{"id":20844,"date":"2022-03-01T18:03:41","date_gmt":"2022-03-01T23:03:41","guid":{"rendered":"https:\/\/lawjournal.mcgill.ca\/?post_type=articles&#038;p=20844"},"modified":"2024-03-11T16:38:27","modified_gmt":"2024-03-11T20:38:27","slug":"reequilibrer-le-role-de-la-cour-supreme-du-canada-en-procedure-criminelle","status":"publish","type":"articles","link":"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/reequilibrer-le-role-de-la-cour-supreme-du-canada-en-procedure-criminelle\/","title":{"rendered":"R\u00e9\u00e9quilibrer le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame du Canada en proc\u00e9dure criminelle"},"content":{"rendered":"<h1 id=\"87a-f22-463-8cf-045\">Introduction<\/h1>\n<p>Traditionnellement, les tribunaux sont per\u00e7us comme protecteurs des droits et libert\u00e9s fondamentaux<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Le Parlement et l\u2019ex\u00e9cutif sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant les branches du gouvernement les plus susceptibles de porter atteinte aux droits constitutionnels<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Selon cette conception, les juges exercent un pouvoir contre-majoritaire qui prot\u00e8ge les individus des actions abusives des acteurs \u00e9tatiques<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Par exemple, dans les domaines du droit criminel et de la proc\u00e9dure criminelle, les tribunaux sont amen\u00e9s \u00e0 exclure la preuve inconstitutionnellement obtenue, \u00e0 \u00e9laborer des doctrines et des tests pr\u00e9ventifs qui dissuadent l\u2019inconduite polici\u00e8re et \u00e0 d\u00e9clarer des lois inconstitutionnelles<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. M\u00eame s\u2019il n\u2019existe aucun consensus par rapport \u00e0 cette conception th\u00e9orique ou pragmatique du r\u00f4le des tribunaux, la doctrine et les d\u00e9cisions judiciaires d\u00e9crivent g\u00e9n\u00e9ralement ce paradigme<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>.<\/p>\n<p>Cet article d\u00e9montre comment la doctrine des pouvoirs policiers accessoires\u00a0a transform\u00e9 le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame du Canada en mati\u00e8re de proc\u00e9dure criminelle. Cette doctrine, adopt\u00e9e par la plus haute juridiction du pays autorise les juges \u00e0 cr\u00e9er des pouvoirs policiers afin de combler des lacunes l\u00e9gislatives<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.\u00a0Par cette doctrine, la Cour supr\u00eame est pass\u00e9e d\u2019un r\u00f4le de protecteur des droits et libert\u00e9s fondamentaux \u00e0 celui de cr\u00e9ateur judiciaire de pouvoirs policiers qui portent atteinte \u00e0 ces droits et libert\u00e9s<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.<\/p>\n<p>La doctrine des pouvoirs policiers accessoires engendre plusieurs probl\u00e8mes persistants. En appliquant le test<em> Waterfield<\/em>, ces pouvoirs ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s sans se confronter \u00e0 un processus d\u00e9mocratique rigoureux, sans \u00e9valuer l\u2019impact des pouvoirs policiers sur les droits fondamentaux et sans analyser en d\u00e9tail la proportionnalit\u00e9 entre les effets b\u00e9n\u00e9fiques et pr\u00e9judiciables de ces pouvoirs<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>. Ils ont \u00e9galement exacerb\u00e9 divers probl\u00e8mes au sein du syst\u00e8me de justice p\u00e9nale\u00a0: le profilage racial et social, le racisme syst\u00e9mique, la violation impunie des droits fondamentaux et une perte de confiance envers le syst\u00e8me de justice<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. De plus, la doctrine des pouvoirs policiers accessoires dissuade la branche l\u00e9gislative de l\u00e9gif\u00e9rer en mati\u00e8re de proc\u00e9dure criminelle<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p>Cet article explique comment la Cour supr\u00eame peut r\u00e9\u00e9quilibrer le r\u00f4le des trois branches du gouvernement en proc\u00e9dure criminelle. Il d\u00e9crit pourquoi ce r\u00e9\u00e9quilibrage est n\u00e9cessaire afin de respecter la s\u00e9paration des pouvoirs, de promouvoir la primaut\u00e9 du droit, de mieux pr\u00e9venir et rem\u00e9dier au profilage racial et social et de prot\u00e9ger les droits et libert\u00e9s fondamentaux. La derni\u00e8re partie de l\u2019article propose quatre solutions pragmatiques pour que la Cour supr\u00eame renoue avec sa fonction principale de prot\u00e9ger les droits et libert\u00e9s fondamentaux dans le domaine de la proc\u00e9dure criminelle.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, ces propositions n\u2019\u00e9radiqueront pas les probl\u00e8mes structuraux enracin\u00e9s dans le syst\u00e8me de justice p\u00e9nale et dans la soci\u00e9t\u00e9, tels que le profilage racial et social, la discrimination et les abus de pouvoir. Cependant, ces propositions peuvent am\u00e9liorer l\u2019\u00e9tat actuel du droit criminel et de la proc\u00e9dure criminelle ainsi que leur application quotidienne par les diff\u00e9rents acteurs du syst\u00e8me de justice p\u00e9nale.<\/p>\n<h1 id=\"2fa-c2b-46e-807-0f5\"><a name=\"_Toc67306830\"><\/a>I.\u00a0 Avant l\u2019ascension des pouvoirs policiers accessoires<\/h1>\n<p>Dans une d\u00e9mocratie constitutionnelle, le l\u00e9gislateur adopte les lois, tandis que les tribunaux \u00e9valuent leur constitutionnalit\u00e9. La branche judiciaire est l\u2019institution principale qui contr\u00f4le les abus policiers, les lois et politiques \u00e9tatiques inconstitutionnelles ainsi que les comportements arbitraires des forces de l\u2019ordre<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Avant la cr\u00e9ation de la doctrine des pouvoirs policiers accessoires\u00a0\u2014\u00a0et peu de temps apr\u00e8s son av\u00e8nement en droit canadien\u00a0\u2014\u00a0la proc\u00e9dure criminelle respectait le mod\u00e8le du dialogue constitutionnel<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>.<\/p>\n<p>En 1990, dans <em>R c<\/em>.<em> Wong<\/em>, la Cour supr\u00eame a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e \u00e0 la question du pouvoir des policiers d\u2019enregistrer subrepticement, par magn\u00e9toscope, l\u2019int\u00e9rieur de la chambre d\u2019h\u00f4tel d\u2019un accus\u00e9<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>. Dans cette affaire, les policiers voulaient acqu\u00e9rir de la preuve d\u00e9montrant que l\u2019accus\u00e9 exploitait une maison de jeu \u00ab\u00a0flottante\u00a0\u00bb\u00a0; ils n\u2019avaient aucune autre fa\u00e7on d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la chambre d\u2019h\u00f4tel (les agents doubles du service de police en question \u00e9taient connus par l\u2019accus\u00e9 et son entourage)<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de la d\u00e9cision, aucune disposition du <em>Code criminel <\/em>n\u2019autorisait cette m\u00e9thode d\u2019enqu\u00eate. Les policiers avaient n\u00e9anmoins proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l\u2019enregistrement magn\u00e9toscopique de l\u2019accus\u00e9, captant l\u2019accus\u00e9 et ses coll\u00e8gues en train d\u2019op\u00e9rer une maison de jeu ill\u00e9gale<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>. La Cour supr\u00eame a d\u00e9termin\u00e9 que les policiers avaient effectu\u00e9 une perquisition ill\u00e9gale qui contrevenait \u00e0 l\u2019article 8 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<p>Au lieu de cr\u00e9er un nouveau pouvoir policier, la Cour supr\u00eame a laiss\u00e9 au Parlement la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er un nouveau type de mandat<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. Selon la Cour, ce mandat permettrait aux policiers d\u2019effectuer une technique d\u2019enqu\u00eate qui porterait atteinte \u00e0 l\u2019article 8 de la <em>Charte canadienne <\/em>sans autorisation judiciaire pr\u00e9alable<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a>. Quelques mois plus tard, c\u2019est exactement ce que le Parlement a fait<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Cela dit, les exigences impos\u00e9es par le l\u00e9gislateur sont <em>plus <\/em>strictes que celles d\u00e9crites par la Cour dans <em>R c<\/em>.<em> Wong<\/em><a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>.<\/p>\n<p>Similairement, dans <em>R c<\/em>.<em> Feeney <\/em>en 1997, un policier est entr\u00e9 sans mandat dans la roulotte o\u00f9 habitait l\u2019accus\u00e9 afin d\u2019enqu\u00eater sur un homicide<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la d\u00e9cision <em>R c<\/em>.<em> Landry <\/em>(qui avait \u00e9t\u00e9 rendue dix ans auparavant) autorisait de telles entr\u00e9es sans mandat<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. Dans <em>R c. Feeney<\/em>, apr\u00e8s \u00eatre entr\u00e9 dans la roulotte de l\u2019accus\u00e9, le policier a questionn\u00e9 ce dernier<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a>. \u00c0 la suite d\u2019une d\u00e9claration incriminante, le policier a arr\u00eat\u00e9 l\u2019accus\u00e9 et a obtenu un mandat de perquisition qui a men\u00e9 \u00e0 la saisie d\u2019une gamme de preuves incriminantes<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. Toutefois, au lieu de cr\u00e9er un nouveau pouvoir policier qui autoriserait les arrestations sans mandat dans une maison d\u2019habitation, la Cour supr\u00eame a d\u00e9cid\u00e9 que l\u2019enqu\u00eate et les saisies \u00e9taient ill\u00e9gales<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Les juges ont \u00e9cart\u00e9 la majorit\u00e9 de la preuve et ont ordonn\u00e9 un nouveau proc\u00e8s<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>. La Cour supr\u00eame a d\u00e9termin\u00e9 que les policiers avaient besoin d\u2019obtenir une autorisation judiciaire au pr\u00e9alable afin d\u2019effectuer une arrestation dans une maison d\u2019habitation<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>. Quelques mois plus tard, le l\u00e9gislateur a adopt\u00e9 ce qui est maintenant l\u2019article 529.1 du <em>Code criminel <\/em>qui pr\u00e9voit le mandat d\u2019entr\u00e9e<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a> et respecte les exigences d\u00e9crites dans <em>R c. Feeney<\/em> par la Cour supr\u00eame.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision <em>R c<\/em>.<em> Wise <\/em>est un autre exemple de dialogue constitutionnel<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. Les policiers ont install\u00e9 un dispositif subreptice sous le v\u00e9hicule de l\u2019accus\u00e9 afin de le localiser<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. La Cour supr\u00eame a conclu que l\u2019utilisation de ce dispositif de localisation portait atteinte \u00e0 l\u2019article 8 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. Les juges ont \u00e9nonc\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait loisible au l\u00e9gislateur de cr\u00e9er une nouvelle disposition l\u00e9gislative qui gouverne ce type de dispositifs<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Cette d\u00e9cision a amen\u00e9 le l\u00e9gislateur \u00e0 adopter l\u2019article 492.1 du <em>Code criminel\u00a0<\/em>: le mandat pour installer un dispositif de localisation<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"ee6-236-400-86b-77e\"><a name=\"_Toc67306831\"><\/a>II. L\u2019aube des pouvoirs policiers accessoires\u00a0et le test<em>Waterfield<\/em><\/h1>\n<p>Certains pouvoirs policiers sont pr\u00e9vus dans le <em>Code criminel. <\/em>Les pouvoirs d\u2019arrestation, d\u2019obtention de mandats et de d\u00e9tention sous garde en sont des exemples<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a>. Cependant, un nombre important de pouvoirs policiers qui sont exerc\u00e9s quotidiennement ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s ou autoris\u00e9s par les tribunaux<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Les pouvoirs d\u2019intercepter des v\u00e9hicules au hasard, de faire des barrages routiers, de d\u00e9tenir des individus pour fin d\u2019enqu\u00eate, de fouiller des individus par palpation pr\u00e9ventive ou des individus, automobiles et cellulaires accessoirement \u00e0 l\u2019arrestation et de d\u00e9ployer un chien renifleur sont tous des pouvoirs policiers cr\u00e9\u00e9s par la Cour supr\u00eame<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision <em>Dedman c<\/em>.<em> La Reine <\/em>a affirm\u00e9 que les tribunaux peuvent cr\u00e9er de nouveaux pouvoirs policiers qui ne sont pas express\u00e9ment pr\u00e9vus par le <em>Code criminel <\/em>en employant la \u00ab\u00a0doctrine des pouvoirs accessoires\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>. Selon la Cour supr\u00eame, cette doctrine vise \u00e0 combler des lacunes l\u00e9gislatives en mati\u00e8re de proc\u00e9dure criminelle<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a>. Dans <em>Dedman<\/em>, la majorit\u00e9 de la Cour a d\u00e9velopp\u00e9 un test en deux \u00e9tapes pour cr\u00e9er ces nouveaux pouvoirs. Ce test a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fini dans la d\u00e9cision <em>R v<\/em>.<em> Waterfield <\/em>de la Cour d\u2019appel d\u2019Angleterre<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c0 la premi\u00e8re \u00e9tape du test <em>Waterfield<\/em>, le tribunal doit d\u00e9terminer si le pouvoir policier en question s\u2019inscrit dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral des devoirs policiers, tel que le maintien de la paix, la pr\u00e9vention du crime ou la protection des personnes ou des biens<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>. Lors de la deuxi\u00e8me \u00e9tape de ce test, le tribunal doit s\u2019assurer que le pouvoir policier est raisonnablement n\u00e9cessaire pour accomplir ce devoir<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>. Depuis l\u2019an 2000, les juges de la Cour supr\u00eame ont cr\u00e9\u00e9 de nouveaux pouvoirs policiers dans la majorit\u00e9 des cas o\u00f9 l\u2019\u00c9tat \u00e9voque ce besoin<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a>.<\/p>\n<p>La doctrine des pouvoirs accessoires est critiqu\u00e9e pour diff\u00e9rentes raisons. Premi\u00e8rement, cette doctrine contrevient \u00e0 la s\u00e9paration des pouvoirs, puisque c\u2019est au l\u00e9gislateur de cr\u00e9er des pouvoirs policiers et non aux tribunaux<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\">[43]<\/a>. Selon cet argument, les pouvoirs policiers accessoires manquent de l\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\">[44]<\/a>. Puisque les juges sont nomm\u00e9s et non \u00e9lus, les pouvoirs sont donc cr\u00e9\u00e9s par ces m\u00eames juges \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du processus d\u00e9mocratique normal qui refl\u00e8te la volont\u00e9 majoritaire<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\">[45]<\/a>. Le pouvoir contre-majoritaire des juges est difficile \u00e0 concilier avec la cr\u00e9ation de pouvoirs policiers qui minent les droits des individus<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\">[46]<\/a>.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, la doctrine des pouvoirs policiers accessoires contrevient aux principes de l\u00e9galit\u00e9 et de la primaut\u00e9 du droit<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\">[47]<\/a>. Puisque les juges cr\u00e9ent des pouvoirs policiers apr\u00e8s coup, les individus ne sont pas capables de cerner l\u2019\u00e9tendue et les limites de ces pouvoirs<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\">[48]<\/a>. En d\u2019autres termes, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019un nombre important des pouvoirs policiers sont des cr\u00e9ations de la jurisprudence, il est difficile pour la population de se renseigner sur la l\u00e9galit\u00e9 des interventions polici\u00e8res<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\">[49]<\/a>. De m\u00eame, dans l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 o\u00f9 les individus consultent le <em>Code criminel <\/em>afin de comprendre ces pouvoirs, ils auront une mauvaise compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9tendue de l\u2019autorit\u00e9 des policiers.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, les pouvoirs policiers accessoires engendrent du profilage racial et social<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\">[50]<\/a>. Les \u00e9tudes empiriques d\u00e9montrent que l\u2019usage de certains pouvoirs policiers affectent les Autochtones, les personnes noires et les personnes racis\u00e9es de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\">[51]<\/a>. Qui plus est, dans un nombre important de d\u00e9cisions de la Cour supr\u00eame cr\u00e9ant un nouveau pouvoir policier, les juges ont omis de consid\u00e9rer certaines r\u00e9alit\u00e9s. Ces derniers n\u2019ont en effet tenu compte ni de l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 que ce pouvoir engendre de la discrimination, ni de la r\u00e9alit\u00e9 du racisme syst\u00e9mique<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\">[52]<\/a>. Le probl\u00e8me fondamental du test <em>Waterfield <\/em>est que les pouvoirs policiers cr\u00e9\u00e9s par les tribunaux ne sont pas assujettis \u00e0 une analyse rigoureuse de la proportionnalit\u00e9 en vertu de l\u2019article 1 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\">[53]<\/a><em>. <\/em>En cons\u00e9quence, les tribunaux ne consid\u00e8rent pas si les effets pr\u00e9judiciables d\u2019un nouveau pouvoir policier \u2014 notamment, la discrimination, le profilage racial et social et les atteintes \u00e0 la dignit\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u2014 l\u2019emportent sur ses effets b\u00e9n\u00e9fiques<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\">[54]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"700-3f9-437-96f-c39\"><a name=\"_Toc67306832\"><\/a>III. Le manque d\u2019encadrement des pouvoirs policiers accessoires<\/h1>\n<p>Au-del\u00e0 de ces trois maux d\u00e9crits pr\u00e9c\u00e9demment \u2014\u00a0l\u2019incongruit\u00e9 avec la s\u00e9paration des pouvoirs, la discordance avec la primaut\u00e9 du droit et le profilage racial et social \u2014\u00a0les pouvoirs policiers accessoires cr\u00e9ent d\u2019autres probl\u00e8mes. Notamment, ces pouvoirs manquent d\u2019encadrement suffisant et les tribunaux contr\u00f4lent l\u2019inconduite polici\u00e8re de mani\u00e8re inefficace<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\">[55]<\/a>. Plus sp\u00e9cifiquement, tant en proc\u00e9dure criminelle qu\u2019en droit priv\u00e9<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\">[56]<\/a>, plusieurs pouvoirs policiers ne sont pas balis\u00e9s par une protection constitutionnelle ad\u00e9quate. De plus, les m\u00e9canismes existants ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 tenir les policiers responsables de leurs inconduites et \u00e0 pr\u00e9venir ces derni\u00e8res. Quelques exemples illustrent ces points.<\/p>\n<h2 id=\"363-df2-4b5-b14-94e\">A.\u00a0 Les fouilles par palpation pr\u00e9ventive<\/h2>\n<p>Consid\u00e9rons en premier lieu, le pouvoir des policiers de fouille par palpation pr\u00e9ventive qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la Cour supr\u00eame dans la d\u00e9cision <em>R c<\/em>.<em> Mann <\/em>en 2004<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\">[57]<\/a>. Selon cette d\u00e9cision, les policiers peuvent fouiller un individu par palpation pr\u00e9ventive lorsqu\u2019ils ont satisfait \u00e0 deux conditions. Premi\u00e8rement, la d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate de l\u2019accus\u00e9 doit \u00eatre l\u00e9gale. Les policiers doivent donc avoir des motifs raisonnables de soup\u00e7onner que l\u2019accus\u00e9 est impliqu\u00e9 dans une infraction r\u00e9cente ou en cours et que la d\u00e9tention est n\u00e9cessaire<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\">[58]<\/a>. Deuxi\u00e8mement, les policiers doivent avoir des motifs raisonnables de croire que leur s\u00e9curit\u00e9 est menac\u00e9e<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\">[59]<\/a>. Dans <em>Mann<\/em>, la Cour n\u2019a pas abord\u00e9 la possibilit\u00e9 que ce pouvoir soit exerc\u00e9 de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e sur les Autochtones et les personnes issues de communaut\u00e9s racis\u00e9es, et ce, nonobstant le fait que M. Mann \u00e9tait un jeune homme Autochtone<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\">[60]<\/a>. Cette omission a engendr\u00e9 plusieurs cons\u00e9quences importantes, notamment l\u2019absence de m\u00e9canismes de contr\u00f4le impos\u00e9s aux policiers qui exercent ce pouvoir.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, la Cour supr\u00eame n\u2019a impos\u00e9 aucune obligation aux policiers de documenter leurs fouilles ou de recueillir des donn\u00e9es qui pourraient permettre de d\u00e9terminer dans quelle mesure les personnes Autochtones et les personnes issues de communaut\u00e9s racis\u00e9es sont fouill\u00e9es de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\">[61]<\/a>. Peu de donn\u00e9es permettent aujourd\u2019hui de d\u00e9terminer l\u2019\u00e9tendue du profilage racial associ\u00e9 \u00e0 ces fouilles<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\">[62]<\/a>.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, il n\u2019y a aucune obligation pour l\u2019\u00c9tat de publier des statistiques concernant l\u2019emploi de ce pouvoir policier. Pourtant, une obligation similaire existe dans d\u2019autres juridictions<a href=\"#_ftn63\" name=\"_ftnref63\">[63]<\/a>. Pour ces raisons, tant le gouvernement, les corps policiers et les membres du public ne sont pas en mesure de conna\u00eetre l\u2019\u00e9tendue de la r\u00e9alit\u00e9 du profilage racial en mati\u00e8re de fouilles par palpation pr\u00e9ventive<a href=\"#_ftn64\" name=\"_ftnref64\">[64]<\/a>.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la Cour supr\u00eame n\u2019a pas exig\u00e9 des policiers qu\u2019ils remettent un re\u00e7u \u00e0 l\u2019individu comme preuve de la fouille, ce qui pourrait aider l\u2019individu \u00e0 en contester la l\u00e9gitimit\u00e9<a href=\"#_ftn65\" name=\"_ftnref65\">[65]<\/a>. L\u2019exigence de remettre un re\u00e7u ou un rapport existe dans d\u2019autres juridictions de common law. En Angleterre, le <em>Police and Criminal Evidence Act 1984 <\/em>exige que les policiers remettent un re\u00e7u \u00e0 un individu qui a \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9 par les policiers, et ce, \u00e0 la demande de l\u2019individu<a href=\"#_ftn66\" name=\"_ftnref66\">[66]<\/a>. Ces documents indiquent notamment le num\u00e9ro associ\u00e9 \u00e0 la fouille, le nom des policiers impliqu\u00e9s et leurs matricules, les motifs de la fouille, le r\u00e9sultat de la fouille et l\u2019ethnicit\u00e9 de l\u2019individu qui a \u00e9t\u00e9 fouill\u00e9<a href=\"#_ftn67\" name=\"_ftnref67\">[67]<\/a>. Ces statistiques permettent aux corps policiers d\u2019identifier des tendances de profilage racial indiquant que les policiers fouillent des individus issus de certaines communaut\u00e9s de fa\u00e7on disproportionn\u00e9e. De plus, le gouvernement doit publier ces statistiques sur son site web<a href=\"#_ftn68\" name=\"_ftnref68\">[68]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"49b-76c-4d5-91d-ac9\"><a name=\"_Toc67306834\"><\/a>B.\u00a0 Les interceptions au hasard<\/h2>\n<p>Le deuxi\u00e8me exemple de pouvoir policier accessoire qui manque d\u2019encadrement est celui autorisant les policiers d\u2019intercepter des conducteurs au hasard. Initialement, dans <em>Dedman c<\/em>.<em> La Reine<\/em>, la Cour supr\u00eame avait cr\u00e9\u00e9 le pouvoir policier d\u2019effectuer des barrages routiers.<a href=\"#_ftn69\" name=\"_ftnref69\">[69]<\/a> Par la suite, dans la d\u00e9cision <em>R c<\/em>.<em> Ladouceur <\/em>de 1990<em>, <\/em>la Cour a \u00e9largi l\u2019\u00e9tendue de ce pouvoir en affirmant qu\u2019une disposition l\u00e9gislative permettant les interceptions au hasard \u00e9tait constitutionnelle<a href=\"#_ftn70\" name=\"_ftnref70\">[70]<\/a>. Notons que dans\u00a0<em>Ladouceur<\/em>, la Cour a analys\u00e9 la constitutionnalit\u00e9 d\u2019une disposition l\u00e9gislative qui autorisait les interceptions au hasard. Cependant, la Cour a affirm\u00e9 que le pouvoir d\u2019interception au hasard avait \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 \u00e0 l\u2019origine dans\u00a0<em>Dedman\u00a0<\/em>et que ce pouvoir \u00e9tait prescrit par la common law<a href=\"#_ftn71\" name=\"_ftnref71\">[71]<\/a>.\u00a0M\u00eame si elle examinait la constitutionnalit\u00e9 d\u2019une disposition l\u00e9gislative, la Cour a n\u00e9anmoins \u00e9tendu la port\u00e9e d\u2019un pouvoir policier cr\u00e9\u00e9 initialement par les tribunaux. Remarquons comment ce pouvoir souffre des m\u00eames failles que le pouvoir de fouille par palpation pr\u00e9ventive\u00a0: il n\u2019existe aucune obligation de documenter les interceptions, de recueillir des donn\u00e9es, de publier des statistiques ou de remettre un re\u00e7u de l\u2019intervention aux conducteurs<a href=\"#_ftn72\" name=\"_ftnref72\">[72]<\/a>.<\/p>\n<p>Cependant, le pouvoir d\u2019interception au hasard est plus pernicieux, et cela, \u00e0 plusieurs \u00e9gards. D\u2019abord, ce pouvoir n\u2019impose aucun fardeau de la preuve aux policiers pour pouvoir \u00eatre exerc\u00e9, tel que des motifs raisonnables de soup\u00e7onner ou de croire que la personne est reli\u00e9e \u00e0 une infraction criminelle<a href=\"#_ftn73\" name=\"_ftnref73\">[73]<\/a>. Ils sont seulement tenus d\u2019offrir un motif valable pour les interceptions al\u00e9atoires, tel que la v\u00e9rification du permis de conduire du conducteur, l\u2019\u00e9tat m\u00e9canique du v\u00e9hicule ou la sobri\u00e9t\u00e9 du conducteur<a href=\"#_ftn74\" name=\"_ftnref74\">[74]<\/a>. Comme plusieurs le soutiennent, il est difficile pour les personnes intercept\u00e9es de prouver qu\u2019elles ont fait l\u2019objet d\u2019un profilage racial ou social lors d\u2019une interception au hasard<a href=\"#_ftn75\" name=\"_ftnref75\">[75]<\/a>.<\/p>\n<p>Depuis <em>Ladouceur<\/em>, la protection des droits constitutionnels des conducteurs est davantage affaiblie<a href=\"#_ftn76\" name=\"_ftnref76\">[76]<\/a>. Dans la d\u00e9cision <em>R c<\/em>.<em> Nolet <\/em>de 2010, la Cour supr\u00eame a \u00e9largi le pouvoir des policiers d\u2019entreprendre une enqu\u00eate criminelle lors de l\u2019interception d\u2019un conducteur<a href=\"#_ftn77\" name=\"_ftnref77\">[77]<\/a>. Dans <em>Nolet<\/em>, un policier a intercept\u00e9 au hasard un camion semi-remorque conform\u00e9ment au <em>Highway Traffic Act<\/em> de la Saskatchewan<a href=\"#_ftn78\" name=\"_ftnref78\">[78]<\/a>. Lors de l\u2019interception, le policier a constat\u00e9 que le conducteur n\u2019avait pas d\u2019immatriculation proportionnelle couvrant la province, que la vignette pour le carburant \u00e9tait expir\u00e9e et que son journal de bord \u00e9tait incomplet<a href=\"#_ftn79\" name=\"_ftnref79\">[79]<\/a>. Le policier a fouill\u00e9 un sac du conducteur afin d\u2019enqu\u00eater sur le journal de bord incomplet<a href=\"#_ftn80\" name=\"_ftnref80\">[80]<\/a>. Pensant qu\u2019il s\u2019agissait du journal de bord, il a ouvert le sac et trouv\u00e9 115\u00a0000$ en argent comptant<a href=\"#_ftn81\" name=\"_ftnref81\">[81]<\/a>. Il a mis le conducteur en \u00e9tat d\u2019arrestation pour trafic de stup\u00e9fiants. En fouillant la remorque plus tard au poste de police, le policier a d\u00e9couvert un compartiment dissimul\u00e9 qui contenait presque 400 livres de marijuana<a href=\"#_ftn82\" name=\"_ftnref82\">[82]<\/a>.<\/p>\n<p>La question en litige \u00e9tait de savoir si l\u2019enqu\u00eate du policier \u00e9tait ill\u00e9gale puisqu\u2019elle semblait \u00eatre bas\u00e9e de fa\u00e7on pr\u00e9dominante sur une enqu\u00eate de nature criminelle par opposition \u00e0 une enqu\u00eate li\u00e9e \u00e0 la circulation<a href=\"#_ftn83\" name=\"_ftnref83\">[83]<\/a>. La Cour supr\u00eame a d\u00e9termin\u00e9 que m\u00eame si l\u2019enqu\u00eate \u00e9tait bas\u00e9e principalement sur des motifs d\u2019enqu\u00eate criminelle, l\u2019intervention polici\u00e8re \u00e9tait l\u00e9gitime puisqu\u2019elle poursuivait un objectif r\u00e9glementaire continu<a href=\"#_ftn84\" name=\"_ftnref84\">[84]<\/a>.<\/p>\n<p>Les effets combin\u00e9s de <em>Ladouceur <\/em>et <em>Nolet <\/em>sont significatifs. Vu l\u2019\u00e9largissement du pouvoir d\u2019interception routi\u00e8re et le manque d\u2019encadrement l\u00e9gal, ces d\u00e9cisions ont implicitement autoris\u00e9 les policiers \u00e0 effectuer des interceptions pour des raisons inappropri\u00e9es ou discriminatoires, tant qu\u2019ils sont en mesure d\u2019invoquer un objectif r\u00e9glementaire li\u00e9 \u00e0 la circulation<a href=\"#_ftn85\" name=\"_ftnref85\">[85]<\/a>. Plusieurs \u00e9tudes empiriques confirment que les personnes issues de communaut\u00e9s racis\u00e9es sont touch\u00e9es par les interceptions de v\u00e9hicules de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e<a href=\"#_ftn86\" name=\"_ftnref86\">[86]<\/a>. Ensemble, l\u2019inexistence d\u2019un quelconque fardeau de la preuve pour justifier une interception et la possibilit\u00e9 d\u2019entreprendre une enqu\u00eate criminelle li\u00e9e \u00e0 un motif de circulation compliquent la preuve du profilage racial ou social et l\u2019obtention d\u2019une r\u00e9paration en cas d\u2019intervention fond\u00e9e sur un tel pr\u00e9texte.<\/p>\n<h2 id=\"68a-265-4e3-acb-c40\"><a name=\"_Toc67306835\"><\/a>C.\u00a0 Les d\u00e9tentions pour fin d\u2019enqu\u00eate et les questions pr\u00e9liminaires<\/h2>\n<h3 id=\"f2b-f9f-496-b9a-618\">1.\u00a0\u00a0\u00a0 Survol\u00a0de la d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate et des questions pr\u00e9liminaires<\/h3>\n<p>Le troisi\u00e8me exemple de pouvoir policier accessoire qui manque d\u2019encadrement suffisant est la d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate. Ce pouvoir a initialement \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 dans la d\u00e9cision <em>R c. Mann <\/em>en 2004, revisit\u00e9 dans <em>R c<\/em>.<em> Grant <\/em>en 2009 et abord\u00e9 plus r\u00e9cemment dans <em>R c<\/em>.<em> Le <\/em>en 2019<a href=\"#_ftn87\" name=\"_ftnref87\">[87]<\/a>. Selon la Cour supr\u00eame, les policiers peuvent d\u00e9tenir un individu s\u2019ils ont des motifs raisonnables de soup\u00e7onner qu\u2019il est impliqu\u00e9 dans un crime r\u00e9cent ou en cours<a href=\"#_ftn88\" name=\"_ftnref88\">[88]<\/a>. Le moment pr\u00e9cis du d\u00e9but d\u2019une d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate est crucial. C\u2019est \u00e0 ce moment que l\u2019individu doit \u00eatre inform\u00e9 des raisons de sa d\u00e9tention, de son droit de garder le silence et de son droit \u00e0 l\u2019assistance d\u2019un avocat<a href=\"#_ftn89\" name=\"_ftnref89\">[89]<\/a>.<\/p>\n<p>Le pouvoir de d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate demeure un pouvoir relativement ambigu puisque la ligne entre d\u00e9tention et questions pr\u00e9liminaires est floue. Dans <em>R c<\/em>.<em> Grant <\/em>et <em>R c<\/em>.<em> Suberu<\/em>, la Cour supr\u00eame a<br \/>\nreconnu la doctrine des \u00ab\u00a0questions pr\u00e9liminaires\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>. Selon cette doctrine, les policiers peuvent questionner un individu et acqu\u00e9rir de l\u2019information sans que l\u2019intervention soit qualifi\u00e9e de d\u00e9tention et, donc, sans que l\u2019individu soit inform\u00e9 de ses droits<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a>.<\/p>\n<p>La doctrine des questions pr\u00e9liminaires engendre des cons\u00e9quences importantes. En \u00e9valuant l\u2019existence d\u2019une d\u00e9tention psychologique, les tribunaux analysent si la personne raisonnable ayant les caract\u00e9ristiques personnelles et les exp\u00e9riences de l\u2019accus\u00e9 se serait sentie d\u00e9tenue<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a>. L\u2019analyse est objective<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a>. En ce sens, lorsqu\u2019un individu ne s\u2019est pas senti <em>subjectivement<\/em> d\u00e9tenu lors d\u2019un questionnement pr\u00e9liminaire, un tribunal peut n\u00e9anmoins conclure qu\u2019une d\u00e9tention psychologique a eu lieu si une personne raisonnable plac\u00e9e dans la m\u00eame situation se serait sentie d\u00e9tenue<a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>. Inversement, m\u00eame si l\u2019accus\u00e9 s\u2019est senti <em>subjectivement<\/em> d\u00e9tenu lors d\u2019un questionnement pr\u00e9liminaire, un tribunal peut conclure que la personne raisonnable ne se serait pas sentie d\u00e9tenue puisque l\u2019\u00e9valuation est objective<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a>. L\u2019individu peut donc se sentir oblig\u00e9 de donner des informations aux policiers \u2014 incluant son nom, son adresse et sa date de naissance \u2014 sans pour autant b\u00e9n\u00e9ficier de la protection conf\u00e9r\u00e9e par le droit de garder le silence et du droit \u00e0 l\u2019assistance d\u2019un avocat.<\/p>\n<p>Les tribunaux ont interpr\u00e9t\u00e9 la doctrine des questions pr\u00e9liminaires de mani\u00e8re lib\u00e9rale<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\">[96]<\/a>. Dans <em>R c<\/em>. <em>Grant<\/em>, des policiers patrouillaient pr\u00e8s de plusieurs \u00e9coles o\u00f9 il y avait eu des vols, des agressions et du trafic de stup\u00e9fiants<a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a>. Selon deux policiers d\u00e9guis\u00e9s en civils, M. Grant, un jeune homme noir, les a d\u00e9visag\u00e9s et il a touch\u00e9 le blouson de l\u2019un d\u2019eux<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\">[98]<\/a>. Puis, un policier en uniforme a interpell\u00e9 l\u2019accus\u00e9. Le policier a demand\u00e9 \u00e0 M. Grant de fournir son nom et son adresse et l\u2019a questionn\u00e9 par rapport \u00e0 ce qu\u2019il faisait<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\">[99]<\/a>. M. Grant a remis sa carte d\u2019assurance maladie au policier. La Cour supr\u00eame a d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019\u00e0 ce moment, il s\u2019agissait de questions pr\u00e9liminaires et non d\u2019une d\u00e9tention<a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>.<\/p>\n<p>Similairement, dans <em>R c<\/em>.<em> Suberu<\/em>, un policier r\u00e9pondait \u00e0 un appel d\u00e9non\u00e7ant une fraude de cartes de cr\u00e9dit commise par deux individus dans un magasin<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>. Lorsqu\u2019un de ces individus, l\u2019accus\u00e9, est sorti du magasin et a crois\u00e9 le policier, ce premier a dit\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est lui qui a fait \u00e7a, c\u2019est pas moi, alors j\u2019imagine que je peux partir\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a>. Le policier a r\u00e9pondu\u00a0: \u00ab\u00a0Attendez une minute !\u00a0Il faut que je vous parle avant que vous vous en alliez\u00a0\u00bb<a href=\"#_ftn103\" name=\"_ftnref103\">[103]<\/a>. Par la suite, le policier a suivi l\u2019accus\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son fourgon et s\u2019est mis \u00e0 le questionner. Durant cette conversation, le policier a demand\u00e9 \u00e0 l\u2019accus\u00e9 le nom de son pr\u00e9sum\u00e9 complice, le lieu d\u2019o\u00f9 venait l\u2019accus\u00e9, la mani\u00e8re par laquelle l\u2019accus\u00e9 s\u2019\u00e9tait rendu au magasin, l\u2019identit\u00e9 du propri\u00e9taire du v\u00e9hicule et le nom de sa copine<a href=\"#_ftn104\" name=\"_ftnref104\">[104]<\/a>.<\/p>\n<p>Nonobstant l\u2019emploi des mots \u00ab\u00a0attendez\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0il faut que je vous parle\u00a0\u00bb et la nature des questions pos\u00e9es par le policier, la Cour supr\u00eame a d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019il s\u2019agissait de questions pr\u00e9liminaires et non d\u2019une d\u00e9tention<a href=\"#_ftn105\" name=\"_ftnref105\">[105]<\/a>. Le r\u00e9sultat\u00a0: l\u2019accus\u00e9 ne b\u00e9n\u00e9ficiait pas de la protection accord\u00e9e par les articles 9 et 10 de la <em>Charte canadienne <\/em>durant cet \u00e9change de paroles. Aussi bien dans <em>R c. Grant<\/em> que dans <em>R c. Suberu<\/em>, la Cour supr\u00eame a justifi\u00e9 cette absence de protections constitutionnelles en expliquant que les questions pr\u00e9liminaires ne constituaient pas une limite importante \u00e0 la libert\u00e9 de l\u2019individu<a href=\"#_ftn106\" name=\"_ftnref106\">[106]<\/a>. Elle a consid\u00e9r\u00e9 que les individus sont simplement libres de partir lorsque les policiers leur posent des questions pr\u00e9liminaires<a href=\"#_ftn107\" name=\"_ftnref107\">[107]<\/a>.<\/p>\n<h3 id=\"9f1-df2-4fd-bbc-d4a\">2.\u00a0\u00a0\u00a0 Les probl\u00e8mes associ\u00e9s \u00e0 la d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate et aux questions pr\u00e9liminaires<\/h3>\n<p>Le pouvoir de d\u00e9tention pour fin d\u2019enqu\u00eate et la doctrine des questions pr\u00e9liminaires sont probl\u00e9matiques, et cela, \u00e0 plusieurs \u00e9gards. D\u2019abord, ces doctrines pr\u00e9sument que les interactions avec les policiers sont non-coercitives. En effet, c\u2019est \u00e0 l\u2019accus\u00e9 de d\u00e9montrer qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tenu<a href=\"#_ftn108\" name=\"_ftnref108\">[108]<\/a>. Or, la pr\u00e9somption de non-coercition fait abstraction des r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues par plusieurs individus issus de communaut\u00e9s autochtones et de communaut\u00e9s racis\u00e9es<a href=\"#_ftn109\" name=\"_ftnref109\">[109]<\/a>. De plus, il est contre-intuitif pour les individus de quitter ces interventions, surtout s\u2019ils croient que cela pourrait engendrer diverses cons\u00e9quences\u00a0: une amende, une arrestation, une fouille humiliante ou de la violence polici\u00e8re<a href=\"#_ftn110\" name=\"_ftnref110\">[110]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, dans <em>R c<\/em>.<em> Le<\/em>, la Cour supr\u00eame a affirm\u00e9 qu\u2019il fallait prendre en compte les exp\u00e9riences individuelles et les caract\u00e9ristiques personnelles des individus issus de communaut\u00e9s autochtones et racis\u00e9es lorsqu\u2019on examine l\u2019existence ou non d\u2019une situation de d\u00e9tention psychologique<a href=\"#_ftn111\" name=\"_ftnref111\">[111]<\/a>. En faisant cette \u00e9valuation, les juges doivent consid\u00e9rer le contexte et l\u2019historique des relations entre les policiers et certaines communaut\u00e9s<a href=\"#_ftn112\" name=\"_ftnref112\">[112]<\/a>. Cette analyse est objective<a href=\"#_ftn113\" name=\"_ftnref113\">[113]<\/a>. Dans <em>R c<\/em>. <em>Le<\/em>, la Cour a expliqu\u00e9 les raisons pour lesquelles les tribunaux doivent consid\u00e9rer ces facteurs. La majorit\u00e9 de la Cour a affirm\u00e9 que les personnes racis\u00e9es font disproportionnellement l\u2019objet d\u2019interventions polici\u00e8res et ont davantage d\u2019interactions avec le syst\u00e8me de justice p\u00e9nale<a href=\"#_ftn114\" name=\"_ftnref114\">[114]<\/a>. Les juges ont fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un rapport de la Commission ontarienne des droits de la personne pour soutenir l\u2019id\u00e9e que les personnes racis\u00e9es sont plus susceptibles d\u2019\u00eatre interpell\u00e9es, interrog\u00e9es sans fondements valables, fouill\u00e9es ill\u00e9galement et arr\u00eat\u00e9es injustement<a href=\"#_ftn115\" name=\"_ftnref115\">[115]<\/a>. La Cour a \u00e9galement not\u00e9 que ces interventions sont humiliantes et traumatisantes et qu\u2019elles contribuent \u00e0 la m\u00e9fiance envers la police<a href=\"#_ftn116\" name=\"_ftnref116\">[116]<\/a>. Pour ces raisons, contrairement \u00e0 une personne blanche plac\u00e9e dans les m\u00eames circonstances, un individu issu d\u2019une communaut\u00e9 racis\u00e9e ou autochtone pourrait se sentir d\u00e9tenu dans certains contextes particuliers<a href=\"#_ftn117\" name=\"_ftnref117\">[117]<\/a>.<\/p>\n<p>Ce d\u00e9veloppement jurisprudentiel est fondamental, notamment parce qu\u2019il prend en compte la r\u00e9alit\u00e9 du profilage racial et des exp\u00e9riences v\u00e9cues par les individus issus de ces communaut\u00e9s<a href=\"#_ftn118\" name=\"_ftnref118\">[118]<\/a>. Mais il existe plusieurs lacunes dans la d\u00e9cision <em>R c<\/em>. <em>Le<\/em>. Premi\u00e8rement, la Cour n\u2019a pas expliqu\u00e9 comment r\u00e9concilier la prise en compte des caract\u00e9ristiques personnelles de l\u2019accus\u00e9 avec la doctrine des questions pr\u00e9liminaires. Un tribunal peut donc conclure qu\u2019il n\u2019y a aucune d\u00e9tention psychologique si les questions sont jug\u00e9es comme \u00e9tant exploratoires ou pr\u00e9liminaires, alors que l\u2019individu en question aurait conclu le contraire du fait de ses caract\u00e9ristiques personnelles.<a href=\"#_ftn119\" name=\"_ftnref119\">[119]<\/a><\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, dans <em>R c<\/em>.<em> Le<\/em>, la Cour supr\u00eame n\u2019a pas clairement identifi\u00e9 l\u2019\u00e9tendue \u2014 et les limites \u2014 des pouvoirs des policiers d\u2019identifier des individus. Dans cette d\u00e9cision, la Cour a abord\u00e9 la notion du fichage. Le terme \u00ab\u00a0fichage\u00a0\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la demande des policiers \u00e0 un individu de s\u2019identifier, et ce, m\u00eame si l\u2019individu n\u2019est pas soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir commis une infraction<a href=\"#_ftn120\" name=\"_ftnref120\">[120]<\/a>. La Cour a expliqu\u00e9 que cette pratique porte atteinte \u00e0 la dignit\u00e9, a des effets n\u00e9fastes sur la sant\u00e9 mentale et physique des individus et contribue \u00e0 l\u2019exclusion sociale des Autochtones et des personnes issues de communaut\u00e9s racis\u00e9es<a href=\"#_ftn121\" name=\"_ftnref121\">[121]<\/a>. Cependant, la Cour n\u2019a pas clairement indiqu\u00e9 dans quels contextes les policiers peuvent demander \u2014 ou exiger \u2014 qu\u2019un individu s\u2019identifie. Cette clarification est cruciale afin de circonscrire la port\u00e9e de la doctrine des questions pr\u00e9liminaires et de mieux prot\u00e9ger les individus contre des interactions polici\u00e8res intrusives.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la doctrine des questions pr\u00e9liminaires ignore largement l\u2019impact des avancements technologiques policiers sur les droits et les int\u00e9r\u00eats fondamentaux. Les policiers ont acc\u00e8s \u00e0 certaines bases de donn\u00e9es centralis\u00e9es, telles que le <em>Centre de renseignements policiers du Qu\u00e9bec<\/em> (CRPQ) et le <em>Centre d\u2019information de la police canadienne <\/em>(CIPC)<a href=\"#_ftn122\" name=\"_ftnref122\">[122]<\/a>. Ces bases de donn\u00e9es fournissent des informations importantes aux policiers, telles que les ant\u00e9c\u00e9dents judiciaires de l\u2019accus\u00e9, ses conditions de mise en libert\u00e9 ou de probation et plusieurs renseignements nominatifs<a href=\"#_ftn123\" name=\"_ftnref123\">[123]<\/a>. Les policiers ont \u00e9galement acc\u00e8s aux bases de donn\u00e9es informatiques internes qui sont propres \u00e0 chaque service de police<a href=\"#_ftn124\" name=\"_ftnref124\">[124]<\/a>. Ces outils informatiques peuvent r\u00e9v\u00e9ler une quantit\u00e9 importante d\u2019informations personnelles au sujet d\u2019un individu<a href=\"#_ftn125\" name=\"_ftnref125\">[125]<\/a>. Malgr\u00e9 ces r\u00e9alit\u00e9s, certains tribunaux ont d\u00e9termin\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas de d\u00e9tention suite \u00e0 des questions pr\u00e9liminaires pos\u00e9es dans le but d\u2019entreprendre une v\u00e9rification aupr\u00e8s du CIPC<a href=\"#_ftn126\" name=\"_ftnref126\">[126]<\/a>.<\/p>\n<p>La reconnaissance de la doctrine des questions pr\u00e9liminaires dans <em>R c<\/em>.<em> Grant <\/em>et <em>R c<\/em>.<em> Suberu <\/em>a donc \u00e9largi les pouvoirs des policiers de fa\u00e7on consid\u00e9rable. Bien que les d\u00e9veloppements jurisprudentiels entourant la d\u00e9tention pour fins d\u2019enqu\u00eate dans <em>R c<\/em>.<em> Le <\/em>soient positifs et importants, l\u2019\u00e9tendue des pouvoirs policiers en mati\u00e8re d\u2019interpellation est ambig\u00fce. Comme d\u00e9crit plus haut, la port\u00e9e de la doctrine des questions pr\u00e9liminaires manque de clart\u00e9. De surcro\u00eet, la relation entre la doctrine des questions pr\u00e9liminaires et celle de la d\u00e9tention psychologique demeure n\u00e9buleuse depuis <em>R c<\/em>.<em> Le<\/em>. En ce sens, m\u00eame lorsque certaines d\u00e9cisions semblent confirmer le r\u00f4le des tribunaux comme protecteur des droits fondamentaux, la cr\u00e9ation de nouveaux pouvoirs policiers risque de mettre ces droits en p\u00e9ril.<\/p>\n<h1 id=\"d33-82f-450-816-3ce\"><a name=\"_Toc67306836\"><\/a>IV. Les failles du contr\u00f4le judiciaire<\/h1>\n<h2 id=\"2da-3a9-463-a4d-607\"><a name=\"_Toc67306837\"><\/a>A.\u00a0 Les failles du contr\u00f4le judiciaire en proc\u00e9dure criminelle<\/h2>\n<p>Pourquoi ces trois pouvoirs policiers \u2014 les fouilles par palpation pr\u00e9ventive, les interceptions au hasard et les d\u00e9tentions pour fin d\u2019enqu\u00eate \u2014 manquent-il d\u2019un encadrement ad\u00e9quat? Plusieurs auteurs soutiennent qu\u2019il est difficile de contr\u00f4ler l\u2019exercice des pouvoirs policiers \u00e0 cause de leur visibilit\u00e9 r\u00e9duite<a href=\"#_ftn127\" name=\"_ftnref127\">[127]<\/a>. En effet, ces interventions sont relativement informelles. Leur survenance est g\u00e9n\u00e9ralement dissimul\u00e9e du public<a href=\"#_ftn128\" name=\"_ftnref128\">[128]<\/a> (sauf pour la minorit\u00e9 des interactions qui sont film\u00e9es et diffus\u00e9es dans les m\u00e9dias ou sur les r\u00e9seaux sociaux). De plus, la l\u00e9galit\u00e9 de la grande majorit\u00e9 de ces interventions ne sera jamais analys\u00e9e par les tribunaux, surtout celles qui ne m\u00e8nent pas \u00e0 une accusation criminelle<a href=\"#_ftn129\" name=\"_ftnref129\">[129]<\/a>. Par exemple, m\u00eame dans les contextes o\u00f9 les conducteurs croient que le motif d\u2019interception au hasard est ill\u00e9gitime, ce n\u2019est que la minorit\u00e9 de ces interventions qui m\u00e8nent \u00e0 une plainte d\u00e9ontologique, un recours civil ou une plainte au tribunal des droits de la personne<a href=\"#_ftn130\" name=\"_ftnref130\">[130]<\/a>. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, dans les cas o\u00f9 ces interventions aboutissent \u00e0 une inculpation criminelle, les accus\u00e9s plaident coupable dans la grande majorit\u00e9 du temps<a href=\"#_ftn131\" name=\"_ftnref131\">[131]<\/a>. En ce sens, tr\u00e8s peu d\u2019interventions polici\u00e8res sont assujetties \u00e0 un contr\u00f4le judiciaire rigoureux.<\/p>\n<p>Il existe d\u2019autres raisons pour lesquelles les pouvoirs policiers accessoires manquent d\u2019encadrement. En tant que branche du gouvernement, les tribunaux n\u2019ont g\u00e9n\u00e9ralement pas les capacit\u00e9s institutionnelles pour d\u00e9velopper des mesures appropri\u00e9es de surveillance et de contr\u00f4le des pouvoirs policiers, et ce, pour plusieurs raisons<a href=\"#_ftn132\" name=\"_ftnref132\">[132]<\/a>.<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, les tribunaux n\u2019ont pas les m\u00eames capacit\u00e9s d\u2019acquisition d\u2019informations que les autres branches du gouvernement<a href=\"#_ftn133\" name=\"_ftnref133\">[133]<\/a>. Mis \u00e0 part les doctrines de \u00ab\u00a0connaissance d\u2019office\u00a0\u00bb, les tribunaux n\u2019ont pas le pouvoir d\u2019acqu\u00e9rir de l\u2019information de leur propre gr\u00e9<a href=\"#_ftn134\" name=\"_ftnref134\">[134]<\/a>. En rendant une d\u00e9cision, la Cour supr\u00eame est en grande partie limit\u00e9e aux renseignements et aux arguments pr\u00e9sent\u00e9s par les parties et par les intervenants. Dans les d\u00e9cisions judiciaires impliquant la cr\u00e9ation de nouveaux pouvoirs policiers, le nombre d\u2019intervenants qui repr\u00e9sentent les int\u00e9r\u00eats des membres de la communaut\u00e9 est relativement bas<a href=\"#_ftn135\" name=\"_ftnref135\">[135]<\/a>. Dans <em>R c<\/em>.<em> Mann <\/em>(autorisant les fouilles par palpation pr\u00e9ventive et les d\u00e9tentions pour fin d\u2019enqu\u00eate), il y avait deux intervenants<a href=\"#_ftn136\" name=\"_ftnref136\">[136]<\/a>, tandis que dans <em>R c<\/em>.<em> Ladouceur <\/em>(autorisant les interceptions au hasard), il n\u2019y en avait aucun<a href=\"#_ftn137\" name=\"_ftnref137\">[137]<\/a>. Les tribunaux cr\u00e9ent donc des pouvoirs policiers sans disposer d\u2019informations suffisantes pour mieux les encadrer. Cela est particuli\u00e8rement vrai pour les informations provenant de groupes repr\u00e9sentant les individus qui seront les plus affect\u00e9s par l\u2019exercice de ces pouvoirs.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8mement, la cr\u00e9ation judiciaire des pouvoirs policiers contourne le processus d\u00e9mocratique normal qui s\u2019applique aux lois<a href=\"#_ftn138\" name=\"_ftnref138\">[138]<\/a>. \u00c9tant une cr\u00e9ation des tribunaux, les pouvoirs policiers accessoires ne sont ni assujettis au d\u00e9bat parlementaire, ni analys\u00e9s par des comit\u00e9s (et sous-comit\u00e9s) l\u00e9gislatifs lors de leur conception<a href=\"#_ftn139\" name=\"_ftnref139\">[139]<\/a>. Comparativement aux parlementaires, les juges de la Cour supr\u00eame sont moins repr\u00e9sentatifs de la population canadienne<a href=\"#_ftn140\" name=\"_ftnref140\">[140]<\/a>. Par cons\u00e9quent, les juges ne tiendront pas compte de certaines r\u00e9alit\u00e9s auxquelles sont confront\u00e9s les individus issus de certaines communaut\u00e9s. Cela est particuli\u00e8rement vrai si cette information ne leur est pas pr\u00e9sent\u00e9e par les parties ou par les intervenants<a href=\"#_ftn141\" name=\"_ftnref141\">[141]<\/a>. Ceci est d\u2019autant plus vrai consid\u00e9rant, comme mentionn\u00e9 ci-haut, que les tribunaux ne peuvent pas acqu\u00e9rir de l\u2019information de fa\u00e7on <em>proactive<\/em><a href=\"#_ftn142\" name=\"_ftnref142\">[142]<\/a>. Alors que la branche ex\u00e9cutive sollicite l\u2019aide des organisations assujetties \u00e0 leurs lois et politiques (par le processus d\u2019avis et de commentaires), les tribunaux ne peuvent pas entreprendre de telles d\u00e9marches<a href=\"#_ftn143\" name=\"_ftnref143\">[143]<\/a>.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8mement, la doctrine des pouvoirs policiers accessoires dissuade les autres branches du gouvernement de modifier les pouvoirs policiers qui sont cr\u00e9\u00e9s par les tribunaux<a href=\"#_ftn144\" name=\"_ftnref144\">[144]<\/a>. Vraisemblablement, les tribunaux ne cr\u00e9eront pas des pouvoirs policiers qui sont inconstitutionnels. En cr\u00e9ant un nouveau pouvoir policier, la Cour supr\u00eame envoie le message que le pouvoir en question respecte les normes constitutionnelles et qu\u2019aucune mesure de supervision ou contr\u00f4le suppl\u00e9mentaire n\u2019est n\u00e9cessaire<a href=\"#_ftn145\" name=\"_ftnref145\">[145]<\/a>. Alors, pourquoi l\u00e9gif\u00e9rer sur ces pouvoirs? De plus, le climat politique et le d\u00e9sir de r\u00e9\u00e9lection dissuadent activement les parlementaires de circonscrire la port\u00e9e de ces pouvoirs<a href=\"#_ftn146\" name=\"_ftnref146\">[146]<\/a>. En effet, il peut \u00eatre avantageux pour des politiciens de durcir le ton en mati\u00e8re de criminalit\u00e9<a href=\"#_ftn147\" name=\"_ftnref147\">[147]<\/a>. Du laxisme en mati\u00e8re de criminalit\u00e9 peut \u00eatre fatal \u00e0 une \u00e9lection ou \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une strat\u00e9gie perdante<a href=\"#_ftn148\" name=\"_ftnref148\">[148]<\/a>. Si les parlementaires encadrent les pouvoirs policiers plus rigoureusement, ils risquent d\u2019\u00eatre accus\u00e9s de restreindre le pouvoir des policiers et de contribuer au laxisme p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Le meilleur indice qui d\u00e9montre que le Parlement ne l\u00e9gif\u00e9rera pas dans le domaine des pouvoirs policiers accessoires demeure l\u2019histoire. Dans de rares circonstances, le l\u00e9gislateur a codifi\u00e9 des pouvoirs policiers accessoires, tel que la codification du pouvoir d\u2019interception au hasard au Qu\u00e9bec \u00e0 la suite de <em>R c<\/em>.<em> Ladouceur<\/em><a href=\"#_ftn149\" name=\"_ftnref149\">[149]<\/a>. Par contre, depuis l\u2019av\u00e8nement du test <em>Waterfield<\/em>, la plupart des pouvoirs policiers accessoires n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 codifi\u00e9s, modifi\u00e9s ou abrog\u00e9s\u00a0par le parlement.<\/p>\n<h2 id=\"d8c-cb8-416-a29-9c5\"><a name=\"_Toc67306838\"><\/a>B.\u00a0 Les failles du contr\u00f4le judiciaire en droit priv\u00e9<\/h2>\n<p>Remarquons la chose suivante. Entre 2002 et 2017, la Cour supr\u00eame a cr\u00e9\u00e9 sept nouveaux pouvoirs policiers<a href=\"#_ftn150\" name=\"_ftnref150\">[150]<\/a>. Durant ces ann\u00e9es, chaque fois que l\u2019\u00c9tat a demand\u00e9 \u00e0 la Cour supr\u00eame de cr\u00e9er un nouveau pouvoir policier accessoire, les juges ont acquiesc\u00e9<a href=\"#_ftn151\" name=\"_ftnref151\">[151]<\/a>. Or, malgr\u00e9 l\u2019expansion des pouvoirs policiers, les tribunaux n\u2019ont pas \u00e9largi le r\u00e9gime de responsabilit\u00e9 civile des policiers d\u2019une mani\u00e8re comparable. Ces tendances d\u00e9montrent aussi comment le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame a chang\u00e9 en proc\u00e9dure criminelle depuis l\u2019av\u00e8nement du test <em>Waterfield<\/em>.<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs diminuent la probabilit\u00e9 d\u2019un recours civil efficace contre les policiers. Ensemble, les r\u00e8gles restrictives en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile et les co\u00fbts pour acc\u00e9der \u00e0 la justice peuvent dissuader les individus de pr\u00e9senter un recours civil sur la base d\u2019inconduites polici\u00e8res<a href=\"#_ftn152\" name=\"_ftnref152\">[152]<\/a>. D\u00e9pendamment des circonstances, les montants accord\u00e9s pour rem\u00e9dier \u00e0 ces types de violations peuvent \u00eatre relativement bas<a href=\"#_ftn153\" name=\"_ftnref153\">[153]<\/a>. L\u2019octroi des dommages punitifs demeure l\u2019exception et non la r\u00e8gle<a href=\"#_ftn154\" name=\"_ftnref154\">[154]<\/a>. Lorsque ces dommages sont accord\u00e9s, le montant est plut\u00f4t faible<a href=\"#_ftn155\" name=\"_ftnref155\">[155]<\/a>. En effectuant une analyse des co\u00fbts par rapport aux dommages et int\u00e9r\u00eats potentiels, il appert que les honoraires des avocats risquent d\u2019exc\u00e9der le montant des dommages et int\u00e9r\u00eats accord\u00e9s par le tribunal<a href=\"#_ftn156\" name=\"_ftnref156\">[156]<\/a>. En m\u00eame temps, plusieurs facteurs ont pour cons\u00e9quence que le r\u00e9gime actuel de responsabilit\u00e9 civile ne pr\u00e9vient pas les abus policiers ad\u00e9quatement. La combinaison des r\u00e8gles restrictives en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile et des r\u00e9gimes d\u2019assurances collectives des policiers en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 civile dissuadent faiblement l\u2019inconduite polici\u00e8re<a href=\"#_ftn157\" name=\"_ftnref157\">[157]<\/a>.<\/p>\n<p>Cela dit, les tribunaux ont d\u00e9velopp\u00e9 certains nouveaux m\u00e9canismes pour contr\u00f4ler l\u2019inconduite polici\u00e8re. Dans la d\u00e9cision <em>Vancouver (Ville) c<\/em>.<em> Ward <\/em>de 2010<em>, <\/em>la Cour supr\u00eame a affirm\u00e9 qu\u2019il est possible d\u2019intenter un recours en vertu de l\u2019article 24(1) de la <em>Charte canadienne <\/em>pour des dommages et int\u00e9r\u00eats li\u00e9s \u00e0 la violation d\u2019un droit constitutionnel<a href=\"#_ftn158\" name=\"_ftnref158\">[158]<\/a>. Dans <em>Ward<\/em>, la Cour a octroy\u00e9 un montant de 5\u00a0000$ pour une fouille \u00e0 nu inconstitutionnelle<a href=\"#_ftn159\" name=\"_ftnref159\">[159]<\/a>.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision <em>Ward <\/em>a produit un effet d\u2019ancrage important, de sorte que le montant des dommages et int\u00e9r\u00eats pour violation d\u2019un droit constitutionnel demeure relativement bas. Le terme \u00ab\u00a0effet d\u2019ancrage\u00a0\u00bb fait allusion \u00e0 une heuristique subconsciente en \u00e9conomie comportementale qui affecte la prise de d\u00e9cisions<a href=\"#_ftn160\" name=\"_ftnref160\">[160]<\/a>. Selon cette heuristique, un nombre pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 \u2014 l\u2019ancre \u2014 influence le d\u00e9cideur \u00e0 choisir un montant qui s\u2019approche de l\u2019ancre<a href=\"#_ftn161\" name=\"_ftnref161\">[161]<\/a>. \u00c0 cause de l\u2019effet d\u2019ancrage, les montants accord\u00e9s par les juges pour ces violations s\u2019approchent de l\u2019ancre de 5\u00a0000$. Le probl\u00e8me est que la conduite qui a men\u00e9 \u00e0 l\u2019octroi de ce montant dans <em>Ward <\/em>\u2014 la fouille \u00e0 nu \u2014 est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie des fouilles inconstitutionnelles les plus graves en proc\u00e9dure criminelle (\u00e0 l\u2019exception des saisies de substances corporelles)<a href=\"#_ftn162\" name=\"_ftnref162\">[162]<\/a>. L\u2019effet d\u2019ancrage explique la raison pour laquelle des individus re\u00e7oivent un montant de dommages et int\u00e9r\u00eats inf\u00e9rieur \u00e0 5\u00a0000$ lorsque le pr\u00e9judice subi est jug\u00e9 moins grave que la situation expos\u00e9e dans <em>R c<\/em>.<em> Ward<\/em><a href=\"#_ftn163\" name=\"_ftnref163\">[163]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, certains tribunaux ont pris l\u2019initiative d\u2019accorder un montant de dommages et int\u00e9r\u00eats plus \u00e9lev\u00e9 en vertu de l\u2019article 24(1) de la <em>Charte canadienne <\/em>afin de contrer l\u2019effet d\u2019ancrage instaur\u00e9 par <em>Ward<\/em>. Par exemple, dans <em>Elmardy v<\/em>.<em> Toronto Police Services Board<\/em>, deux policiers ont interpell\u00e9 M. Elmardy, un jeune homme noir. Ces derniers le soup\u00e7onnaient de contrevenir \u00e0 ses conditions de mise en libert\u00e9<a href=\"#_ftn164\" name=\"_ftnref164\">[164]<\/a>. Lors de l\u2019interpellation, les policiers ont ordonn\u00e9 \u00e0 M. Elmardy de sortir ses mains de ses poches et il a refus\u00e9<a href=\"#_ftn165\" name=\"_ftnref165\">[165]<\/a>. Les policiers l\u2019ont physiquement ma\u00eetris\u00e9 et, durant l\u2019arrestation, lui ont donn\u00e9 deux coups de poing au visage<a href=\"#_ftn166\" name=\"_ftnref166\">[166]<\/a>. M. Elmardy \u00e9tait couch\u00e9 sur des panneaux de bois avec ses mains expos\u00e9es \u00e0 la glace pour une p\u00e9riode de vingt \u00e0 vingt-cinq minutes<a href=\"#_ftn167\" name=\"_ftnref167\">[167]<\/a>. La Cour sup\u00e9rieure de l\u2019Ontario a accord\u00e9 un montant de 50\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages et int\u00e9r\u00eats en vertu de l\u2019article 24(1) de la <em>Charte canadienne<\/em> et 25\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages punitifs<a href=\"#_ftn168\" name=\"_ftnref168\">[168]<\/a>. Le juge de premi\u00e8re instance a not\u00e9 l\u2019importance de dissuader le profilage racial en accordant un montant de dommages et int\u00e9r\u00eats plus \u00e9lev\u00e9, qui va au-del\u00e0 des dommages et int\u00e9r\u00eats nominaux<a href=\"#_ftn169\" name=\"_ftnref169\">[169]<\/a>. Malgr\u00e9 l\u2019importance de la d\u00e9cision <em>Elmardy, <\/em>peu de tribunaux ont accord\u00e9 un montant de dommages et int\u00e9r\u00eats similaire.<\/p>\n<p>Il y a un autre probl\u00e8me li\u00e9 aux poursuites civiles pour profilage racial\u00a0: il peut \u00eatre difficile de le prouver. Dans <em>R c<\/em>.<em> Brown<\/em>, la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario a remarqu\u00e9 que le profilage racial est rarement \u00e9tabli par preuve directe puisque les policiers n\u2019avouent pas que leur motif d\u2019intervention est discriminatoire<a href=\"#_ftn170\" name=\"_ftnref170\">[170]<\/a>. La preuve du profilage racial sera donc \u00e9tablie par inf\u00e9rence<a href=\"#_ftn171\" name=\"_ftnref171\">[171]<\/a>. Cela dit, les biais et les pr\u00e9jug\u00e9s sont souvent inconscients<a href=\"#_ftn172\" name=\"_ftnref172\">[172]<\/a>. Les policiers peuvent agir sur la base de motifs inappropri\u00e9s sans m\u00eame le percevoir, ce qui rend la preuve du profile racial encore plus difficile<a href=\"#_ftn173\" name=\"_ftnref173\">[173]<\/a>.<\/p>\n<p>Il existe d\u2019autres difficult\u00e9s pour prouver le profilage racial. Par exemple, plusieurs cas de profilage racial sont cach\u00e9s derri\u00e8re le pr\u00e9texte d\u2019interceptions au hasard ou de violations banales des lois provinciales de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re<a href=\"#_ftn174\" name=\"_ftnref174\">[174]<\/a>. Il existe une si grande quantit\u00e9 d\u2019infractions li\u00e9es \u00e0 la circulation que la majorit\u00e9 des conducteurs en commettent souvent<a href=\"#_ftn175\" name=\"_ftnref175\">[175]<\/a>. Cela donne ainsi l\u2019occasion aux policiers d\u2019intercepter des conducteurs pour des raisons douteuses, mais de justifier de telles interventions par la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re<a href=\"#_ftn176\" name=\"_ftnref176\">[176]<\/a>. M\u00eame si l\u2019intervention est inconsciemment discriminatoire, elle se justifie aux yeux du tribunal. En effet, le faible fardeau de preuve exig\u00e9 pour intercepter un conducteur \u2014 comme la v\u00e9rification de la validit\u00e9 du permis ou l\u2019\u00e9mission d\u2019un constat pour avoir chang\u00e9 de voie sans signaler \u2014 rend la preuve du profilage racial encore plus difficile \u00e0 \u00e9tablir, surtout si le conducteur a r\u00e9ellement commis cette infraction. Lorsque les policiers agissent conform\u00e9ment \u00e0 la loi, aux usages de la loi et au comportement qu\u2019aurait eu \u00ab\u00a0un policier d\u2019une prudence, diligence et comp\u00e9tence normales, plac\u00e9s dans les m\u00eames circonstances\u00a0\u00bb, ils ne commettent aucune faute et leur responsabilit\u00e9 civile n\u2019est pas engag\u00e9e<a href=\"#_ftn177\" name=\"_ftnref177\">[177]<\/a>. Tant que l\u2019intervention semble conforme \u00e0 l\u2019exercice l\u00e9gal de ces pouvoirs et respecte les fardeaux de la preuve applicables, le recours du demandeur risque d\u2019\u00e9chouer.<\/p>\n<p>Notons \u00e9galement comment les types de recours civils visant l\u2019inconduite polici\u00e8re ont peu \u00e9volu\u00e9 dans les derni\u00e8res ann\u00e9es comparativement \u00e0 d\u2019autres domaines. Les actions collectives jouent un r\u00f4le important en droit priv\u00e9 afin de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des individus<a href=\"#_ftn178\" name=\"_ftnref178\">[178]<\/a>. Mais dans les domaines du droit criminel et de la proc\u00e9dure criminelle, les actions collectives sont peu utilis\u00e9es<a href=\"#_ftn179\" name=\"_ftnref179\">[179]<\/a>.\u00a0La faible quantit\u00e9 d\u2019actions collectives est surprenante, surtout eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019importance de ces recours pour prot\u00e9ger les individus qui sont dans une position vuln\u00e9rable vis-\u00e0-vis du d\u00e9fendeur<a href=\"#_ftn180\" name=\"_ftnref180\">[180]<\/a>. Ce constat est \u00e9galement d\u00e9cevant. En effet, une action collective en mati\u00e8re criminelle et proc\u00e9durale permettrait aux individus de surmonter \u00e0 la fois les obstacles qui les dissuadent d\u2019exercer des recours civils individuels ainsi que ceux qui limitent l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice<a href=\"#_ftn181\" name=\"_ftnref181\">[181]<\/a>. Ces obstacles incluent, par exemple, les co\u00fbts financiers associ\u00e9s \u00e0 un litige, le risque d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 \u00e0 payer des d\u00e9pens, la complexit\u00e9 des r\u00e8gles de preuve et l\u2019investissement de temps<a href=\"#_ftn182\" name=\"_ftnref182\">[182]<\/a>.<\/p>\n<h1 id=\"793-d66-493-8a0-fd8\"><a name=\"_Toc67306839\"><\/a>V. R\u00e9tablir le r\u00f4le judiciaire en proc\u00e9dure criminelle<\/h1>\n<p>Les parties pr\u00e9c\u00e9dentes de cet article ont expliqu\u00e9 comment les tribunaux ont consid\u00e9rablement \u00e9largi la port\u00e9e des pouvoirs policiers. Malgr\u00e9 cette expansion, la branche judiciaire n\u2019a pas impos\u00e9 des m\u00e9canismes visant \u00e0 mieux pr\u00e9venir, contr\u00f4ler et rem\u00e9dier \u00e0 l\u2019inconduite polici\u00e8re. Ces d\u00e9veloppements ont fondamentalement chang\u00e9 le r\u00f4le des tribunaux en proc\u00e9dure criminelle et ont d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 la s\u00e9paration des pouvoirs. Nonobstant ces r\u00e9alit\u00e9s, il est possible de r\u00e9\u00e9quilibrer les r\u00f4les respectifs des trois branches du gouvernement de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9instaurer le r\u00f4le des tribunaux comme\u00a0protecteurs des droits et libert\u00e9s fondamentaux en mati\u00e8re de proc\u00e9dure criminelle. Les prochaines parties de cet article proposent quatre solutions pour atteindre ces objectifs.<\/p>\n<h2 id=\"8c3-ad7-4d5-bee-31f\"><a name=\"_Toc67306840\"><\/a>A.\u00a0 Abandonner la doctrine des pouvoirs policiers accessoires<\/h2>\n<p>Premi\u00e8rement, la Cour supr\u00eame devrait abandonner la doctrine des pouvoirs policiers accessoires et le test <em>Waterfield<\/em><a href=\"#_ftn183\" name=\"_ftnref183\">[183]<\/a>. La Cour pourrait indiquer que cette doctrine doit \u00eatre \u00e9cart\u00e9e pour plusieurs raisons\u00a0: l\u2019ill\u00e9gitimit\u00e9 d\u00e9mocratique, l\u2019atteinte \u00e0 la s\u00e9paration des pouvoirs, le manque d\u2019encadrement de l\u2019exercice des pouvoirs policiers accessoires, le profilage racial et social et la discrimination associ\u00e9s \u00e0 leur exercice<a href=\"#_ftn184\" name=\"_ftnref184\">[184]<\/a>. Une telle solution enverrait un signal clair au Parlement que, d\u00e9sormais, seul le pouvoir l\u00e9gislatif peut cr\u00e9er de nouveaux pouvoirs policiers<a href=\"#_ftn185\" name=\"_ftnref185\">[185]<\/a>. En proc\u00e9dure criminelle, le r\u00f4le principal de la Cour supr\u00eame redeviendrait de prot\u00e9ger les droits et libert\u00e9s fondamentaux et d\u2019\u00e9valuer la constitutionnalit\u00e9 des lois et des actions \u00e9tatiques<a href=\"#_ftn186\" name=\"_ftnref186\">[186]<\/a>.<\/p>\n<p>Il y a plusieurs avantages \u00e0 cette solution. D\u2019abord, elle permettra \u00e0 chaque branche du gouvernement d\u2019exercer ses comp\u00e9tences conform\u00e9ment \u00e0 la s\u00e9paration des pouvoirs et en fonction de leurs capacit\u00e9s institutionnelles respectives<a href=\"#_ftn187\" name=\"_ftnref187\">[187]<\/a>. Le Parlement sera charg\u00e9 de l\u00e9gif\u00e9rer en mati\u00e8re de pouvoirs policiers suivant un processus de d\u00e9bat d\u00e9mocratique, des consultations avec une gamme d\u2019individus et de groupes et des analyses juridiques effectu\u00e9es par des comit\u00e9s et sous-comit\u00e9s l\u00e9gislatifs<a href=\"#_ftn188\" name=\"_ftnref188\">[188]<\/a>. La Cour supr\u00eame, quant \u00e0 elle, \u00e9valuera la constitutionnalit\u00e9 des pouvoirs policiers de mani\u00e8re plus rigoureuse, surtout par rapport \u00e0 l\u2019article 1 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn189\" name=\"_ftnref189\">[189]<\/a><em>.<\/em><\/p>\n<p>Dans <em>Fleming c<\/em>.<em> Ontario<\/em>, la Cour supr\u00eame a not\u00e9 que le test <em>Waterfield <\/em>exige une analyse de la proportionnalit\u00e9\u00a0similaire \u00e0 l\u2019application du test de <em>Oakes<\/em>, un point de vue que certains auteurs appuient<a href=\"#_ftn190\" name=\"_ftnref190\">[190]<\/a>. En appliquant le test <em>Waterfield<\/em>, les tribunaux devront soupeser l\u2019importance du devoir invoqu\u00e9 par l\u2019\u00e9tat pour l\u2019int\u00e9r\u00eat public, ainsi que la n\u00e9cessit\u00e9 et l\u2019ampleur de l\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 individuelle<a href=\"#_ftn191\" name=\"_ftnref191\">[191]<\/a>. Le test <em>Waterfield <\/em>consid\u00e8re les atteintes \u00e0 la libert\u00e9 individuelle\u00a0dans une situation particuli\u00e8re. Cependant, cette approche n\u2019entreprend pas une pond\u00e9ration globale en vertu de l\u2019article 1 de la <em>Charte canadienne. <\/em>Une telle pond\u00e9ration globale pourrait consid\u00e9rer les effets syst\u00e9miques li\u00e9es \u00e0 l\u2019exercice d\u2019un pouvoir policier, tels que la discrimination, le profilage racial et social et la m\u00e9fiance du public envers le syst\u00e8me de justice<a href=\"#_ftn192\" name=\"_ftnref192\">[192]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"0c0-aa7-483-bbb-a67\"><a name=\"_Toc67306841\"><\/a>B.\u00a0 Encadrer les pouvoirs policiers et exiger la collecte de donn\u00e9es<\/h2>\n<p>Deuxi\u00e8mement, non seulement la Cour supr\u00eame devrait abandonner la doctrine des pouvoirs policiers accessoires, elle devrait en outre \u00e9noncer que ceux d\u00e9j\u00e0 existants risquent d\u2019\u00eatre d\u00e9clar\u00e9s inconstitutionnels puisqu\u2019ils ne respectent pas certaines exigences<a href=\"#_ftn193\" name=\"_ftnref193\">[193]<\/a>. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, les tribunaux devraient exiger un meilleur encadrement des pouvoirs policiers et la collecte de donn\u00e9es reli\u00e9es \u00e0 leur exercice<a href=\"#_ftn194\" name=\"_ftnref194\">[194]<\/a>. Ces deux exigences viseraient \u00e0 pr\u00e9venir et contrer le profilage racial et social et la discrimination syst\u00e9mique, \u00e0 promouvoir la transparence et \u00e0 pr\u00f4ner la responsabilit\u00e9 des policiers<a href=\"#_ftn195\" name=\"_ftnref195\">[195]<\/a>. De plus, elles inciteraient le l\u00e9gislateur \u00e0 revoir les pouvoirs policiers accessoires afin de s\u2019assurer de leur constitutionnalit\u00e9. Ce processus m\u00e8nerait aussi \u00e0 une codification de la proc\u00e9dure criminelle qui respecterait mieux la s\u00e9paration des pouvoirs et la primaut\u00e9 du droit. En effet, les policiers et les individus conna\u00eetraient les limites inh\u00e9rentes aux pouvoirs policiers<a href=\"#_ftn196\" name=\"_ftnref196\">[196]<\/a>. Cette approche favoriserait \u00e9galement le respect des droits et libert\u00e9s.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement, la Cour supr\u00eame pourrait exiger que les policiers documentent leurs interceptions de v\u00e9hicule, leurs interpellations et leurs fouilles, et remettent un re\u00e7u aux individus assujettis \u00e0 l\u2019exercice de ces pouvoirs<a href=\"#_ftn197\" name=\"_ftnref197\">[197]<\/a>. De plus, la Cour pourrait rendre obligatoire la collecte de donn\u00e9es li\u00e9es \u00e0 l\u2019exercice de ces pouvoirs ainsi que leur publication. La Cour supr\u00eame, quant \u00e0 elle, d\u00e9terminera si ces nouvelles mesures respectent les normes constitutionnelles.<\/p>\n<p>Plusieurs juridictions imposent des exigences similaires. Au Royaume-Uni, par exemple, les policiers sont tenus de collecter des donn\u00e9es d\u00e9mographiques lorsqu\u2019ils effectuent une fouille par palpation<a href=\"#_ftn198\" name=\"_ftnref198\">[198]<\/a>. \u00c0 New York, les policiers sont oblig\u00e9s de documenter plusieurs informations li\u00e9es \u00e0 une fouille par palpation pr\u00e9ventive incluant l\u2019\u00e2ge, l\u2019ethnicit\u00e9, le genre, la description physique de l\u2019individu ainsi que le nom et le matricule du policier qui l\u2019a effectu\u00e9e<a href=\"#_ftn199\" name=\"_ftnref199\">[199]<\/a>.<\/p>\n<h2 id=\"9c3-2e6-46b-9f1-c1d\"><a name=\"_Toc67306842\"><\/a>C.\u00a0 Modifier ou abandonner certaines doctrines de proc\u00e9dure criminelle<\/h2>\n<p>Troisi\u00e8mement, les tribunaux devraient modifier certaines doctrines de proc\u00e9dure criminelle qui ouvrent la porte aux interventions polici\u00e8res inappropri\u00e9es et qui diminuent la protection contre ces abus. Plus sp\u00e9cifiquement, deux doctrines au sein de la proc\u00e9dure criminelle devraient \u00eatre modifi\u00e9es.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re doctrine qui devrait \u00eatre modifi\u00e9e est celle des questions pr\u00e9liminaires. Comme expliqu\u00e9 dans la Partie IV de cet article, un individu n\u2019est pas d\u00e9tenu lorsqu\u2019un policier lui pose des questions pr\u00e9liminaires<a href=\"#_ftn200\" name=\"_ftnref200\">[200]<\/a>. Dans ce contexte, les policiers ne sont pas oblig\u00e9s d\u2019informer les individus de leurs droits constitutionnels<a href=\"#_ftn201\" name=\"_ftnref201\">[201]<\/a>. Les \u00e9tudes empiriques r\u00e9centes d\u00e9montrent \u00e0 quel point les individus se sentent contraints, m\u00eame lorsqu\u2019ils ont la possibilit\u00e9 de quitter une interaction polici\u00e8re<a href=\"#_ftn202\" name=\"_ftnref202\">[202]<\/a>. M\u00eame les continuums d\u2019emploi de la force confirment que la pr\u00e9sence polici\u00e8re produit un effet coercitif<a href=\"#_ftn203\" name=\"_ftnref203\">[203]<\/a>. La jurisprudence r\u00e9cente affirme que certains individus issus de communaut\u00e9s racis\u00e9es peuvent percevoir ces interventions comme \u00e9tant coercitives, vu leurs propres exp\u00e9riences avec les policiers ou eu \u00e9gard aux exp\u00e9riences des membres de leur communaut\u00e9 avec les policiers<a href=\"#_ftn204\" name=\"_ftnref204\">[204]<\/a>.<\/p>\n<p>Pour ces raisons, les tribunaux devraient cr\u00e9er une pr\u00e9somption que les interpellations cibl\u00e9es sont pr\u00e9sum\u00e9es coercitives et donc sont pr\u00e9sum\u00e9es \u00eatre une d\u00e9tention pour les fins de l\u2019article 9 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn205\" name=\"_ftnref205\">[205]<\/a><em>.<\/em> En d\u2019autres termes, lorsque les policiers demandent \u00e0 un individu de fournir des renseignements nominatifs ou une pi\u00e8ce d\u2019identit\u00e9, l\u2019individu serait pr\u00e9sum\u00e9 d\u00e9tenu. Les policiers devraient informer l\u2019individu de ses droits constitutionnels, incluant le droit de refuser de fournir ces informations. Une telle approche pourrait mieux r\u00e9\u00e9quilibrer le rapport de force entre les individus et les forces polici\u00e8res dans les contextes d\u2019interpellation. De plus, eu \u00e9gard \u00e0 l\u2019\u00e9ventail d\u2019informations que les policiers peuvent acqu\u00e9rir avec ces renseignements nominatifs, la pr\u00e9somption de d\u00e9tention prot\u00e9gerait mieux la libert\u00e9, la vie priv\u00e9e et la dignit\u00e9 des individus. Cette approche favoriserait une meilleure protection des droits constitutionnels puisqu\u2019elle refl\u00e8te davantage les r\u00e9alit\u00e9s empiriques et sociologiques li\u00e9es aux interventions polici\u00e8res.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me doctrine que la Cour supr\u00eame devrait modifier est celle de l\u2019interception au hasard<a href=\"#_ftn206\" name=\"_ftnref206\">[206]<\/a>. Puisque ces interventions n\u2019imposent aucun fardeau de la preuve, elles peuvent facilement mener \u00e0 des abus et \u00e0 de la discrimination<a href=\"#_ftn207\" name=\"_ftnref207\">[207]<\/a>. M\u00eame lorsque les policiers ont effectivement intercept\u00e9 l\u2019individu sans aucun motif discriminatoire, ce dernier peut n\u00e9anmoins croire que le motif de l\u2019interception \u00e9tait inappropri\u00e9<a href=\"#_ftn208\" name=\"_ftnref208\">[208]<\/a>. Ces types d\u2019interventions contribuent de mani\u00e8re importante \u00e0 la m\u00e9fiance des individus envers la police et minent la confiance du public envers le syst\u00e8me de justice<a href=\"#_ftn209\" name=\"_ftnref209\">[209]<\/a>. Comme d\u00e9crit dans la prochaine section, le pouvoir d\u2019interception au hasard engendre du profilage racial et de la discrimination. La Cour supr\u00eame pourrait limiter ce pouvoir afin qu\u2019il respecte le droit constitutionnel \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne. <\/em><\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les parlements provinciaux pourraient modifier le pouvoir d\u2019intercepter les conducteurs d\u2019une mani\u00e8re qui respecterait mieux les droits et libert\u00e9s des individus. Par exemple, le l\u00e9gislateur pourrait exiger que les policiers puissent intercepter les conducteurs que lorsqu\u2019ils satisfont au fardeau applicable aux d\u00e9tentions pour fin d\u2019enqu\u00eate. Les policiers pourraient donc intercepter un conducteur lorsqu\u2019ils le per\u00e7oivent en train de commettre une infraction ou lorsqu\u2019ils ont des motifs raisonnables de soup\u00e7onner que le conducteur a commis une infraction r\u00e9cente ou en cours<a href=\"#_ftn210\" name=\"_ftnref210\">[210]<\/a>. M\u00eame si le pouvoir d\u2019interception au hasard est pr\u00e9sentement r\u00e9gi par les lois provinciales, ces lois sont assujetties \u00e0 la <em>Charte canadienne <\/em>et doivent se conformer \u00e0 ses exigences, incluant le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"bd4-494-4b6-841-46a\"><a name=\"_Toc67306844\"><\/a>D. Accro\u00eetre le r\u00f4le du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 au sein du droit criminel<\/h2>\n<p>Quatri\u00e8mement, les tribunaux devraient \u00e9largir le r\u00f4le du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne<\/em> en droit criminel et en proc\u00e9dure criminelle. Malgr\u00e9 son importance, le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 est presque absent de la jurisprudence de la Cour supr\u00eame dans ces deux domaines<a href=\"#_ftn211\" name=\"_ftnref211\">[211]<\/a>. Une des seules d\u00e9cisions o\u00f9 l\u2019article\u00a015 de la <em>Charte canadienne <\/em>a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant est <em>Ontario (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c<\/em>. <em>G<\/em><a href=\"#_ftn212\" name=\"_ftnref212\">[212]<\/a>. Dans cette d\u00e9cision, une disposition l\u00e9gislative exigeait que des individus d\u00e9clar\u00e9s non criminellement responsables pour un crime de nature sexuelle fournissent des renseignements pour \u00eatre mis sur un registre de d\u00e9linquants sexuels<a href=\"#_ftn213\" name=\"_ftnref213\">[213]<\/a>. La Cour a conclu que cette disposition \u00e9tait discriminatoire et contrevenait \u00e0 l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn214\" name=\"_ftnref214\">[214]<\/a>.<\/p>\n<p>M\u00eame dans les d\u00e9cisions r\u00e9centes qui portent directement sur les effets disproportionnels du droit criminel sur certains individus marginalis\u00e9s, l\u2019article 15 de la <em>Charte <\/em>ne joue aucun r\u00f4le dans l\u2019analyse juridique<a href=\"#_ftn215\" name=\"_ftnref215\">[215]<\/a>. Vu les limites inh\u00e9rentes de cette disposition, la demanderesse (ou l\u2019accus\u00e9, d\u00e9pendamment du contexte) pr\u00e9sente souvent des arguments en vertu de l\u2019article 7 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn216\" name=\"_ftnref216\">[216]<\/a>. Dans des litiges p\u00e9naux impliquant diverses formes de discrimination, les droits constitutionnels autres que le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 sont plus utiles pour les accus\u00e9s<a href=\"#_ftn217\" name=\"_ftnref217\">[217]<\/a>. N\u00e9anmoins, invoquer des droits autres que celui \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans ces litiges implique une analyse diff\u00e9rente ainsi que certains d\u00e9savantages.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019article 15 de la <em>Charte <\/em>reconnait que les pr\u00e9judices associ\u00e9s au d\u00e9ni du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 sont distincts d\u2019une violation aux droits \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9 ou \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de la personne pour plusieurs raisons<a href=\"#_ftn218\" name=\"_ftnref218\">[218]<\/a>. Premi\u00e8rement, une transgression au droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 affecte des <em>int\u00e9r\u00eats<\/em> diff\u00e9rents. Une violation de l\u2019article 15 mine entre autres la dignit\u00e9 humaine, le droit d\u2019\u00eatre trait\u00e9 avec consid\u00e9ration et respect et l\u2019estime de soi<a href=\"#_ftn219\" name=\"_ftnref219\">[219]<\/a>. Deuxi\u00e8mement, les violations du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 constituent un pr\u00e9judice diff\u00e9rent des atteintes au droit \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9 ou \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9<a href=\"#_ftn220\" name=\"_ftnref220\">[220]<\/a>. En cas de violations du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9, le pr\u00e9judice pertinent est l\u2019avilissement d\u2019un individu, le traitement de cet individu comme inf\u00e9rieur, le fait d\u2019\u00eatre victime de pr\u00e9jug\u00e9s ou de partialit\u00e9 ou la n\u00e9gation de l\u2019humanit\u00e9 d\u2019autrui<a href=\"#_ftn221\" name=\"_ftnref221\">[221]<\/a>. Troisi\u00e8mement, le fait de ne pas conceptualiser certains pr\u00e9judices en termes d\u2019atteinte au droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 a une valeur expressive particuli\u00e8re<a href=\"#_ftn222\" name=\"_ftnref222\">[222]<\/a>. Notamment, ces jugements nient \u00e0 l\u2019individu le fait qu\u2019il a v\u00e9cu une forme de discrimination en lui dictant qu\u2019il a plut\u00f4t v\u00e9cu un autre pr\u00e9judice. Cela a pour effet de contester les exp\u00e9riences et les r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues par les victimes de discrimination<a href=\"#_ftn223\" name=\"_ftnref223\">[223]<\/a>.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, dans <em>Ontario (Procureur g\u00e9n\u00e9ral) c<\/em>.<em> G<\/em>, la Cour a \u00e9nonc\u00e9 les deux questions auxquelles on doit r\u00e9pondre par l\u2019affirmative pour conclure \u00e0 une violation \u00e0 l\u2019article 15 de la <em>Charte<\/em>\u00a0:<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, la loi contest\u00e9e cr\u00e9e\u2011t\u2011elle, \u00e0 premi\u00e8re vue ou de par son effet, une distinction fond\u00e9e sur un motif \u00e9num\u00e9r\u00e9 ou analogue? Une loi en apparence neutre peut cr\u00e9er indirectement une distinction si elle a un effet pr\u00e9judiciable sur les membres d\u2019un groupe prot\u00e9g\u00e9. Deuxi\u00e8mement, dans l\u2019affirmative, la loi contest\u00e9e impose\u2011t\u2011elle \u00ab\u00a0un fardeau ou [nie\u2011t\u2011elle] un avantage d\u2019une mani\u00e8re qui a pour effet de renforcer, de perp\u00e9tuer ou d\u2019accentuer le d\u00e9savantage\u00a0\u00bb, y compris le d\u00e9savantage \u00ab\u00a0historique\u00a0\u00bb subi?<a href=\"#_ftn224\" name=\"_ftnref224\">[224]<\/a><\/p>\n<p>\u00c9videmment, le profilage racial est une forme de discrimination qui porte atteinte au droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 conf\u00e9r\u00e9 par l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne<\/em><a href=\"#_ftn225\" name=\"_ftnref225\">[225]<\/a>. Le profilage racial exemplifie une forme de discrimination qui se produit lorsqu\u2019une loi d\u2019apparence neutre est appliqu\u00e9e de mani\u00e8re in\u00e9gale car certains individus, du fait de certaines caract\u00e9ristiques immuables, sont disproportionnellement cibl\u00e9s par la police<a href=\"#_ftn226\" name=\"_ftnref226\">[226]<\/a>. Cette pratique cause aux individus qui en sont la cible des pr\u00e9judices physiques et moraux, une atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 humaine et de l\u2019humiliation<a href=\"#_ftn227\" name=\"_ftnref227\">[227]<\/a>. Ces pr\u00e9judices perp\u00e9tuent et renforcent des d\u00e9savantages contemporains et historiques<a href=\"#_ftn228\" name=\"_ftnref228\">[228]<\/a>. Pour toutes ces raisons, il est n\u00e9cessaire que le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 joue un plus grand r\u00f4le en droit criminel et en proc\u00e9dure criminelle.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9largissement du r\u00f4le de l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne <\/em>pourrait g\u00e9n\u00e9rer d\u2019autres cons\u00e9quences importantes. Des contestations constitutionnelles port\u00e9es en vertu de l\u2019article 15 de la <em>Charte canadienne <\/em>pourraient invalider certains pouvoirs policiers accessoires qui ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s il y a plusieurs d\u00e9cennies, mais qui ne sont pas suffisamment encadr\u00e9s<a href=\"#_ftn229\" name=\"_ftnref229\">[229]<\/a>. Cette approche permettrait de reconna\u00eetre comment le profilage racial cause des pr\u00e9judices uniques qui affectent des int\u00e9r\u00eats plus \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9<a href=\"#_ftn230\" name=\"_ftnref230\">[230]<\/a>. Elle pourrait aussi servir comme fondement \u00e0 des recours individuels et \u00e0 des actions collectives de plus grande envergure.<\/p>\n<h1 id=\"e90-6b2-4b6-aa7-585\"><a name=\"_Toc67306845\"><\/a>Conclusion<\/h1>\n<p>Cet article a d\u00e9montr\u00e9 comment l\u2019av\u00e8nement de la doctrine des pouvoirs policiers accessoires a transform\u00e9 le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame en mati\u00e8re de proc\u00e9dure criminelle. En cr\u00e9ant des pouvoirs policiers,\u00a0la Cour s\u2019est \u00e9loign\u00e9e de son r\u00f4le primordial de prot\u00e9ger les droits et libert\u00e9s fondamentaux contre les exc\u00e8s de la majorit\u00e9. Elle est plut\u00f4t devenue l\u2019institution responsable de cr\u00e9er des pouvoirs policiers qui engendrent la violation de ces m\u00eames droits et libert\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019argument central de cet article \u00e9tait que la Cour supr\u00eame devrait r\u00e9\u00e9quilibrer son propre r\u00f4le et le r\u00f4le du l\u00e9gislateur en proc\u00e9dure criminelle. Afin de mieux prot\u00e9ger les droits fondamentaux, de pr\u00e9venir l\u2019inconduite polici\u00e8re et de respecter la s\u00e9paration des pouvoirs et la primaut\u00e9 du droit, la Cour devrait modifier certaines doctrines au sein de la proc\u00e9dure criminelle et au sein du droit priv\u00e9. Comme \u00e9nonc\u00e9 dans l\u2019introduction de cet article, ces propositions ne peuvent pas \u00e9liminer certains probl\u00e8mes structuraux tels que le racisme syst\u00e9mique, le profilage racial et social et l\u2019inconduite polici\u00e8re. Ces propositions peuvent n\u00e9anmoins mener \u00e0 l\u2019adoption de r\u00e9formes plus substantives du syst\u00e8me de justice p\u00e9nale, am\u00e9liorer son fonctionnement quotidien et provoquer une nouvelle \u00e8re de dialogue constitutionnel.<\/p>\n<p>Ultimement, cet article a soulign\u00e9 comment la protection des droits et libert\u00e9s est ins\u00e9parable du r\u00f4le des tribunaux dans une d\u00e9mocratie constitutionnelle. Afin d\u2019exercer sa fonction de gardienne du syst\u00e8me de justice, la Cour supr\u00eame devra d\u00e9montrer une fid\u00e9lit\u00e9 renouvel\u00e9e aux principes de base de notre ordre constitutionnel : la s\u00e9paration des pouvoirs, la primaut\u00e9 du droit, la transparence et la responsabilit\u00e9 des acteurs \u00e9tatiques. La protection v\u00e9ritable de la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la dignit\u00e9 n\u2019exigent rien de moins.<\/p>\n<p><u>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/u><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Renvoi relatif \u00e0 la Motor Vehicle Act<\/em>, [1985] 2 RCS 486 \u00e0 la p 503, 24 DLR (4<sup>e<\/sup>) 536.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Alexander M Bickel, <em>The Least Dangerous Branch: The Supreme Court at the Bar of Politics<\/em>, 2<sup>e <\/sup>\u00e9d, New Haven (Conn), Yale University Press, 1986 \u00e0 la p 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>R c Big M Drug Mart Ltd<\/em>, [1985] 1 RCS 295 aux pp 336\u201337, 18 DLR (4<sup>e<\/sup>) 321; <em>Doucet\u2011Boudreau\u00a0c\u00a0Nouvelle\u2011\u00c9cosse (Ministre de l\u2019\u00c9ducation)<\/em>, 2003 CSC 62 aux para 35\u201336; <em>Fleming\u00a0c\u00a0Ontario<\/em>, 2019 CSC 45 au para 38 [<em>Fleming<\/em>]; Louis Lebel,\u00a0\u00ab\u00a0Reconnaissance et effectivit\u00e9 des droits fondamentaux\u00a0: la fonction d\u00e9mocratique des tribunaux constitutionnels\u00a0\u00bb (2015) hors-s\u00e9rie RQDI 25 \u00e0 la p 30.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir G\u00e9rald-A Beaudoin, \u00ab\u00a0Le contr\u00f4le judiciaire de la constitutionnalit\u00e9 des lois\u00a0\u00bb (2003) 48:2 RD McGill 325 aux pp 334\u201337; Julie Desrosiers, \u00ab\u00a0La conception jurisprudentielle de la notion de \u201cconfiance du public dans l\u2019administration de la justice p\u00e9nale\u201d\u00a0\u00bb (2020) 61:1\u00a0C de D 35 aux pp 50\u201353; Joseph D Grano, \u00ab\u00a0Prophylactic Rules in Criminal Procedure: A Question of Article III Legitimacy\u00a0\u00bb (1985-1986) 80:1 Nw UL Rev 100 aux pp 109\u201311.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir par ex <em>R\u00a0c\u00a0Jordan<\/em>, 2016 CSC 27 au para 115; <em>R\u00a0c Wong<\/em>, [1990] 3 RCS 36 \u00e0 la p 57, 60 CCC (3<sup>e<\/sup>) 460 [<em>R c Wong<\/em>]; Lorraine E Weinrib, \u00ab The Supreme Court of Canada in the Age of Rights: Constitutional Democracy, the Rule of Law and Fundamental Rights under Canada\u2019s Constitution \u00bb\u00a0(2001) 80:1\/2 R du B can 699 aux pp 701\u201303.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>Fleming<\/em>, <em>supra <\/em>note 3 au para 42.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Pour un historique de cette doctrine, voir Daniel Jutras, \u00ab\u00a0<em>Dedman <\/em>c.<em> R<\/em>.\u00a0: Pouvoir et fonction se confondent\u00a0\u00bb (1986) 31:2 RD McGill 333 \u00e0 la p 338.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir <em>R v <\/em><em>Waterfield<\/em>, [1963] 3 All ER 659 \u00e0 la p 661, [1964] 1 QB 164 [<em>Waterfield<\/em>]. Voir aussi James Stribopoulos, \u00ab\u00a0In <em>Search <\/em>of Dialogue: The Supreme Court, Police Powers and the <em>Charter<\/em>\u00a0\u00bb (2005) 31:1 Queen\u2019s LJ 1 aux pp 19\u201330 [Stribopoulos, \u00ab Dialogue \u00bb]; Steve Coughlan, \u00ab\u00a0Common Law Police Powers and the Rule of Law\u00a0\u00bb (2007) 47:6 Crim Reports 266 \u00e0 la p 267 [Coughlan, \u00ab Rule of Law\u00a0\u00bb]; Tim Quigley, \u00ab\u00a0Brief Investigatory Detentions: A Critique of <em>R. v. Simpson<\/em>\u00a0\u00bb (2004) 41:4 Alta L Rev 935 \u00e0 la p 950.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> \u00a0\u00a0\u00a0 Voir Alexandre Boucher, Fran\u00e7ois Lacasse et Thierry Nadon, \u00ab\u00a0La cr\u00e9ation de la d\u00e9tention pour enqu\u00eate en common law\u00a0: d\u00e9rive jurisprudentielle ou \u00e9volution n\u00e9cessaire\u00a0? Un point de vue pragmatique\u00a0\u00bb (2009) 50:3\/4 C de D 771 aux pp 800\u201301; David M Tanovich, \u00ab\u00a0The Colourless World of <em>Mann<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0(2004) 21 RJC 47 [Tanovich, \u00ab\u00a0Colourless World\u00a0\u00bb]; Ranjan Agarwal et Joseph Marcus, \u00ab\u00a0Where There Is No Remedy, There Is No Right: Using <em>Charter<\/em> Damages to Compensate Victims of Racial Profiling\u00a0\u00bb (2015) 34:1 RNDC 75 aux pp 77, 79\u201384 (cet article traite de l\u2019inefficacit\u00e9 des recours civils en mati\u00e8re de profilage racial).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> \u00a0 Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0Dialogue \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 aux pp 70\u201371.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> \u00a0 Voir Michel Bastarache, \u00ab\u00a0La <em>Charte canadienne des droits et libert\u00e9s<\/em>, reflet d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial\u00a0?\u00a0\u00bb (2007) 48:4 C de D 735 \u00e0 la p 740; St\u00e9phane Bernatchez, \u00ab\u00a0Les rapports entre le droit administratif et les droits et libert\u00e9s\u00a0: la r\u00e9vision judicaire ou le contr\u00f4le constitutionnel\u00a0?\u00a0\u00bb (2010) 55:3 RD McGill 641 aux pp 644\u201346.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00a0 Voir Boucher, Lacasse et Nadon, <em>supra <\/em>note 9 aux pp 795\u201396; James Stribopoulos, \u00ab\u00a0Packer\u2019s Blind Spot: Low Visibility Encounters and the Limits of Due Process versus Crime Control\u00a0\u00bb dans Fran\u00e7ois Tanguay-Renaud et James Stribopoulos, dir, <em>Rethinking Criminal Law Theory: New Canadian Perspectives in the Philosophy of Domestic, Transnational, and International Criminal Law<\/em>, Oxford, Hart Publishing, 2012, 193 \u00e0 la p\u00a0211; Kent Roach, <em>The Supreme Court on Trial: Judicial Activism or Democratic Dialogue<\/em>, Toronto, Irwin Law, 2001 aux pp 176\u201379; Peter W Hogg et Allison A Bushell, \u00ab\u00a0The <em>Charter<\/em> Dialogue between Courts and Legislatures (Or Perhaps the <em>Charter of Rights<\/em> Isn\u2019t Such a Bad Thing after All)\u00a0\u00bb (1997) 35:1 Osgoode Hall LJ 75 aux pp 89\u201390. Les exemples de <em>R c Wong <\/em>(<em>supra<\/em> note 5),<em> R c Feeney <\/em>([1997] 2 RCS 13, 146 DLR (4<sup>e<\/sup>) 609 [<em>Feeney<\/em> avec renvois aux RCS]) et <em>R c Wise<\/em> ([1992] 1 RCS 527, [1992] ACS no 16 [<em>Wise<\/em> avec renvois aux RCS]) sont mentionn\u00e9s dans ces sources.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00a0 <em>R c Wong<\/em>, <em>supra<\/em> note 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00a0 <em>Ibid<\/em> aux pp 41\u201343.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> \u00a0 Voir<em> ibid <\/em>aux pp 41\u201343, 55.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 53;<em> Charte canadienne<\/em> <em>des droits et libert\u00e9s<\/em>, art 8, partie I de la <em>Loi constitutionnelle de 1982<\/em>, constituant l\u2019annexe B de la <em>Loi de 1982 sur le Canada <\/em>(R-U), 1982, c 11 [<em>Charte canadienne<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> \u00a0 Voir <em>R c Wong<\/em>, <em>supra<\/em> note 5 \u00e0 la p 57.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> \u00a0 Voir <em>Code criminel<\/em>, LRC 1985, c C-46, art 487.01.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> \u00a0 Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0Dialogue \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 \u00e0 la p\u00a067, n 316.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> \u00a0 <em>Feeney<\/em>, <em>supra <\/em>note 12 \u00e0 la p 25.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> \u00a0 [1986] 1 RCS 145, 26 DLR (4<sup>e<\/sup>) 368; David Paciocco, <em>Getting Away with Murder: The Canadian Criminal Justice System<\/em>, Toronto, Irwin Law, 1999 aux pp 127\u201329; Tim Quigley, \u00ab\u00a0The Impact of the Charter on the Law of Search and Seizure\u00a0\u00bb (2008) 40 SCLR 117 \u00e0 la p 129 [Quigley, \u00ab\u00a0Impact of the Charter \u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> \u00a0 <em>Feeney<\/em>, <em>supra<\/em> note 12 au para 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> \u00a0 Voir <em>i<\/em><em>bid <\/em>au para 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid<\/em> au para 84.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 49.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> \u00a0 <em>Code criminel<\/em>,<em> supra <\/em>note 19, art 529.1; Peter W Hogg et Allison A Thornton, \u00ab\u00a0Reply to \u201cSix Degrees of Dialogue\u201d\u00a0\u00bb (1999) 37:3 Osgoode Hall LJ 529 aux pp 530\u201331.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> \u00a0\u00a0 <em>Wise<\/em>, <em>supra<\/em> note 12.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp 549\u201352.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 538.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux pp 548\u201349.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> \u00a0 Voir <em>Code criminel<\/em>,<em> supra <\/em>note 19, art 492.1; James Stribopoulos, \u00ab\u00a0A Failed Experiment? Investigative Detention: Ten Years Later\u00a0\u00bb (2003) 41:2 Alta L Rev 335 \u00e0 la p 387, n 267 [Stribopoulos, \u00ab\u00a0Failed Experiment \u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> \u00a0 Voir <em>Code criminel<\/em>,<em> supra <\/em>note 19, arts 495, 487, 498 (concernant, respectivement, les arrestations sans mandat, les mandats de perquisition, et les d\u00e9tentions sous garde par les policiers).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> \u00a0 Voir Terry Skolnik et Vanessa MacDonnell, \u00ab\u00a0Policing Arbitrariness: <em>Fleming v. Ontario <\/em>and the Ancillary Powers Doctrine\u00a0\u00bb (2021) 100 SCLR 187 \u00e0 la p 194.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> \u00a0 Voir Richard Jochelson et al, \u00ab Generation and Deployment of Common Law Police Powers by Canadian Courts and the Double-Edged Charter \u00bb (2020) 28:1 Crit Criminol 107 aux pp 112\u201313.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> \u00a0 [1985] 2 RCS 2 aux pp 32\u201336, 20 DLR (4<sup>e<\/sup>) 321 [<em>Dedman<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> \u00a0 Voir <em>Fleming<\/em>, <em>supra <\/em>note 3 au para 42; Richard Jochelson, \u00ab\u00a0Crossing the Rubicon \u2013 Of Sniffer Dogs, Justifications, and Preemptive Deference\u00a0\u00bb (2008) 13:2 R \u00e9tudes const 67 aux pp 69, 71\u201372 [Jochelson, \u00ab\u00a0Crossing the Rubicon\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> \u00a0\u00a0 Voir <em>Waterfield<\/em>, <em>supra<\/em> note 8.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> \u00a0 Voir <em>Fleming<\/em>, <em>supra <\/em>note 3 au para 82.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 47.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> \u00a0 Voir Jochelson et al, <em>supra <\/em>note 36 \u00e0 la p 116.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\">[43]<\/a> \u00a0 Voir Don Stuart, \u00ab\u00a0The <em>Charter <\/em>and Criminal Justice\u00a0\u00bb dans Peter Oliver, Patrick Macklem et Nathalie Des Rosiers, dir, <em>The Oxford Handbook of the Canadian Constitution<\/em>, New York, Oxford University Press, 2017, 795 aux pp 800\u201301; James Stribopoulos, \u00ab\u00a0Unchecked Power:\u00a0The Constitutional Regulation of Arrest Reconsidered\u00a0\u00bb (2003) 48:2 RD McGill 225 aux pp 262\u201363.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\">[44]<\/a> \u00a0 Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0Failed Experiment \u00bb, <em>supra <\/em>note 33 aux pp 382\u201383.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\">[45]<\/a> \u00a0 Voir Quigley, \u00ab\u00a0Impact of the Charter \u00bb,<em> supra <\/em>note 22 aux pp\u00a0137\u201338.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\">[46]<\/a> \u00a0 Voir Jochelson, \u00ab\u00a0Crossing the Rubicon\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 38 aux pp 91\u201392.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\">[47]<\/a> \u00a0 Voir Coughlan, \u00ab Rule of Law \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 \u00e0 la p 267.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\">[48]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid<\/em> \u00e0 la p 268.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\">[49]<\/a> \u00a0 Voir ML Friedland, \u00ab Reforming Police Powers: Who\u2019s in Charge? \u00bb dans RC MacLeod et David Schneiderman, dir, <em>Police Powers in Canada: The Evolution and Practice of Authority<\/em>, Toronto, University of Toronto Press, 1994, 100 \u00e0 la\u00a0p\u00a0103.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\">[50]<\/a> \u00a0 Voir Terry Skolnik, \u00ab\u00a0Racial Profiling and the Perils of Ancillary Police Powers\u00a0\u00bb (2021) 99:2 R du B can 429 \u00e0 la p\u00a0435 [Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb]. Selon la Commission des droits de la personne et de la jeunesse, le profilage racial et social se d\u00e9finit comme suit:<\/p>\n<p>Le profilage racial [et social] d\u00e9signe toute action prise par une ou des personnes en situation d\u2019autorit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une personne ou d\u2019un groupe de personnes, pour des raison de s\u00fbret\u00e9, de s\u00e9curit\u00e9 ou de protection du public, qui repose sur des facteurs d\u2019appartenance r\u00e9elle ou pr\u00e9sum\u00e9e, tels <u>la race, la couleur, l\u2019origine ethnique ou nationale ou la religion <\/u>ou la <u>condition sociale,<\/u> sans motif r\u00e9el ou soup\u00e7on raisonnable, et qui a pour effet d\u2019exposer la personne \u00e0 un examen ou \u00e0 un traitement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Voir Mich\u00e8le Turenne, \u00ab Profilage racial\u00a0: mise en contexte et d\u00e9finition \u00bb (juin 2005) \u00e0 la p 15, en ligne (pdf) : <em>Commission des droits de la personne et de la jeunesse <\/em>&lt;www.cdpdj.qc.ca&gt; [perma.cc\/V7KR-NQSX] [nos soulignement]. Voir aussi C\u00e9line Bellot et Marie-\u00c8ve Sylvestre, \u00ab\u00a0La judiciarisation de l\u2019itin\u00e9rance \u00e0 Val d\u2019Or\u00a0\u00bb \u00e0 la p 49 et s, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Commission d\u2019enqu\u00eate sur les relations entre les Autochtones et certains services publics<\/em> &lt;www.cerp.gouv.qc.ca&gt; [perma.cc\/4MLU-YZBL].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\">[51]<\/a> \u00a0 Voir Scot Wortley, \u00ab Halifax, Nova Scotia\u00a0: Street Checks Report \u00bb (mars 2019) aux pp\u00a039\u201340, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Nova Scotia Human Rights Commission<\/em> &lt;<a href=\"https:\/\/humanrights.novascotia.ca\/sites\/default\/files\/editor-uploads\/halifax_street_checks_report_march_2019_0.pdf\">humanrights.<br \/>\nnovascotia.ca<\/a>&gt; [perma.cc\/3WLX-UHTN]; Lorne Foster, Les Jacobs et Bobby Siu, \u00ab Race Data and Traffic Stops in Ottawa, 2013-2015: A Report on Ottawa and the Police Districts \u00bb (octobre 2016) aux pp 3\u20135, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Ottawa Police Service<\/em> <a href=\"https:\/\/www.ottawapolice.ca\/en\/about-us\/resources\/.TSRDCP_York_Research_Report.pdf\">&lt;ottawapolice.ca<\/a>&gt; [perma.cc\/7CYJ-R8MK]; \u00ab\u00a0Un impact disparate\u00a0: Deuxi\u00e8me rapport provisoire relatif \u00e0 l\u2019enqu\u00eate sur le profilage racial et la discrimination \u00e0 l\u2019endroit des personnes noires au sein du service de police de Toronto\u00a0\u00bb (ao\u00fbt 2020) aux pp\u00a06\u20137, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Commission ontarienne des droits de la personne<\/em> &lt;ohrc.on.ca&gt; [perma.cc\/3NTS-ZBPX] [Commission ontarienne, \u00ab\u00a0Impact disparate\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\">[52]<\/a> \u00a0 Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 aux pp\u00a0437\u201339; Tanovich, \u00ab\u00a0Colourless World\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\">[53]<\/a> \u00a0 Voir Vanessa MacDonnell, \u00ab\u00a0Assessing the Impact of the Ancillary Powers Doctrine on Three Decades of Charter Jurisprudence\u00a0\u00bb (2012) 57 SCLR 225 aux pp 235\u201336.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\">[54]<\/a> \u00a0 Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 aux pp\u00a0453\u201354.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\">[55]<\/a> \u00a0 Voir James Stribopoulos, \u00ab\u00a0The Limits of Judicially Created Police Powers: Investigative Detention after <em>Mann<\/em>\u00a0\u00bb (2007) 52:3\/4 Crim LQ 299 aux pp 304-08 [Stribopoulos, \u00ab\u00a0After <em>Mann<\/em>\u00a0\u00bb]; Debra Livingston, \u00ab\u00a0Police Discretion and the Quality of Life in Public Places: Courts, Communities, and the New Policing\u00a0\u00bb (1997) 97:3 Colum L Rev 551 \u00e0 la p 561.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\">[56]<\/a> \u00a0 Voir Samuel Walker, <em>Taming the System: The Control of Discretion in Criminal Justice, 1950-1990<\/em>, New York, Oxford University Press, 1993 \u00e0 la p\u00a021.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\">[57]<\/a> \u00a0 2004 CSC 52 au para 3 [<em>Mann<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\">[58]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux para 34, 66\u201368.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\">[59]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 40.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\">[60]<\/a> \u00a0 Voir Tanovich, \u00ab\u00a0Colourless World\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\">[61]<\/a> \u00a0 Voir Akwasi Owusu-Bempah et Scot Wortley, \u00ab Race, Crime, and Criminal Justice in Canada \u00bb dans Sandra M Bucerius et Michael Tonry, dir, <em>The Oxford Handbook of Ethnicity, Crime, and Immigration<\/em>, New York, Oxford University Press, 2014, 281 aux pp\u00a0287-89.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\">[62]<\/a> \u00a0 Voir Akwasi Owusu-Bempah et Paul Millar, \u00ab\u00a0Research Note: Revisiting the Collection of \u201cJustice Statistics by Race\u201d in Canada\u00a0\u00bb (2010) 25:1 RCDS 97 \u00e0 la p 104.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref63\" name=\"_ftn63\">[63]<\/a> \u00a0 Voir par ex \u00ab Stop and think: A critical review of the use of stop and search powers in England and Wales \u00bb (mars 2010) \u00e0 la p\u00a022, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Equality and Human Rights Commission<\/em> &lt;equalityhumanrights.com&gt; [<strong>perma.cc\/5P5R-HY8H<\/strong>] [<em>Equality and Human Rights Commission<\/em>] (en Angleterre, des informations sur les fouilles sont recueillies et publi\u00e9es); <em>Police and Criminal Evidence Act <\/em><em>1984 <\/em>(R-U), c 60, art 5 [<em>Police Act <\/em>RU].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref64\" name=\"_ftn64\">[64]<\/a> \u00a0 Voir Owusu-Bempah et Millar, <em>supra <\/em>note 62.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref65\" name=\"_ftn65\">[65]<\/a> \u00a0 Voir David M Tanovich, \u00ab\u00a0E-Racing Racial Profiling\u00a0\u00bb (2004) 41:4 Alta L Rev 905 aux pp 921\u201323 [Tanovich, \u00ab\u00a0E-Racing\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref66\" name=\"_ftn66\">[66]<\/a> \u00a0 <em>Police Act <\/em>RU,<em> supra <\/em>note 63, art 3. Voir aussi Tanovich, \u00ab\u00a0E-Racing\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note 65 aux pp 921\u201323. Notez qu\u2019en principe, les policiers doivent imm\u00e9diatement remettre un rapport de la fouille\u00a0\u00e0 l\u2019individu.\u00a0Cependant, lorsque ce n\u2019est pas possible parce que les policiers doivent r\u00e9pondre \u00e0 un autre appel de plus haute priorit\u00e9, ils doivent remettre un re\u00e7u indiquant comment l\u2019individu peut obtenir un rapport plus complet de la fouille (voir Home Office, \u00ab\u00a0Code of Practice\u00a0\u00bb, (2014) arts 4.1, 4.2, en ligne (pdf) : <em>GOV UK <\/em>&lt;assets.publishing.service.gov.uk&gt; [perma.cc\/B2SM-3JD6]).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref67\" name=\"_ftn67\">[67]<\/a> \u00a0 Voir Tanovich, \u00ab\u00a0E-Racing\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note 65 \u00e0 la p 922.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref68\" name=\"_ftn68\">[68]<\/a> \u00a0 Voir Home Office, \u00ab Ethnicity Facts and Figures: Stop and Search\u00a0\u00bb (22 f\u00e9vrier 2021), en ligne\u00a0: <em>GOV UK<\/em> &lt;www.ethnicity-facts-figures.service.gov.uk&gt; [perma.cc\/4ZWG-C7B3].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref69\" name=\"_ftn69\">[69]<\/a> \u00a0 <em>Dedman<\/em>, <em>supra <\/em>note 37.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref70\" name=\"_ftn70\">[70]<\/a> \u00a0 [1990] 1 RCS 1257, 41 DLR (4<sup>e<\/sup>) 682 [<em>Ladouceur<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref71\" name=\"_ftn71\">[71]<\/a>\u00a0 \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 1278.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref72\" name=\"_ftn72\">[72]<\/a> \u00a0 Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 \u00e0 la p\u00a0451.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref73\" name=\"_ftn73\">[73]<\/a> \u00a0 Voir Kevin Cyr, \u00ab\u00a0The Police Officer\u2019s Plight: The Intersection of Policing and the Law\u00a0\u00bb (2015) 52:4 Alta L Rev\u00a0889 aux pp 923\u201324.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref74\" name=\"_ftn74\">[74]<\/a> \u00a0 Voir <em>Ladouceur<\/em>, <em>supra<\/em> note 70 \u00e0 la p 1259. Voir aussi Gilles L\u00e9tourneau, \u00ab\u00a0La n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former l\u00e9gislativement les pouvoirs de police et la proc\u00e9dure p\u00e9nale\u00a0\u00bb (1991) 32:1 C de D 87 \u00e0 la p 89.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref75\" name=\"_ftn75\">[75]<\/a> \u00a0 Voir David M Tanovich, <em>The Colour of Justice: Policing Race in Canada<\/em>, Toronto, Irwin Law, 2006 \u00e0 la p\u00a0130; David M Tanovich, \u00ab\u00a0<em>Res Ipsa Loquitur<\/em> and Racial Profiling\u00a0\u00bb (2002) 46:3\/4 Crim LQ 329 \u00e0 la p 331; Agarwal et Marcus, <em>supra <\/em>note 9 aux pp 79\u201380; David A Harris, \u00ab\u00a0\u201cDriving While Black\u201d and All Other Traffic Offenses: The Supreme Court and Pretextual Traffic Stops\u00a0\u00bb (1997) 87:2 J Crim L &amp; Criminology 544 aux pp 558\u201359.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref76\" name=\"_ftn76\">[76]<\/a> \u00a0 Voir Steve Coughlan, \u00ab\u00a0Charter Protection against Unlawful Police Action: Less Black and White Than it Seems\u00a0\u00bb (2012) 57 SCLR 205 \u00e0 la p 222.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref77\" name=\"_ftn77\">[77]<\/a> \u00a0 2010 CSC 24 [<em>Nolet<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref78\" name=\"_ftn78\">[78]<\/a> \u00a0 SS 1986, c H\u20113.1, art\u00a040.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref79\" name=\"_ftn79\">[79]<\/a> \u00a0 Voir <em>Nolet<\/em>, <em>supra <\/em>note 77 aux para 5\u20136.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref80\" name=\"_ftn80\">[80]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref81\" name=\"_ftn81\">[81]<\/a> \u00a0 Voir <em>i<\/em><em>bid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref82\" name=\"_ftn82\">[82]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>aux para 9\u201311.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref83\" name=\"_ftn83\">[83]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 32.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref84\" name=\"_ftn84\">[84]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid<\/em> au para 41.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref85\" name=\"_ftn85\">[85]<\/a> \u00a0 Voir Steven Penney, \u00ab\u00a0Driving While Innocent: Curbing the Excesses the \u201cTraffic Stop\u201d Power\u00a0\u00bb (2019) 24:3 RCDP 339 aux pp 350\u201351.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref86\" name=\"_ftn86\">[86]<\/a> \u00a0 Voir Wortley, <em>supra <\/em>note 51 aux pp\u00a039\u201340; Foster, Jacobs et Siu, <em>supra <\/em>note 51 aux pp 3\u20135; Commission ontarienne, \u00ab\u00a0Impact disparate\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 51 aux pp\u00a06\u20137.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref87\" name=\"_ftn87\">[87]<\/a> \u00a0 Voir <em>Mann<\/em>, <em>supra<\/em> note 57 au para 3; <em>R\u00a0c\u00a0Grant<\/em>, 2009 CSC 32 [<em>Grant<\/em>]; <em>R c Le<\/em>, 2019 CSC 34.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref88\" name=\"_ftn88\">[88]<\/a> \u00a0 Voir <em>Mann<\/em>, <em>supra<\/em> note 57 aux para 34\u201335.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref89\" name=\"_ftn89\">[89]<\/a> \u00a0 Voir <em>Charte canadienne<\/em>, <em>supra <\/em>note 16, arts 7, 10 (assurant, respectivement, le droit au silence et le droit \u00e0 l\u2019avocat).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> \u00a0 2009 CSC 33 au para 28 [<em>Suberu<\/em>]; <em>Grant<\/em>, <em>supra <\/em>note 87.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a> \u00a0 Voir <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90; Steven Penney et James Stribopoulos, \u00ab\u00a0\u201cDetention\u201d under the Charter after <em>R. v. Grant <\/em>and <em>R. v. Suberu<\/em>\u00a0\u00bb (2010) 51 SCLR 439 \u00e0 la p 450.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a> \u00a0 Voir Amar Khoday, \u00ab\u00a0Ending the Erasure?: Writing Race into the Story of Psychological Detentions \u2013 Examining <em>R. v. Le\u00a0<\/em>\u00bb (2021) 100 SCLR 165 \u00e0 la p 173.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a> \u00a0 Voir <em>R c Le<\/em>, <em>supra <\/em>note 87 aux para 114\u201316.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a> \u00a0 Voir Penney et Stribopoulos, <em>supra <\/em>note 91 aux pp 451\u201354.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a> \u00a0 Voir <em>Grant<\/em>, <em>supra<\/em> note 87\u00a0au para 4.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 5.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a> \u00a0 Voir <em>ibid <\/em>au para 6.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>aux para 6, 47.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> Voir <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90 aux para 8\u20139.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a> <em>Ibid <\/em>au para 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref103\" name=\"_ftn103\">[103]<\/a> <em>Ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref104\" name=\"_ftn104\">[104]<\/a> Voir<em> ibid <\/em>au para 10.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref105\" name=\"_ftn105\">[105]<\/a> <em>Ibid <\/em>au para 33.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref106\" name=\"_ftn106\">[106]<\/a> Voir <em>Grant<\/em>, <em>supra<\/em> note 87 au para 47; <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90 au para 28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref107\" name=\"_ftn107\">[107]<\/a> Voir <em>Grant<\/em>, <em>supra<\/em> note 87 au para 47. Voir aussi <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90 au para 28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref108\" name=\"_ftn108\">[108]<\/a> Voir <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90 au para 28. Voir aussi David K Kessler, \u00ab\u00a0Free to Leave? An Empirical Look at the Fourth Amendment\u2019s Seizure Standard\u00a0\u00bb (2008) 99:1 J Crim L &amp; Criminology 51 \u00e0 la p 77.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref109\" name=\"_ftn109\">[109]<\/a> Voir Elsa Kaka, \u00ab\u00a0The Supreme Court of Canada\u2019s Justification of <em>Charter<\/em> Breaches and its Effect on Black and Indigenous Communities\u00a0\u00bb (2020) 43:5 Man LJ 117 aux pp 136\u201338.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref110\" name=\"_ftn110\">[110]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 129.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref111\" name=\"_ftn111\">[111]<\/a> <em>R c Le<\/em>, <em>supra <\/em>note 87 au para 121.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref112\" name=\"_ftn112\">[112]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 75.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref113\" name=\"_ftn113\">[113]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>aux para 113\u201316.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref114\" name=\"_ftn114\">[114]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 90.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref115\" name=\"_ftn115\">[115]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 93.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref116\" name=\"_ftn116\">[116]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref117\" name=\"_ftn117\">[117]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 97.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref118\" name=\"_ftn118\">[118]<\/a> Voir Khoday, <em>supra <\/em>note 92 \u00e0 la p 180.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref119\" name=\"_ftn119\">[119]<\/a> Voir par\u00a0ex <em>R c Perry<\/em>, 2021 QCCQ 829 au para 26.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref120\" name=\"_ftn120\">[120]<\/a> Voir l\u2019honorable Michael H Tulloch,\u00a0<strong><em>Rapport de<\/em><\/strong> <em>l\u2019examen ind\u00e9pendant des contr\u00f4les de routine<\/em>, Toronto, Imprimeur de la Reine pour l\u2019Ontario, 2018 \u00e0 la p 12.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref121\" name=\"_ftn121\">[121]<\/a> Voir <em>R c Le<\/em>, <em>supra <\/em>note 87 aux para 60, 95.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref122\" name=\"_ftn122\">[122]<\/a> Voir <em>Thibodeau c R<\/em>, 2018 QCCA 1476 aux para 2\u20133 (d\u00e9crivant la CRPQ); <em>R v Kossick<\/em>, 2018 SKCA 55 au para\u00a06 (d\u00e9crivant la CIPC).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref123\" name=\"_ftn123\">[123]<\/a> Voir Carrie B Sanders et Samantha Henderson, \u00ab\u00a0Police \u2018Empires\u2019 and Information Technologies: Uncovering Material and Organisational Barriers to Information Sharing in Canadian Police Services\u00a0\u00bb (2013) 23:2 Policing &amp; Society 243 aux pp 249\u201350; \u00ab\u00a0Canadian Police Information Centre (CPIC)\u00a0\u00bb (derni\u00e8re consultation le 15 mai 2022), en ligne\u00a0: <em>BC Civil Liberties Association\u00a0<\/em>: <em>Privacy Handbook <\/em>&lt;bccla.org&gt; [perma.cc\/<br \/>\n2DJF-HNWC];\u00a0<em>R v Loewen<\/em>, 2018 SKCA 69 aux para 7, 35; <em>R v Mhlongo<\/em>, 2017 ONCA 562 au para 33;<em> R v Valentine<\/em>, 2014 ONCA 147 au para 9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref124\" name=\"_ftn124\">[124]<\/a> Voir <em>Shiab c Ville de Montr\u00e9al (SPVM)<\/em>, 2019 QCCAI 216 aux para 24\u201331; <em>R c Qiluqi<\/em>, 2020 QCCM 122 aux para 33, 37; <em>R c Viellot Blaise<\/em>, 2020 QCCM 26 au para 99 [<em>Viellot Blaise<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref125\" name=\"_ftn125\">[125]<\/a> Voir<em> Viellot Blaise<\/em>, <em>supra<\/em> note 124.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref126\" name=\"_ftn126\">[126]<\/a> Voir David M Paciocco, \u00ab\u00a0What to Mention about Detention: How to Use Purpose to Understand and Apply Detention-Based <em>Charter<\/em> Rights\u00a0\u00bb (2010) 89:1 R du B can 65 \u00e0 la p 92, citant James Stribopoulos, \u00ab\u00a0The Forgotten Right: Section 9 of the Charter, Its Purpose and Meaning\u00a0\u00bb dans Jamie Cameron et James Stribopolous, dir, <em>The Charter and Criminal Justice: <\/em><em>Twenty-Five Years Later<\/em>, Toronto, LexisNexis, 2008, 211 \u00e0 la p 245; <em>R v LB<\/em>, 2007 ONCA 596 aux para 67\u201368.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref127\" name=\"_ftn127\">[127]<\/a> Voir Joseph H Tieger, \u00ab\u00a0Police Discretion and Discriminatory Enforcement\u00a0\u00bb (1971) 1971:4 Duke LJ 717 \u00e0 la p 724; Stribopoulos, \u00ab\u00a0Dialogue \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 aux pp 13, 26, 49, 61, 72.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref128\" name=\"_ftn128\">[128]<\/a> Voir Joseph Goldstein, \u00ab\u00a0Police Discretion Not to Invoke the Criminal Process: Low-Visibility Decisions in the Administration of Justice\u00a0\u00bb (1960) 69:4 Yale LJ 543 \u00e0 la p\u00a0543.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref129\" name=\"_ftn129\">[129]<\/a> Voir James Stribopoulos, \u00ab\u00a0Has Everything Been Decided? Certainty, the Charter and Criminal Justice\u00a0\u00bb (2006) 34 SCLR 381 \u00e0 la p 405.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref130\" name=\"_ftn130\">[130]<\/a> Voir Don Stuart, \u00ab\u00a0The Charter Balance against Unscrupulous Law and Order Politics\u00a0\u00bb (2012) 57 SCLR 13 \u00e0 la p 28 [Stuart, \u00ab\u00a0Charter Balance\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref131\" name=\"_ftn131\">[131]<\/a> Voir Joseph Di Luca, \u00ab\u00a0Expedient McJustice or Principled Alternative Dispute Resolution? A Review of Plea Bargaining in Canada\u00a0\u00bb (2005) 50:1\/2 Crim LQ 14 \u00e0 la p 15 (estimant, par exemple, que 80% des proc\u00e8s criminels en Ontario se terminent en plaidoyer de culpabilit\u00e9); Milica Potrebic Piccinato, \u00ab Plea Bargaining \u00bb (2004) \u00e0 la p\u00a06, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Gouvernement du Canada<\/em> &lt;publications.gc.ca&gt; [perma.cc\/73MZ-ZSBB] (estimant que 91% des proc\u00e8s criminels se terminent en plaidoyer de culpabilit\u00e9); \u00ab\u00a0Offence Based Statistics All Criminal Cases: Ontario Court of Justice Provincial Overview: January 2018 to December 2018\u00a0\u00bb (derni\u00e8re consultation le 16 mai 2022), en ligne (pdf)\u00a0: <em>Ontario Court of Justice<\/em> &lt;www.ontariocourts.ca&gt; [perma.cc\/VLZ6-JE8W].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref132\" name=\"_ftn132\">[132]<\/a> Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0After <em>Mann<\/em>\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 55 aux pp 325\u201326.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref133\" name=\"_ftn133\">[133]<\/a> Voir Cass R Sunstein, \u00ab\u00a0The Most Knowledgeable Branch\u00a0\u00bb (2016) 164 U Pa L Rev 1607 aux pp 1613\u201316.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref134\" name=\"_ftn134\">[134]<\/a> Voir<em> ibid<\/em>;<em> R c Find<\/em>, 2001 CSC 32 au para 48.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref135\" name=\"_ftn135\">[135]<\/a> Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0Dialogue \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 \u00e0 la p 41.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref136\" name=\"_ftn136\">[136]<\/a> Dans <em>Mann <\/em>(<em>supra<\/em> note 57), les intervenants \u00e9taient le Procureur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Ontario, l\u2019Association canadienne des chefs de police, la Criminal Lawyers\u2019 Association (Ontario) et l\u2019Association canadienne des libert\u00e9s civiles.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref137\" name=\"_ftn137\">[137]<\/a> Dans <em>Ladouceur<\/em> (<em>supra <\/em>note 70), les intervenants \u00e9taient les procureurs g\u00e9n\u00e9raux du Canada, de la Nouvelle-\u00c9cosse, du Nouveau-Brunswick et du Manitoba.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref138\" name=\"_ftn138\">[138]<\/a> Voir Stribopoulos, \u00ab\u00a0Dialogue \u00bb, <em>supra <\/em>note 8 \u00e0 la p 48.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref139\" name=\"_ftn139\">[139]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>; Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 \u00e0 la p 452; Sunstein, <em>supra <\/em>note 133 aux pp 1616\u201317; Terry Skolnik, \u00ab Hot Bench\u00a0: A Theory of Appellate Adjudication\u00a0\u00bb (2020) 61:4 Boston College L Rev 1271 aux pp 1306\u201307 [Skolnik, \u00ab\u00a0Appellate Adjudication\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref140\" name=\"_ftn140\">[140]<\/a> Voir Frank B Cross, \u00ab The Error of Positive Rights \u00bb (2001) 48:4 UCLA L Rev 857 \u00e0 la p\u00a0914 (m\u00eame si l\u2019argument de Frank Cross se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la situation des \u00c9tats-Unis, le contexte canadien est similaire).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref141\" name=\"_ftn141\">[141]<\/a> Voir David M Tanovich, \u00ab The Charter of Whiteness: Twenty-Five Years of Maintaining Racial Injustice in the Canadian Criminal Justice System \u00bb (2008) 40 SCLR 655 aux pp 672\u201383.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref142\" name=\"_ftn142\">[142]<\/a> Voir Sunstein, <em>supra <\/em>note 133 aux pp 1613\u201316; Skolnik, \u00ab Appellate Adjudication\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 139 \u00e0 la p 1308.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref143\" name=\"_ftn143\">[143]<\/a> Voir Sunstein, <em>supra <\/em>note 133 aux pp 1613\u201316;\u00a0Skolnik, \u00ab Appellate Adjudication\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 139 \u00e0 la p 1307.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref144\" name=\"_ftn144\">[144]<\/a> Voir Stribopoulos, \u00ab Dialogue\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 8 aux pp 70\u201371; Alan Young, \u00ab\u00a0Search and Seizure in 2004 \u2014 Dialogue or Dead End? \u00bb (2005) 29:1 SCLR 351 \u00e0 la p 356.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref145\" name=\"_ftn145\">[145]<\/a> Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 \u00e0 la p\u00a0432.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref146\" name=\"_ftn146\">[146]<\/a> Voir William J Stuntz, \u00ab The Pathological Politics of Criminal Law \u00bb (2001) 100:3 Mich L Rev 505 \u00e0 la p 529; David Alan Sklansky, \u00ab Populism, Pluralism, and Criminal Justice \u00bb (2019) 107:6 Cal L Rev 2009 \u00e0 la p 2011 (l\u2019argument de Sklansky se r\u00e9f\u00e8re au contexte des \u00c9tats-Unis, mais les m\u00eames pr\u00e9occupations existent au Canada).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref147\" name=\"_ftn147\">[147]<\/a> Voir Ivan Zinger, \u00ab Human Rights and Federal Corrections: A Commentary on a Decade of Tough on Crime Policies in Canada \u00bb (2016) 58:4 Rev can dr crim 609 \u00e0 la p 610. Voir notamment Rachel E Barkow, \u00ab\u00a0Administering Crime\u00a0\u00bb (2005) 52:3 UCLA L Rev 715 aux pp\u00a0747\u201348.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref148\" name=\"_ftn148\">[148]<\/a> Voir Alexandre\u00a0Audesse\u00a0et Joane\u00a0Martel, \u00ab\u00a0L\u2019architecture singuli\u00e8re du populisme p\u00e9nal\u00a0\u00bb (2020) 19 Champ P\u00e9nal aux para 33, 44, 54, 59.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref149\" name=\"_ftn149\">[149]<\/a> Voir <em>Code de la s\u00e9curit\u00e9 routi\u00e8re<\/em>, RLRQ c C-24.2, art 636 (codifiant le pouvoir d\u2019interception au hasard). Pour une version ant\u00e9rieure de cette disposition avant <em>Ladouceur <\/em>(<em>supra <\/em>note 70), voir <em>R c Dufresne<\/em>, [1990] JQ no 2627 au para 7, AZ-91031088 (SOQUIJ).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref150\" name=\"_ftn150\">[150]<\/a> Voir Jochelson et al, <em>supra <\/em>note 36 \u00e0 la p 113.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref151\" name=\"_ftn151\">[151]<\/a> Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref152\" name=\"_ftn152\">[152]<\/a> Voir Stuart, \u00ab\u00a0Charter Balance\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 130 \u00e0 la p 28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref153\" name=\"_ftn153\">[153]<\/a> Voir Kent Roach, \u00ab\u00a0Remedies for Discriminatory Profiling\u00a0\u00bb dans Kent Roach et Justice Robert J Sharpe, dir, <em>Les recours et les mesures de redressement\u00a0: une affaire s\u00e9rieuse<\/em>, Montr\u00e9al, Institut canadien d\u2019administration de la justice, 2009, 393 \u00e0 la p 404 [Roach, \u00ab Remedies \u00bb]; Kent Roach, \u00ab Making Progress on Understanding and Remedying Racial Profiling \u00bb\u00a0(2004) 41:4 Alta L Rev 895 \u00e0 la p\u00a0898.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref154\" name=\"_ftn154\">[154]<\/a> Voir Mari\u00e8ve Lacroix, \u00ab\u00a0La responsabilit\u00e9 civile des forces polici\u00e8res\u00a0: l\u2019impact de la Charte qu\u00e9b\u00e9coise et l\u2019octroi de dommages punitifs\u00a0\u00bb (2017)\u00a051:2\/3 RJTUM\u00a0547 aux pp\u00a0568\u201369. Au Qu\u00e9bec, par exemple, l\u2019article 1621 CcQ pr\u00e9voit que les dommages punitifs sont octroy\u00e9s seulement lorsqu\u2019ils sont pr\u00e9vus par une loi, ce qui enl\u00e8ve la possibilit\u00e9 d\u2019obtenir des dommages et int\u00e9r\u00eats punitifs dans plusieurs situations (voir <em>ibid<\/em> aux pp 558, 568).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref155\" name=\"_ftn155\">[155]<\/a> Voir par ex\u00a0<em>Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Mensah) c Ville de Montr\u00e9al (Service de police de la Ville de Montr\u00e9al)<\/em>, 2018 QCTDP 5 aux para 356\u201358 (accordant un montant de 4\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages punitifs et 8\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages moraux pour une interception, arrestation, fouille et d\u00e9tention ill\u00e9gales bas\u00e9es sur du profilage racial); <em>Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (Nyembwe) c Ville de Gatineau<\/em>, 2021 QCTDP 1 aux para 589\u201390 (accordant un montant de 2\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages punitifs et 15\u00a0000$ \u00e0 titre de dommages moraux pour une d\u00e9tention, arrestation et fouille ill\u00e9gales bas\u00e9es sur du profilage racial).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref156\" name=\"_ftn156\">[156]<\/a> Voir Roach, \u00ab Remedies \u00bb, <em>supra <\/em>note 153 \u00e0 la p 404.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref157\" name=\"_ftn157\">[157]<\/a> Voir Lacroix, <em>supra <\/em>note 154 \u00e0 la p\u00a0556.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref158\" name=\"_ftn158\">[158]<\/a> 2010 CSC 27 au para 21 [<em>Ward<\/em>].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref159\" name=\"_ftn159\">[159]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 79.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref160\" name=\"_ftn160\">[160]<\/a> Pour une explication de ces heuristiques, voir Daniel Kahneman, <em>Syst\u00e8me 1 \/ Syst\u00e8me 2\u00a0: les deux vitesses de la pens\u00e9e<\/em>, Paris, Cl\u00e9s des Champs, 2012.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref161\" name=\"_ftn161\">[161]<\/a> Voir Julien Goldszlagier, \u00ab\u00a0L\u2019effet d\u2019ancrage ou l\u2019apport de la psychologie cognitive a\u0300 l\u2019e\u0301tude de la de\u0301cision judiciaire\u00a0\u00bb (2015) 4:4 Cahiers de la Justice 507 aux pp\u00a0509\u201310; Mark W Bennett, \u00ab Confronting Cognitive \u201cAnchoring Effect\u201d and \u201cBlind Spot\u201d Biases in Federal Sentencing: A Modest Solution for Reforming A Fundamental Flaw \u00bb (2014) 104:3\u00a0J Crim L &amp; Criminology\u00a0489 \u00e0 la p\u00a0495.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref162\" name=\"_ftn162\">[162]<\/a> Voir par ex <em>R c Golden<\/em>, 2001 CSC 83 aux para 76, 89\u201390.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref163\" name=\"_ftn163\">[163]<\/a> Voir Agarwal et Marcus, <em>supra <\/em>note 9 \u00e0 la p 96; Jennifer K Robbennolt et Christina A Studebaker, \u00ab Anchoring in the Courtroom: The Effects of Caps on Punitive Damages \u00bb (1999) 23:3 L &amp; Human Behavior 353 \u00e0 la p\u00a0367 (m\u00eame si l\u2019\u00e9tude de Robbennolt et Studebaker porte sur l\u2019effet d\u2019ancrage sur des plafonds de dommages et int\u00e9r\u00eats, le montant fix\u00e9 dans <em>Ward <\/em>g\u00e9n\u00e8re un effet similaire). Voir aussi Piotr Bystranowski et al, \u00ab\u00a0Anchoring Effect in Legal Decision-Making: A Meta-Analysis \u00bb (2021) 45:1 L &amp; Human Behaviour 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref164\" name=\"_ftn164\">[164]<\/a> 2017 ONSC 2074 aux para 6\u201311.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref165\" name=\"_ftn165\">[165]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref166\" name=\"_ftn166\">[166]<\/a> Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref167\" name=\"_ftn167\">[167]<\/a> Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref168\" name=\"_ftn168\">[168]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 40.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref169\" name=\"_ftn169\">[169]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 36.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref170\" name=\"_ftn170\">[170]<\/a> (2003), 64 OR (3<sup>e<\/sup>) 161 au para 44, [2003] OJ No 1251.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref171\" name=\"_ftn171\">[171]<\/a> Voir <em>ibid<\/em>; David M Tanovich, \u00ab\u00a0Applying the Racial Profiling Correspondence Test\u00a0\u00bb (2017) 64:3\/4 Crim LQ 359 aux pp 362, 369\u201377.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref172\" name=\"_ftn172\">[172]<\/a> Voir Reem Bahdi, \u00ab\u00a0No Exit: Racial Profiling and Canada\u2019s War against Terrorism\u00a0\u00bb (2003) 41:2\/3 Osgoode Hall LJ 293 aux pp 306\u201307; Sonja B Starr, \u00ab\u00a0Testing Racial Profiling: Empirical Assessment of Disparate Treatment by Police\u00a0\u00bb (2016) U Chicago Legal F 485 aux pp 517\u201318.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref173\" name=\"_ftn173\">[173]<\/a> Voir Jack Glaser, <em>Suspect Race: Causes and Consequences of Racial Profiling<\/em>, New York, Oxford University Press, 2014 aux pp 20\u201337.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref174\" name=\"_ftn174\">[174]<\/a> Voir David M Tanovich, \u00ab\u00a0Using the Charter to Stop Racial Profiling: The Development of an Equality-Based Conception of Arbitrary Detention\u00a0\u00bb (2002) 40:2 Osgoode Hall LJ 145 \u00e0 la p 168.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref175\" name=\"_ftn175\">[175]<\/a> Voir Wayne R LaFave, \u00ab\u00a0The \u201cRoutine Traffic Stop\u201d from Start to Finish: Too Much \u201cRoutine,\u201d Not Enough Fourth Amendment\u00a0\u00bb (2004) 102:8 Mich L Rev 1843 \u00e0 la p 1845.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref176\" name=\"_ftn176\">[176]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref177\" name=\"_ftn177\">[177]<\/a> Mari\u00e8ve Lacroix, \u00ab\u00a0Fascicule 31.3\u00a0: Responsabilit\u00e9 civile personnelle du policier\u00a0\u00bb aux n\u02da\u00a013\u201316, dans\u00a0Pierre-Claude Lafond (dir), JCQ<em> Responsabilit\u00e9 professionnelle<\/em> (QL); art 1457 al 1 CcQ; Allen M Linden et al, <em>Canadian Tort Law<\/em>, 12<sup>e<\/sup> \u00e9d, Toronto, LexisNexis, 2022 au para 2.05.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref178\" name=\"_ftn178\">[178]<\/a> Voir Jasminka Kalajdzic, <em>Class Actions in Canada<\/em>:<em> The Promise and Reality of Access to Justice<\/em>, Vancouver, UBC Press, 2019 aux pp 16\u201318.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref179\" name=\"_ftn179\">[179]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 17.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref180\" name=\"_ftn180\">[180]<\/a> Voir Pierre-Claude Lafond, \u00ab L\u2019acc\u00e8s \u00e0 la justice pour les personnes vuln\u00e9rables\u00a0par la voie de l\u2019action collective en droit qu\u00e9b\u00e9cois\u00a0\u00bb (2020-2021) 16:1 Rev can recours coll 7 aux pp 10\u201319.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref181\" name=\"_ftn181\">[181]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>aux pp 11\u201312.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref182\" name=\"_ftn182\">[182]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux pp 10\u201312; Helene Love, \u00ab Shared Goals, Divided Jurisdiction: The Uneasy Relationship between Class Actions and Administrative Law \u00bb (2020) 16:1 Rev can recours coll 53 \u00e0 la p 54.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref183\" name=\"_ftn183\">[183]<\/a> Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 \u00e0 la p\u00a0459. Notez que les solutions propos\u00e9es dans cette sous-section et la sous-section suivante ont \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9es par Skolnik (voir <em>ibid<\/em> aux pp\u00a0459\u201362)<em>. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref184\" name=\"_ftn184\">[184]<\/a> Voir <em>ibid<\/em> aux pp\u00a0459\u201362; Richard Jochelson, \u00ab\u00a0Ancillary Issues with Oakes: The Development of the Waterfield Test and the Problem of Fundamental Constitutional Theory\u00a0\u00bb (2013) 43:3 RD Ottawa 355 aux pp 370\u201373.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref185\" name=\"_ftn185\">[185]<\/a> Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 \u00e0 la p\u00a0459; Terry Skolnik, \u00ab\u00a0Criminal Justice Reform\u00a0\u00bb (2022) 59:3 Alta L Rev 631 aux pp 657\u201358.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref186\" name=\"_ftn186\">[186]<\/a> Voir Jean-Christophe B\u00e9dard-Rubin, \u00ab\u00a0Des causes et des cons\u00e9quences du dialogue constitutionnel\u00a0\u00bb (2018) 23:2 R \u00e9tudes const 287 \u00e0 la p 301; Stribopoulos, \u00ab Dialogue\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 8 aux pp 70\u201371.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref187\" name=\"_ftn187\">[187]<\/a> Voir Stribopoulos, \u00ab Dialogue\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note 8 \u00e0 la p 60; Martin L Friedland, \u00ab\u00a0Criminal Justice in Canada Revisited\u00a0\u00bb (2004) 48:4 Crim LQ 419 \u00e0 la p 446; Sunstein, <em>supra <\/em>note 133 aux pp 1616\u201317.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref188\" name=\"_ftn188\">[188]<\/a> Voir Sunstein, <em>supra <\/em>note 133 aux pp 1616\u201317.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref189\" name=\"_ftn189\">[189]<\/a> Voir MacDonnell, <em>supra <\/em>note 53 aux pp 227\u201328.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref190\" name=\"_ftn190\">[190]<\/a> <em>Fleming<\/em>, <em>supra <\/em>note 3<em>\u00a0<\/em>aux para 47, 54, 69 (ces devoirs peuvent inclure le maintien de la paix, la pr\u00e9vention des crimes et la protection de la vie des personnes et des biens); Jochelson, \u00ab\u00a0Crossing the Rubicon\u00a0\u00bb, <em>supra<\/em> note 38 aux pp 77\u201378; John Burchill, \u00ab A Horse Gallops Down a Street &#8230; Policing and the Resilience of the Common Law \u00bb (2018) 41:1\u00a0Man LJ\u00a0161 \u00e0 la p 175.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref191\" name=\"_ftn191\">[191]<\/a> Voir <em>Fleming<\/em>, <em>supra <\/em>note 3 au para 47, citant\u00a0<em>R c MacDonald<\/em>, 2014 CSC\u00a03 au para 36.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref192\" name=\"_ftn192\">[192]<\/a> Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Perils\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 50 aux pp\u00a0453\u201354<em>.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref193\" name=\"_ftn193\">[193]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p\u00a0459<em>. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref194\" name=\"_ftn194\">[194]<\/a> Voir<em> i<\/em><em>bid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref195\" name=\"_ftn195\">[195]<\/a> Voir <em>ibid. <\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref196\" name=\"_ftn196\">[196]<\/a> Voir L\u00e9tourneau, <em>supra <\/em>note 74 aux pp 96\u201398.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref197\" name=\"_ftn197\">[197]<\/a> Voir Henry F Fradella et Michael D White, \u00ab\u00a0Reforming Stop-and-Frisk\u00a0\u00bb (2017) 18:3 Criminology, Crim Justice, L &amp; Soc 45 \u00e0 la p 55; \u00ab\u00a0Bilan de la mise en \u0153uvre des recommandations du Rapport de la consultation de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse sur le profilage racial et ses cons\u00e9quences\u00a0\u00bb (septembre 2020) \u00e0 la p\u00a0132, en ligne (pdf)\u00a0: <em>Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse Qu\u00e9bec<\/em> &lt;cdpdj.qc.ca&gt; [perma.cc\/486A-6U22].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref198\" name=\"_ftn198\">[198]<\/a> Voir <em>Equality and Human Rights Commission<\/em>, <em>supra<\/em> note 63 aux pp 22\u201335; <em>Police Act <\/em>RU, <em>supra <\/em>note 63, art 5. Voir par ex Home Office, \u00ab Police powers and procedures: England and Wales, year ending 31 March 2020 \u2013 Second Edition \u00bb (6 novembre 2020) aux pp\u00a06\u20137, en ligne (pdf)\u00a0: <em>GOV UK <\/em>&lt;assets.publishing.service.gov.uk&gt; [perma.cc\/GP2Q-HWYH].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref199\" name=\"_ftn199\">[199]<\/a> Voir Michael Shiner, Rebekah Delsol et Rachel Neild, <em>The Recoding of Police Stops: Methods and Issues<\/em>, New York, Open Society Justice Initiative, 2020 aux pp 18\u201319.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref200\" name=\"_ftn200\">[200]<\/a> Voir <em>Suberu<\/em>, <em>supra <\/em>note 90 au para 28.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref201\" name=\"_ftn201\">[201]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref202\" name=\"_ftn202\">[202]<\/a> Pour un survol de ces \u00e9tudes, voir David K Kessler, \u00ab\u00a0Free to Leave? An Empirical Look at the Fourth Amendment\u2019s Seizure Standard\u00a0\u00bb (2009) 99:1 J Crim L &amp; Criminology 51 aux pp 60\u201364, 78\u201379; Roseanna Sommers et Vanessa K Bohns, \u00ab\u00a0The Voluntariness of Voluntary Consent: Consent Searches and the Psychology of Compliance\u00a0\u00bb (2019) 128:7 Yale LJ 1962 \u00e0 la p 2019.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref203\" name=\"_ftn203\">[203]<\/a> Voir par ex \u00ab\u00a0Mod\u00e8le d\u2019intervention pour la gestion d\u2019incidents\u00a0\u00bb (derni\u00e8re modification le 17 janvier 2022), en ligne\u00a0: <em>Gendarmerie royale du Canada<\/em> &lt;rcmp-grc.gc.ca&gt; [perma.<br \/>\ncc\/NCU7-JJQ5].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref204\" name=\"_ftn204\">[204]<\/a> Voir <em>R c Le<\/em>, <em>supra <\/em>note 87 au para 97.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref205\" name=\"_ftn205\">[205]<\/a> Voir Tanovich, \u00ab\u00a0Colourless World\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 9 \u00e0 la p 56.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref206\" name=\"_ftn206\">[206]<\/a> Voir Tanovich, \u00ab\u00a0E-Racing\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 65 aux pp 928\u201329.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref207\" name=\"_ftn207\">[207]<\/a> Voir <em>ibid.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref208\" name=\"_ftn208\">[208]<\/a> Voir Charles R Epp, Steven Maynard\u2010Moody et Donald Haider\u2010Markel, <em>Pulled Over: How Police Stops Define Race and Citizenship<\/em>, Chicago, University of Chicago Press, 2014 aux pp 118, 120, 129\u201333.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref209\" name=\"_ftn209\">[209]<\/a> Voir Tom R Tyler, Jonathan Jackson et Avital Mentovich, \u00ab\u00a0The Consequences of Being an Object of Suspicion: Potential Pitfalls of Proactive Police Contact\u00a0\u00bb (2015) 12:4 J Empirical Leg Stud 602 aux pp 627\u201330.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref210\" name=\"_ftn210\">[210]<\/a> Le l\u00e9gislateur pourrait ainsi incorporer dans la loi les crit\u00e8res \u00e9tablis par l\u2019arr\u00eat <em>Mann <\/em>(<em>supra<\/em> note 57 au para 34).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref211\" name=\"_ftn211\">[211]<\/a> Voir Mary Eberts et Kim Stanton, \u00ab\u00a0The Disappearance of the Four Equality Rights and Systemic Discrimination from Canadian Equality Jurisprudence\u00a0\u00bb (2018) 38:1 NJCL 89 aux pp 107\u201312, 116\u201318.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref212\" name=\"_ftn212\">[212]<\/a> 2020 CSC 38 [<em>Ontario c G<\/em>]. D\u2019autres d\u00e9cisions affirment que le droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 s\u2019applique en droit criminel aux <em>plaignants<\/em>, par exemple, en prohibant la divulgation de renseignements qui portent atteinte \u00e0 leur droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 (voir <em>A (LL)\u00a0c\u00a0B (A)<\/em>, [1995] 4 RCS 536 aux para 78\u201379, 130 DLR (4<sup>e<\/sup>) 422;<em> R c O\u2019Connor<\/em>, [1995] 4 RCS 411 au para 106, 130 DLR (4<sup>e<\/sup>) 235).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref213\" name=\"_ftn213\">[213]<\/a> Voir <em>Ontario c G<\/em>,<em> supra<\/em> note 212 au para 22.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref214\" name=\"_ftn214\">[214]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>au para 70.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref215\" name=\"_ftn215\">[215]<\/a> Voir par ex <em>R c Le<\/em>, <em>supra <\/em>note 87; <em>R\u00a0c\u00a0Ahmad<\/em>, 2020 CSC 11; <em>R c Ipeelee<\/em>,\u00a02012 CSC 13; <em>R c Boudreault<\/em>, 2018\u00a0CSC\u00a058; <em>R\u00a0c\u00a0Zora<\/em>, 2020 CSC 14.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref216\" name=\"_ftn216\">[216]<\/a> Voir Eberts et Stanton, <em>supra <\/em>note 211 \u00e0 la p 90; Marie-\u00c8ve Sylvestre, \u00ab\u00a0The Redistributive Potential of Section 7 of the <em>Charter<\/em>: Incorporating Socio-economic Context in Criminal Law and in the Adjudication of Rights\u00a0\u00bb (2012) 42:3 RD Ottawa 389 aux pp\u00a0404\u201305.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref217\" name=\"_ftn217\">[217]<\/a> Voir Terry Skolnik, \u00ab\u00a0Homelessness and Unconstitutional Discrimination\u00a0\u00bb (2019) 15:1 JL &amp; Equality 69 \u00e0 la p 81 [Skolnik, \u00ab\u00a0Homelessness\u00a0\u00bb].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref218\" name=\"_ftn218\">[218]<\/a> Voir <em>ibid <\/em>\u00e0 la p 82.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref219\" name=\"_ftn219\">[219]<\/a> Voir <em>Ontario c G<\/em>, <em>supra <\/em>note 212 au para 6; Denise G R\u00e9aume, \u00ab\u00a0Discrimination and Dignity\u00a0\u00bb (2003) 63:3 La L Rev 645 aux pp 678\u201386; <em>Andrews c Law Society of British Columbia<\/em>, [1989] 1 RCS 143 au para\u00a0171, 56 DLR (4<sup>e<\/sup>) 1.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref220\" name=\"_ftn220\">[220]<\/a> Voir Catherine MacKinnon, \u00ab\u00a0Substantive Equality: A Perspective\u00a0\u00bb (2011) 96:1 Minn L Rev 1 \u00e0 la p 11.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref221\" name=\"_ftn221\">[221]<\/a> Voir R\u00e9aume, <em>supra <\/em>note 219 aux pp 678\u201386.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref222\" name=\"_ftn222\">[222]<\/a> Voir Tarunabh Khaitan, \u00ab\u00a0Dignity as an Expressive Norm: Neither Vacuous Nor a Panacea\u00a0\u00bb (2012) 32:1 Oxford J Leg Stud 1 aux pp 10\u201311.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref223\" name=\"_ftn223\">[223]<\/a> Voir Skolnik, \u00ab\u00a0Homelessness\u00a0\u00bb, <em>supra <\/em>note 217 \u00e0 la p 90.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref224\" name=\"_ftn224\">[224]<\/a> <em>Ontario c G<\/em>,<em> supra <\/em>note 212 au para 40.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref225\" name=\"_ftn225\">[225]<\/a> \u00a0 Voir <em>Qu\u00e9bec (Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse) c\u00a0Bombardier Inc (Bombardier A\u00e9ronautique Centre de formation)<\/em>, 2015 CSC 39 aux para\u00a03,\u00a033 (affirmant que le profilage racial est une forme de discrimination, m\u00eame si le demandeur n\u2019a pas prouv\u00e9 la discrimination en l\u2019esp\u00e8ce); <em>R v Dudhi<\/em>, 2019 ONCA 665 au para\u00a065; <em>Peart v Peel Regional Police Services Board<\/em>, [2006] OJ No 4457 au para 93, 2006 CanLII 37566.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref226\" name=\"_ftn226\">[226]<\/a> Voir I Bennett Capers, \u00ab Rethinking the Fourth Amendment: Race, Citizenship, and the Equality Principle \u00bb (2011) 46:1 Harv CR-CLL Rev 1 aux pp 21\u201322; Ekow N Yankah, \u00ab Pretext and Justification: Republicanism, Policing, and Race \u00bb (2019) 40:4 Cardozo L Rev 1543 \u00e0 la p 1599.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref227\" name=\"_ftn227\">[227]<\/a> Voir \u00ab Pris \u00e0 partie\u00a0: rapport de recherche et de consultation sur le profilage racial en Ontario \u00bb (avril 2017) \u00e0 la p 29, en ligne (pdf) : <em>Commission ontarienne des droits de la personne <\/em>&lt;www3.ohrc.on.ca&gt; [perma.cc\/NK5M-NUZT].<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref228\" name=\"_ftn228\">[228]<\/a> Voir <em>R v Sharma<\/em>, 2020 ONCA 478\u00a0au para\u00a067; <em>R\u00a0v\u00a0Morris,<\/em> 2018 ONSC 5186 au para\u00a056. Voir aussi\u00a0<em>ibid<\/em> \u00e0 l\u2019annexe A.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref229\" name=\"_ftn229\">[229]<\/a> Je tiens \u00e0 remercier Vanessa MacDonnell pour une discussion qui portait sur ce sujet.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref230\" name=\"_ftn230\">[230]<\/a> Voir g\u00e9n\u00e9ralement R\u00e9aume, <em>supra <\/em>note 219 aux pp 678\u201386.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction Traditionnellement, les tribunaux sont per\u00e7us comme protecteurs des droits et libert\u00e9s fondamentaux[1]. Le Parlement et l\u2019ex\u00e9cutif sont consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9tant les branches du gouvernement les plus susceptibles de porter atteinte aux droits constitutionnels[2]. Selon cette conception, les juges exercent un pouvoir contre-majoritaire qui prot\u00e8ge les individus des actions abusives des acteurs \u00e9tatiques[3]. Par exemple, &hellip; <a href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/fr\/article\/reequilibrer-le-role-de-la-cour-supreme-du-canada-en-procedure-criminelle\/\">Continued<\/a><\/p>\n","protected":false},"featured_media":0,"template":"","class_list":["post-20844","articles","type-articles","status-publish","hentry","article-type-article","article-language-french"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.8 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>R\u00e9\u00e9quilibrer le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame du Canada en proc\u00e9dure criminelle - McGill Law Journal<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/mcgill-lawjournal-new.nixa.ca\/article\/reequilibrer-le-role-de-la-cour-supreme-du-canada-en-procedure-criminelle\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"R\u00e9\u00e9quilibrer le r\u00f4le de la Cour supr\u00eame du Canada en proc\u00e9dure criminelle - McGill Law Journal\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Introduction Traditionnellement, les tribunaux sont per\u00e7us comme protecteurs des droits et libert\u00e9s fondamentaux[1]. 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