00a0:<\/p>\n<p>Celui qui veut \u00e9tudier le droit civil moderne dans ses sources, qui en sont le meilleur commentaire, ne rencontre gu\u00e8re de dispositions, m\u00eame de d\u00e9tail, qui n\u2019aient leurs racines dans la l\u00e9gislation ant\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Si l\u2019ancien principe a \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 dans la loi nouvelle, son \u00e9tude dans l\u2019ancien droit peut seule en faire conna\u00eetre exactement la port\u00e9e et les cons\u00e9quences. S\u2019il a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9, la connaissance de l\u2019ancien droit, en nous r\u00e9v\u00e9lant le motif qui l\u2019a fait \u00e9carter, les cons\u00e9quences qui en \u00e9taient d\u00e9duites, nous mettra \u00e0 m\u00eame de trouver les justes limites que la r\u00e8gle nouvelle doit recevoir dans son application<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, une meilleure compr\u00e9hension de ce qui <em>est<\/em> passe par une \u00e9tude de ce qui <em>\u00e9tait<\/em>. Gardant ces paroles \u00e0 l\u2019esprit, un tour d\u2019horizon du traitement de la question de l\u2019absence par le droit romain et l\u2019ancien droit fran\u00e7ais nous parait constituer un point de d\u00e9part plus qu\u2019appropri\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sente r\u00e9flexion.<\/p>\n<h1 id=\"4f5-105-418-ae0-5dc\"><a name=\"_Toc526552357\"><\/a><a name=\"_Toc498258287\"><\/a><a name=\"_Toc480105851\"><\/a>I.\u00a0 Le droit romain\u00a0: du caract\u00e8re exceptionnel de l\u2019absence<\/h1>\n<h2 id=\"9a2-4c6-4b2-aba-79d\">A.\u00a0 Un ensemble de r\u00e8gles \u00e9parses<\/h2>\n<p>Le droit romain, malgr\u00e9 sa grande pr\u00e9voyance, ne contenait aucun corpus exhaustif, uniforme et englobant, de r\u00e8gles sur l\u2019absence<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Cela s\u2019explique du fait que l\u2019absence \u00e9tait alors vue comme une situation exceptionnelle, voire extraordinaire, dont la loi n\u2019avait pas \u00e0 se soucier. Celle-ci, croyait-on, ne devait s\u2019attarder qu\u2019\u00e0 ce qui arrive le plus fr\u00e9quemment<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>Comme le note Gaston Behenne, Rome \u00ab\u00a0ne semblait pas admettre qu\u2019un citoyen romain d\u00e9sert\u00e2t sa patrie et abandonn\u00e2t, m\u00eame momentan\u00e9ment, les avantages qu\u2019elle lui procurait\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Outre le commerce, alors peu encourag\u00e9<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>, et la guerre, laquelle laissait planer peu de doutes sur les raisons d\u2019une disparition<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, les causes de d\u00e9placement \u00e9taient limit\u00e9es, et rendaient les absences excessivement rares.<\/p>\n<p>Dans ces circonstances, l\u2019absence \u00ab\u00a0ne m\u00e9ritait pas que le l\u00e9gislateur appliqu\u00e2t sa sollicitude \u00e0 introduire des r\u00e8gles [&#8230;] pour la conservation des droits de celui qui avait port\u00e9 ses esp\u00e9rances et son industrie hors du sein de sa famille\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Du moins, il semble que la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un syst\u00e8me complet, qui contiendrait l\u2019ensemble des r\u00e8gles relatives aux cons\u00e9quences de l\u2019absence, ne se faisait alors pas sentir.<\/p>\n<p>Seules quelques r\u00e8gles \u00e9parses permettaient donc, \u00e7\u00e0 et l\u00e0 en droit romain, d\u2019obvier \u00e0 l\u2019incertitude et aux inconv\u00e9nients d\u00e9coulant d\u2019un \u00e9tat d\u2019absence.<\/p>\n<p>En ce qui a trait, par exemple, aux militaires et aux prisonniers de guerre, il \u00e9tait pr\u00e9vu que leurs biens \u00e9taient \u00ab\u00a0administr\u00e9s par des parents ou par des amis\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 leur retour<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Cette id\u00e9e de l\u2019administration par un tiers des biens du disparu, pour la dur\u00e9e de la p\u00e9riode d\u2019absence, perdure encore aujourd\u2019hui dans plusieurs syst\u00e8mes de droit. Si les militaires \u00ab\u00a0revenaient, ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme n\u2019ayant jamais quitt\u00e9 la patrie\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9, au contraire, on les savait morts en captivit\u00e9, ils \u00e9taient r\u00e9put\u00e9s l\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but de celle-ci, aux fins notamment de la succession<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. De l\u2019avis des auteurs, ces fictions juridiques, \u00ab\u00a0dont l\u2019application \u00e9tait assez fr\u00e9quente, avaient paru suffire pour r\u00e9gler les successions et les autres droits \u00e9chus au prisonnier pendant son absence\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>.<\/p>\n<p>Le rapport entre l\u2019\u00e9tat d\u2019absence et le mariage faisait, lui aussi, l\u2019objet de l\u2019attention du l\u00e9gislateur. Le <em>Digeste<\/em> consacrait, par exemple, \u00ab\u00a0le droit pour le fils de famille de se marier sans le consentement de son p\u00e8re, s\u2019il s\u2019est \u00e9coul\u00e9 plus de trois ans\u00a0\u00bb depuis la disparition de ce dernier<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>. De m\u00eame, il reconnaissait de se remarier \u00e0 la femme demeur\u00e9e sans nouvelles, pendant quatre ann\u00e9es, de son mari parti en guerre<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Apr\u00e8s avoir port\u00e9 le d\u00e9lai \u00e0 dix ans, l\u2019empereur Justinien mit un terme \u00e0 cette possibilit\u00e9<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>, jug\u00e9e alors par certains comme \u00e9tant \u00ab\u00a0souvent funeste aux [enfants], \u00e0 des tiers, et aux \u00e9poux eux-m\u00eames\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Seule la pr\u00e9sentation de la preuve certaine que l\u2019\u00e9poux absent \u00e9tait d\u00e9c\u00e9d\u00e9 suffisait alors<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Comme nous le verrons en d\u00e9tail ci-dessous, il faudra attendre longtemps avant que le remariage soit \u00e0 nouveau permis aux \u00e9pouses des absents.<\/p>\n<p>Le droit romain fournissait donc, en quelques mati\u00e8res du moins, des r\u00e8gles ponctuelles pour faire face aux d\u00e9fis pos\u00e9s par la non-pr\u00e9sence d\u2019une personne<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Celle-ci y \u00e9tait alors confondue avec l\u2019id\u00e9e d\u2019absence, laquelle, comme nous le verrons plus loin, a depuis \u00e9t\u00e9 entendue en droit comme impliquant n\u00e9cessairement, en plus de la non-pr\u00e9sence, \u00ab\u00a0l\u2019incertitude de l\u2019existence de la personne disparue\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Sans vouloir devancer l\u2019analyse, notons simplement que la non-pr\u00e9sence d\u2019une personne, bien qu\u2019encore une condition de l\u2019absence, ne lui \u00e9quivaut plus aujourd\u2019hui.<\/p>\n<h2 id=\"2dd-3c8-4f4-893-84e\">B.\u00a0 Probl\u00e8mes d\u00e9coulant de cette approche<\/h2>\n<p>Outre l\u2019absence d\u2019un syst\u00e8me uniforme et complet en la mati\u00e8re, deux probl\u00e9matiques s\u00e9rieuses d\u00e9coulaient de l\u2019\u00e9chafaudage l\u00e9gislatif romain.<\/p>\n<p>D\u2019une part, en ce qui concerne \u00ab\u00a0l\u2019ouverture des droits subordonn\u00e9s au d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>, un probl\u00e8me se posait dans la mesure o\u00f9, \u00ab\u00a0tant qu\u2019il y avait incertitude sur l\u2019existence d\u2019une personne, ceux qui avaient [de tels droits] \u00e0 exercer sur son patrimoine ne pouvaient les faire valoir\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. Pour ce faire, de l\u2019avis des auteurs, \u00ab\u00a0on devait sans doute attendre la preuve du d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent [&#8230;] ou l\u2019expiration du d\u00e9lai de cent ans \u00e9coul\u00e9s depuis sa naissance\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Un d\u00e9lai si long, on le comprendra, pose certains probl\u00e8mes sur le plan successoral et, tel que discut\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, sur le plan matrimonial.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, tout porte \u00e0 croire que, selon la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la preuve de l\u2019existence du disparu \u00e9tait n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019exercice des droits subordonn\u00e9s \u00e0 sa vie<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. Ces droits ne pouvaient donc, eux non plus, \u00eatre exerc\u00e9s pendant l\u2019absence. On peut penser, par exemple, au droit de l\u2019absent d\u2019h\u00e9riter.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 ces probl\u00e8mes, \u00ab\u00a0[l]\u2019\u00e9laboration d\u2019une th\u00e9orie compl\u00e8te sur l\u2019absence fut lente \u00e0 se former\u00a0\u00bb, l\u2019absence n\u2019\u00e9tant pas un \u00ab\u00a0\u00e9tat habituel et normal dans [nos] vie[s]\u00a0\u00bb, mais bien un \u00ab\u00a0accident plus ou moins passager\u00a0\u00bb de celles-ci<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"f22-3c5-468-8c9-0b8\"><a name=\"_Toc526552358\"><\/a><a name=\"_Toc498258288\"><\/a>II. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019ancien droit fran\u00e7ais\u00a0: \u00c0 la recherche d\u2019un tout coh\u00e9rent<\/h1>\n<p>Les auteurs fran\u00e7ais situent \u00e0 la fin du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, et au d\u00e9but du dix-neuvi\u00e8me, le commencement de l\u2019organisation d\u2019une v\u00e9ritable th\u00e9orie compl\u00e8te de l\u2019absence<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>.<\/p>\n<p>Avant cette p\u00e9riode, les rois fran\u00e7ais s\u2019en \u00e9taient remis \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle l\u2019absence est une chose extraordinaire qui ne m\u00e9rite pas l\u2019attention du l\u00e9gislateur. Le soin d\u2019encadrer cette r\u00e9alit\u00e9 croissante fut alors \u00ab\u00a0abandonn\u00e9 \u00e0 la sagesse des magistrats\u00a0\u00bb, ce qui mena, de l\u2019avis des auteurs, \u00e0 un certain arbitraire<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences de l\u2019absence divergeaient alors selon les us et coutumes de chaque territoire fran\u00e7ais, sans que quelque coh\u00e9rence puisse v\u00e9ritablement en ressortir. Certes plus volubile que le droit romain sur la question, l\u2019ancien droit fran\u00e7ais ne pouvait cependant se targuer d\u2019avoir une l\u00e9gislation claire et compl\u00e8te en ce qui concerne l\u2019absence<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution fran\u00e7aise amena sur ce front plusieurs changements<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. La premi\u00e8re l\u00e9gislation r\u00e9elle quant \u00e0 l\u2019absence fut adopt\u00e9e par L\u2019Assembl\u00e9e Constituante, et des lois transitoires suivirent en 1790, 1791 et 1792, certaines se rapportant exclusivement aux militaires absents<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"e97-b1f-461-87f-4c7\"><a name=\"_Toc526552359\"><\/a><a name=\"_Toc498258289\"><\/a>III.\u00a0 Le Code Napol\u00e9on\u00a0: l\u2019absent, un mort vivant?<\/h1>\n<p>Le titre <em>Des absents<\/em> du <em>Code Napol\u00e9on<\/em> est finalement pr\u00e9sent\u00e9 au Conseil d\u2019\u00c9tat en septembre 1801, pour \u00eatre adopt\u00e9 et promulgu\u00e9 en mars 1803<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>. La France se dote alors de son premier syst\u00e8me de loi uniforme et coh\u00e9rent sur l\u2019absence.<\/p>\n<h2 id=\"e8a-961-464-b11-ede\">A.\u00a0 Le droit ant\u00e9rieur<\/h2>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>Le titre <em>Des absents<\/em> du <em>Code Napol\u00e9on<\/em> constitue, aux yeux de plusieurs, \u00ab\u00a0l\u2019\u0153uvre propre de ses r\u00e9dacteurs, cr\u00e9ateurs d\u2019un droit nouveau, dans la plus grande partie au moins des articles qui le composent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Or, le doyen Villequez ne manque pas de rappeler que\u00a0la \u00ab\u00a0somme des dispositions emprunt\u00e9es [&#8230;] \u00e0 la l\u00e9gislation qui r\u00e9gissait la France avant sa promulgation est de beaucoup sup\u00e9rieure \u00e0 celle des dispositions qu\u2019ils ont rejet\u00e9es\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>.<\/p>\n<p>La t\u00e2che \u00e0 laquelle se sont attel\u00e9s les r\u00e9dacteurs consistait davantage \u00e0 trancher les controverses qui s\u2019\u00e9taient \u00e9lev\u00e9es par le pass\u00e9 en cette mati\u00e8re, et \u00e0 uniformiser le tout, plut\u00f4t que de partir \u00e0 neuf. Il leur incombait de rendre constantes des r\u00e8gles incertaines, d\u2019en conserver quelques-unes et d\u2019en \u00e9laguer d\u2019autres, pour ensuite les ordonner de fa\u00e7on coh\u00e9rente. Travaillant \u00e0 partir du fertile terreau jurisprudentiel d\u00e9velopp\u00e9 au fil d\u2019ann\u00e9es de discussions sur la question, ils combl\u00e8rent certaines lacunes, ordonn\u00e8rent l\u2019ancien et le nouveau en un tout harmonieux et en firent, selon Behenne, un corps r\u00e9gulier et suffisant<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"51c-df3-4c2-9f0-1ce\">B.\u00a0 Les nouveaut\u00e9s<\/h2>\n<p>Aussi utile ait pu \u00eatre la l\u00e9gislation ant\u00e9rieure aux r\u00e9dacteurs du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, ceux-ci ont n\u00e9anmoins innov\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019une part, bien que le <em>Code<\/em> ne contienne pas de d\u00e9finition des termes <em>absen<\/em>t et <em>non-pr\u00e9sent<\/em>, le mod\u00e8le napol\u00e9onien distingue dans le langage du droit ces deux notions<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. Le premier terme d\u00e9signe, selon ce que note Picot, \u00ab\u00a0une personne qui a disparu de son domicile, dont on n\u2019a point de nouvelles et sur l\u2019existence de laquelle il existe des doutes plus ou moins probables\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. On comprend de la doctrine que pour b\u00e9n\u00e9ficier de la protection du l\u00e9gislateur sous ce titre, l\u2019absent devait rencontrer trois conditions, soit d\u2019avoir \u00e9lu domicile en France (i), d\u2019\u00eatre disparu (ii), et de n\u2019avoir point donn\u00e9 de nouvelles depuis sa disparition (iii)\u00a0\u2014\u00a0ce qui jette un doute s\u00e9rieux sur son existence. Le terme <em>non-pr\u00e9sent <\/em>vise, quant \u00e0 lui, la personne qui ne se trouve pas au lieu de son domicile, mais sur l\u2019existence de laquelle ne p\u00e8se aucun doute s\u00e9rieux.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, l\u2019apport du <em>Code<\/em> est d\u2019avoir clairement divis\u00e9 la dur\u00e9e de l\u2019absence en trois p\u00e9riodes, chacune \u00e9tant rattach\u00e9e \u00e0 certains droits et devoirs relatifs \u00e0 la conservation et l\u2019administration des biens de l\u2019absent<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>. L\u2019id\u00e9e derri\u00e8re cette division \u00e9tait que l\u2019incertitude quant \u00e0 la vie de l\u2019absent \u00e9volue \u00e0 mesure que le temps s\u2019\u00e9coule depuis sa disparition, et que la protection qui lui \u00e9tait accord\u00e9e par la loi devait se moduler en cons\u00e9quence<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>. La clart\u00e9 que cette division apporta sur un domaine jusqu\u2019alors confus du droit a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 salu\u00e9e par plusieurs.<\/p>\n<h2 id=\"910-212-427-a2b-749\">C.\u00a0 L\u2019incertitude<\/h2>\n<p>De par les innovations discut\u00e9es ci-haut, le mod\u00e8le napol\u00e9onien formalise en droit le principe du maintien de l\u2019incertitude sur la vie ou la mort du disparu;\u00a0l\u2019absent n\u2019est, aux yeux des r\u00e9dacteurs du <em>Code<\/em>, \u00ab\u00a0ni vivant ni mort\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. Comme le dit Behenne, citant Demolombe, \u00ab\u00a0la pr\u00e9somption de vie et la pr\u00e9somption de mort obtiennent tour \u00e0 tour l\u2019une sur l\u2019autre des avantages partiels, mais [&#8230;] ni l\u2019une ni l\u2019autre ne r\u00e8gn[e] jamais sur tous les points absolument et sans partage\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>. Cette id\u00e9e, au c\u0153ur du droit napol\u00e9onien de l\u2019absence, a eu un impact consid\u00e9rable sur la formation du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence, comme nous le verrons plus loin.<\/p>\n<h2 id=\"7cd-25a-454-8dd-487\">D. Les p\u00e9riodes d\u2019absence<\/h2>\n<p>Un bref survol du r\u00e9gime napol\u00e9onien de l\u2019absence, et des trois p\u00e9riodes qu\u2019il \u00e9tablit, soit celle de la pr\u00e9somption d\u2019absence, de la d\u00e9claration d\u2019absence, et de l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive, s\u2019impose \u00e0 ce stade. C\u2019est que les notions esquiss\u00e9es ici nous permettront une meilleure compr\u00e9hension de l\u2019inspiration derri\u00e8re le r\u00e9gime du <em>Code civil du Bas-Canada<\/em>.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re p\u00e9riode, dite de <em>la pr\u00e9somption d\u2019absence<\/em>, d\u00e9butait au moment de \u00ab\u00a0la disparition de l\u2019absent, ou quand le d\u00e9faut de nouvelles [faisait] douter de son existence\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>. Elle se prolongeait jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9claration d\u2019absence, \u00e0 moins, bien s\u00fbr, \u00ab\u00a0qu\u2019elle n\u2019ait pr\u00e9alablement cess\u00e9 par le retour de l\u2019absent ou la constatation de son existence ou de son d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>.<\/p>\n<p>Le retour de l\u2019absent pouvant encore \u00eatre pr\u00e9sum\u00e9 \u00e0 ce stade, la pr\u00e9servation de ses int\u00e9r\u00eats se devait d\u2019\u00eatre, selon le droit napol\u00e9onien, \u00ab\u00a0le but principal de la sollicitude du l\u00e9gislateur\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. de pourvoir \u00e0 l\u2019administration des biens de l\u2019absent lorsque la n\u00e9cessit\u00e9 s\u2019en faisait sentir, et qu\u2019une requ\u00eate \u00e0 cet effet \u00e9tait d\u00e9pos\u00e9e par les parties int\u00e9ress\u00e9es<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>. Concr\u00e8tement, le juge se trouvait alors autoris\u00e9, sur demande des parties int\u00e9ress\u00e9es<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>, \u00e0 \u00e9dicter les mesures d\u2019urgence n\u00e9cessaires \u00e0 la protection des biens de l\u2019absent<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>.<\/p>\n<p>La seconde p\u00e9riode commence, quant \u00e0 elle, par la <em>d\u00e9claration d\u2019absence<\/em>. Cette d\u00e9claration judiciaire pouvait \u00eatre demand\u00e9e au tribunal par les parties int\u00e9ress\u00e9es lorsque l\u2019absent avait \u00ab\u00a0cess\u00e9 de para\u00eetre au lieu de son domicile ou de sa r\u00e9sidence, et que depuis quatre ans on n\u2019en [avait] point eu de nouvelles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. Notons que la d\u00e9cision de constater formellement l\u2019absence n\u2019\u00e9tait pas prise \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re par le tribunal<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Le <em>Code Napol\u00e9on<\/em> pr\u00e9voyait notamment la tenue d\u2019une enqu\u00eate<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>. Selon Behenne, \u00ab\u00a0les r\u00e9dacteurs du <em>Code<\/em> [&#8230;] ont pris toutes les mesures n\u00e9cessaires pour faire parvenir la demande en d\u00e9claration d\u2019absence \u00e0 la connaissance de l\u2019absent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>. C\u2019est que le pr\u00e9sum\u00e9 absent se devait d\u2019\u00eatre avis\u00e9 des cons\u00e9quences n\u00e9fastes pouvant d\u00e9couler de la situation dans laquelle il se trouvait. L\u2019opportunit\u00e9 lui \u00e9tait donc donn\u00e9e de faire conna\u00eetre son existence, et d\u2019ainsi mettre un terme \u00e0 ce f\u00e2cheux \u00e9tat de fait<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a>. Qui plus est, le tribunal se devait, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article\u00a0117, de s\u2019attarder \u00ab\u00a0aux motifs de l\u2019absence, et aux causes qui ont pu emp\u00eacher d\u2019avoir des nouvelles de l\u2019individu pr\u00e9sum\u00e9 absent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce souci du l\u00e9gislateur illustre que, durant cette seconde p\u00e9riode, bien que \u00ab\u00a0l\u2019id\u00e9e de [la] mort de celui qui a disparu acquiert plus de force\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>, celle de son retour possible n\u2019en est pas pour autant compl\u00e8tement \u00e9cart\u00e9e<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>. C\u2019est pourquoi, comme nous le verrons ci-dessous, une balance est assur\u00e9e par le <em>Code <\/em>entre les int\u00e9r\u00eats de l\u2019absent, et ceux des personnes qui ont \u00e0 exercer des droits subordonn\u00e9s \u00e0 son d\u00e9c\u00e8s. On y voit l\u00e0 une manifestation du maintien de l\u2019incertitude sur la vie ou la mort de l\u2019absent.<\/p>\n<p>La cons\u00e9quence principale de cette d\u00e9claration d\u2019absence, et du d\u00e9but de cette seconde p\u00e9riode, est que les h\u00e9ritiers pr\u00e9somptifs peuvent alors se voir octroyer la possession provisoire \u00ab\u00a0des biens qui appartenaient \u00e0 l\u2019absent au jour de son d\u00e9part ou de ses derni\u00e8res nouvelles\u00a0\u00bb, le tout \u00ab\u00a0\u00e0 la charge de donner caution pour la s\u00fbret\u00e9 de leur administration\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>. La probabilit\u00e9 du d\u00e9c\u00e8s du disparu \u00e9tant, \u00e0 ce stade, plus grande qu\u2019auparavant, les r\u00e9dacteurs du Code ont trouv\u00e9 \u00ab\u00a0juste de ne pas paralyser plus longtemps l\u2019exercice, du moins provisoire, des droits subordonn\u00e9s \u00e0 cette condition\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. L\u2019absence d\u00e9clar\u00e9e permet ainsi que soient provisoirement exerc\u00e9s \u00ab\u00a0les droits que le d\u00e9c\u00e8s prouv\u00e9 ouvrirait d\u2019une fa\u00e7on d\u00e9finitive sur les biens [&#8230;] appartenant [\u00e0 l\u2019absent] lors de ses derni\u00e8res nouvelles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>.<\/p>\n<p>Cette possession pr\u00e9sentait tout de m\u00eame certaines limites en raison de son caract\u00e8re temporaire et incertain. En effet, le l\u00e9gataire pr\u00e9somptif n\u2019acqu\u00e9rait pas, de par l\u2019envoi en possession, la propri\u00e9t\u00e9 des biens de l\u2019absent. On ne lui reconnaissait qu\u2019une forme \u00ab\u00a0de d\u00e9p\u00f4t judiciaire, qui consist[ait] dans le droit d\u2019administrer les biens et de profiter d\u2019une part des fruits\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Les biens en d\u00e9p\u00f4t ne pouvaient pas, de ce fait, \u00eatre c\u00e9d\u00e9s. Quant aux immeubles de l\u2019absent, ils ne pouvaient \u00eatre ni hypoth\u00e9qu\u00e9s, ni affect\u00e9s de droits d&rsquo;usage, d&rsquo;usufruit ou de servitudes<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. C&rsquo;est sans compter que le l\u00e9gataire pr\u00e9somptif devait rendre \u00e0 l\u2019absent une partie des revenus accumul\u00e9s, si celui-ci reparaissait avant que se soient \u00e9coul\u00e9s trente ans depuis sa disparition<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>.<\/p>\n<p>Il convient aussi de noter que, selon le <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, la communaut\u00e9 de biens pouvait \u00eatre continu\u00e9e dans le cas o\u00f9 l\u2019\u00e9poux pr\u00e9sent le demandait. L\u2019envoi en possession provisoire pouvait, ainsi, \u00eatre \u00e9vit\u00e9 par ce dernier<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>. L\u2019\u00e9poux conservait alors, par pr\u00e9f\u00e9rence, l\u2019administration des biens. Picot jugeait utile de pr\u00e9ciser, \u00e0 cet \u00e9gard, que si l\u2019\u00e9poux a \u00ab\u00a0opt\u00e9 pour la continuation de la communaut\u00e9, c\u2019est parce qu\u2019il esp\u00e9rait le retour de son conjoint\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a>. L\u00e0 encore, la probabilit\u00e9 croissante de la mort du disparu n\u2019\u00e9clipsait pas toute esp\u00e9rance de son retour.<\/p>\n<p>Compte tenu du maintien de l\u2019incertitude absolue quant \u00e0 la vie ou la mort du disparu, si caract\u00e9ristique au mod\u00e8le napol\u00e9onien, l\u2019envoi en possession des biens de l\u2019absent sous ce r\u00e9gime ne visait toutefois pas ceux faisant \u00ab\u00a0partie de successions ouvertes depuis les derni\u00e8res nouvelles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a>. En effet, l\u2019effet combin\u00e9 de l\u2019incertitude qui p\u00e8se toujours sur l\u2019existence de l\u2019absent au moment de l\u2019ouverture de ces successions, et de la non-reconnaissance par le droit de l\u2019\u00e9poque d\u2019une pr\u00e9somption de vie, faisait consid\u00e9rer l\u2019absent comme n\u2019\u00e9tant pas h\u00e9ritier<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>. Il en d\u00e9coule que celui qui r\u00e9clamait un droit au nom d\u2019un individu dont l\u2019existence n\u2019\u00e9tait pas \u00e9vidente devait prouver que ce dernier \u00e9tait en vie,\u00a0ce qui revenait \u00e0 priver l\u2019absent de la possibilit\u00e9 d\u2019h\u00e9riter <a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>.<\/p>\n<p>On pourrait donc dire, comme Behenne, que, bien qu\u2019elle ne prime jamais, \u00ab\u00a0c\u2019est la pr\u00e9somption de mort qui domine d\u00e8s les premiers jours\u00a0\u00bb en ce qui a trait \u00ab\u00a0aux droits \u00e9ventuels qui s\u2019ouvrent au profit de l\u2019absent depuis sa disparition\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>.<\/p>\n<p>Le <em>Code Napol\u00e9on<\/em> pr\u00e9voyait toutefois, afin d\u2019\u00e9viter les iniquit\u00e9s, que la succession r\u00e9put\u00e9e ouverte au profit d\u2019un absent serait d\u00e9volue non seulement \u00e0 ceux avec lesquels il aurait concouru, mais aussi \u00ab\u00a0\u00e0 ceux qui l\u2019auraient recueillie \u00e0 son d\u00e9faut\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a>. Les biens en question entraient alors directement dans le patrimoine de ces h\u00e9ritiers, et ce comme leur part propre, non comme celle de l\u2019absent. Ne leur \u00e9taient donc rattach\u00e9s aucune des obligations de conservation et d\u2019inventaire pr\u00e9vues, au profit de l\u2019absent, en cas d\u2019envoi en possession provisoire<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce maintien de l\u2019incertitude sur l\u2019existence de l\u2019absent, qui a par la suite \u00e9t\u00e9 reprise dans le <em>Code civil du Bas-Canada<\/em>, pouvait ainsi engendrer des situations f\u00e2cheuses auxquelles, nous le verrons plus loin, ont tent\u00e9 de r\u00e9pondre les r\u00e9dacteurs du <em>Code civil du Qu\u00e9bec.<\/em><\/p>\n<p>Lorsque trente ans s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis la d\u00e9claration d\u2019absence, ou cent ans depuis la naissance de l\u2019absent, la <em>troisi\u00e8me p\u00e9riode<\/em> d\u00e9butait. Les ayants-droit pouvaient alors \u00ab\u00a0demander le partage des biens de l\u2019absent, et faire prononcer <em>l\u2019envoi en possession d\u00e9finitif<\/em>\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>. Entre les h\u00e9ritiers pr\u00e9somptifs, \u00ab\u00a0l\u2019envoi d\u00e9finitif ouvre une v\u00e9ritable succession et met les choses dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 elles seraient plac\u00e9es par le d\u00e9c\u00e8s prouv\u00e9 de l\u2019absent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>. Ceux qui, apr\u00e8s cette date, obtenaient des biens appartenant \u00e0 l\u2019absent, en \u00e9taient alors les propri\u00e9taires. Ils pouvaient donc les ali\u00e9ner et les hypoth\u00e9quer en toute libert\u00e9<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a>.<\/p>\n<p>Comme le notait \u00e0 cet \u00e9gard Behenne, citant Bigot-Pr\u00e9ameneu, le <em>Code Napol\u00e9on<\/em> reconnait ainsi qu\u2019\u00ab\u00a0[i]l est un terme [&#8230;] au del\u00e0 duquel il ne serait ni juste ni conforme \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat public de laisser les h\u00e9ritiers dans un \u00e9tat aussi pr\u00e9caire\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a>.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019administration des biens de l\u2019absent, la pr\u00e9somption de mort \u00e9tait, \u00e0 ce stade, jug\u00e9e comme ayant une force \u00e9quivalente \u00e0 la certitude<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a>. L\u2019absent \u00e9tait donc, \u00e0 cet \u00e9gard seulement, \u00ab\u00a0r\u00e9put\u00e9 mort du jour de sa disparition ou de ses derni\u00e8res nouvelles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a>. Advenant le retour de l\u2019absent, celui-ci n\u2019avait droit \u00ab\u00a0[qu\u2019]au recouvrement de ses biens encore existants, dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 ils se trouv[ai]ent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>.<\/p>\n<p>Ainsi, sous l\u2019\u00e9gide du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, l\u2019id\u00e9e voulant que l\u2019absent soit pr\u00e9sum\u00e9 ni mort ni vivant ne perdure, aux fins de l\u2019administration de ses biens, que jusqu\u2019\u00e0 l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive, moment \u00e0 partir duquel l\u2019absent est r\u00e9put\u00e9 mort<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a>.<\/p>\n<p>Or, quelque longue \u00e9tait l\u2019absence, elle ne dissolvait pas le mariage<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a>, et une nouvelle union ne pouvait \u00eatre contract\u00e9e que sur pr\u00e9sentation de l\u2019acte de d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a>. Behenne se demandait d\u2019ailleurs si l\u2019on pouvait consid\u00e9rer, \u00ab\u00a0relativement au mariage, que la pr\u00e9somption de vie dure \u00e0 l\u2019infini, puisque l\u2019absence, si prolong\u00e9e qu\u2019elle soit, ne peut jamais le dissoudre\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a>.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait pr\u00e9vu, de plus, que si l\u2019\u00e9poux pr\u00e9sent s\u2019\u00e9tait remari\u00e9, en ayant \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0induit en erreur par un faux acte de d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb ou en ayant \u00ab\u00a0tromp\u00e9 l\u2019officier de l\u2019\u00e9tat civil en se disant c\u00e9libataire\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9poux absent pouvait, s\u2019il reparaissait, contester ce mariage<a href=\"#_ftn82\" name=\"_ftnref82\">[82]<\/a>. La pratique voulait aussi qu\u2019en \u00ab\u00a0cas de certitude \u00e9vidente de l\u2019existence de l\u2019absent, le minist\u00e8re public p[ouvait], dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la morale publique et de la dignit\u00e9 du mariage\u00a0\u00bb, demander la nullit\u00e9 de la nouvelle union, vue alors comme \u00ab\u00a0une scandaleuse bigamie\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn83\" name=\"_ftnref83\">[83]<\/a>.<\/p>\n<p>On peut donc dire que l\u2019incertitude sur l\u2019existence n\u2019est pas enti\u00e8rement \u00e9cart\u00e9e par l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive. Il demeure des domaines o\u00f9 elle perdure bien apr\u00e8s que le d\u00e9lai de trente ans depuis la d\u00e9claration d\u2019absence se soit \u00e9coul\u00e9.<\/p>\n<p>En somme, devant l\u2019impossibilit\u00e9 pratique du maintien absolu de l\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019existence de l\u2019absent, le l\u00e9gislateur fran\u00e7ais en est venu \u00e0 adopter, en quelque sorte, des pr\u00e9somptions diff\u00e9rentes en fonction des circonstances. \u00c0 certains \u00e9gards, le <em>Code Napol\u00e9on <\/em>favorise la pr\u00e9somption de mort, notamment quand sont impliqu\u00e9s des droits subordonn\u00e9s \u00e0 la vie de l\u2019absent. Or, \u00e0 d\u2019autres \u00e9gards, par exemple, lorsqu\u2019il est question de lien matrimonial, il penche plut\u00f4t pour une pr\u00e9somption de vie de longue dur\u00e9e. Notons que le l\u00e9gislateur maintient ces pr\u00e9somptions simultan\u00e9ment, sans que l\u2019une n\u2019ait jamais compl\u00e8tement le dessus sur l\u2019autre. Le syst\u00e8me qui en d\u00e9coule se r\u00e9v\u00e8le donc, en pratique, pour le moins incoh\u00e9rent.<\/p>\n<h1 id=\"787-ee6-42c-842-0bb\"><a name=\"_Toc526552360\"><\/a><a name=\"_Toc498258290\"><\/a>IV. Le <em>Code civil du Bas-Canada<\/em>\u00a0: le doute persiste<\/h1>\n<h2 id=\"b16-8eb-4fd-9bc-edc\">A.\u00a0 L\u2019inspiration fran\u00e7aise<\/h2>\n<p>En vigueur de ce c\u00f4t\u00e9 de l\u2019Atlantique \u00e0 compter de 1866, le <em>C.c.B.-C. <\/em>s\u2019inspire fortement, en ce qui concerne l\u2019absence, du mod\u00e8le napol\u00e9onien.<\/p>\n<p>La d\u00e9finition que le <em>C.c.B.-C. <\/em>donne \u00e0 l\u2019article\u00a086 de la notion d\u2019<em>absent<\/em> ressemble en tous points \u00e0 celle retenue, en pratique, sous le <em>Code Napol\u00e9on<\/em>. L\u2019absent se doit, en effet, d\u2019avoir \u00e9lu domicile dans la province (i), d\u2019\u00eatre disparu (ii), et de n\u2019avoir donn\u00e9, depuis sa disparition, aucune nouvelle de son existence (iii). La distinction entre l\u2019absent et le non-pr\u00e9sent est, elle aussi, conserv\u00e9e<a href=\"#_ftn84\" name=\"_ftnref84\">[84]<\/a>.<\/p>\n<p>Le <em>C.c.B.-C. <\/em>reprend \u00e9galement, avec certaines adaptations, notamment de natures terminologiques, les p\u00e9riodes du droit napol\u00e9onien, soit celle de la pr\u00e9somption d\u2019absence, rebaptis\u00e9e curatelle aux absents; de la d\u00e9claration d\u2019absence, remplac\u00e9e par l\u2019envoi en possession provisoire; et de l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive<a href=\"#_ftn85\" name=\"_ftnref85\">[85]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus encore, il pr\u00e9serve l\u2019id\u00e9e \u00ab\u00a0[qu\u2019u]n absent n\u2019est aux yeux de la loi ni mort ni vivant\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn86\" name=\"_ftnref86\">[86]<\/a>. Le droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019\u00e9poque ne se distingue donc pas de son homologue fran\u00e7ais en ce qui a trait aux effets de l\u2019absence sur l\u2019exercice des droits subordonn\u00e9s \u00e0 la vie ou \u00e0 la mort de l\u2019absent, ou encore sur la question du mariage.<\/p>\n<p>Selon l\u2019article\u00a0105 du <em>C.c.B.-C.<\/em>, l\u2019absent \u00e9tait, comme en droit fran\u00e7ais<a href=\"#_ftn87\" name=\"_ftnref87\">[87]<\/a>, exclu des successions \u00e0 venir<a href=\"#_ftn88\" name=\"_ftnref88\">[88]<\/a>. En d\u2019autres termes, il \u00e9tait \u00ab\u00a0compl\u00e8tement ignor\u00e9, consid\u00e9r\u00e9 comme n\u2019existant pas au moment de l\u2019ouverture de la succession\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn89\" name=\"_ftnref89\">[89]<\/a>. Cela \u00e9tant dit, le <em>C.c.B.-C.<\/em> pr\u00e9voyait, \u00e0 l\u2019instar du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, que la succession pouvait \u00eatre d\u00e9volue \u00e0 ceux qui l\u2019auraient recueillie \u00e0 d\u00e9faut de l\u2019absent<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame optique, l\u2019article\u00a0104 du <em>C.c.B.-C.<\/em> dispose que celui qui r\u00e9clame un droit\u00a0qu\u2019il pr\u00e9tend lui venir de l\u2019absent doit prouver que ce dernier existait au moment o\u00f9 le droit s\u2019est ouvert<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a>. Sans cette preuve, la demande \u00e9tait irrecevable<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a>. La r\u00e8gle selon laquelle celui qui all\u00e8gue une chose doit la prouver, et celle voulant que l\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019existence de l\u2019absent perdure, sont toutes deux \u00e0 la source de cet \u00e9tat de fait<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a>.<\/p>\n<p>Le <em>C.c.B.-C. <\/em>reprend aussi la r\u00e8gle de droit fran\u00e7ais voulant que l\u2019absence, aussi longue soit-elle, ne dissout pas le mariage. Il innove n\u00e9anmoins, si l\u2019on peut dire, en codifiant ce principe \u00e0 son article\u00a0108, alors que celui-ci n\u2019\u00e9tait qu\u2019implicite au <em>Code Napol\u00e9on<\/em><a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>. De plus, cet article dispose qu\u2019une nouvelle union ne peut \u00eatre contract\u00e9e qu\u2019advenant la preuve certaine du d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent. Or, le <em>C.c.B.-C.<\/em> ne connaissait alors, comme preuve du d\u00e9c\u00e8s, que l\u2019acte de s\u00e9pulture, lequel ne pouvait \u00eatre dress\u00e9 lorsque \u00ab\u00a0le cadavre n\u2019a[vait] pu \u00eatre retrouv\u00e9 ou identifi\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a>.<\/p>\n<p>Le principe du maintien de l\u2019incertitude quant \u00e0 la vie ou la mort de l\u2019absent, principe issu du mod\u00e8le napol\u00e9onien, est ainsi maintenu en droit qu\u00e9b\u00e9cois<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\">[96]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"71e-f27-44b-8bb-7ac\">B.\u00a0 Les particularit\u00e9s du C.c.B.-C.<\/h2>\n<p>Cela \u00e9tant, le <em>C.c.B.-C. <\/em>ne manque pas de se distinguer du mod\u00e8le napol\u00e9onien en ce qui a trait \u00e0 d\u2019autres aspects du droit de l\u2019absence. Ces distinctions ont notamment pour objet de contrer certaines cons\u00e9quences n\u00e9fastes du maintien de l\u2019incertitude sur la vie ou la mort. Les Commissaires du <em>C.c.B.-C<\/em> pr\u00e9cisent, dans leur second rapport, que\u00a0:<\/p>\n<p>Le m\u00e9rite incontestable [du mod\u00e8le napol\u00e9onien] a d\u2019abord fait d\u00e9sirer de l\u2019adopter en entier, sauf quelques changements indispensables. Le travail n\u00e9cessaire \u00e0 cette fin avait m\u00eame \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9\u00a0; mais comme il fallait, avant tout, \u00e9tablir la loi telle qu\u2019elle existe, abstraction faite de ce qu\u2019elle pourrait ou devrait \u00eatre, les Commissaires, pour remplir ce devoir, ont d\u00fb compulser les anciennes lois fran\u00e7aises, les statuts provinciaux, la jurisprudence et les usages de nos tribunaux se rapportant au sujet.<\/p>\n<p>Une fois fait, ce dernier travail, qui, au reste, comprend une partie de celui du code, s\u2019est trouv\u00e9 former un ensemble de dispositions qui, au m\u00e9rite d\u2019\u00eatre en harmonie avec notre jurisprudence actuelle, r\u00e9unissait celui de r\u00e9gler d\u2019une mani\u00e8re correcte et suffisante, dans l\u2019opinion des Commissaires, les questions que soul\u00e8ve l\u2019absence. C\u2019est pour ces raisons, qu\u2019ils soumettent le pr\u00e9sent titre en pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 celui du Code Napol\u00e9on, dont il diff\u00e8re sous plusieurs rapports<a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a>.<\/p>\n<p>Par exemple, on remarque que, contrairement \u00e0 son homologue fran\u00e7ais, le <em>C.c.B.-C. <\/em>pr\u00e9voit le pouvoir du tribunal de nommer un curateur aux biens de l\u2019absent<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\">[98]<\/a>. L\u2019usage d\u2019un curateur, inspir\u00e9 du droit romain et de l\u2019ancien droit fran\u00e7ais, avait \u00e9t\u00e9 consciemment \u00e9cart\u00e9 par les r\u00e9dacteurs du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, au motif qu\u2019il \u00e9tait probl\u00e9matique \u00e0 maints \u00e9gards<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\">[99]<\/a>. Le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois n\u2019y vit vraisemblablement pas une raison de s\u2019en d\u00e9partir et, pour en limiter les risques, a soumis cette nomination \u00e0 la d\u00e9cision du tribunal; a impos\u00e9 aux curateurs de pr\u00eater serment; et a explicitement limit\u00e9 l\u2019\u00e9tendue de leurs pouvoirs<a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>.<\/p>\n<p>De plus, le <em>C.c.B.-C. <\/em>dispose \u00e0 l\u2019article\u00a094 que la possession provisoire peut \u00eatre ordonn\u00e9e avant l\u2019expiration du d\u00e9lai de cinq ans depuis la disparition, \u00ab\u00a0s\u2019il est \u00e9tabli, \u00e0 la satisfaction du tribunal, qu\u2019il y a de fortes pr\u00e9somptions que l\u2019absent est mort\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>. Bien que pr\u00e9sente sous l\u2019ancien droit fran\u00e7ais, et d\u00e9fendue par des auteurs<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a>, une telle possibilit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9vue par le <em>Code Napol\u00e9on<\/em><a href=\"#_ftn103\" name=\"_ftnref103\">[103]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce choix du l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois repr\u00e9sente, selon nous, une prise en consid\u00e9ration louable des int\u00e9r\u00eats des personnes ayant des droits subordonn\u00e9s au d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent, et une volont\u00e9 accrue d\u2019arrimer le r\u00e9gime de l\u2019absence \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Il constitue aussi, dans une certaine mesure, un pr\u00e9sage des r\u00e9formes \u00e0 venir.<\/p>\n<h1 id=\"397-53a-456-9a7-6f1\"><a name=\"_Toc526552361\"><\/a><a name=\"_Toc498258291\"><\/a>V. R\u00e9forme du <em>C.c.B.-C.<\/em>\u00a0: Chronique d\u2019une mort d\u00e9clar\u00e9e<\/h1>\n<p>En d\u00e9cembre 1964, le navire Marie-Carole, parti en mer depuis les \u00celes-de-la-Madeleine pour une exp\u00e9dition de p\u00eache, sombre lors d\u2019une temp\u00eate au large du Cap-Breton, en Nouvelle-\u00c9cosse. Les cinq hommes \u00e0 son bord, p\u00e8res de dix-neuf enfants, sont introuvables<a href=\"#_ftn104\" name=\"_ftnref104\">[104]<\/a>. Cette trag\u00e9die, en plus d\u2019inspirer chansons populaires et ouvrages divers<a href=\"#_ftn105\" name=\"_ftnref105\">[105]<\/a>, m\u00e8nera aussi \u00e0 l\u2019adoption, par la l\u00e9gislature, d\u2019une loi priv\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est que le droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019\u00e9poque ne reconnaissait comme preuve civile du d\u00e9c\u00e8s que l\u2019acte de s\u00e9pulture, lequel ne pouvait \u00eatre confectionn\u00e9 dans les cas \u00ab\u00a0o\u00f9 le cadavre n\u2019a[vait] pu \u00eatre retrouv\u00e9 ou identifi\u00e9, de m\u00eame que ceux, moins spectaculaires, o\u00f9 une personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e dans la province a[vait] \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9e hors de cette province\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn106\" name=\"_ftnref106\">[106]<\/a>. Dans ces situations o\u00f9 l\u2019acte de s\u00e9pulture ne pouvait \u00eatre dress\u00e9 malgr\u00e9 le peu de doute qui demeurait quant au d\u00e9c\u00e8s des absents, le droit de l\u2019\u00e9poque n\u2019offrait pas de solution satisfaisante. D\u2019une part, le titre \u00ab\u00a0Des absents\u00a0\u00bb du <em>C.c.B.-C.<\/em> proposait le m\u00e9canisme de l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive, avec les limites qu\u2019on lui conna\u00eet. D\u2019autre part, le recours \u00e0 la l\u00e9gislature par voie de <em>bill priv\u00e9<\/em> constituait une proc\u00e9dure aussi lourde que couteuse<a href=\"#_ftn107\" name=\"_ftnref107\">[107]<\/a>.<\/p>\n<p>C\u2019est dans ce contexte que la l\u00e9gislature adopte, en 1966, la <em>Loi concernant le naufrage du navire Marie-Carole<\/em>, laquelle \u00e9tablit, entre autres choses, \u00ab\u00a0que les cinq personnes \u00e0 bord sont disparues au cours de ce naufrage et qu\u2019il y a lieu de pr\u00e9sumer\u00a0qu\u2019elles sont mortes \u00e0 cette date\u00a0\u00bb, soit autour du 2 d\u00e9cembre 1964<a href=\"#_ftn108\" name=\"_ftnref108\">[108]<\/a>. Il y est m\u00eame pr\u00e9cis\u00e9, dans le pr\u00e9ambule, \u00ab\u00a0qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 impossible, jusqu\u2019\u00e0 ce jour, d\u2019obtenir les certificats de d\u00e9c\u00e8s pour les victimes de cet accident\u00a0\u00bb et que, cons\u00e9quemment, \u00ab\u00a0les l\u00e9gataires, h\u00e9ritiers et repr\u00e9sentants l\u00e9gaux de ces victimes ne peuvent proc\u00e9der \u00e0 la v\u00e9rification des testaments non plus qu\u2019au r\u00e8glement des successions\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn109\" name=\"_ftnref109\">[109]<\/a>.<\/p>\n<p>En mai 1968, le Comit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat civil et de la c\u00e9l\u00e9bration du mariage de l\u2019Office de r\u00e9vision du Code civil pr\u00e9sente au professeur Paul-Andr\u00e9 Cr\u00e9peau, son pr\u00e9sident, un rapport pr\u00e9liminaire sur les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s. Il y propose, pour l\u2019essentiel, \u00ab\u00a0le recours aux tribunaux comme solution afin que dans les cas o\u00f9 cela s\u2019impose, un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s puisse \u00eatre prononc\u00e9\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une personne pour laquelle ne peut \u00eatre dress\u00e9 un acte de s\u00e9pulture<a href=\"#_ftn110\" name=\"_ftnref110\">[110]<\/a>. Cette recommandation fera l\u2019objet d\u2019un second rapport, celui-l\u00e0 publi\u00e9 en 1969<a href=\"#_ftn111\" name=\"_ftnref111\">[111]<\/a>.<\/p>\n<p>Est finalement adopt\u00e9e en 1969 la <em>Loi concernant les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em><a href=\"#_ftn112\" name=\"_ftnref112\">[112]<\/a>, laquelle amende le <em>C.c.B.-C.<\/em> afin que puisse \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 judiciairement tout d\u00e9c\u00e8s survenu au Qu\u00e9bec, \u00ab\u00a0dans les cas o\u00f9, de l\u2019avis du tribunal, [ce dernier] peut \u00eatre tenu pour certain sans qu\u2019il soit possible de dresser un acte de s\u00e9pulture\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn113\" name=\"_ftnref113\">[113]<\/a>. Les h\u00e9ritiers de l\u2019absent se voient ainsi accorder un choix selon les circonstances, soit de demander l\u2019envoi en possession provisoire, par le biais des articles\u00a093 et 94, s\u2019ils gardent espoir de le revoir en vie, soit d\u2019obtenir un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>Dans ce dernier cas, deux conditions ressortent du libell\u00e9 de l\u2019article\u00a070\u00a0: le d\u00e9c\u00e8s doit \u00eatre tenu pour certain, et il doit \u00eatre impossible d\u2019obtenir un acte de s\u00e9pulture. Le tribunal devait appr\u00e9cier \u00ab\u00a0les pr\u00e9somptions qui r\u00e9sultent des faits et ordonn[ait], s\u2019il le juge[ait] utile, un compl\u00e9ment d\u2019enqu\u00eate sur les circonstances de la disparition\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn114\" name=\"_ftnref114\">[114]<\/a>. Le jugement faisant droit \u00e0 une telle requ\u00eate \u00e9tait ensuite retranscrit dans les registres de l\u2019\u00c9tat civil, et avait la m\u00eame autorit\u00e9 qu\u2019un acte de s\u00e9pulture<a href=\"#_ftn115\" name=\"_ftnref115\">[115]<\/a>.<\/p>\n<p>De cette mani\u00e8re, le <em>C.c.B.-C.<\/em> accorde des statuts juridiques diff\u00e9rents \u00e0 l\u2019absent, dont l\u2019existence demeure incertaine, et au disparu, dont le d\u00e9c\u00e8s rel\u00e8ve de la quasi-certitude, mais dont la d\u00e9pouille est introuvable<a href=\"#_ftn116\" name=\"_ftnref116\">[116]<\/a>. Ce dernier \u00ab\u00a0est tenu pour d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 compter du jour fix\u00e9 par le tribunal\u00a0\u00bb, ne poss\u00e8de plus de personnalit\u00e9 juridique, et voit sa succession ouverte ainsi que son mariage dissous<a href=\"#_ftn117\" name=\"_ftnref117\">[117]<\/a>.<\/p>\n<p>Cet amendement au <em>C.c.B.-C. <\/em>repr\u00e9sente donc un rejet, du moins un rejet partiel, du principe napol\u00e9onien du maintien de l\u2019incertitude quant \u00e0 la vie ou la mort de l\u2019absent, en ce qu\u2019il fait primer la pr\u00e9somption de mort. Notons d\u2019ailleurs que la France a, en 1945, elle aussi mis en place son propre r\u00e9gime de la disparition dans l\u2019optique avou\u00e9e de pallier \u00e0 la \u00ab\u00a0lourdeur des r\u00e8gles napol\u00e9oniennes\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn118\" name=\"_ftnref118\">[118]<\/a>. Ce r\u00e9gime s\u2019appliquait, en France, \u00ab\u00a0lorsque les circonstances [&#8230;] rend[aient] tr\u00e8s probable le d\u00e9c\u00e8s parce qu\u2019il y avait eu p\u00e9ril de mort\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn119\" name=\"_ftnref119\">[119]<\/a>. On ne saurait s\u2019\u00e9tonner du fait que cette modification l\u00e9gislative soit survenue en France en 1945, cette ann\u00e9e marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale, le\u00a0conflit militaire le plus meurtrier de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>La pr\u00e9somption de mort consacr\u00e9e par un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s n\u2019en demeurait pas moins r\u00e9fragable. Dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 la personne disparue reparaissait, l\u2019article\u00a073 du <em>C.c.B.-C. <\/em>pr\u00e9voyait que les effets du jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s cessaient, et que le revenant pouvait recouvrer ses biens dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 ils se trouvaient, de m\u00eame que la valeur de ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 ali\u00e9n\u00e9s.<\/p>\n<p>Il importe de souligner que \u00ab\u00a0[l]e retour du disparu entra\u00een[ait] \u00e9galement la nullit\u00e9 du second mariage que [le] conjoint aurait pu contracter durant l\u2019intervalle\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn120\" name=\"_ftnref120\">[120]<\/a>. Cela dit, comme le note la professeure Deleury, la bonne foi qui transparaissait du jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s faisait g\u00e9n\u00e9ralement en sorte que les r\u00e8gles du mariage putatif s\u2019appliquent.\u00a0Le second mariage, bien qu\u2019annul\u00e9, produisait donc encore certains effets l\u00e9gaux.<a href=\"#_ftn121\" name=\"_ftnref121\">[121]<\/a>.<\/p>\n<p>Quoique majoritairement salu\u00e9e comme une avanc\u00e9e d\u2019importance en la mati\u00e8re, la r\u00e9forme de 1969 fut aussi consid\u00e9r\u00e9e par certaines comme trop restreinte. D\u2019une part, la professeure Lauzon soulignait que, pour obtenir un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s, il fallait \u00ab\u00a0une forte pr\u00e9somption de d\u00e9c\u00e8s[,] laquelle n\u2019existe vraiment que dans des cas de trag\u00e9dies a\u00e9riennes, maritimes ou autres\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn122\" name=\"_ftnref122\">[122]<\/a>. R\u00e9f\u00e9rant \u00e0 ce qui semblait \u00eatre un fl\u00e9au de l\u2019\u00e9poque, elle faisait remarquer, de mani\u00e8re plut\u00f4t imag\u00e9e, qu\u2019\u00ab\u00a0[e]n aucun temps pourrait-on y recourir dans le cas du bon-p\u00e8re-de-famille-parti-acheter-un-paquet-de-cigarettes qui n\u2019est jamais revenu\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn123\" name=\"_ftnref123\">[123]<\/a>.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, la professeure Deleury affirmait \u00ab\u00a0regrett[er] [&#8230;] que le l\u00e9gislateur n\u2019ait pas profit\u00e9 de son intervention pour modifier le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019absence, vu les difficult\u00e9s qu\u2019il implique sur le plan successoral\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn124\" name=\"_ftnref124\">[124]<\/a>. Elle critiquait notamment la longueur des d\u00e9lais, pr\u00e9cisant qu\u2019il est plut\u00f4t ardu, \u00e0 notre \u00e9poque, \u00ab\u00a0d\u2019imaginer qu\u2019une personne puisse demeurer plus de trente ans sans donner de ses nouvelles\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn125\" name=\"_ftnref125\">[125]<\/a>.<\/p>\n<p>Comme nous le verrons, ces dol\u00e9ances ont trouv\u00e9 r\u00e9ponse lors de l\u2019adoption du <em>CcQ<\/em> Il convient toutefois, avant de s\u2019y attarder, de traiter d\u2019un dernier amendement au <em>C.c.B.-C.<\/em>, lequel s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 important pour la r\u00e9forme \u00e0 venir. En 1974, le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois d\u00e9cide de proc\u00e9der \u00e0 la modernisation et \u00e0 la r\u00e9organisation des dispositions concernant le contrat d\u2019assurance. Est adopt\u00e9, dans le cadre de cette r\u00e9forme, l\u2019article\u00a02529 du <em>C.c.B.-C.<\/em>, lequel pr\u00e9voit que \u00ab\u00a0le b\u00e9n\u00e9ficiaire de l\u2019assurance-vie souscrite par l\u2019absent avant qu\u2019il ne disparaisse\u00a0\u00bb peut obtenir du tribunal, suite \u00e0 une absence de sept ans, une d\u00e9claration de pr\u00e9somption de d\u00e9c\u00e8s, ce qui lui permettait de r\u00e9clamer le versement du capital<a href=\"#_ftn126\" name=\"_ftnref126\">[126]<\/a>.<\/p>\n<p>Par ces modifications au <em>C.c.B.-C.<\/em>, le l\u00e9gislateur cr\u00e9e une premi\u00e8re br\u00e8che dans le rempart du maintien de l\u2019incertitude absolue quant \u00e0 l\u2019existence de l\u2019absent, une br\u00e8che qu\u2019il ne manquera pas d\u2019\u00e9largir lors de sa r\u00e9forme tant attendue.<\/p>\n<h1 id=\"725-8b3-4c8-9f5-6d6\"><a name=\"_Toc526552362\"><\/a><a name=\"_Toc498258292\"><\/a>VI. Le <em>Code civil du Qu\u00e9bec<\/em>\u00a0: s\u2019affranchir du doute<\/h1>\n<h2 id=\"370-e69-4e7-9bd-083\">A.\u00a0 L\u2019Office de r\u00e9vision du Code civil<\/h2>\n<p>En 1977, l\u2019Office de r\u00e9vision du Code civil (ORCC) publie son <em>Rapport sur le Code civil du Qu\u00e9bec<\/em><a href=\"#_ftn127\" name=\"_ftnref127\">[127]<\/a>. Dans son projet de Code, le droit de l\u2019absence se trouvait rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 une sous-section du chapitre sur les majeurs prot\u00e9g\u00e9s, intitul\u00e9e \u00ab\u00a0De la tutelle \u00e0 l\u2019absent\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn128\" name=\"_ftnref128\">[128]<\/a>.\u00a0Les dispositions encadrant les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s \u00e9taient, elles, renvoy\u00e9es \u00e0 une sous-section du chapitre sur les actes de l\u2019\u00e9tat civil.<\/p>\n<p>Plusieurs modifications d\u2019envergure y \u00e9taient sugg\u00e9r\u00e9es, notamment \u00ab\u00a0de doter l\u2019absent d\u2019une v\u00e9ritable tutelle et non\u00a0[d\u2019une simple] curatelle aux biens\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn129\" name=\"_ftnref129\">[129]<\/a>, et de remplacer la possession provisoire par le jugement d\u00e9claratif d\u2019absence<a href=\"#_ftn130\" name=\"_ftnref130\">[130]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, le projet pr\u00e9voyait que tout int\u00e9ress\u00e9 pourrait, \u00ab\u00a0lorsque l\u2019absence a dur\u00e9 pendant sept ann\u00e9es cons\u00e9cutives, obtenir un jugement d\u00e9claratif d\u2019absence\u00a0\u00bb, \u00e0 compter duquel l\u2019absent serait pr\u00e9sum\u00e9 d\u00e9c\u00e9d\u00e9<a href=\"#_ftn131\" name=\"_ftnref131\">[131]<\/a>. Celui-ci aurait mis fin au mariage de l\u2019absent, dissout son r\u00e9gime matrimonial, et envoy\u00e9 ses h\u00e9ritiers en possession<a href=\"#_ftn132\" name=\"_ftnref132\">[132]<\/a>. On \u00e9carte donc la n\u00e9cessit\u00e9, au terme de ce d\u00e9lai, d\u2019une preuve \u00e0 l\u2019effet que le d\u00e9c\u00e8s pouvait \u00eatre tenu pour certain. Le simple \u00e9coulement du temps aurait suffi \u00e0 cet \u00e9gard. Ce faisant, l\u2019on r\u00e9pondait partiellement \u00e0 la critique formul\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment par la professeure Lauzon.<\/p>\n<p>En 1980, l\u2019Assembl\u00e9e nationale institue le <em>Code civil du Qu\u00e9bec <\/em>(<em>CcQ<\/em>), mais d\u00e9cide \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9chelonner l\u2019adoption de ses diff\u00e9rentes parties en raison de l\u2019ampleur des r\u00e9formes propos\u00e9es\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn133\" name=\"_ftnref133\">[133]<\/a>. Le droit de la famille est alors le seul \u00e0 \u00eatre r\u00e9form\u00e9<a href=\"#_ftn134\" name=\"_ftnref134\">[134]<\/a>.<\/p>\n<p>La r\u00e9flexion du l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois sur la r\u00e9forme du droit civil s\u2019est prolong\u00e9e durant la p\u00e9riode s\u00e9parant la publication du <em>Rapport de l\u2019ORCC<\/em> de l\u2019adoption en bonne et due forme du <em>Code<\/em> en 1991. En fin de compte, le projet de <em>Code civil<\/em> de l\u2019ORCC n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9 dans sa mouture initiale. Il a plut\u00f4t fait l\u2019objet, pendant ces douze ans, d\u2019importantes modifications, tant en sa forme qu\u2019en sa substance<a href=\"#_ftn135\" name=\"_ftnref135\">[135]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"99c-413-4de-a2b-3f5\">B.\u00a0 Le Code civil du Qu\u00e9bec<\/h2>\n<p>Le <em>CcQ<\/em> est finalement adopt\u00e9 en date du 4 juin 1991, mais il faudra attendre jusqu\u2019au 1er janvier 1994 pour son entr\u00e9e en vigueur. Bien loin d\u2019abandonner l\u2019institution de l\u2019absence dans le cadre de sa r\u00e9forme du droit civil, comme le souhaitaient certains<a href=\"#_ftn136\" name=\"_ftnref136\">[136]<\/a>, le l\u00e9gislateur d\u00e9cide plut\u00f4t de la simplifier grandement, et de l\u2019adapter aux r\u00e9alit\u00e9s contemporaines. Les commentaires du ministre de la Justice \u00e0 cet \u00e9gard m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre reproduits\u00a0:<\/p>\n<p>L\u2019absence, telle qu\u2019envisag\u00e9e dans le Code civil du Bas Canada, \u00e9tait une institution complexe et pratiquement sans application qui ne correspondait pas aux r\u00e9alit\u00e9s sociales actuelles. Pourtant une telle institution a sa place dans notre droit, puisqu\u2019elle est la seule \u00e0 pouvoir r\u00e9gir la situation juridique de toutes ces personnes qui disparaissent sans laisser de traces et sans donner de nouvelles, adolescents ou personnes en fuite ou port\u00e9es disparues<a href=\"#_ftn137\" name=\"_ftnref137\">[137]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019absence fait dor\u00e9navant l\u2019objet d\u2019un chapitre intitul\u00e9 De l\u2019absence et du d\u00e9c\u00e8s, lequel inclut aussi les dispositions sur le jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>La notion d\u2019absent au <em>CcQ<\/em> fait \u00e9cho au droit ant\u00e9rieur, car l\u2019article\u00a084 du <em>CcQ<\/em>, qui la d\u00e9finit, reprend les trois \u00e9l\u00e9ments de l\u2019article\u00a086 du <em>C.c.B.-C.<\/em>, soit le domicile au Qu\u00e9bec, la disparition, et l\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019existence<a href=\"#_ftn138\" name=\"_ftnref138\">[138]<\/a>. L\u2019incertitude relative \u00e0 la vie ou la mort demeure donc, sous le nouveau r\u00e9gime, une condition essentielle de l\u2019\u00e9tat d\u2019absence; elle le distingue de l\u2019\u00e9tat de non-pr\u00e9sence. Le <em>Code <\/em>va toutefois \u00e0 l\u2019encontre du droit ant\u00e9rieur en ce qu\u2019il ne maintient pas, comme cons\u00e9quence juridique de l\u2019absence, cette incertitude.<\/p>\n<p>En effet, le <em>CcQ <\/em>renouvelle le droit de l\u2019absence en instituant, \u00e0 l\u2019article\u00a085, une pr\u00e9somption de vie, laquelle vaut pour les sept ans suivant la disparition<a href=\"#_ftn139\" name=\"_ftnref139\">[139]<\/a>. L\u2019objet de l\u2019article\u00a085 du <em>CcQ<\/em> est donc de pallier juridiquement, pendant les sept ans suivant la disparition, \u00e0 l\u2019incertitude factuelle qui persiste quant \u00e0 l\u2019existence de l\u2019absent, et de pr\u00e9server ses int\u00e9r\u00eats dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 de son retour. Ce dernier objectif est assur\u00e9 par l\u2019ouverture d\u2019un r\u00e9gime de tutelle particulier en vertu de l\u2019article\u00a086 du<em> CcQ<\/em>, lequel permet, entre autres choses, que les obligations qu\u2019il pourrait avoir \u00e0 l\u2019\u00e9gard de tiers soient honor\u00e9es pendant la p\u00e9riode d\u2019absence<a href=\"#_ftn140\" name=\"_ftnref140\"><sup>[140]<\/sup><\/a>. Par ce m\u00e9canisme, le tuteur obtient alors la simple administration des biens de l\u2019absent<a href=\"#_ftn141\" name=\"_ftnref141\">[141]<\/a>.<\/p>\n<p>La pr\u00e9somption de vie de l\u2019article\u00a085 du <em>CcQ<\/em> est simple, pouvant \u00eatre \u00e9cart\u00e9e par la preuve du d\u00e9c\u00e8s de l\u2019absent<a href=\"#_ftn142\" name=\"_ftnref142\"><sup>[142]<\/sup><\/a>. Si, par exemple, la d\u00e9pouille venait \u00e0 \u00eatre trouv\u00e9e durant les sept ann\u00e9es suivant la disparition, la proc\u00e9dure normale serait suivie, et un acte de d\u00e9c\u00e8s pourrait alors \u00eatre dress\u00e9 par le Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<a href=\"#_ftn143\" name=\"_ftnref143\">[143]<\/a>.<\/p>\n<p>Qui plus est, l\u2019article\u00a092 du <em>CcQ<\/em> \u00e9nonce qu\u2019un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s peut \u00eatre prononc\u00e9 sept ans apr\u00e8s la disparition<a href=\"#_ftn144\" name=\"_ftnref144\">[144]<\/a> ou, vestige de la r\u00e9forme de 1969, avant cette date lorsque la mort \u00ab\u00a0peut \u00eatre tenue pour certaine\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn145\" name=\"_ftnref145\">[145]<\/a> malgr\u00e9 l\u2019impossibilit\u00e9 de dresser un constat de d\u00e9c\u00e8s<a href=\"#_ftn146\" name=\"_ftnref146\">[146]<\/a>.<\/p>\n<p>On peut se demander pourquoi le l\u00e9gislateur en est finalement venu \u00e0 retenir un d\u00e9lai de sept ans pour la pr\u00e9somption de vie. Le rapport de l\u2019ORCC pr\u00e9cise, \u00e0 cet \u00e9gard, qu\u2019\u00ab\u00a0[\u00e9]tant donn\u00e9 la vitesse des communications \u00e0 l\u2019heure actuelle, ce d\u00e9lai a paru d\u2019une dur\u00e9e suffisante pour pr\u00e9sumer que la personne dont on n\u2019a pas de nouvelles est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn147\" name=\"_ftnref147\">[147]<\/a>. Il ajoute, sur ce point, que\u00a0:<\/p>\n<p>Le d\u00e9lai de sept ans est in\u00e9vitablement arbitraire. C\u2019est n\u00e9anmoins celui qui a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 suffisant pour le paiement d\u2019une assurance-vie apr\u00e8s la disparition de l\u2019assur\u00e9 (a. 2529 C.C.) (209) et celui \u00e0 l\u2019expiration duquel une personne dont le conjoint est absent peut se marier sans \u00eatre coupable de bigamie<a href=\"#_ftn148\" name=\"_ftnref148\">[148]<\/a>[.]<\/p>\n<p>En effet, il n\u2019est pas illogique que le moment au-del\u00e0 duquel un remariage ne constitue plus de la bigamie co\u00efncide avec la fin de la pr\u00e9somption de vie.<\/p>\n<p>Dans un autre document pr\u00e9paratoire issu des travaux de l\u2019ORCC, ce d\u00e9lai de sept ans est aussi mentionn\u00e9, et son origine est alors attribu\u00e9e au droit anglais. Or, on peut se demander, \u00e0 l\u2019instar des auteurs Corral Talciani et Rodriguez Pinto, si cette r\u00e8gle anglaise n\u2019est pas, elle-m\u00eame, un calque de certaines coutumes fran\u00e7aises<a href=\"#_ftn149\" name=\"_ftnref149\">[149]<\/a>\u00a0:<\/p>\n<p>La r\u00e8gle traditionnelle de la common law en Angleterre, qui s\u2019est ensuite transmise aux d\u00e9cisions des tribunaux nord-am\u00e9ricains et au droit \u00e9crit de nombreuses nations, veut que la disparition d\u2019une personne de son lieu habituel de r\u00e9sidence, sans que ceux qui devraient normalement savoir o\u00f9 elle se trouve n\u2019aient re\u00e7u de nouvelles, pour un laps de temps d\u2019au moins sept ans, autorise le juge \u00e0 d\u00e9clarer la <em>pr\u00e9somption de d\u00e9c\u00e8s<\/em> <em>(presumption of death<\/em><em>)<\/em> du disparu pour les effets demand\u00e9s aupr\u00e8s du tribunal. [&#8230;]<\/p>\n<p>La r\u00e8gle des sept ans appara\u00eet quant \u00e0 elle comme une r\u00e9ception assez curieuse des coutumes du droit civil re\u00e7ues dans l\u2019\u00eele et recueillies dans une ou deux lois ponctuelles. Il est commun\u00e9ment admis depuis lors que la r\u00e8gle est pass\u00e9e \u00e0 la common law au moyen de deux d\u00e9cisions c\u00e9l\u00e8bres de juges anglais [(<em>Doe d. George v. Jesson <\/em>et <em>Nepean v. Doe<\/em>)] qui ont inspir\u00e9 le traitement que donne ce syst\u00e8me \u00e0 la disparition de personnes [italiques dans l\u2019original, notes omises]<a href=\"#_ftn150\" name=\"_ftnref150\">[150]<\/a>.<\/p>\n<p>Le d\u00e9lai de sept ans qui a \u00e9t\u00e9 retenu par le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois \u00e0 l\u2019article\u00a085 du <em>CcQ<\/em> semble donc avoir des origines diverses. Cette r\u00e9alit\u00e9 illustre bien les influences multiples qui ont fa\u00e7onn\u00e9 le droit qu\u00e9b\u00e9cois tel que nous le connaissons<a href=\"#_ftn151\" name=\"_ftnref151\">[151]<\/a>.<\/p>\n<p>En ce qui a trait aux autres cas, pr\u00e9vus \u00e0 l\u2019article\u00a092 du <em>CcQ, <\/em>o\u00f9 le d\u00e9c\u00e8s peut \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 avant le d\u00e9lai de sept ans, le tribunal devra alors appr\u00e9cier les circonstances de la disparition \u00ab\u00a0afin de d\u00e9clarer que la personne est morte et de d\u00e9terminer la date du d\u00e9c\u00e8s ou de l\u2019\u00e9v\u00e9nement qui emporte la quasi-certitude du d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn152\" name=\"_ftnref152\">[152]<\/a>. Les circonstances pr\u00e9cises du d\u00e9c\u00e8s devront donc ressortir de la preuve. Cette preuve devra, de plus, comporter des \u00ab\u00a0\u201cindices graves, pr\u00e9cis et concordants\u201d permettant de conclure au d\u00e9c\u00e8s et \u00e9cartant toute autre hypoth\u00e8se\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn153\" name=\"_ftnref153\">[153]<\/a>. Par exemple, c\u2019est ce m\u00e9canisme qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des personnes n\u2019ayant pu \u00eatre identifi\u00e9es suite au tragique incendie d\u2019une r\u00e9sidence pour personnes \u00e2g\u00e9es de l\u2019Isle-Verte en janvier 2014<a href=\"#_ftn154\" name=\"_ftnref154\">[154]<\/a>.<\/p>\n<p>Bien que le syst\u00e8me am\u00e9ricain soit de <em>common law<\/em>, et qu\u2019il r\u00e9ponde \u00e0 des r\u00e8gles distinctes, c\u2019est un processus relativement similaire qui a \u00e9t\u00e9 suivi au lendemain des \u00e9v\u00e9nements du 11 septembre 2001<a href=\"#_ftn155\" name=\"_ftnref155\">[155]<\/a>. En effet, le <em>New York Times<\/em> rapportait, environ un an apr\u00e8s la trag\u00e9die, que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des victimes, soit quelque 1300 personnes, ont d\u00fb \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9es mortes par voie judiciaire. Ces d\u00e9clarations faisaient suite \u00e0 la d\u00e9monstration par les familles des victimes que les disparus se trouvaient dans le b\u00e2timent au moment de l\u2019attentat et qu\u2019ils n\u2019avaient pas donn\u00e9 de nouvelles depuis cette date<a href=\"#_ftn156\" name=\"_ftnref156\">[156]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"0a3-c53-4be-a61-c65\">C.\u00a0 Un revirement<\/h2>\n<p>Le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois s\u2019est donc livr\u00e9 \u00e0 une profonde r\u00e9invention du droit de l\u2019absence dans le cadre de l\u2019adoption du <em>Code civil du Qu\u00e9bec. <\/em>De l\u2019avis du ministre de la Justice de l\u2019\u00e9poque, l\u2019am\u00e9lioration des modes de communication et l\u2019efficience grandissante des techniques de recherche avaient rendu d\u00e9su\u00e8te l\u2019id\u00e9e, propre au mod\u00e8le napol\u00e9onien, du maintien de l\u2019incertitude sur la vie ou la mort de l\u2019absent<a href=\"#_ftn157\" name=\"_ftnref157\">[157]<\/a>. L\u2019incapacit\u00e9 des autorit\u00e9s \u00e0 retrouver un cadavre sur-le-champ, malgr\u00e9 les performants outils technologiques \u00e0 leur disposition, \u00e9tait alors vue comme un indice que l\u2019absent est probablement encore en vie; \u00e0 l\u2019inverse, l\u2019absence de nouvelles pendant un certain temps suivant la disparition \u00e9tait per\u00e7ue, vu la multiplication des modes de communication, comme un signe funeste<a href=\"#_ftn158\" name=\"_ftnref158\">[158]<\/a>.<\/p>\n<p>Selon nous, outre la d\u00e9su\u00e9tude de cette id\u00e9e import\u00e9e du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, c\u2019est surtout son caract\u00e8re impraticable qui a pouss\u00e9 le l\u00e9gislateur \u00e0 l\u2019\u00e9carter au profit de la pr\u00e9somption de vie de l\u2019absent jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire. Cette impraticabilit\u00e9, il convient de le rappeler, se manifestait notamment par des cons\u00e9quences absurdes sur le plan successoral ainsi que sur le lien du mariage. Si le r\u00e9gime instaur\u00e9 en 1991 r\u00e9pond \u00e0 ces probl\u00e9matiques, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment en s\u2019affranchissant de la n\u00e9cessit\u00e9 du maintien de l\u2019incertitude.<\/p>\n<p>D\u2019une part, il ne fait aucun doute que l\u2019absent peut, dans la mesure o\u00f9 il est pr\u00e9sum\u00e9 vivant en vertu de l\u2019article\u00a085 du <em>CcQ<\/em>, \u00ab\u00a0succ\u00e9der et acqu\u00e9rir des droits\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn159\" name=\"_ftnref159\">[159]<\/a>. Le <em>CcQ<\/em> pr\u00e9voit m\u00eame explicitement, au <em>Livre des Successions<\/em>, que \u00ab\u00a0[p]euvent succ\u00e9der les personnes physiques qui existent au moment de l\u2019ouverture de la succession, y compris l\u2019absent pr\u00e9sum\u00e9 vivant \u00e0 cette \u00e9poque\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn160\" name=\"_ftnref160\">[160]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce faisant, le l\u00e9gislateur s\u2019\u00e9carte radicalement du droit ant\u00e9rieur en la mati\u00e8re. Il abandonne la r\u00e8gle, codifi\u00e9e \u00e0 l\u2019article\u00a0105 du <em>C.c.B.-C. <\/em>et issue du droit napol\u00e9onien, voulant que l\u2019absent soit exclu des successions \u00e0 venir. L\u2019absent n\u2019est donc plus \u00ab\u00a0compl\u00e8tement ignor\u00e9\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn161\" name=\"_ftnref161\">[161]<\/a> \u00e0 l\u2019ouverture des successions.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, la pr\u00e9somption de vie laisse intact le lien matrimonial. Il est toutefois possible pour le conjoint mari\u00e9 de l\u2019absent de demander le divorce apr\u00e8s une s\u00e9paration d\u2019un an<a href=\"#_ftn162\" name=\"_ftnref162\">[162]<\/a>, ou encore la s\u00e9paration de corps, laquelle peut \u00eatre obtenue lorsqu\u2019il y a s\u00e9paration factuelle<a href=\"#_ftn163\" name=\"_ftnref163\">[163]<\/a>. Le <em>CcQ<\/em> permet aussi au conjoint uni civilement d\u2019obtenir la dissolution de l\u2019union pour cause de s\u00e9paration<a href=\"#_ftn164\" name=\"_ftnref164\">[164]<\/a>.<\/p>\n<p>De plus, l\u2019article\u00a089 du <em>CcQ<\/em> permet au conjoint, ainsi qu\u2019au tuteur \u00e0 l\u2019absent, de demander au tribunal, lorsqu\u2019une ann\u00e9e s\u2019est \u00e9coul\u00e9e depuis le d\u00e9but de l\u2019absence, une d\u00e9claration \u00e0 l\u2019effet que les droits patrimoniaux des \u00e9poux peuvent \u00eatre liquid\u00e9s. Peuvent alors \u00eatre partag\u00e9s et liquid\u00e9s le patrimoine familial et le r\u00e9gime matrimonial. On peut donc, de cette mani\u00e8re, \u00ab\u00a0op\u00e9rer la s\u00e9paration des patrimoines des conjoints\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn165\" name=\"_ftnref165\">[165]<\/a>.<\/p>\n<p>Le jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s, lequel peut \u00eatre obtenu lorsque sept ann\u00e9es se sont \u00e9coul\u00e9es depuis la disparition, ou avant, lorsque la mort de l\u2019absent peut \u00eatre tenue pour certaine, permet \u00e9galement de mettre un terme au mariage, dans la mesure o\u00f9 il \u00ab\u00a0produit les m\u00eames effets que le d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn166\" name=\"_ftnref166\">[166]<\/a>. L\u2019article 210 du projet de Code de l\u2019ORCC pr\u00e9cisait d\u2019ailleurs que le jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s \u00ab\u00a0met fin au mariage de l\u2019absent\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0dissout son r\u00e9gime matrimonial\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn167\" name=\"_ftnref167\">[167]<\/a>. De plus, il est \u00e0 noter que, sous le pr\u00e9sent code, le mariage demeure dissout malgr\u00e9 le retour de l\u2019absent<a href=\"#_ftn168\" name=\"_ftnref168\">[168]<\/a>.<\/p>\n<p>Bien que ce changement de paradigme constitue ind\u00e9niablement une innovation majeure en droit qu\u00e9b\u00e9cois, le mod\u00e8le choisi par le l\u00e9gislateur, caract\u00e9ris\u00e9 par une pr\u00e9somption de vie remplac\u00e9e, apr\u00e8s un certain temps, par une pr\u00e9somption de mort, est loin d\u2019\u00eatre in\u00e9dit en droit de l\u2019absence.<\/p>\n<h2 id=\"e14-2dd-456-ad6-da2\">D. Le mod\u00e8le germanique<\/h2>\n<p>Comme le notent Corral Talciani et Rodriguez Pinto, cette id\u00e9e existe depuis longtemps dans le mod\u00e8le germanique de l\u2019absence, lequel trouve son origine dans \u00ab\u00a0les Codes civils prussiens (1794) et autrichien (1811)\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn169\" name=\"_ftnref169\">[169]<\/a>. \u00c0 l\u2019inverse du mod\u00e8le napol\u00e9onien, \u00ab\u00a0le mod\u00e8le germanique, devant l\u2019alternative entre le doute et la certitude, insiste sur cette derni\u00e8re\u00a0\u00bb, et a depuis toujours favoris\u00e9 \u00ab\u00a0un syst\u00e8me qui se prononce clairement sur l\u2019\u00e9tat du disparu\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn170\" name=\"_ftnref170\">[170]<\/a>. Ce mod\u00e8le pr\u00e9voyait, en effet, que l\u2019absent \u00e9tait pr\u00e9sum\u00e9 vivant tant que le d\u00e9c\u00e8s n\u2019\u00e9tait pas d\u00e9clar\u00e9, et que, cons\u00e9quemment, l\u2019acquisition de droits par ce dernier \u00e9tait possible au cours de cette p\u00e9riode<a href=\"#_ftn171\" name=\"_ftnref171\">[171]<\/a>. Il instituait aussi une v\u00e9ritable d\u00e9claration de mort<a href=\"#_ftn172\" name=\"_ftnref172\">[172]<\/a>. Le mariage n\u2019\u00e9tait, toutefois, pas dissout par la d\u00e9claration; sur ce plan, les deux mod\u00e8les \u00e9taient d\u00e9faillants<a href=\"#_ftn173\" name=\"_ftnref173\">[173]<\/a>.<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me moderne de l\u2019absence au Qu\u00e9bec semble donc \u00eatre fortement inspir\u00e9 du mod\u00e8le germanique, de par l\u2019usage de pr\u00e9somptions de vie et de mort pour pallier \u00e0 l\u2019incertitude<a href=\"#_ftn174\" name=\"_ftnref174\">[174]<\/a>, ce qui l\u2019\u00e9loigne de ses origines napol\u00e9oniennes. Notons que le Qu\u00e9bec n\u2019est pas la seule juridiction \u00e0 avoir op\u00e9r\u00e9 un tel virage. La France, berceau du mod\u00e8le napol\u00e9onien, a, elle aussi, pris ce tournant. Selon les auteurs Corral Talciani et Rodriguez Pinto\u00a0:<\/p>\n<p>La l\u00e9gislation fran\u00e7aise actuelle, qui date d\u2019une r\u00e9forme radicale du Code civil en 1977, a remplac\u00e9 compl\u00e8tement le titre <em>Des absents<\/em> du Code Napol\u00e9on pour instituer un r\u00e9gime semblable au syst\u00e8me germanique. La nouvelle r\u00e9glementation s\u2019occupe de deux situations\u00a0: la <em>pr\u00e9somption d\u2019absence<\/em>, dans laquelle le disparu est r\u00e9put\u00e9 vivant et peut acqu\u00e9rir des biens (art.\u00a0112 \u00e0 121 du Code civil) ; et la <em>d\u00e9claration d\u2019absence<\/em>, \u00e0 partir de laquelle le disparu est consid\u00e9r\u00e9 comme l\u00e9galement mort (art.\u00a0122 \u00e0 132 du Code civil). La France a donc abandonn\u00e9 \u00e0 partir de 1977 la notion de doute comme trait distinctif de son r\u00e9gime juridique pour rejoindre la th\u00e9orie germanique de la certitude [italiques dans l\u2019original]<a href=\"#_ftn175\" name=\"_ftnref175\">[175]<\/a>.<\/p>\n<p>Malaurie soutient que cette r\u00e9forme n\u2019a, \u00e0 son sens, \u00ab\u00a0pas fait dispara\u00eetre l\u2019incertitude\u00a0\u00bb, qu\u2019elle s\u2019est plut\u00f4t \u00ab\u00a0born\u00e9e \u00e0 en acc\u00e9l\u00e9rer le rythme, tirer des cons\u00e9quences de la probabilit\u00e9 de mort et simplifier le r\u00e9gime\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn176\" name=\"_ftnref176\">[176]<\/a>. Or, force est de constater que, comme le note Teyssi\u00e9, le l\u00e9gislateur fran\u00e7ais, \u00ab\u00a0[a]pr\u00e8s avoir longtemps accord\u00e9 \u00e0 l\u2019absent le b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019immortalit\u00e9\u00a0\u00bb, fait alors preuve de \u00ab\u00a0plus de r\u00e9alisme\u00a0: reprenant en cela les rythmes de l\u2019existence, \u00e0 une supposition de vie, [&#8230;] fait succ\u00e9der, pass\u00e9 quelques ann\u00e9es, une supposition de mort\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn177\" name=\"_ftnref177\">[177]<\/a>.<\/p>\n<p>Le revirement qu\u2019a connu le droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence avec l\u2019av\u00e8nement du <em>CcQ<\/em>, soit le passage d\u2019un syst\u00e8me ancr\u00e9 dans la tradition napol\u00e9onienne \u00e0 un mod\u00e8le d\u2019inspiration germanique, n\u2019est pas sans rappeler la voie emprunt\u00e9e par certains pays europ\u00e9ens, dont l\u2019Italie, la Suisse et l\u2019Espagne. Comme le soulignaient \u00e0 cet \u00e9gard, en 2000, les auteurs Corral Talciani et Rodriguez Pinto\u00a0:<\/p>\n<p>Rares sont les l\u00e9gislations qui ont suivi et maintenu intact le syst\u00e8me du Code [Napol\u00e9on] jusqu\u2019\u00e0 nos jours. [&#8230;] Les l\u00e9gislations qui ont commenc\u00e9 par copier le sch\u00e9ma napol\u00e9onien pour ensuite y introduire des \u00e9l\u00e9ments de plus grande certitude en provenance de la tradition allemande sont en revanche beaucoup plus nombreuses. C\u2019est le cas de la Suisse (Code civil de 1901) qui peut pour cette raison \u00eatre rattach\u00e9e au syst\u00e8me germanique plus qu\u2019au syst\u00e8me napol\u00e9onien.<\/p>\n<p>Un autre exemple de l\u00e9gislation ayant reproduit le traitement des absents fait par le Code Napol\u00e9on avant d\u2019instaurer l\u2019institution de la d\u00e9claration de mort pr\u00e9sum\u00e9e est donn\u00e9 par l\u2019Italie. [&#8230;] Le dernier syst\u00e8me \u00e0 avoir recueilli le mod\u00e8le fran\u00e7ais est l\u2019Espagne, laquelle a incorpor\u00e9 dans son Code civil les concepts napol\u00e9oniens des mesures transitoires [&#8230;] et de l\u2019absence d\u00e9clar\u00e9e [&#8230;] La l\u00e9gislation espagnole contient cependant une d\u00e9claration de d\u00e9c\u00e8s [&#8230;] et ne suit pas en cela le prototype fran\u00e7ais<a href=\"#_ftn178\" name=\"_ftnref178\">[178]<\/a>.<\/p>\n<p>La tendance europ\u00e9enne, favorisant \u00ab\u00a0des solutions offrant un degr\u00e9 raisonnable de certitude dans les relations juridiques avec un disparu\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn179\" name=\"_ftnref179\">[179]<\/a>, semble avoir eu un impact sur les choix du l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois. En effet, il convient de noter que le Comit\u00e9 du droit des personnes et de la famille de l\u2019ORCC a produit, en 1971, dans le cadre de ses r\u00e9flexions sur la r\u00e9forme du droit civil, un rapport portant notamment sur le droit de l\u2019absence en Espagne et en Suisse<a href=\"#_ftn180\" name=\"_ftnref180\">[180]<\/a>. Sachant cela, il n\u2019est pas d\u00e9raisonnable de penser que cette r\u00e9vision du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence \u00e9tait, dans une certaine mesure, aiguillonn\u00e9e par les d\u00e9veloppements observ\u00e9s sur la sc\u00e8ne internationale.<\/p>\n<h1 id=\"7ab-b92-48f-b7c-ee1\"><a name=\"_Toc526552363\"><\/a><a name=\"_Toc498258293\"><\/a>Conclusion<\/h1>\n<p>Dans une \u00e8re o\u00f9 les catastrophes naturelles sont, en raison de l\u2019activit\u00e9 humaine, toujours plus fr\u00e9quentes et plus meurtri\u00e8res, o\u00f9 le terrorisme international cause, quotidiennement, son lot de d\u00e9c\u00e8s et de disparitions, o\u00f9 des bateaux sombrent r\u00e9guli\u00e8rement en M\u00e9diterran\u00e9e et emportent avec eux des foules de migrants \u00e0 la recherche d\u2019une vie meilleure, et o\u00f9 les disparitions forc\u00e9es sont monnaies courantes dans certains coins du globe, le droit de l\u2019absence demeure, encore et toujours, la seule institution \u00e0 m\u00eame de r\u00e9gir la situation juridique de tous ces disparus et de temp\u00e9rer, un tant soit peu, l\u2019incertitude qui en d\u00e9coule.<\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons vu, cette institution a connu beaucoup de changements au fil du temps, et elle a \u00e9t\u00e9 grandement bonifi\u00e9e depuis l\u2019\u00e8re du droit romain et de l\u2019ancien droit fran\u00e7ais. De quelques r\u00e8gles \u00e9parses et contradictoires, le droit de l\u2019absence est devenu, entre les mains des r\u00e9dacteurs du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>, un complexe \u00e9chafaudage l\u00e9gislatif en trois p\u00e9riodes, chacune clairement d\u00e9limit\u00e9e et impliquant diverses obligations pour l\u2019administration des biens. Il s\u2019est mu\u00e9, \u00e0 cette \u00e9poque, en un corpus juridique exhaustif centr\u00e9 sur l\u2019id\u00e9e d\u2019incertitude et visant \u00e0 assurer en tout temps une balance entre les int\u00e9r\u00eats de l\u2019absent et ceux des pr\u00e9sents. Le <em>Code civil du Bas-Canada <\/em>a par la suite repris plusieurs de ces r\u00e8gles, en a \u00e9cart\u00e9 certaines et en a ajout\u00e9 d\u2019autres, question d\u2019adapter l\u2019institution aux r\u00e9alit\u00e9s de l\u2019\u00e9poque et au contexte canadien.<\/p>\n<p>Enfin, le <em>CcQ<\/em> a op\u00e9r\u00e9 un important changement de paradigme en la mati\u00e8re, assurant le passage d\u2019un syst\u00e8me ancr\u00e9 dans la tradition napol\u00e9onienne \u00e0 un mod\u00e8le d\u2019inspiration germanique. Le r\u00e9gime qu\u00e9b\u00e9cois, fond\u00e9 initialement sur le principe du maintien de l\u2019incertitude quant \u00e0 l\u2019existence de l\u2019absent, favorise d\u00e9sormais la certitude dans les relations juridiques avec l\u2019absent. Le <em>Code,<\/em> en plus de suivre le d\u00e9veloppement technologique de l\u2019\u00e9poque, met ainsi de c\u00f4t\u00e9 les cons\u00e9quences absurdes de l\u2019ancien mod\u00e8le sur le plan successoral et sur le mariage.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas pour autant que cette institution, sous sa forme actuelle, est parfaite, qu\u2019elle a atteint son plein potentiel, et que nous en sommes rendus \u00e0 <em>la<\/em> <em>fin de l\u2019absence<\/em>. Il ne fait aucun doute que des am\u00e9liorations pourraient encore rendre cette institution plus simple, efficace, et repr\u00e9sentative de la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine. La cr\u00e9ation par le l\u00e9gislateur qu\u00e9b\u00e9cois, en 2013, d\u2019une d\u00e9claration administrative de d\u00e9c\u00e8s, laquelle facilite l\u2019\u00e9tablissement du d\u00e9c\u00e8s d\u2019une personne disparue lorsque la responsabilit\u00e9 criminelle d\u2019un tiers est d\u00e9montr\u00e9e, est un bon exemple d\u2019avanc\u00e9e en la mati\u00e8re<a href=\"#_ftn181\" name=\"_ftnref181\">[181]<\/a>. Celle-ci se r\u00e9v\u00e8le plus simple qu\u2019un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s et fait dispara\u00eetre le besoin de se prononcer deux fois sur un m\u00eame d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, une avenue int\u00e9ressante pour le futur r\u00e9side peut-\u00eatre, comme en beaucoup d\u2019autres mati\u00e8res, en une d\u00e9judiciarisation accrue de l\u2019institution. On peut se demander, par exemple, s\u2019il est r\u00e9ellement essentiel, de nos jours, de confier au tribunal la t\u00e2che de prononcer un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s dans les cas o\u00f9 sept ans se sont \u00e9coul\u00e9s depuis la disparition d\u2019un absent. En cette \u00e8re o\u00f9 l\u2019engorgement des tribunaux fait p\u00e9riodiquement les manchettes, et o\u00f9 l\u2019accroissement des pouvoirs de l\u2019administration publique dans des sph\u00e8res historiquement r\u00e9serv\u00e9es aux magistrats est chose commune, telle fonction\u00a0\u2014\u00a0de nature essentiellement comptable\u00a0\u2014\u00a0ne pourrait-elle pas simplement \u00eatre confi\u00e9e au Directeur de l\u2019\u00e9tat civil? Celui-ci se voit, par ailleurs, d\u00e9j\u00e0 accorder un pouvoir similaire par l\u2019article\u00a0127 du <em>CcQ<\/em>, soit celui de fixer la date et l\u2019heure du d\u00e9c\u00e8s, \u00ab\u00a0suivant les pr\u00e9somptions tir\u00e9es des circonstances\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn182\" name=\"_ftnref182\">[182]<\/a> lorsque la d\u00e9pouille d\u2019une personne est retrouv\u00e9e, mais que ces informations sont alors inconnues.<\/p>\n<p>Tout comme l\u2019absence n\u2019a pas fini de fasciner, et ce tant dans les livres de droit que dans les romans, qu\u2019on pense au colonel Chabert ou encore \u00e0 Ulysse, le corpus juridique mis en place pour l\u2019encadrer n\u2019a pas fini d\u2019\u00e9voluer. Bien qu\u2019il soit probable que la prochaine r\u00e9forme en la mati\u00e8re se fasse attendre, elle viendra assur\u00e9ment. Esp\u00e9rons simplement que, \u00e0 l\u2019instar de P\u00e9n\u00e9lope sur son m\u00e9tier \u00e0 tisser, nous n\u2019ayons pas \u00e0 attendre vingt ans pour la voir arriver.<\/p>\n<p><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Philippe Besson, <em>Vivre vite<\/em>, Paris, Julliard, 2014 \u00e0 la p\u00a093.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir par ex <em>Threlfall c Carleton University<\/em>, 2017 QCCA\u00a01632 (CanLII) autorisation de pourvoi \u00e0 la CSC accord\u00e9e, 37893 (12 d\u00e9cembre 2017); <em>Auclair (Re)<\/em>, 2016 QCCS\u00a02065 (CanLII), AZ-51284384 (SOQUIJ); <em>Ashodian (Succession de) c Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<\/em>, 2015 QCCS\u00a06141 (CanLII), AZ-51243458 (SOQUIJ); <em>Turcotte et Directeur de l\u2019\u00c9tat civil<\/em>, 2014 QCCS\u00a04897 (CanLII), AZ-51115709 (SOQUIJ) [<em>Turcotte<\/em>]; <em>Th\u00e9riault et Directeur de l\u2019\u00c9tat civil<\/em>, 2014 QCCS\u00a04896 (CanLII), AZ-51115708 (SOQUIJ) [<em>Th\u00e9riault<\/em>]; <em>Michaud et Directeur de l\u2019\u00c9tat civil<\/em>, 2014 QCCS\u00a04895 (CanLII), AZ-51115707 (SOQUIJ) [<em>Michaud<\/em>]; <em>Caron et Directeur de l\u2019\u00c9tat civil<\/em>, 2014 QCCS\u00a04894 (CanLII), AZ-51112217 (SOQUIJ) [<em>Caron<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir \u00ab\u00a0London fire: 58 missing, presumed dead\u00a0\u2014\u00a0police\u00a0\u00bb, <em>BBC News<\/em> (17 juin 2017), en ligne\u00a0: &lt;www.bbc.com\/news\/uk-40315194&gt;, archiv\u00e9 \u00e0 https:\/\/perma.cc\/R7Y5-5PK7; \u00ab\u00a0China landslide: families\u2019 frustration grows as more than 100 feared dead<em>\u00a0<\/em>\u00bb, <em>The Guardian<\/em> (26 juin 2017), en ligne\u00a0: &lt;www.theguardian.com\/world\/2017\/jun\/26\/china-landslide-families-frustration-grows-as-more-than-100-feared-dead&gt;, archiv\u00e9 \u00e0 https:\/\/<br \/>\nperma.cc\/NNR7-3KXT.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir par ex Thomas Fuller et Richard P\u00e9rez-Pe\u00f1a, \u00ab\u00a0In California, Fires So Fast Hesitation Proved Lethal\u00a0\u00bb, <em>The New York Times<\/em> (13 octobre 2017), en ligne\u00a0: &lt;www.nytimes.com\/2017\/10\/13\/us\/california-wildfires-victims.html&gt;, archiv\u00e9 \u00e0 https:\/\/<br \/>\nperma.cc\/F2BS-LW9P.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Villequez, \u00ab\u00a0De l\u2019absence en droit romain et dans l\u2019ancien droit fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (1856) 2 RHD\u00a0209 \u00e0 la p\u00a0209.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Herv\u00e9 Roch, <em>L\u2019absence<\/em>, Montr\u00e9al, Wilson &amp; Lafleur, 1951 \u00e0 la p\u00a023; Gaston Behenne, <em>Du postliminium en droit romain et des effets de l\u2019absence sur les biens en droit fran\u00e7ais<\/em>, Paris, F Pichon, 1873 \u00e0 la p\u00a02; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 aux pp\u00a0211\u201312; Firmin Talandier, <em>Nouveau trait\u00e9 des absens<\/em>, Paris, Charles Bechet, 1831 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a023.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02. Voir aussi Roch, <em>supra<\/em> note 6 \u00e0 la p\u00a023; A-T Desquiron, <em>Trait\u00e9 du domicile et de l\u2019absence<\/em>, Paris, H Nicolle, 1812 \u00e0 la p\u00a0145; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02\u00a0:<\/p>\n<p>Le commerce, cette source si consid\u00e9rable de d\u00e9placements, n\u2019\u00e9tait pas en grand honneur \u00e0 Rome. La politique romaine, \u00e9crivait Montesquieu, fut de se s\u00e9parer de toutes les nations qui n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 assujetties\u00a0: la crainte de leur porter l\u2019art de vaincre, fit n\u00e9gliger l\u2019art de s\u2019enrichir (<em>Esprit des lois<\/em>, liv. XXI, ch.\u00a015). Les Romains firent m\u00eame des lois pour emp\u00eacher tout commerce avec les barbares.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid\u00a0<\/em>(\u00ab\u00a0[d]es guerres seules, mais des guerres continuelles, purent entra\u00eener les citoyens en dehors de leur pays\u00a0; mais alors, les motifs de leur absence \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement connus, des lois n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es n\u00e9cessaires pour en r\u00e9gler les effets\u00a0\u00bb). Voir aussi Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00a0\u00a0 Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0145.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00a0\u00a0 Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a023. Voir aussi Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00a0\u00a0 Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a023, citant Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp 2\u20133; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00a0\u00a0 Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a02.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a04, 35, citant Dig\u00a023.2.10 (Paul); Dig\u00a023.2.11 (Julien).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04, citant Dig\u00a024.2.6 (Julien) et Cod\u00a05.17.7. Voir aussi Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0212; M Biret, <em>Trait\u00e9 de l\u2019absence et de ses effets<\/em>, Paris, Arthus-Bertrand et Deschamps, 1824 \u00e0 la p\u00a0216.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 aux pp\u00a0212,\u00a0229; Nov\u00a022.14; Nov\u00a0117.11. Voir aussi\u00a0Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00a0\u00a0 Biret, <em>supra <\/em>note\u00a017 \u00e0 la p\u00a0217. Voir aussi Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a024 (l\u2019auteur soutient que \u00ab\u00a0cette \u201cNovelle\u201d interd\u00eet un second mariage aux femmes qui, ayant re\u00e7u des nouvelles de la mort de leur mari, ne justifiaient pas de ce d\u00e9c\u00e8s par un acte en forme, et ce nouveau mariage ne pouvait se former qu\u2019apr\u00e8s l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e de la date de la mort\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0229.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a024 (certaines dispositions du droit romain s\u2019int\u00e9ressaient aussi \u00e0 l\u2019usage du fonds de terre d\u2019un absent, de m\u00eame qu\u2019\u00e0 l\u2019ex\u00e9cution sur les biens qu\u2019il laissait derri\u00e8re lui); Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04 (d\u2019autres dispositions pr\u00e9voyaient qu\u2019un magistrat vienne au secours de ceux qui, \u00ab\u00a0retenu[s] loin du [si\u00e8ge] de leurs affaires, n\u2019ont pu veiller \u00e0 leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a04.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> \u00a0\u00a0 Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0212.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04, citant Cod\u00a08.51.4. Voir aussi Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0213.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a04.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid <\/em>aux pp\u00a04\u20135.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp\u00a05\u20136; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0213; Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a026; Biret, <em>supra <\/em>note\u00a017 \u00e0 la p\u00a0<em>v<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> \u00a0 Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a024 (selon l\u2019auteur, \u00ab\u00a0la mati\u00e8re sujette \u00e0 des doutes avait \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e \u00e0 la controverse des opinions, \u00e0 la fluctuation des jugements\u00a0\u00bb). Voir aussi Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a03; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0146 (l\u2019auteur affirme qu\u2019il n\u2019existait pas, dans le droit de l\u2019\u00e9poque, \u00ab\u00a0une mati\u00e8re dont les r\u00e8gles fussent plus \u00e9parses et plus incompl\u00e8tes qu\u2019en mati\u00e8re d\u2019absence\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> \u00a0\u00a0 Les principales innovations de cette \u00e9poque ont \u00e9t\u00e9 reprises au sein du Code Napol\u00e9on, lequel fait l\u2019objet de la section suivante.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a025.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note 6 aux pp\u00a025\u201326. Voir aussi Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a08.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a06; Canada-Uni, Commissaires charg\u00e9s de codifier les lois du Bas-Canada en mati\u00e8res civiles, <em>Code civil du Bas-Canada\u00a0: Premier, Second et Troisi\u00e8me Rapports<\/em>, Qu\u00e9bec, George E Desbarats, 1865 \u00e0 la p\u00a0166 [Commissaires].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> \u00a0\u00a0 Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0209.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0210 (l\u2019auteur poursuit en pr\u00e9cisant quels sont les \u00e9l\u00e9ments qui ont \u00e9t\u00e9 repris au <em>Code Napol\u00e9on\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Le droit romain, les coutumes, les ordonnances de nos rois, le droit interm\u00e9diaire, ont \u00e9t\u00e9 largement mis \u00e0 contribution. Le droit canonique a fourni aussi, quoiqu\u2019en bien moins grand nombre, des mat\u00e9riaux \u00e0 la codification moderne de nos lois civiles, et notamment dans la mati\u00e8re [de l\u2019absence]\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a05\u20136.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 aux pp\u00a08\u20139; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0162 (l\u2019auteur s\u2019attarde \u00e0 la distinction existant entre l\u2019absent d\u00e9clar\u00e9 et l\u2019absent pr\u00e9sum\u00e9)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> \u00a0\u00a0 JBC Picot, <em>Code Napol\u00e9on expliqu\u00e9 article par article d\u2019apr\u00e8s la doctrine et la jurisprudence<\/em>, t\u00a01, Paris, J-H Michou, 1868 \u00e0 la p\u00a068. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0161.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a06; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0214; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 aux pp\u00a029\u201330.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0133; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0213.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> \u00a0\u00a0 Hern\u00e1n Corral Talciani et Mar\u00eda Sara Rodriguez Pinto, \u00ab\u00a0Disparition de personnes et pr\u00e9somption de d\u00e9c\u00e8s\u00a0: observations de droit compar\u00e9\u00a0\u00bb (2000) 52:3 RIDC\u00a0553 \u00e0 la p\u00a0558.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0135.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a><em> \u00a0\u00a0 Ibid<\/em>. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0163\u201366; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 aux pp\u00a029, 32.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0135. Voir aussi Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a029.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0135.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em> aux pp\u00a0135\u201336; art\u00a0112 CN. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0166\u201369; Talandier, <em>supra\u00a0<\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> \u00a0\u00a0 Sur la controverse entourant la port\u00e9e de l\u2019expression \u00ab\u00a0parties int\u00e9ress\u00e9es\u00a0\u00bb utilis\u00e9e \u00e0 l\u2019article 112 du <em>Code Napol\u00e9on<\/em>,\u00a0voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 aux pp\u00a069\u201370. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0169\u201370; Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a041.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir art\u00a0112 CN; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0214 (dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 le pr\u00e9sum\u00e9 absent avait laiss\u00e9 une procuration, le mandataire se chargeait alors de sa repr\u00e9sentation, et \u00ab\u00a0administrait ses biens jusqu\u2019au moment o\u00f9 ses h\u00e9ritiers pouvaient \u00eatre envoy\u00e9s en possession\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> \u00a0\u00a0 Art 115 CN; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 aux pp\u00a098\u2013103. Voir aussi art\u00a0121 CN (s\u2019il existait une procuration, le d\u00e9lai \u00e9tait plut\u00f4t de 10 ans).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 aux pp\u00a0119\u201328.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> \u00a0\u00a0 Art 115 CN.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0136 (plus pr\u00e9cis\u00e9ment, \u00ab\u00a0une enqu\u00eate est faite dans l\u2019arrondissement de la r\u00e9sidence, s\u2019il est distinct de celui du domicile; le jugement qui l\u2019ordonne est envoy\u00e9 au ministre de la justice qui lui donne une grande publicit\u00e9; un intervalle d\u2019un an doit s\u00e9parer le jugement ordonnant l\u2019enqu\u00eate du jugement d\u00e9finitif; enfin, ce dernier re\u00e7oit \u00e9galement la publicit\u00e9 du <em>Journal officiel<\/em>\u00a0\u00bb). Voir aussi Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a071; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0232.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0136. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0232.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0117\u00a0CN. Voir aussi Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a072 (\u00ab\u00a0[l]e tribunal examinera si l\u2019absent est parti pour un voyage d\u2019une longue dur\u00e9e, s\u2019il est dans un lieu avec lequel la guerre ou une maladie contagieuse rendent les communications difficiles\u00a0: selon les cas, il prononcera ou diff\u00e8rera sa sentence\u00a0\u00bb); Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0120.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra<\/em> note 38 \u00e0 la p\u00a070.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0197\u201398.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0129\u00a0CN.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0137.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0137. Voir aussi art\u00a0123 CN; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0234.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a076. Voir aussi arts\u00a0125, 127 CN; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0283; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0196 et s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0128. Voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a078.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a077; art 127\u00a0CN.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0124 CN. Voir aussi Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 aux pp\u00a074\u201375; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0272; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0149 et s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a075.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a073.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir art\u00a0135 CN; Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a073; Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0139.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0136\u00a0CN. Voir aussi art\u00a0135 CN; Picot, <em>supra<\/em> note\u00a038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0134.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> \u00a0\u00a0 Art 136 CN. Voir par ex Picot, <em>supra<\/em> note\u00a038 \u00e0 la p\u00a081\u00a0(\u00ab\u00a0un p\u00e8re d\u00e9c\u00e8de en laissant deux enfants dont l\u2019un a disparu\u00a0: celui qui est pr\u00e9sent recueille seul, \u00e0 l\u2019exclusion de son fr\u00e8re, toute la succession paternelle. Toutefois, si celui qui a disparu a des enfants, ceux-ci le repr\u00e9sentent (art. 740), et viennent, en concours avec leur oncle, prendre la moiti\u00e9 de la succession de leur a\u00efeul\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a0278\u201380.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a0129 CN [nos italiques].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0246. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0299\u2013313.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a079; Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 \u00e0 la p\u00a0310.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a0240\u201341. Voir aussi Desquiron, <em>supra <\/em>note\u00a08 aux pp\u00a0299\u2013300.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a078; Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0242.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0222.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a080. Voir aussi art\u00a0132 CN; Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0242.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0137.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a082; En outre, avant l\u2019abolition du divorce en 1816, les dispositions l\u2019encadrant (arts 229\u201332 CN) ne mentionnaient pas l\u2019absence \u00e0 titre de cas d\u2019ouverture; voir, \u00e0 ce sujet, <em>ibid<\/em> \u00e0 la p 130 et s<em>.<\/em> Voir aussi Corral Talciani et Rodriguez Pinto, <em>supra <\/em>note\u00a041 \u00e0 la p\u00a0559.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a> \u00a0\u00a0 Pour un avis du Conseil d\u2019\u00c9tat relatif \u00e0 la preuve du d\u00e9c\u00e8s de militaires, voir Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 aux pp\u00a082\u201383\u00a0:<\/p>\n<p>\u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 plusieurs femmes de militaires peuvent \u00e0 ce sujet se trouver dans une position f\u00e2cheuse, mais que cette consid\u00e9ration n\u2019a point paru, lors de la discussion du Code Napol\u00e9on, assez puissante pour les relever de l\u2019obligation de rapporter une preuve l\u00e9gale sans laquelle on exposerait la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 de d\u00e9plorables erreurs, et \u00e0 des inconv\u00e9nients beaucoup plus graves que les maux particuliers auxquels on voudrait obvier.<\/p>\n<p>On peut se demander, \u00e0 cet \u00e9gard, si le droit \u00e9tait aussi peu enclin \u00e0 reconna\u00eetre une exception dans les cas, sans doute plus rares \u00e0 l\u2019\u00e9poque vu le peu de mobilit\u00e9 accord\u00e9 aux femmes, o\u00f9 c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poux qui restait, et l\u2019\u00e9pouse dont on n\u2019avait pas de nouvelles.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a> \u00a0\u00a0 Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0134.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref82\" name=\"_ftn82\">[82]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a083. Voir aussi art\u00a0139 CN.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref83\" name=\"_ftn83\">[83]<\/a> \u00a0\u00a0 Picot, <em>supra <\/em>note\u00a038 \u00e0 la p\u00a083.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref84\" name=\"_ftn84\">[84]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a027\u201332; Commissaires, <em>supra <\/em>note\u00a033 \u00e0 la p\u00a0168\u00a0:<\/p>\n<p>Dans le langage l\u00e9gal, un individu n\u2019est pas absent par cela seul qu\u2019il ne se trouve pas \u00e0 son domicile\u00a0; l\u2019on ne consid\u00e8re en loi comme absent que celui dont on ignore la r\u00e9sidence, dont on n\u2019a pas de nouvelles et dont l\u2019existence est incertaine (art. A). Celui dont la r\u00e9sidence est connue ou dont l\u2019existence est certaine, quelqu\u2019\u00e9loign\u00e9 qu\u2019il soit, n\u2019est pas absent dans le sens de ce titre\u00a0; il est seulement non pr\u00e9sent.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref85\" name=\"_ftn85\">[85]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a033\u201334.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref86\" name=\"_ftn86\">[86]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a033. Voir par ex <em>Ross-Briault c Briault et Perron,<\/em> [1975] CS\u00a01 \u00e0 la p\u00a02, AZ-75021001 (SOQUIJ) [<em>Ross-Briault<\/em>] (la Cour sup\u00e9rieure \u00e9crit qu\u2019un individu \u00ab\u00a0\u00e9tait absent depuis plusieurs ann\u00e9es, c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e9sum\u00e9 ni vivant ni mort\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref87\" name=\"_ftn87\">[87]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir art\u00a0136 CN\u00a0(\u00ab\u00a0[s]\u2019il s\u2019ouvre une succession \u00e0 laquelle soit appel\u00e9 un individu dont l\u2019existence n\u2019est pas reconnue, elle sera d\u00e9volue exclusivement \u00e0 ceux avec lesquels il aurait eu le droit de concourir, ou \u00e0 ceux qui l\u2019auraient recueillie \u00e0 son d\u00e9faut\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref88\" name=\"_ftn88\">[88]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0138 (pour que soit jug\u00e9e recevable la r\u00e9clamation par \u00ab\u00a0les h\u00e9ritiers pr\u00e9somptifs et les cr\u00e9anciers de l\u2019absent\u00a0\u00bb d\u2019une succession au profit de ce dernier, ceux-ci devaient prouver qu\u2019elle s\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0ouverte avant sa disparition ou ses derni\u00e8res nouvelles re\u00e7ues, [&#8230;] \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 son existence \u00e9tait certaine, mais non dans le cas contraire\u00a0\u00bb). Voir aussi Commissaires, <em>supra <\/em>note\u00a033 \u00e0 la p\u00a0170.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref89\" name=\"_ftn89\">[89]<\/a> \u00a0\u00a0 Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0140.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir art\u00a0105\u00a0CcBC; <em>Ross-Briault<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a086 aux pp\u00a02\u20133 :<\/p>\n<p>On sait que pour recueillir une succession, il faut exister civilement au moment [o\u00f9] elle s\u2019ouvre. (Article 608 C.C.) Ainsi, la question se pose\u00a0: Dans de telles circonstances, que devient la part d\u2019h\u00e9ritage de cet absent? [&#8230;]<\/p>\n<p>Comme Claude Briault avait deux enfants mineurs au moment de l\u2019ouverture de la succession de sa m\u00e8re, ceux-ci, en vertu des r\u00e8gles de la repr\u00e9sentation, ont pris la place de leur p\u00e8re et ont h\u00e9rit\u00e9 de la part de l\u2019immeuble qui e\u00fbt \u00e9t\u00e9 d\u00e9volue \u00e0 leur p\u00e8re si celui-ci n\u2019e\u00fbt pas \u00e9t\u00e9 absent.<\/p>\n<p>Voir aussi G\u00e9rard Trudel, <em>Trait\u00e9 de droit civil du Qu\u00e9bec<\/em>, t\u00a01, Montr\u00e9al, Wilson et Lafleur, 1942 \u00e0 la p\u00a0332, tel que cit\u00e9 dans <em>Ross-Briault<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a086 \u00e0 la p\u00a02; Pierre-Basile Mignault, <em>Le droit civil canadien<\/em>, t\u00a01, Montr\u00e9al, Whiteford &amp; Th\u00e9oret, 1895 \u00e0 la p\u00a0311, tel que cit\u00e9 dans <em>Ross-Briault<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a086 aux pp\u00a02\u20133.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a> \u00a0 Pour l\u2019article du <em>Code Napol\u00e9on<\/em> ayant inspir\u00e9 la disposition qu\u00e9b\u00e9coise, voir art 135 CN (\u00ab\u00a0[q]uiconque r\u00e9clamera un droit \u00e9chu \u00e0 un individu dont l\u2019existence ne sera pas reconnue, devra prouver que ledit individu existait quand le droit a \u00e9t\u00e9 ouvert\u00a0: jusqu\u2019\u00e0 cette preuve, il sera d\u00e9clar\u00e9 non recevable dans sa demande\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a0137\u201338.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Commissaires, <em>supra <\/em>note\u00a033 \u00e0 la p\u00a0170.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a0155\u201358; arts\u00a0108,\u00a0185 CcBC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> \u00a0\u00a0 Qu\u00e9bec, Office de r\u00e9vision du Code civil, <em>Rapport pr\u00e9liminaire sur les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em>, par le Comit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat civil et de la c\u00e9l\u00e9bration du mariage, Montr\u00e9al, ORCC, 1968 \u00e0 la p\u00a08 [ORCC, <em>Jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0137\u00a0(\u00ab\u00a0le principe que l\u2019absent n\u2019est pr\u00e9sum\u00e9 ni mort ni vivant cesse [&#8230;] lors de l\u2019envoi en possession d\u00e9finitive alors que l\u2019absent est pr\u00e9sum\u00e9 mort\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a><em> \u00a0\u00a0 <\/em>Commissaires, <em>supra <\/em>note\u00a033 \u00e0 la p\u00a0166.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a> \u00a0\u00a0 Art\u00a087 CcBC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05, aux pp\u00a0214\u201316 (certains jugeaient l\u2019usage d\u2019un curateur dangereux \u00ab\u00a0parce qu\u2019il n\u00e9cessitait la confection d\u2019un inventaire qui d\u00e9couvrait le secret des affaires de l\u2019absent\u00a0\u00bb, et parce qu\u2019il pouvait mener \u00e0 \u00ab\u00a0des jugements contradictoires contre une personne qui pouvait avoir \u00e9t\u00e9 mal d\u00e9fendue\u00a0\u00bb. Selon Tronchet, la loi devait \u00ab\u00a0prot[\u00e9ger] les citoyens\u00a0\u00bb, non pas \u00ab\u00a0diriger [&#8230;] leurs affaires\u00a0\u00bb). Voir aussi Talandier, <em>supra <\/em>note\u00a06 \u00e0 la p\u00a061.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a> Voir arts\u00a088\u201389, 91 CcBC. Voir aussi Commissaires, <em>supra <\/em>note\u00a033 \u00e0 la p\u00a0168.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> Art\u00a094 CcBC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a> Voir Behenne, <em>supra<\/em> note\u00a06 aux pp\u00a0111\u201312; Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0218 (certains \u00ab\u00a0auteurs distinguaient si l\u2019absence \u00e9tait survenue \u00e0 la suite d\u2019un \u00e9v\u00e9nement qui devait faire pr\u00e9sumer la mort; par exemple, d\u2019une bataille, d\u2019un naufrage, et abr\u00e9geaient, dans ce cas, de moiti\u00e9 le d\u00e9lai\u00a0\u00bb [notes omises]).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref103\" name=\"_ftn103\">[103]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0219.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref104\" name=\"_ftn104\">[104]<\/a> Voir Radio-Canada, \u00ab\u00a0Disparition du Marie-Carole aux \u00celes\u00a0: 50 ans d\u00e9j\u00e0\u00a0\u00bb (7 d\u00e9cembre 2014), en ligne\u00a0: &lt;ici.radio-canada.ca\/nouvelle\/697183\/disparition-50-marie-carole&gt;, archiv\u00e9 \u00e0 https:\/\/perma.cc\/3A68-KW5M.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref105\" name=\"_ftn105\">[105]<\/a> Voir par ex\u00a0Michel Carbonneau, <em>L\u2019\u00e9nigme du Marie Carole<\/em>, Montr\u00e9al, Carte Blanche, 2011; NousTV, \u00ab\u00a0Le Marie Carole\u00a0\u00bb (7 avril 2011), en ligne\u00a0: YouTube &lt;www.youtube.<br \/>\ncom\/watch?v=wH4wZ7VnhDU&gt; (il s\u2019agit d\u2019une \u0153uvre du chansonnier Albert Babin).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref106\" name=\"_ftn106\">[106]<\/a> ORCC, <em>Jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s, supra<\/em> note\u00a095 \u00e0 la p\u00a08. Voir aussi Edith Deleury Bonnet, \u00ab\u00a0La Loi concernant les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb (1970) 11:2 C de D\u00a0330 aux pp\u00a0330\u201331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref107\" name=\"_ftn107\">[107]<\/a> ORCC, <em>Jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a095 \u00e0 la p\u00a01. Voir aussi Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0330.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref108\" name=\"_ftn108\">[108]<\/a> <em>Loi concernant le naufrage du navire Marie-Carole<\/em>, LQ 1967, c\u00a0155, pr\u00e9ambule.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref109\" name=\"_ftn109\">[109]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref110\" name=\"_ftn110\">[110]<\/a> ORCC, <em>Jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a095 \u00e0 la p\u00a01.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref111\" name=\"_ftn111\">[111]<\/a> Qu\u00e9bec, Office de r\u00e9vision du Code Civil, <em>Rapport pr\u00e9liminaire sur les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s, <\/em>Montr\u00e9al, ORCC, 1969.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref112\" name=\"_ftn112\">[112]<\/a> <em>Loi concernant les jugements d\u00e9claratifs de d\u00e9c\u00e8s<\/em>, LQ 1969, c\u00a079.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref113\" name=\"_ftn113\">[113]<\/a><em> Ibid<\/em>, art\u00a01; art\u00a070 CcBC. Voir par ex\u00a0<em>Assurance-vie Desjardins (L\u2019) c Duguay<\/em>, [1985] CA\u00a0334, AZ-85011189 (SOQUIJ) [<em>Assurance-vie Desjardins<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref114\" name=\"_ftn114\">[114]<\/a> Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref115\" name=\"_ftn115\">[115]<\/a> Voir art\u00a072 CcBC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref116\" name=\"_ftn116\">[116]<\/a> Voir Monique Ouellette, \u00ab\u00a0Livre premier\u00a0: Des personnes\u00a0\u00bb dans Barreau du Qu\u00e9bec et Chambre des notaires du Qu\u00e9bec, dir, <em>La r\u00e9forme du Code civil\u00a0: Personnes, successions, biens<\/em>, Sainte-Foy, Presses de l\u2019Universit\u00e9 Laval, 1993, 15 aux para\u00a0162\u201363; <em>Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0330.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref117\" name=\"_ftn117\">[117]<\/a> Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref118\" name=\"_ftn118\">[118]<\/a> Philippe Malaurie, <em>Droit des personnes\u00a0: la protection des mineurs et des majeurs<\/em>, 8<sup>e<\/sup> \u00e9d, Issy-les-Moulineaux, LGDJ, 2016 au para\u00a017.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref119\" name=\"_ftn119\">[119]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref120\" name=\"_ftn120\">[120]<\/a> Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref121\" name=\"_ftn121\">[121]<\/a> <em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref122\" name=\"_ftn122\">[122]<\/a> Monique Lauzon, \u00ab\u00a0<em>Quid novi<\/em> chez les absents?\u00a0\u00bb (1972) 32:2 R du B\u00a0132 \u00e0 la p\u00a0133. Voir aussi <em>Assurance-vie Desjardins, supra <\/em>note\u00a0113 \u00e0 la p\u00a0338, juge LeBel\u00a0:<\/p>\n<p>L\u2019article 70 C.C. requiert la preuve circonstancielle du d\u00e9c\u00e8s lorsqu\u2019il est impossible de dresser un acte de s\u00e9pulture. La preuve circonstancielle doit porter sur le d\u00e9c\u00e8s lui-m\u00eame. L\u2019absence du pr\u00e9sum\u00e9 d\u00e9funt ne formera que l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments de cette preuve. Le requ\u00e9rant, dans le cadre d\u2019une requ\u00eate pr\u00e9sent\u00e9e en vertu de l\u2019article 70 C.C., doit offrir davantage, c\u2019est-\u00e0-dire une preuve comportant des indices graves, pr\u00e9cis et concordants, permettant de conclure au d\u00e9c\u00e8s suivant les r\u00e8gles de la preuve civile.<\/p>\n<p>En premi\u00e8re instance, la preuve offerte par le requ\u00e9rant ne satisfait pas \u00e0 ces exigences. Elle d\u00e9montre l\u2019absence. Elle n\u2019\u00e9tablit pas le d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref123\" name=\"_ftn123\">[123]<\/a> Lauzon, <em>supra <\/em>note\u00a0122 \u00e0 la p\u00a0133.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref124\" name=\"_ftn124\">[124]<\/a> Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0332.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref125\" name=\"_ftn125\">[125]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref126\" name=\"_ftn126\">[126]<\/a> \u00c9dith Deleury et Dominique Goubau, <em>Le droit des personnes physiques<\/em>, 5<sup>e<\/sup> \u00e9d par Dominique Goubau, Cowansville (Qc), Yvon Blais, 2014 au para\u00a071 (pour la concordance, voir art 92 CcQ).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref127\" name=\"_ftn127\">[127]<\/a> Qu\u00e9bec, Office de R\u00e9vision du Code civil, <em>Rapport sur le Code civil du Qu\u00e9bec\u00a0: Commentaires<\/em>, t\u00a01, vol\u00a02, Qu\u00e9bec, ORCC, 1978 [ORCC, <em>CcQ\u00a0: Commentaires<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref128\" name=\"_ftn128\">[128]<\/a> Qu\u00e9bec, Office de r\u00e9vision du Code civil, <em>Rapport sur le Code civil du Qu\u00e9bec\u00a0: Projet de Code civil<\/em>, vol\u00a01, Qu\u00e9bec, ORCC, 1978 aux pp\u00a037\u201339 [ORCC, <em>CcQ\u00a0: Projet<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref129\" name=\"_ftn129\">[129]<\/a> ORCC, <em>CCQ\u00a0: Commentaires<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0127 \u00e0 la p\u00a075.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref130\" name=\"_ftn130\">[130]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref131\" name=\"_ftn131\">[131]<\/a> ORCC, <em>CcQ\u00a0: Projet<\/em>, art\u00a0209.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref132\" name=\"_ftn132\">[132]<\/a><em> Ibid<\/em>, art\u00a0210.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref133\" name=\"_ftn133\">[133]<\/a> <em>Loi instituant un nouveau Code civil et portant r\u00e9forme du droit de la famille<\/em>, LQ 1980, c\u00a039, pr\u00e9ambule.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref134\" name=\"_ftn134\">[134]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref135\" name=\"_ftn135\">[135]<\/a> Archives de l\u2019Office de r\u00e9vision du Code civil du Qu\u00e9bec, \u00ab\u00a0Rapport final\u00a0\u00bb, en ligne\u00a0: Universit\u00e9 McGill &lt;digital.library.mcgill.ca\/ccro\/final_report.php?language=fr&gt; archiv\u00e9 \u00e0 https:\/\/perma.cc\/9LHA-LESC.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref136\" name=\"_ftn136\">[136]<\/a> Voir Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0163.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref137\" name=\"_ftn137\">[137]<\/a> Qu\u00e9bec, Minist\u00e8re de la Justice, <em>Commentaires du ministre de la Justice\u00a0: le Code civil du Qu\u00e9bec<\/em>, t\u00a01, Qu\u00e9bec, Publications du Qu\u00e9bec, 1993 aux pp\u00a065\u201366 [<em>Commentaires du ministre de la Justice<\/em>]. Lorsque lu en conjonction avec les \u00e9crits des commentateurs du droit romain et de l\u2019ancien droit fran\u00e7ais, de m\u00eame qu\u2019avec l\u2019extrait de la professeure Lauzon pr\u00e9c\u00e9demment reproduit, ce passage des commentaires du ministre de la Justice illustre bien, selon nous, comment la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un r\u00e9gime juridique de l\u2019absence se fait sentir en toute \u00e9poque, mais pour des raisons bien diff\u00e9rentes de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref138\" name=\"_ftn138\">[138]<\/a> Voir Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0164.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref139\" name=\"_ftn139\">[139]<\/a> Art\u00a085 CcQ (\u00ab\u00a0[l]\u2019absent est pr\u00e9sum\u00e9 vivant durant les sept ann\u00e9es qui suivent sa disparition, \u00e0 moins que son d\u00e9c\u00e8s ne soit prouv\u00e9 avant l\u2019expiration de ce d\u00e9lai\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref140\" name=\"_ftn140\">[140]<\/a> Voir Deuleury et Goubau, <em>supra<\/em> note\u00a0126 au para\u00a040; Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 aux para\u00a0169\u201370.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref141\" name=\"_ftn141\">[141]<\/a> Voir Deleury et Goubau,<em> supra <\/em>note\u00a0126 au para\u00a048\u00a0:<\/p>\n<p>La simple administration, qui renvoie aux articles 1301 et s. C.c.Q., inclut les actes n\u00e9cessaires \u00e0 la conservation des biens, la perception des fruits et des cr\u00e9ances, l\u2019exploitation des fruits sans en changer la destination, l\u2019investissement dans des placements s\u00fbrs. Sauf exception, relevant de l\u2019urgence et de la n\u00e9cessit\u00e9, elle n\u2019inclut pas en principe les actes de disposition [notes omises].<\/p>\n<p>Voir aussi Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0170.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref142\" name=\"_ftn142\">[142]<\/a> Voir Deleury et Goubau,<em> supra <\/em>note\u00a0126 au para\u00a040; Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0167.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref143\" name=\"_ftn143\">[143]<\/a> Voir art\u00a0122 et s\u00a0CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref144\" name=\"_ftn144\">[144]<\/a> Voir par ex <em>Sandaldjian c Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<\/em>, 2003 CanLII\u00a071896, AZ-04019088 (SOQUIJ) (CA Qc) [<em>Sandaldjian<\/em>]. Bien que l\u2019absent soit tenu pour d\u00e9c\u00e9d\u00e9 au terme du d\u00e9lai \u00e9tabli par l\u2019article\u00a085 du <em>CcQ<\/em>, son d\u00e9c\u00e8s se doit tout de m\u00eame d\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9 judiciairement. \u00c0 cet effet, voir Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a040\u00a0(\u00ab\u00a0[l]e d\u00e9faut de faire d\u00e9clarer judiciairement la personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e entra\u00eene [&#8230;] une prolongation des mesures de protection au-del\u00e0 du d\u00e9lai de sept ans. C\u2019est ainsi que tant qu\u2019un jugement d\u00e9claratif de d\u00e9c\u00e8s n\u2019est pas rendu ou que le d\u00e9c\u00e8s n\u2019est pas prouv\u00e9, la tutelle reste en place\u00a0\u00bb [notes omises]).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref145\" name=\"_ftn145\">[145]<\/a> Art\u00a092 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref146\" name=\"_ftn146\">[146]<\/a> Voir Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a040; voir aussi Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0165; Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0330. Voir par ex <em>Royer (Re)<\/em>, 2006 QCCS\u00a04695 (CanLII), AZ-50383684 (SOQUIJ); <em>Sandaldjian<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0144; <em>Marois <\/em>et <em>Chass\u00e9<\/em>, [2000] RDF\u00a0301, AZ-00021456 (Azimut) (CS Qc); <em>Salman et Gagnon<\/em>, [1996] RDF\u00a0324, AZ-96021175 (SOQUIJ) (CS Qc) [<em>Salman<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref147\" name=\"_ftn147\">[147]<\/a> ORCC, <em>CcQ\u00a0: Commentaires<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0127 \u00e0 la p\u00a075. Voir aussi Office de r\u00e9vision du Code civil, <em>L\u2019absence\u00a0: tableaux de politique l\u00e9gislative<\/em>, par Roland Millette, Fran\u00e7ois Heleine et Louise Beaulieu, ORCC, 1972, en ligne\u00a0: Universit\u00e9 McGill &lt;digital.library.<br \/>\nmcgill.ca\/ccro\/files\/Green%20binders%20(A-P)\/AA_C_4.pdf&gt; [ORCC, <em>L\u2019absence<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref148\" name=\"_ftn148\">[148]<\/a> ORCC, <em>CcQ\u00a0: Commentaires<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0127 \u00e0 la p\u00a075. Voir aussi Deleury et Goubau, supra note 126 au para\u00a040; Qu\u00e9bec, Comit\u00e9 du droit des personnes et de la famille, <em>Proc\u00e8s-verbal de la 171i\u00e8me r\u00e9union<\/em>, Office de r\u00e9vision du Code civil, Montr\u00e9al, 1<sup>er<\/sup> mai 1973 aux pp\u00a02\u20133.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref149\" name=\"_ftn149\">[149]<\/a> Voir Villequez, <em>supra<\/em> note\u00a05 \u00e0 la p\u00a0217\u00a0:<\/p>\n<p>On d\u00e9cidait g\u00e9n\u00e9ralement, et dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019absent lui-m\u00eame, dont les biens seraient mieux administr\u00e9s par les h\u00e9ritiers qui avaient int\u00e9r\u00eat \u00e0 leur conservation, que l\u2019envoi en possession pouvait avoir lieu apr\u00e8s un temps plus ou moins long depuis la disparition ou les derni\u00e8res nouvelles.<\/p>\n<p>Quelques coutumes avaient fix\u00e9 ce temps. Celle de Hainaut \u00e0 trois ans; celles d\u2019Anjou, art. 269, du Maine, art. 287, \u00e0 sept ans [notes omises].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref150\" name=\"_ftn150\">[150]<\/a> Corral Talciani et Rodriguez Pinto, <em>supra <\/em>note\u00a041 aux pp\u00a0565\u201366. Voir aussi JC Shepherd, \u00ab\u00a0Presumption of Death in Ontario\u00a0\u00bb (1979) 4:4 E &amp; TQ\u00a0326 \u00e0 la p\u00a0337.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref151\" name=\"_ftn151\">[151]<\/a> Voir notamment Michel Morin, \u00ab\u00a0Dualisme, mixit\u00e9 et m\u00e9tissage juridique\u00a0: Qu\u00e9bec, Hong Kong, Macao, Afrique du Sud et Isra\u00ebl\u00a0\u00bb (2012) 57:4 RD McGill\u00a0645 aux pp\u00a0649\u201353.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref152\" name=\"_ftn152\">[152]<\/a> Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a054.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref153\" name=\"_ftn153\">[153]<\/a><em> Ibid<\/em> au para\u00a054. Voir aussi Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0165; Deleury Bonnet, <em>supra <\/em>note\u00a0106 \u00e0 la p\u00a0331. Voir par ex <em>Renda (Re) et Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<\/em>, 2013 QCCS 100 au para\u00a019 (CanLII), AZ-50928853 (SOQUIJ); <em>Nadon <\/em>et <em>Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<\/em>, 2009 QCCS 4509 au para\u00a09 (CanLII), AZ-50578319 (SOQUIJ);<em> Fr\u00e8res de l\u2019Instruction Chr\u00e9tienne<\/em> et <em>Dupont<\/em>, 2006 QCCS\u00a06381 au para\u00a024, [2006] RL\u00a0523; <em>Salman<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0146.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref154\" name=\"_ftn154\">[154]<\/a> Voir <em>Caron<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02; <em>Michaud<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02; <em>Th\u00e9riault<\/em>,<em> supra<\/em> note\u00a02; <em>Turcotte<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a02. Ce m\u00e9canisme a \u00e9galement servi dans des cas de suicide apparent (voir <em>Gari\u00e9py c Directeur de l\u2019\u00e9tat civil<\/em>, [1997] RDF\u00a050, AZ-97021004 (SOQUIJ) (CS Qc)) et de disparition li\u00e9e au crime organis\u00e9 (voir <em>Re<\/em> <em>Renda<\/em>, 2017 QCCS\u00a0278 (CanLII), AZ-51361878 (SOQUIJ)).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref155\" name=\"_ftn155\">[155]<\/a> Sur le droit am\u00e9ricain de l\u2019absence, voir Corral Talciani et Rodriguez Pinto, <em>supra <\/em>note\u00a041 aux pp\u00a0567\u201370.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref156\" name=\"_ftn156\">[156]<\/a> Voir Eric Lipton, \u00ab\u00a0Struggle to Tally All 9\/11 Dead By Anniversary\u00a0\u00bb, <em>New York Times<\/em> (1 septembre 2002), en ligne\u00a0: &lt;www.nytimes.com\/2002\/09\/01\/nyregion\/struggle-to-tally-all-9-11-dead-by-anniversary.html&gt;, archiv\u00e9 \u00e0\u00a0https:\/\/perma.cc\/N3H3-XCCK.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref157\" name=\"_ftn157\">[157]<\/a> Voir <em>Commentaires du ministre de la Justice<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0137 \u00e0 la p\u00a068.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref158\" name=\"_ftn158\">[158]<\/a> Voir\u00a0<em>ibid\u00a0<\/em>:<\/p>\n<p>La pr\u00e9somption de vie de l\u2019absent et la r\u00e9duction du d\u00e9lai de trente ans \u00e0 sept ans se justifient par le fait que les communications sont devenues aujourd\u2019hui plus faciles et beaucoup plus rapides et que les services de recherche sont plus efficaces. D\u00e8s lors, si le corps de l\u2019absent n\u2019est pas retrouv\u00e9, on peut plus ais\u00e9ment conclure qu\u2019il est vivant; en m\u00eame temps, s\u2019il ne repara\u00eet pas dans un d\u00e9lai raisonnable ou si on ne retrouve ni trace ni corps, on peut, plus rapidement que dans le pass\u00e9, conclure \u00e0 sa mort.<\/p>\n<p>Voir aussi ORCC, <em>L\u2019absence<\/em>,<em> supra <\/em>note\u00a0147.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref159\" name=\"_ftn159\">[159]<\/a><em> Commentaires du ministre de la Justice<\/em>, <em>supra <\/em>note\u00a0137 \u00e0 la p\u00a066. Voir aussi Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a041; Ouellette, <em>supra <\/em>note\u00a0116 au para\u00a0168.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref160\" name=\"_ftn160\">[160]<\/a> Art\u00a0617 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref161\" name=\"_ftn161\">[161]<\/a> Roch, <em>supra<\/em> note\u00a06 \u00e0 la p\u00a0140.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref162\" name=\"_ftn162\">[162]<\/a> Voir <em>Loi sur le divorce<\/em>, LRC 1985, c\u00a03 (2<sup>e<\/sup> supp), art\u00a08(1), 8(2)(a).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref163\" name=\"_ftn163\">[163]<\/a> Voir arts\u00a0493, 494(2) CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref164\" name=\"_ftn164\">[164]<\/a> Voir art\u00a0521.17 CcQ; Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a041 (\u00ab\u00a0[t]ant en mati\u00e8re de divorce que de s\u00e9paration de corps ou de dissolution de l\u2019union civile, la s\u00e9paration factuelle comme fondement de l\u2019action peut \u00eatre involontaire. La s\u00e9paration caus\u00e9e par l\u2019absence peut donc justifier une telle demande en justice\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref165\" name=\"_ftn165\">[165]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> au para\u00a051.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref166\" name=\"_ftn166\">[166]<\/a> Art\u00a095 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref167\" name=\"_ftn167\">[167]<\/a> Voir ORCC, <em>CcQ\u00a0: Projet<\/em>, <em>supra<\/em> note\u00a0128 \u00e0 la p\u00a038.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref168\" name=\"_ftn168\">[168]<\/a> Voir art\u00a097 CcQ.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref169\" name=\"_ftn169\">[169]<\/a> Corral Talciani et Rodriguez Pinto, <em>supra<\/em> note\u00a041 \u00e0 la p\u00a0559.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref170\" name=\"_ftn170\">[170]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref171\" name=\"_ftn171\">[171]<\/a><em> Ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref172\" name=\"_ftn172\">[172]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux pp\u00a0559\u201360.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref173\" name=\"_ftn173\">[173]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0560.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref174\" name=\"_ftn174\">[174]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0572.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref175\" name=\"_ftn175\">[175]<\/a><em> Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0561.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref176\" name=\"_ftn176\">[176]<\/a><em> Supra <\/em>note\u00a0118 au para\u00a019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref177\" name=\"_ftn177\">[177]<\/a> Bernard Teyssi\u00e9, <em>Droit civil\u00a0: Les personnes<\/em>, 18<sup>e<\/sup> \u00e9d, Paris, Lexis Nexis, 2016 \u00e0 la p\u00a04.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref178\" name=\"_ftn178\">[178]<\/a> Corral Talciani et Rodriguez Pinto, <em>supra <\/em>note\u00a041 aux pp\u00a0562\u201363.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref179\" name=\"_ftn179\">[179]<\/a><em> Ibid<\/em> \u00e0 la p\u00a0565.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref180\" name=\"_ftn180\">[180]<\/a> Voir Qu\u00e9bec, Office de r\u00e9vision du Code civil, <em>L\u2019absence en Espagne<\/em>, par Louise Beaulieu du Comit\u00e9 du droit des personnes et du droit de la famille, Qu\u00e9bec, ORCC, 1971; Qu\u00e9bec, Office de r\u00e9vision du Code civil, <em>L\u2019absence en Suisse, <\/em>par Louise Beaulieu du Comit\u00e9 du droit des personnes et du droit de la famille, Qu\u00e9bec, ORCC, 1971.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref181\" name=\"_ftn181\">[181]<\/a> Voir art\u00a0133.1 CcQ; PL 35, <em>Loi modifiant le Code civil en mati\u00e8re d\u2019\u00e9tat civil, de successions et de publicit\u00e9 des droits<\/em>, 1<sup>re<\/sup> sess, 40<sup>e<\/sup> l\u00e9g, Qu\u00e9bec, 2013, art\u00a017 (sanctionn\u00e9 le 6 d\u00e9cembre 2013) RLRQ 2013, c\u00a027. Voir aussi Deleury et Goubau, <em>supra<\/em> note 126 au para\u00a069\u00a0(\u00ab\u00a0[t]oute personne int\u00e9ress\u00e9e peut ainsi d\u00e9clarer le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une personne au Directeur de l\u2019\u00e9tat civil dans les cas o\u00f9 un tribunal a reconnu la culpabilit\u00e9 d\u2019une personne soit pour des actes ayant caus\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s d\u2019une personne disparue, soit pour la disparition du corps d\u2019une personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e\u00a0\u00bb [notes omises]).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref182\" name=\"_ftn182\">[182]<\/a> Art\u00a0127 CcQ.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela p\u00e8se lourd, une absence. Bien plus lourd qu\u2019une disparition. Parce que avec les morts, c\u2019est commode, on sait qu\u2019ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font esp\u00e9rer[1]. S\u2019il est des sections de notre Code civil sur lesquelles les professeurs de droit contemporains et leurs \u00e9tudiants\u00a0\u2014\u00a0sans parler des &hellip; <a href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","class_list":["post-19480","articles","type-articles","status-publish","hentry","article-type-article"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela p\u00e8se lourd, une absence. Bien plus lourd qu\u2019une disparition. Parce que avec les morts, c\u2019est commode, on sait qu\u2019ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font esp\u00e9rer[1]. S\u2019il est des sections de notre Code civil sur lesquelles les professeurs de droit contemporains et leurs \u00e9tudiants\u00a0\u2014\u00a0sans parler des &hellip; Continued\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2019-11-19T20:32:50+00:00\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"79 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\\\/\",\"name\":\"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/#website\"},\"datePublished\":\"2017-12-01T18:29:09+00:00\",\"dateModified\":\"2019-11-19T20:32:50+00:00\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\\\/\"]}]},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\\\/article\\\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Home\",\"item\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Articles\",\"item\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/article\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/\",\"name\":\"McGill Law Journal\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/lawjournal.mcgill.ca\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal","og_description":"Introduction \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cela p\u00e8se lourd, une absence. Bien plus lourd qu\u2019une disparition. Parce que avec les morts, c\u2019est commode, on sait qu\u2019ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font esp\u00e9rer[1]. S\u2019il est des sections de notre Code civil sur lesquelles les professeurs de droit contemporains et leurs \u00e9tudiants\u00a0\u2014\u00a0sans parler des &hellip; Continued","og_url":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/","og_site_name":"McGill Law Journal","article_modified_time":"2019-11-19T20:32:50+00:00","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"79 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/","url":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/","name":"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort - McGill Law Journal","isPartOf":{"@id":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/#website"},"datePublished":"2017-12-01T18:29:09+00:00","dateModified":"2019-11-19T20:32:50+00:00","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/"]}]},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/origines-et-evolution-du-droit-quebecois-de-labsence-de-lexistence-incertaine-aux-presomptions-de-vie-et-de-mort\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Home","item":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Articles","item":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/article\/"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Origines et \u00e9volution du droit qu\u00e9b\u00e9cois de l\u2019absence : de l\u2019existence incertaine aux pr\u00e9somptions de vie et de mort"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/#website","url":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/","name":"McGill Law Journal","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"}]}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/articles\/19480","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/articles"}],"about":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/articles"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=19480"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}